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28 - Le Livre des serments, des criminels et du talion

1

Rapporté par Ma'rur b. Suwaid : J'ai vu Abu Dharr porter des vêtements, et son esclave portait les mêmes. Je lui ai demandé pourquoi, et il m'a raconté qu'il avait fait honte à quelqu'un du vivant du Messager d'Allah ﷺ en le raillant à cause de sa mère. Cette personne s'est plainte au Messager d'Allah ﷺ. Celui-ci a dit : « Tu as encore des traces d'ignorance en toi. Vos esclaves sont vos frères. Allah les a placés sous votre responsabilité. Celui qui a un frère sous son autorité doit le nourrir comme il se nourrit, l'habiller comme il s'habille, et ne pas leur demander plus qu'ils ne peuvent supporter. Et si vous leur demandez trop, alors aidez-les. »

2

Rapporté par Sahl ibn Abī Ḥathmah et Rāfi' ibn Khadīj رضي الله عنهما : Muḥayyiṣah ibn Mas'ūd et 'Abdullāh ibn Sahl se rendirent à Khaybar et se séparèrent dans les palmeraies. 'Abdullāh ibn Sahl fut tué. Ils soupçonnèrent les Juifs de ce meurtre. Son frère 'Abd al-Raḥmān et ses deux cousins Ḥuwayyiṣah et Muḥayyiṣah vinrent trouver le Prophète ﷺ. 'Abd al-Raḥmān, qui était le plus jeune d'entre eux, prit la parole au sujet de son frère. Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Laisse la parole aux plus âgés » — ou dit : « Que le plus âgé commence. » Ḥuwayyiṣah et Muḥayyiṣah prirent alors la parole au sujet de leur compagnon. Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Que cinquante d'entre vous prêtent serment pour désigner un homme parmi eux comme coupable, et il vous sera livré pieds et poings liés. » Ils dirent : « Nous n'avons pas été témoins de ce qui s'est passé ; comment pourrions-nous jurer ? » Il dit : « Alors les Juifs s'acquitteront envers vous par les serments de cinquante d'entre eux. » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, ce sont des mécréants ! » Le Messager d'Allah ﷺ paya alors lui-même le prix du sang. Sahl dit : « Un jour, j'entrai dans leur enclos à chameaux, et une chamelle parmi celles données en diyyah me donna un coup de pied. » Ḥammād dit : « Tels sont ses propos, ou à peu près. »

3

Rapporté par Sahl b. Abu Hathma رضي الله عنه à travers une autre chaîne de transmetteurs, avec une légère variation des mots, mais sans mention du coup de la chamelle

4

Rapporté par un autre transmetteur d’après Sahl b. Abu Hathma رضي الله عنه

5

Rapporté par Bushair b. Yasar رضي الله عنه : 'Abdullah b. Sahl b. Zaid et Muhayyisa b. Mas'ud b. Zaid, tous deux Ansar de la tribu des Banu Haritha, sont partis à Khaybar du vivant du Messager d'Allah ﷺ. Il y avait alors la paix et la région était habitée par les Juifs. Ils se sont séparés pour vaquer à leurs besoins. 'Abdullah b. Sahl a été tué et retrouvé assassiné dans un canal d'irrigation. Son compagnon (Muhayyisa) l'a enterré et est revenu à Médine. Les frères du défunt, 'Abd al-Rahman b. Sahl, Muhayyisa et Huwayyisa, ont raconté au Messager d'Allah ﷺ ce qui était arrivé à 'Abdullah et l'endroit où il avait été tué. Bushair rapporte d'après un témoin du Messager d'Allah ﷺ que celui-ci leur a dit : « Prêtez cinquante serments et vous aurez droit au prix du sang de votre compagnon. » Ils ont dit : « Messager d'Allah, nous n'avons ni vu ni été présents lors du meurtre. » Le Messager d'Allah ﷺ a alors dit : « Les Juifs s'innocenteront par cinquante serments. » Ils ont dit : « Messager d'Allah, comment accepter le serment de non-croyants ? » Bushair a dit que le Messager d'Allah ﷺ a payé lui-même le prix du sang.

6

Rapporté par Bushair b. Yasar رضي الله عنه : Un homme des Ansar de la tribu des Banu Haritha, appelé 'Abdullah b. Sahl b. Zaid, est parti avec son cousin Muhayyisa b. Mas'ud b. Zaid. Le reste du hadith est le même jusqu'aux mots : « Le Messager d'Allah ﷺ a payé lui-même le prix du sang. » Bushair b. Yasar rapporte que Sahl b. Abu Hathma a dit : « Une chamelle parmi celles données en compensation m'a donné un coup de pied dans l'enclos. »

7

Rapporté par Bushair b. Yasar al-Ansari رضي الله عنه d'après Sahl b. Abu Hathma al-Ansari : Des hommes de sa tribu sont partis à Khaybar, se sont séparés, et ont retrouvé l'un d'eux tué. Le reste du hadith est le même. Il a été dit à ce sujet : Le Messager d'Allah ﷺ n'a pas accepté que son sang soit perdu. Il a payé une compensation de cent chameaux de Sadaqa

8

Rapporté par Abu Laila 'Abdullah b. 'Abd al-Rahman b. Sahl رضي الله عنه : Les anciens de la tribu ont informé Sahl b. Abu Hathma que 'Abdullah b. Sahl et Muhayyisa étaient partis à Khaybar à cause d'une difficulté qu'ils traversaient. Muhayyisa est revenu annoncer que 'Abdullah b. Sahl avait été tué et que son corps avait été jeté dans un puits ou un fossé. Il est allé voir les Juifs et a dit : « Par Allah, c'est vous qui l'avez tué. » Ils ont répondu : « Par Allah, nous ne l'avons pas tué. » Il est alors revenu vers les siens et leur a raconté. Ensuite, il est venu avec son frère Huwayyisa, plus âgé que lui, et 'Abd al-Rahman b. Sahl. Muhayyisa a voulu parler, lui qui avait accompagné 'Abdullah à Khaybar, mais le Messager d'Allah ﷺ lui a dit : « Respecte l'âge des anciens. » Huwayyisa a alors parlé, puis Muhayyisa aussi. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Ils doivent soit payer le prix du sang de votre compagnon, soit déclarer la guerre. » Le Messager d'Allah ﷺ a écrit à ce sujet aux Juifs. Ils ont répondu : « En vérité, par Allah, nous ne l'avons pas tué. » Le Messager d'Allah ﷺ a alors dit à Huwayyisa, Muhayyisa et 'Abd al-Rahman : « Êtes-vous prêts à prêter serment pour avoir droit au prix du sang de votre compagnon ? » Ils ont dit : « Non. » Le Prophète ﷺ a dit : « Alors les Juifs prêteront serment de leur innocence. » Ils ont dit : « Ce ne sont pas des musulmans. » Le Messager d'Allah ﷺ a alors payé lui-même le prix du sang et leur a envoyé cent chameaux jusqu'à ce qu'ils rentrent chez eux. Sahl a dit : « Une chamelle rousse parmi elles m'a donné un coup de pied. »

9

Rapporté par Sulaiman b. Yasar, l’affranchi de Maymuna, l’épouse du Messager d’Allah ﷺ, d’après un Compagnon ansar du Messager d’Allah ﷺ : Le Messager d’Allah ﷺ a maintenu la pratique de la Qasama telle qu’elle existait avant l’islam

10

Rapporté par Ibn Shihab avec la même chaîne de transmetteurs, avec cette précision : Le Messager d’Allah ﷺ a jugé selon la Qasama entre les Ansar (et vous) à propos d’un musulman tué pour lequel ils accusaient les Juifs

11

Rapporté par Abu Salama b. ‘Abd al-Rahman et Sulaiman b. Yasar رضي الله عنهما

12

Rapporté par Anas b. Malik رضي الله عنه : Des gens de la tribu de 'Uraina sont venus voir le Messager d'Allah ﷺ à Médine, mais ils n'ont pas supporté le climat. Le Messager d'Allah ﷺ leur a dit : « Si vous le souhaitez, allez auprès des chamelles de la Sadaqa et buvez leur lait et leur urine. » Ils l'ont fait et ont guéri. Ensuite, ils ont attaqué les bergers, les ont tués, ont apostasié de l'islam et ont emmené les chamelles du Messager d'Allah ﷺ. Cette nouvelle est parvenue au Prophète ﷺ, qui a envoyé des gens à leur poursuite. Ils ont été capturés et amenés devant lui. Il leur a fait couper les mains et les pieds, leur a crevé les yeux, et les a abandonnés dans al-Harrah jusqu'à ce qu'ils meurent.

13

Rapporté par Anas رضي الله عنه : Huit hommes de la tribu de 'Ukl sont venus voir le Messager d'Allah ﷺ et ont prêté allégeance à l'islam, mais le climat de la région leur a été défavorable et ils sont tombés malades. Ils s'en sont plaints au Messager d'Allah ﷺ, qui leur a dit : « Pourquoi n'allez-vous pas auprès de nos chamelles avec notre berger, pour profiter de leur lait et de leur urine ? » Ils ont accepté, sont partis, ont bu le lait et l'urine des chamelles et ont retrouvé la santé. Ils ont tué le berger et emmené les chamelles. Cette nouvelle est parvenue au Messager d'Allah ﷺ, qui a envoyé des hommes à leur poursuite. Ils ont été capturés et amenés devant lui. Il a ordonné qu'on leur coupe les mains et les pieds, qu'on leur transperce les yeux avec des clous chauffés à blanc, puis ils ont été jetés au soleil jusqu'à leur mort. Ce hadith a été rapporté par Ibn al-Sabbah avec une légère variation des mots.

14

Rapporté par Anas b. Malik رضي الله عنه : Des gens de la tribu de 'Ukl ou 'Uraynaسont venus trouver le Messager d'Allah ﷺ et n'ont pas supporté le climat de Médine. Le Messager d'Allah ﷺ leur ordonna d'aller auprès des chamelles laitières et de boire leur urine et leur lait. Le reste du hadith est identique, avec ces mots à la fin : « Leurs yeux furent cautérisés avec des fers rougis au feu, puis ils furent jetés dans al-Harrah, implorant qu'on leur donne à boire, mais on ne leur donnait rien. »

15

Rapporté par Abu Qilaba رضي الله عنه : J’étais assis derrière ‘Umar b. ‘Abd al-‘Aziz, qui a demandé aux gens : « Que dites-vous au sujet de la Qasama ? » ‘Anbasa a dit : « Anas b. Malik nous a rapporté tel hadith à propos de la Qasama. » J’ai dit : « C’est ce qu’Anas m’a rapporté : Des gens sont venus voir le Messager d’Allah ﷺ… » Le reste du hadith est le même. Quand j’ai terminé, ‘Anbasa a dit : « Gloire à Allah ! » J’ai dit : « Tu me reproches de mentir ? » Il a répondu : « Non. C’est bien ainsi qu’Anas b. Malik nous l’a rapporté. Ô gens de Syrie, vous ne serez pas privés de bien tant qu’une telle personne ou quelqu’un comme lui vivra parmi vous. »

16

Rapporté par Anas b. Malik : Huit personnes de la tribu de 'Ukl vinrent auprès du Messager d’Allah ﷺ, avec cette précision qu’il n’a pas cautérisé les blessures qui leur avaient été infligées lors de leur châtiment

17

Rapporté par Anas : Des gens de 'Uraina vinrent auprès du Messager d’Allah ﷺ. Ils embrassèrent l’islam et lui prêtèrent allégeance, alors qu’à ce moment-là, la pleurésie s’était répandue. Le reste du hadith est le même, avec cette précision : « Il y avait près de lui une vingtaine de jeunes hommes parmi les Ansar ; il les envoya à leur poursuite, et il envoya aussi avec eux un expert en pistage pour suivre leurs traces. »

18

Rapporté par Anas b. Malik : Ce hadith a été rapporté par une autre chaîne de transmetteurs

19

Rapporté par Suwaid ibn Muqarrin رضي الله عنه : Il avait une servante et une personne lui gifla le visage. Suwaid lui dit : « Ne sais-tu pas qu'il est interdit de frapper le visage ? » Il ajouta : « J'ai connu une époque où j'étais le septième de mes frères auprès du Messager d'Allah ﷺ, et nous n'avions qu'un seul serviteur. L'un d'entre nous s'avança délibérément et lui gifla le visage. Le Messager d'Allah ﷺ nous ordonna alors de l'affranchir. »

20

Rapporté par Anas b. Malik : Un Juif tua une jeune esclave avec une pierre pour ses bijoux en argent. Elle fut amenée devant le Messager d'Allah ﷺ alors qu'elle était encore en vie. Le Prophète ﷺ lui demanda : « Est-ce untel qui t'a tuée ? » Elle fit non de la tête. Il lui demanda une deuxième fois, et elle fit encore non de la tête. Il lui demanda une troisième fois, et elle dit oui de la tête. Le Messager d'Allah ﷺ le tua alors entre deux pierres.

21

Rapporté par Sahl b. Abu Hathma et Rafi' b. Khadij رضي الله عنهما : 'Abdullah b. Sahl b. Zaid et Muhayyisa b. Mas'ud b. Zaid sont partis et, arrivés à Khaybar, ils se sont séparés. Muhayyisa a alors trouvé 'Abdullah b. Sahl assassiné. Il l'a enterré, puis est venu voir le Messager d'Allah ﷺ. Il y avait aussi Huwayyisa b. Mas'ud et 'Abd al-Rahman b. Sahl, ce dernier étant le plus jeune des trois venus voir le Prophète ﷺ. Il a commencé à parler avant ses compagnons, alors le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Que le plus âgé parle. » Il s'est donc tu, et ses compagnons (Muhayyisa et Huwayyisa) ont parlé, et 'Abd al-Rahman a parlé avec eux. Ils ont raconté au Messager d'Allah ﷺ le meurtre de 'Abdullah b. Sahl. Il leur a dit : « Êtes-vous prêts à prêter cinquante serments pour avoir droit au prix du sang de votre compagnon (ou de l'homme qui l'a tué) ? » Ils ont répondu : « Comment pourrions-nous jurer sur une chose dont nous n'avons pas été témoins ? » Le Prophète ﷺ a dit : « Alors les Juifs s'innocenteront par cinquante serments. » Ils ont dit : « Comment accepter les serments de gens qui ne croient pas ? » Voyant cela, le Messager d'Allah ﷺ a lui-même payé le prix du sang.

22

Rapporté par Anas : Un Juif tua une jeune fille des Ansar pour ses bijoux, puis la jeta dans un puits et lui fracassa la tête avec des pierres. Il fut arrêté et amené devant le Messager d'Allah ﷺ, qui ordonna qu'il soit lapidé à mort. Il fut donc lapidé jusqu'à ce qu'il meure

23

Rapporté par Ayyub : Ce hadith a été rapporté avec la même chaîne de transmetteurs

24

Rapporté par Anas b. Malik : On trouva une jeune fille avec la tête fracassée entre deux pierres. On lui demanda qui avait fait cela : « Est-ce untel ? », jusqu'à ce qu'on mentionne un Juif. Elle fit signe de la tête que oui. Le Juif fut arrêté et il avoua. Le Messager d'Allah ﷺ ordonna alors qu'on lui fracasse la tête avec des pierres.

25

Rapporté par Imran b. Husain : Ya'la b. Munya ou Ibn Umayya s'est battu avec un homme, et l'un mordit la main de l'autre. Celui-ci arracha brusquement sa main de sa bouche, lui arrachant ainsi sa dent de devant — Ibn al-Muthanna dit : ses deux dents de devant. Ils portèrent leur différend devant le Messager d'Allah ﷺ, qui dit : « L'un de vous mord-il comme le fait un chameau ? Il n'y a donc pas de compensation pour cela. »

26

Rapporté par Ya'la : Ce hadith a été transmis par lui

27

Rapporté par Imran b. Husain : Un homme mordit l'avant-bras d'un autre ; ce dernier tira brusquement son bras, et la dent de devant du mordeur tomba. L'affaire fut portée devant le Messager d'Allah ﷺ, qui la rejeta en lui disant : « Voulais-tu manger sa chair ? »

28

Rapporté par Safwan b. Ya'la : Un homme a mordu l'avant-bras du serviteur de Ya'la b. Munya. Il a retiré son avant-bras et l'incisive de celui qui avait mordu est tombée. L'affaire fut soumise au Messager d'Allah ﷺ, qui la rejeta et dit : « Avais-tu l'intention de le mordre comme le fait un étalon ? »

29

Rapporté par 'Imran b. Husayn رضي الله عنه : Un homme mordit la main d'un autre. Celui-ci retira brusquement sa main et la ou les incisives de l'agresseur tombèrent. Ce dernier porta plainte auprès du Messager d'Allah ﷺ, qui dit : « Que veux-tu que je te dise ? Veux-tu que j'ordonne à l'autre de laisser sa main dans ta bouche pour que tu la broies comme le broie un étalon ? Mets ta main dans sa bouche, laisse-le la mordre, puis retire-la ! »

30

Rapporté par Safwan b. Ya'la b. Munya, d'après son père : Un homme vint auprès du Messager d'Allah ﷺ : il avait mordu la main d'un autre homme, lequel avait arraché sa main de sa bouche, faisant ainsi tomber les deux incisives du mordeur. Le Prophète ﷺ rejeta sa demande et dit : « Voulais-tu le mordre comme mord un étalon ? »

31

Rapporté par Ṣafwān ibn Ya'lā ibn Umayya, d'après son père : J'ai participé à l'expédition de Tabūk avec le Messager d'Allah ﷺ. Ya'lā disait : « C'était, à mon sens, la meilleure de mes actions. » Ṣafwān rapporte que Ya'lā avait dit : « J'avais un ouvrier à mon service qui en vint aux mains avec un homme ; l'un d'eux mordit la main de l'autre. » — 'Aṭā' précisa que Ṣafwān lui avait bien dit lequel des deux avait mordu l'autre. — Celui dont la main était mordue l'arracha violemment de la bouche du mordeur et, ce faisant, lui arracha une de ses incisives. Ils vinrent tous deux trouver le Prophète ﷺ, qui déclara nulle toute compensation pour cette incisive.

32

Rapporté par Juraij : Ce hadith a été rapporté avec la même chaîne de transmetteurs

33

Rapporté par Anas : Umm Haritha, la sœur de Rubayyi' (elle était la tante paternelle d'Anas), blessa une personne (elle lui cassa les dents). Le différend fut soumis au Messager d'Allah ﷺ. Il dit : « Rétribution, rétribution. » Umm Rubayyi' demanda : « Ô Messager d'Allah, la rétribution sera-t-elle appliquée à untelle ? Par Allah, cela n'arrivera pas. » Le Prophète ﷺ répondit : « Gloire à Allah ! Ô Umm Rubayyi', la rétribution (qisas) est un commandement dans le Livre d'Allah. » Elle dit : « Non, par Allah, la rétribution ne sera jamais appliquée contre elle », et elle insista jusqu'à ce que les proches de la victime acceptent une compensation. Le Messager d'Allah ﷺ dit alors : « Il y a parmi les serviteurs d'Allah des gens pieux qui, s'ils jurent par Allah, Il exauce leur serment. »

34

Rapporté par Abdullah (b. Mas'ud) : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il n’est pas permis de prendre la vie d’un musulman qui atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que je suis le Messager d’Allah, sauf dans trois cas : l’adultère commis par une personne mariée, le meurtre (la vie pour la vie), et celui qui abandonne sa religion (l’islam) et quitte la communauté. »

35

Rapporté par A'mash : Ce hadith a été rapporté avec la même chaîne de transmetteurs

36

Rapporté par Abdullah (b. Mas'ud) رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ s’est levé et a dit : « Par Celui en dehors de Qui il n’y a pas de divinité, le sang d’un musulman qui atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que je suis Son Messager, ne peut être versé que dans trois cas : celui qui abandonne l’islam et quitte la communauté [Ahmad, un des narrateurs, n’est pas sûr si le Prophète ﷺ a dit “li’l-jama’a” ou “al-jama’a”], l’adultère commis par une personne mariée, et en cas de meurtre (la vie pour la vie). »

37

Rapporté par A'mash : Ce hadith a été rapporté avec la même chaîne de transmetteurs, avec une légère différence : il n’a pas dit : « Par Celui en dehors de Qui il n’y a pas de divinité. »

38

Rapporté par Abdullah (b. Mas'ud) : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Toute personne tuée injustement, une part de cette faute retombe aussi sur le premier fils d’Adam, car c’est lui qui a introduit le meurtre. »

39

Rapporté par Jarir et 'Isa b. Yunus : Ce hadith a été rapporté avec une légère différence dans les mots

40

Rapporté par Abdullah b. (Mas'ud) : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La première chose qui sera jugée entre les gens au Jour du Jugement concernera le sang versé. »

41

Rapporté par Abdullah : Ce hadith a été rapporté par Abdullah à travers une autre chaîne de transmetteurs, avec une légère variation dans les mots

42

Rapporté par Abu Bakra : Lors du sermon d'adieu, le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Le temps a bouclé un cycle et est revenu à l'état du jour où Allah a créé les cieux et la terre. L'année compte douze mois, dont quatre sont sacrés : trois d'entre eux se suivent, à savoir Dhu'l-Qa'da, Dhu'l-Hijja et Muharram, et aussi Rajab, le mois de Mudar, qui se trouve entre Jumada et Sha'ban. » Puis il a dit : « Quel est ce mois-ci ? » Nous avons répondu : « Allah et Son Messager savent mieux que nous. » Il est resté silencieux un moment, au point que nous avons cru qu'il allait lui donner un autre nom. Il a dit : « N'est-ce pas Dhu'l-Hijja ? » Nous avons répondu : « Oui. » Il a dit : « Quelle est cette ville ? » Nous avons répondu : « Allah et Son Messager savent mieux que nous. » Il est resté silencieux jusqu'à ce que nous pensions qu'il allait lui donner un autre nom. Il a dit : « N'est-ce pas la Balda (la ville de La Mecque) ? » Nous avons répondu : « Oui. » Il a dit : « Quel est ce jour ? » Nous avons répondu : « Allah et Son Messager savent mieux que nous. » Il est resté silencieux jusqu'à ce que nous pensions qu'il allait lui donner un autre nom. Il a dit : « N'est-ce pas le jour du sacrifice ? » Nous avons répondu : « Oui, Messager d'Allah. » Il a alors dit : « Votre sang, vos biens (Muhammad, l'un des rapporteurs, a dit : je pense qu'il a aussi dit cela) et votre honneur sont sacrés pour vous, comme la sacralité de ce jour-ci, dans cette ville-ci, et dans ce mois-ci. Vous rencontrerez bientôt votre Seigneur et Il vous interrogera sur vos actes. Ne redevenez donc pas mécréants (ou égarés) après moi, certains d'entre vous frappant le cou des autres. Que celui qui est présent transmette à celui qui est absent, car il arrive que celui à qui le message est transmis retienne mieux que celui qui l'a entendu. » Il a répété : « N'ai-je pas transmis (le message) ? » Ce hadith a été rapporté par une autre chaîne de transmetteurs, avec une légère variation dans les mots.

43

Rapporté par Abu Bakra رضي الله عنه : Le jour du 10 Dhou’l-Hijja, il monta sur son chameau et quelqu’un en tint la bride. Il dit alors : « Savez-vous quel jour nous sommes aujourd’hui ? » Ils répondirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » (Le Prophète ﷺ garda le silence jusqu’à ce que nous pensions qu’il allait lui donner un autre nom.) Il dit : « N’est-ce pas le jour du sacrifice (Nahr) ? » Nous répondîmes : « Oui, Messager d’Allah. » Il demanda : « Quel mois est-ce ? » Nous répondîmes : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « N’est-ce pas Dhou’l-Hijja ? » Nous répondîmes : « Oui, Messager d’Allah. » Il demanda : « Quelle est cette ville ? » Nous répondîmes : « Allah et Son Messager savent mieux. » (Le narrateur dit que le Prophète ﷺ garda le silence jusqu’à ce que nous pensions qu’il allait lui donner un autre nom.) Il dit : « N’est-ce pas Balda (la ville de La Mecque) ? » Nous répondîmes : « Oui, Messager d’Allah. » Il dit alors : « En vérité, votre sang, vos biens et votre honneur sont aussi sacrés pour vous que ce jour-ci, dans ce mois-ci, dans cette ville-ci. Que celui qui est présent transmette cela à celui qui est absent. » Il se tourna ensuite vers deux béliers noirs et blancs et les immola, ainsi que deux chèvres, et les distribua parmi nous

44

Rapporté par Abu Bakra : Le jour de Dhu’l-Hijja, le Messager d’Allah ﷺ monta sur son chameau et fit un discours pendant qu’une personne tenait la bride. Le reste du hadith est identique

45

Rapporté par Abu Bakra : Ce hadith a été rapporté par une autre chaîne de transmetteurs (et les paroles sont) : « Le Messager d’Allah ﷺ nous a adressé un discours le jour du sacrifice et a dit : “Quel jour est-ce aujourd’hui ?” » Le reste du hadith est le même, sauf qu’il n’a pas mentionné « votre honneur », ni le passage où il se tourne vers les deux béliers et ce qui suit. Dans un autre hadith, la sacralité est formulée ainsi : « Comme la sacralité de ce jour-ci, dans ce mois-ci, dans cette ville-ci, jusqu’au jour où vous rencontrerez votre Seigneur. » Puis il a dit : « N’ai-je pas transmis le message ? » Ils ont répondu : « Oui. » Il a dit : « Ô Allah, sois témoin. »

46

Rapporté par Alqama ibn Wa'il, d'après son père : Alors que j'étais assis en compagnie du Prophète ﷺ, un homme arriva en tirant un autre à l'aide d'une corde et dit : « Ô Messager d'Allah, cet homme a tué mon frère. » Le Messager d'Allah ﷺ lui demanda : « L'as-tu tué ? » L'homme répondit : « S'il ne l'avoue pas, j'apporterai des témoins contre lui. » Puis il dit : « Oui, je l'ai tué. » Le Prophète ﷺ demanda : « Comment l'as-tu tué ? » Il répondit : « Nous étions tous deux en train de faire tomber les feuilles d'un arbre. Il m'a insulté et m'a mis en colère, alors je l'ai frappé à la tempe avec une hache et je l'ai tué. » Le Messager d'Allah ﷺ lui demanda : « As-tu de quoi payer le prix du sang pour toi-même ? » Il répondit : « Je ne possède rien d'autre que ce manteau et cette hache. » Le Prophète ﷺ demanda : « Penses-tu que ta tribu paiera pour toi ? » Il répondit : « Je suis trop insignifiant aux yeux des miens pour espérer cela. » Le Prophète ﷺ jeta la corde vers le demandeur en disant : « Tiens, prends ton homme. » L'homme l'emmena, et alors qu'il s'en allait, le Messager d'Allah ﷺ dit : « S'il le tue, il sera comme lui. » L'homme revint et dit : « Ô Messager d'Allah, il m'est parvenu que tu as dit : "S'il le tue, il sera comme lui." Or je l'ai saisi sur ton ordre. » Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Ne voudrais-tu pas qu'il porte ton péché et le péché de ton frère ? » Il dit : « Ô Prophète d'Allah — peut-être a-t-il dit — : Si, bien sûr. » Le Prophète ﷺ dit : « Alors il en est ainsi. » L'homme jeta la corde et lui laissa la liberté.

47

Rapporté par Alqama ibn Wa’il, d’après son père : Un homme fut amené au Messager d’Allah ﷺ pour avoir tué quelqu’un, et l’héritier de la victime l’avait traîné devant le Prophète avec une corde autour du cou. Alors qu’il s’en allait, le Messager d’Allah ﷺ dit : « Le tueur et la victime iront tous deux au Feu. » Quelqu’un rapporta ces paroles à l’héritier, qui relâcha alors le coupable. Isma’il ibn Salim dit : J’en ai parlé à Habib ibn Abu Thabit, qui m’a dit : Ibn Ashwa’ m’a rapporté que le Messager d’Allah ﷺ lui avait demandé de pardonner, mais il refusa

48

Rapporté par Abu Huraira : Deux femmes de la tribu de Hudhail se sont battues, et l'une a frappé l'autre, lui faisant perdre son fœtus. Le Messager d'Allah ﷺ a jugé qu'il fallait donner en compensation un esclave ou une esclave de la meilleure qualité

49

Rapporté par Abu Huraira : Le Messager d’Allah ﷺ a jugé, dans le cas de la fausse couche d’une femme de Banu Lihyan, que l’auteur et ses proches devaient donner en compensation un esclave ou une esclave de bonne qualité. La femme pour qui la compensation avait été décidée est décédée, et le Messager d’Allah ﷺ a jugé que son héritage revenait à ses fils et à son mari, et que le paiement du prix du sang incombait à la famille de celui qui l’avait frappée

50

Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : Deux femmes de la tribu de Hudhail se sont battues, et l'une a lancé une pierre sur l'autre, la tuant ainsi que ce qu'elle portait dans son ventre. L'affaire fut portée devant le Messager d'Allah ﷺ, qui a jugé que la compensation pour le fœtus était une ghurra — un esclave ou une esclave — et que la compensation pour la femme devait être payée par ses proches du côté paternel. Il a aussi décidé que ses fils et ceux qui étaient avec eux hériteraient d'elle. Hamal ibn al-Nabigha al-Hudhali dit : « Ô Messager d'Allah, pourquoi devrais-je payer le prix du sang pour quelqu'un qui n'a ni bu, ni mangé, ni parlé, ni poussé de cri à la naissance ? Une telle vie est sans valeur. » Le Messager d'Allah ﷺ répondit : « Celui-là est de la famille des devins », en raison de ses paroles rimées.

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Rapporté par Abu Huraira : Deux femmes se sont battues – le reste du hadith est le même, mais il n’est pas mentionné ici que le Prophète a fait des fils de la femme et de ceux qui étaient avec eux ses héritiers. Quelqu’un a dit : « Pourquoi devrions-nous payer le prix du sang ? » Et il n’a pas nommé Hamal ibn Malik

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Rapporté par Al-Mughira ibn Shu'ba : Une femme a frappé sa coépouse avec le mât de sa tente alors qu'elle était enceinte, et elle l'a tuée. L'une d'elles appartenait à la tribu de Lihyan. Le Messager d'Allah ﷺ a rendu les proches de la meurtrière responsables du paiement du prix du sang, et a fixé comme compensation pour l'enfant à naître un esclave ou une esclave. L'un des proches de la meurtrière a dit : « Devons-nous payer une compensation pour quelqu'un qui n'a ni mangé, ni bu, ni crié, qui était comme inexistant ? » Le Messager d'Allah ﷺ répondit : « Il parle en phrases rimées comme les gens du désert. » Il leur a imposé la compensation.

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Rapporté par Shu'ba : Ce hadith a été rapporté avec la même chaîne de transmetteurs, et dans la version rapportée par Ibn Idris, il est dit : « Il lui écrasa la tête entre deux pierres. »

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Rapporté par Mansur : Ce hadith a été rapporté par Mansur avec la même chaîne de transmetteurs

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Rapporté par Mansur : Mansur a transmis ce hadith avec une légère variation dans les mots

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Rapporté par Miswar ibn Makhrama : Omar ibn Khattab consulta les gens au sujet de la compensation (diyat) pour la fausse couche d’un enfant à naître. Mughira ibn Shu’ba dit : « Je témoigne qu’Allah’s Messager ﷺ a jugé qu’il fallait donner un esclave ou une esclave de bonne qualité pour cela. » Omar dit alors : « Amène quelqu’un qui puisse témoigner avec toi. » Muhammad ibn Maslama vint alors témoigner pour lui