12 - Yusuf
- SOURATE DE JOSEPH
111 Versets
Révélée à la suite de la sourate de Houd
'Alif-Lâm-Râ, tilka 'âyâtu-l-kitâbi-l-mubîni 'innâ 'anzalnâhu qur'ânan 'arabiyyan la'allakum ta'qilûna nahnu naqussu 'alayka 'ahsana-l-qasassi bimâ 'awhayna 'ilayka hâdâ-l-qur'âna wa 'in kunta min qablihî lamina-l-ghâfilîna Au nom d'Allah, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Alif. Lam. Ra. Voilà les versets du Livre de l'Évidence Nous l'avons envoyé du ciel en langue arabe. Peut-être deviendrez-vous meilleurs ? Nous allons te narrer une des plus belles histoires que contient le Coran et que tu ne connaissais pas jusqu'alors
Voici les versets d'un Livre clair, le Coran, qui montre et explique les choses ambiguës, révélé en langue arabe qui est la plus riche et donne des sens qui auront leur effet sur les âmes.
Donc ce Livre est le plus noble des autres Écritures, en langue très noble, révélé au plus noble des Prophètes par l'intermédiaire du plus noble des anges et dans un des plus nobles pays pendant le plus noble des mois lunaires qui est Ramadan. Et l'histoire, sujet de cette sourate, est la plus belle histoire que contient le Coran. À propos de la révélation de cette sourate, on a rapporté que les compagnons dirent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - :
Ô Envoyé de Dieu, si tu nous racontais quelques histoires ?
ce verset alors fut révélé :
Nous allons te narrer une des plus belles histoires
À propos de ce verset qui renferme un éloge du Coran et qu'il suffit des autres Livres célestes révélés, on rapporte le récit suivant d'après Jaber Ben Abdullah : «Omar Ben Al-Khattab vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - ayant en main une partie des Écritures des gens du Livre. En lui lisant ce qu'elle contenait, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - s'irrita et dit :
En êtes-vous épris ô Ibn Al-Khattab ! Par celui qui tient mon âme dans Sa main, je vous ai apporté la religion claire et nette. Vous ne leur demandez (aux gens du Livre) une chose et ils vous répondent la vérité sans que vous la traitiez de mensonge. Et ils ne vous racontent que des erreurs, sans que vous les croyiez. Par celui qui tient mon âme en Sa main, si Moïse était vivant il serait obligé de me suivre
Abdullah Ben Thabet raconte : «Omar vint auprès de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dit :
Ô Envoyé de Dieu, j'ai passé par l'un de mes frères de Bani Qouraidha qui m'a transcrit quelques enseignements du Pentateuque. Puis-je te les exposer ?
À ce moment le visage de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - s'assombrit. Je dis à Omar :
N'as-tu pas remarqué le visage s'assombrir de l'Envoyé de Dieu ?
Omar s'écria alors :
Je me contente de prendre Dieu comme Seigneur, l'Islam comme religion et Muhammad comme Messager
Le visage de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - s'éclaira et dit :
Par celui qui tient l'âme de Muhammad dans Sa main, si Moïse était encore vivant parmi vous, que vous le suiviez en me laissant, vous vous seriez égarés. Vous êtes ma part des nations et je suis votre part des Prophètes (Ahmed)
'id qâla Yûsufu li'abîhi yâ 'abati 'innî ra'aytu 'ahada 'ashara kawkaban wa-s-shamsa wa-l-qamara ra'aytuhum lî sâjidîna
Joseph dit un jour à son père : « O mon père, j'ai vu en rêve onze étoiles, le soleil et la lune se prosterner à mes pieds »
Joseph est le fils de Jacob, le fils de Isaac, le fils de Abraham - que Dieu les salue - l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit de lui :
Il est le noble, le fils du noble, le fils du noble, le fils du noble, Joseph Ben Jacob Ben Isaac Ben Abraham
Abou Houraira rapporte qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - : «Quel est le plus noble parmi les hommes ?» Il répondit :
Le plus noble d'entre eux, auprès de Dieu, est le plus pieux d'entre eux
On répliqua : «Ce n'est pas de cela qu'on te demande». Il rétorqua :
Joseph est le Prophète de Dieu, le fils d'un Prophète de Dieu, le fils d'un Prophète de Dieu, le fils de l'ami de Dieu
On dit de nouveau : «Ce n'est pas de cela qu'on te demande». Il riposta :
Il s'agit donc de la valeur des souches des Arabes. Ceux qui ont été les meilleurs d'entre eux à l'époque antéislamique sont aussi les meilleurs d'entre eux au temps de l'islamisme s'ils seraient versés (dans la religion) (Boukhari)
Ibn Abbas a dit : «La vision des Prophètes est une révélation». Les exégètes ont déjà interprété le rêve de Joseph en disant que les onze étoiles sont ses frères, le soleil et la lune ses père et mère. En racontant ce rêve à son père, celui-ci lui répondit :
C'est une affaire qui causera la dispersion des enfants, mais plus tard, Dieu les réunira
qāla yā bunayya lā taqṣuṣ ru'yāka 'alā ikhwatika fa-yakīdū laka kaydan inna sh-shayṭāna li-l-insāni 'aduwwun mubīnun
Mon fils, lui répondit son père, ne divulgue pas ce rêve à tes frères de peur qu'ils ne trament quelque machination contre toi. Car Satan est pour l'homme un ennemi déclaré
Entendant son fils Joseph lui raconter le rêve, Jacob devina que ses frères lui seront soumis au point où ils se prosterneront à ses pieds par respect et vénération. Redoutant qu'un certain malheur n'arrive à Joseph s'il leur raconte ce rêve, il lui conseilla de ne plus le divulguer pour éviter les ruses qu'ils pourront tramer. Il lui dit:
Ne divulgue pas ce rêve à tes frères de peur qu'ils ne trament quelque machination contre toi
Une réalité qui ne cesse d'être constatée.
À propos des songes, on a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
Lorsque l'un d'entre vous fait une vision qu'il aime, qu'il la raconte. S'il fait un mauvais rêve, qu'il s'étende sur l'autre côté, crache trois fois à sa gauche, se réfugie auprès de Dieu contre son mal, et qu'il ne la raconte à personne, alors ce rêve ne lui causera aucune nuisance
«Rapporté par Boukhari et Mouslim» [1].
On déduit de cette recommandation qu'il faut dissimuler tout bienfait jusqu'à ce qu'il se réalise, comme il est dit dans un hadith:
Recourez à combler vos besoins par la dissimulation des bienfaits car quiconque recevra un bienfait de Dieu sera jalousé
wa qad âlika yajtabîka rabbuka wa yu'allimuka min ta'wîli-l-'ahâdîti wa yutimmu ni'matahû 'alayka wa 'alâ 'âli Ya'qûba kamâ 'atammahâ 'alâ 'abawayka min qablu 'Ibrâhîma wa 'Ishâqa 'inna rabbaka 'Alîmun Hakîmun
En t'envoyant ce rêve, ton Seigneur t'a choisi pour t'apprendre le secret des choses. Il complétera ainsi les effets de sa grâce pour toi et pour la famille de Jacob, comme Il l'a fait autrefois pour tes ancêtres, Abraham et Isaac. Ton Seigneur est toute science et toute sagesse
Jacob annonça à son fils: Comme ton Seigneur t'a gratifié par cette vision en te montrant ces astres prosternés devant toi, ainsi Il te choisira pour être Son Prophète et t'enseignera l'interprétation des songes. De même Il parachèvera Sa grâce en toi, en t'envoyant et t'inspirant:
Comme Il l'a fait autrefois pour tes ancêtres Abraham et Isaac
Ton Seigneur est omniscient et sage.
laqad kâna fî Yûsufa wa 'ihwatihî 'âyâtun li-s-sâ'ilîna 'id qâlû la-Yû- sufu wa 'ahûhu 'ahabbu 'ilâ 'abînâ minnâ wa nahnu 'usbatun 'inna 'abânâ lafî dalâlim mubînin uqtulû Yûsufa 'awi-trahûhu 'ardan yahlu lakum wajhu 'abîkum wa takûnû mim ba'dihi qawman sâlihîna qâla qâ'ilum-minhum lâ taqtulû Yûsufa wa 'alqûhu fî gayâbati-l-jubbi yaltaqithu ba'du-s-sayyârati 'in kuntum fâ'ilîna
En vérité l'histoire de Joseph et de ses frères est pleine d'enseignements pour ceux qui cherchent à s'instruire. « Joseph et son frère sont plus chers à notre père que nous », dirent, un jour, leurs autres frères. Et pourtant nous sommes plus nombreux qu'eux. C'est là une préférence coupable de sa part. « Tuons Joseph ou perdons-le quelque part », dirent-ils. Ainsi pourrons-nous recouvrer l'affection de notre père et redevenir des gens heureux. L'un d'eux proposa : « Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le au fond d'un puits où il sera découvert par quelque voyageur, si votre résolution est bien arrêtée. »
Pour ceux qui cherchent à apprendre, ils trouvent en Joseph et ses frères des signes et enseignements. Ils dirent un jour :
Joseph et son frère sont plus chers à notre père que nous.
Selon leur présomption, ils jurèrent par Dieu : Joseph et son frère — Benjamin qui était son utérin — sont plus chers que nous à notre père, alors que nous sommes toute une bande. Comment agit-il ainsi ? Il doit se trouver dans un égarement.
Il en est parmi les exégètes ceux qui se sont allés très loin en prétendant que les frères de Joseph ont été inspirés pour proférer de tels propos comme étant des signes de Prophétie. Leurs dires sont erronés car ils n'ont présenté comme argument que ce verset :
Dites : Nous croyons en Allah, en ce qu'il nous a révélé et ce qu'il a révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, et à sa descendance (2:136)
Cette descendance comprenait les douze tribus (Al-Asbat). Dieu, dans le verset précité, montre qu'il a révélé à ces tribus comme Il a révélé à Jacob. Chaque tribu était la descendance de l'un des frères de Joseph, mais aucun argument n'est présenté prouvant que Dieu leur a fait une certaine révélation. C'est Dieu qui est le plus savant.
Tuons Joseph ou perdons-le quelque part, dirent-ils. Ainsi pourrons-nous recouvrer l'affection de notre père.
Poussés par leur envie et jalousie, et pour retrouver la bienveillance de leur père à leur égard, ils proposèrent d'éloigner Joseph de son père par n'importe quel moyen, soit en le tuant, soit en le jetant quelque part loin du père, « et redevenir des gens heureux », c'est-à-dire des gens de bien. Ainsi ils avaient l'intention de se repentir avant de commettre leur crime.
« L'un d'eux proposa » — dont son nom fut un sujet de controverse : Il est Ruben d'après Qatada, ou Judas selon As-Souddy, ou Simon (Cham'oun) pour Moujahed. « Ne tuez pas Joseph » — que votre haine et aversion ne vous portent pas à l'exterminer. Mais, en fait, ils n'avaient aucun moyen pour le tuer, car Dieu avait décidé autrement et voulut réaliser ce qu'il avait prédestiné en le prenant plus tard pour Prophète et lui permettant de gouverner l'Égypte. Donc Dieu les a détournés de ce crime grâce aux propos de Ruben et à son idée de le jeter au fond d'un puits, ce puits qui, selon les dires de Qatada, se trouvait à Jérusalem. « Il sera découvert par quelque voyageur, si votre résolution est bien arrêtée. »
Mouhammed Ibn Ishac a commenté : Il s'avère que leur complot comporta plusieurs péchés : la rupture du lien de parenté, la désobéissance aux parents, la dureté envers le petit qui n'est pas coupable, la séparation entre le fils et le père devenu vieux et faible qui jouissait d'une grâce divine, du moment que ce fils étant tout jeune et faible avait besoin de la bienveillance du père. Que Dieu leur pardonne, ils ont commis un péché grave.
lanâsihûna 'arsilhu ma'anâ ghadan yarta' wa yal'ab wa 'innâ lahû lahâfizûna
Ils dirent à Jacob : « Ô notre père, pourquoi ne veux-tu pas nous confier Joseph, alors que nous lui voulons tant de bien ? » Laisse-le partir demain avec nous pour se divertir et jouer avec nous. Nous veillerons sur lui
Une fois leur machination tramée selon la proposition de Robin, ils vinrent le soir dire à leur père :
Pourquoi ne veux-tu nous confier Joseph, alors que nous lui voulons tant de bien ?
Ils avancèrent de propos mielleux en dissimulant ce que couvaient leurs cœurs à cause de cette affection particulière du père à son fils. Ils lui demandèrent de laisser Joseph faire une promenade dans la prairie avec eux et jouer, cependant qu'ils veilleraient sur lui.
qâla 'innî layahzununî 'an tadhabû bihî wa 'ahâfu 'ay-ya'kulahu-d- di'bu wa 'antum 'anhu gâfilûna qâlû la'in 'akalahu-d-di'bu wa nahnu 'usbatun 'innâ 'idan lahâsirûna
«Je le verrai avec peine vous accompagner, répondit-il. Je crains qu'un loup le dévore alors que vous n'y ferez pas attention» «Pour qu'un loup le dévore, alors que nous sommes si nombreux, il faudrait que nous soyons bien lâches»
Telle fut la conversation menée entre le père et les fils. Il éprouva d'avance sa tristesse en le laissant partir avec eux, craignant de le perdre, devenant une proie au loup. À vrai dire, cette affection particulière était due à la croyance d'un futur prospère qui attendait Joseph, à une prophétie, et à la perfection de sa personnalité et de ses caractères.
Je crains qu'un loup le dévore alors que vous n'y ferez pas attention.
Ce fut une source de crainte et une cause de la perte de Joseph, que les fils avaient prise comme raison et excuse de leur crime. Mais pour le rassurer, ils lui répondirent :
Pour qu'un loup le dévore, alors que nous sommes si nombreux, il faudrait que nous soyons bien lâches.
falammā dahabū bihi wa ajmaʿū ay-yajʿalūhu fī ghayābati-l-jubbi wa awḥaynā ilayhi latunabbi'annahum bi-amrihim hādhā wa hum lā yashʿurūna
Ils l'emmenèrent avec eux et s'entendirent pour le jeter au fond d'un puits. Nous révélâmes alors à Joseph ceci : Sans qu'ils s'en doutent, tu seras appelé à leur rappeler cet acte
En emmenant Joseph avec eux, ils s'étaient mis d'accord pour le jeter dans les profondeurs invisibles du puits. Ils avaient manifesté de la considération envers le père et éprouvé une joie de pouvoir l'égayer.
On a rapporté que lorsque Jacob envoya Joseph avec ses frères, il l'étreignit, l'embrassa et invoqua Dieu pour lui. As-Souddy et d'autres ont précisé que, une fois se trouvant loin de leur père, ils commencèrent à traduire leur jalousie et inimitié en injures et en coups jusqu'à leur arrivée près du puits. Là ils s'entendirent pour le jeter dedans en l'attachant par une corde et le firent descendre. Avant d'atteindre le fond et que l'eau ne le couvre, Joseph rencontra un rocher et s'y tint debout et put se sauver de la noyade.
Nous révélâmes alors à Joseph ceci : Sans qu'ils s'en doutent, tu seras appelé à leur rappeler leur acte
Dieu, par Sa clémence et Sa miséricorde, pour réconforter Joseph, lui révéla qu'il sera délivré de cette gêne, de ne plus s'attrister car Il lui trouvera une issue, le fera triompher sur ses frères, l'élèvera de degrés au-dessus d'eux et leur racontera plus tard leur méfait. Et Ibn Abbas d'ajouter : Tu leur raconteras leur machination sans qu'ils s'en aperçoivent.
wa jâ'û 'abâhum 'ishâ'an yabkûna qâlû yâ 'abânâ 'innâ dahabnâ nastabiqu wa taraknâ Yûsufa 'inda matâ'inâ fa'akalahu-d-di'bu wa mâ 'anta bi mu'minin lanâ wa law kunnâ sâdiqîna wa jâ'û 'alâ qamîsihî bidamin kadibin qâla bal sawwalat lakum 'anfusukum 'amran fa sabrun jamîlun wa-L-Lâhu-l-musta'ânu 'alâ mâ tasifûna
À la nuit, ils s'en retournèrent auprès de leur père en pleurant « Ô notre père, dirent-ils, nous avons joué à la course et nous avons laissé Joseph pour garder nos effets. Un loup l'a dévoré. Malheureusement tu ne nous croiras pas bien que nous soyons sincères. » Ils lui présentèrent sa chemise faussement tachée de sang. Il répondit : « Non, c'est un coup monté par vous contre Joseph. La résignation est ma seule ressource. J'en appelle à Allah de votre machination. »
Donc à la nuit tombante ils revinrent chez leur père pleurant, se lamentant, manifestant leur vif regret d'avoir perdu leur frère, s'excusèrent auprès de leur père en disant:
Nous avons joué à la course et nous avons laissé Joseph pour garder nos effets. Un loup l'a dévoré
La même raison pour laquelle Jacob avait refusé auparavant d'envoyer Joseph avec eux. «Malheureusement tu ne nous croiras pas, bien que nous soyons sincères». Ils furent si doux en lui racontant l'événement. Tu ne nous croiras pas et, cependant, nous sommes véridiques en te relatant la vérité, ce que tu craignais eut lieu, le loup l'a dévoré. On t'excuse si tu nous traites de menteurs car c'est vraiment une coïncidence étrange.
Ils lui présentèrent sa chemise faussement tachée de sang
Pour affirmer leurs dires, ils lui apportèrent la chemise de Joseph après l'avoir tachée du sang d'une chèvre qu'ils ont égorgée mais ils ont oublié de la déchirer afin que cela soit une preuve de leur sincérité, une chose qui n'a pas passé inaperçue de Jacob qui découvrit leur mensonge en se disant:
Si vraiment un loup l'avait dévoré, il aurait dû au moins déchirer sa chemise
Il leur confirma alors leurs dires mensongers sans tenir compte de leurs propos, et leur répondit:
Non, c'est un coup monté par vous contre Joseph. La résignation est ma seule ressource
Je me résigne à ce malheur que vous m'avez causé jusqu'à ce que Dieu m'en délivre par Sa clémence et Son secours. «J'en appelle à Allah de votre machination». C'est à mon Dieu que je demande secours contre ce que vous venez de décrire.
À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - fut interrogé au sujet de la résignation de Jacob, il répondit: «C'était une patience sans plainte». Et dans le long récit de la calomnie concernant Aïcha - que Dieu l'agrée - elle a dit à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue: «Pour nous tous, je ne trouve comme exemple autre que celui du père de Joseph quand il a dit:
La résignation est ma seule ressource. J'en appelle à Allah de votre machination
Al-Thawri a dit: «Trois choses font partie de la résignation: ne plus parler de ses douleurs, ne pas rappeler souvent un malheur et ne plus
wa-jā'at sayyāratun fa'arsalū wāridahum fa'adlā dalwahu qāla yā bushrā hādhā ghulāmun wa'asarrūhu biḍā'atan wa-Llāhu 'Alīmun bimā ya'malūna wa sharawhu bithamanin bakhsin darāhima ma'dūdatin wa kānū fīhi mina-z-zāhidīna
Une caravane passa près du puits. Ils envoyèrent un convoyeur pour les ravitailler en eau. Ayant fait descendre son seau, il s'exclama: «Quelle heureuse trouvaille! C'est un jeune homme». Ils le cachèrent pour le vendre comme marchandise. Allah connaissait leurs intentions Ils le vendirent à vil prix pour quelque menue monnaie car ils ne tenaient pas à lui
Mouhammad Ben Ishaq raconte : Quand les frères de Joseph le jetèrent dans le puits, ils demeurèrent toute la journée autour du puits pour voir comment Joseph se comporterait et ce qui pourrait lui arriver. On a dit aussi que Joseph y demeura trois jours.
Dieu voulut qu'une caravane passe par là et ils chargèrent l'un d'eux pour aller puiser de l'eau. Une fois le seau descendu dans le puits, Joseph s'y accrocha. L'homme le fit sortir et s'écria : « Quelle heureuse trouvaille ! » Il se réjouit d'avoir « pêché » un jeune garçon. Les hommes de la caravane « le cachèrent pour le vendre comme marchandise ». Les exégètes ont adopté deux interprétations de cette partie du verset :
Moujahed, As-Souddy et Ibn Jarir ont déclaré que les hommes de la caravane, ayant pris Joseph comme marchandise, dirent :
Nous l'avons acheté des propriétaires du puits de peur qu'ils ne demandent leur part de son prix s'ils savent la réalité des choses.
Ibn Abbas a précisé : Les frères de Joseph dissimulèrent l'identité de leur frère et lui, de sa part, dissimula la leur de peur qu'ils ne le tuent, et préféra être vendu. Ses frères déclarèrent à l'homme qui était chargé d'aller puiser de l'eau pour la caravane qu'un jeune homme se trouvait dans le puits, et cet homme de s'écrier de joie :
Quelle bonne nouvelle ! On pourra alors le vendre.
Il l'acheta de ses frères à cette fin.
« Allah connaissait leurs intentions. » C'est-à-dire celles des frères et celles de ceux qui l'ont acheté. Dieu était certes capable de changer le cours des choses mais, ayant un autre but et une sagesse, voulut que les affaires prennent leur cours normal pour réaliser ce qu'il avait prédestiné.
N'est-ce pas à lui seul qu'appartient le don de créer et de gouverner toutes choses ? Béni soit Allah le Maître de l'univers. (7:54)
Les frères vendirent Joseph à vil prix pour quelques pièces d'argent car ils ne voulaient pas le garder et étaient même prêts à le vendre pour rien. Son prix était de vingt dirhams d'après Ibn Mass'oud, ou de quarante selon 'Ikrima. Mais vendeurs et acheteurs ont déprécié Joseph en ignorant le rang qu'il occupe auprès de Dieu.
wa qâla-l-ladî-starâhu mim-misra limra'atihî 'akrimî matwâhu 'asâ 'ay yanfa'anâ 'aw nattahidahû waladan wa kadâlika makkannâ li Yûsufa fî-l-'ardi wa linu'allimahû min ta'wîli-l-'ahâdîti wa-L-Lâhu gâlibun 'alâ 'amrihî wa-lâkinna 'aktara-n-nâsi lâ ya'lamûna wa lammâ balagha 'ašuddahû 'âtaynâhu hukman wa 'ilman wa kadâlika najzî-l-muhsinîna
L'Égyptien qui l'acheta recommanda à sa femme : « Traite-le bien. Il peut nous être utile et peut-être serons-nous amenés à le prendre pour enfant. » C'est ainsi que nous mîmes Joseph en sécurité sur terre pour l'initier au secret des choses. Allah réalise toujours ses desseins, mais la plupart des hommes l'ignorent Lorsqu'il parvint à l'âge d'homme, nous lui donnâmes la sagesse et la science. C'est ainsi que nous récompensons les bons
Dieu, de par Sa clémence, sema la compassion dans le cœur de l'homme égyptien qui a acheté Joseph pour être bienveillant à son égard et l'honorer, car il vit dans son visage les signes prometteurs de bien. Il dit à sa femme :
Traite-le bien. Il peut nous être utile et peut-être nous serons-nous amenés à le prendre pour enfant
D'après Ibn Abbas, l'homme qui l'a acheté en Égypte, appelé Qatfir, était le ministre du ravitaillement, et le roi à cette époque était Al-Rayan Ben Al-Walid, un homme de 'Amaliq. La femme de l'Égyptien portait le nom de Ra'el ou Zoulaikha.
Abdullah Ben Mass'oud a dit :
Les personnes les plus perspicaces dans l'histoire étaient au nombre de trois : Le ministre égyptien quand il a dit à sa femme à propos de Joseph : «Traite-le bien» ; la femme qui a dit à son père en parlant de Moïse : «Ô père, prends cet homme à ton service» (28:26) ; et Abou Bakr As-Siddiq quand il a demandé aux hommes d'élire Omar Ben Al-Khattab comme successeur au pouvoir
Dieu poursuivit le récit et dit : «Comme nous avons sauvé Joseph de ses frères» «ainsi nous mîmes Joseph en sécurité sur terre» en Égypte «pour l'initier au secret des choses» c'est-à-dire l'interprétation des songes selon les dires de Moujahed et As-Souddy. «Allah réalise toujours ses desseins». Il est souverain de son commandement, nul ne pourra empêcher ses décisions de se réaliser ou s'opposer à Lui, plutôt Il est capable sur toute chose «mais la plupart des hommes l'ignorent» et n'ont aucune connaissance de Sa sagesse qui concerne Ses créatures, de Sa clémence et Son pouvoir.
«Lorsqu'il parvint à l'âge de l'homme» l'âge viril de sorte que sa croissance et sa raison furent complétées «nous lui donnâmes la sagesse et la science» qui ne sont que la Prophétie. «C'est ainsi que nous récompensons les bons» ceux qui font le bien en se soumettant à Dieu. Cet âge fut un sujet de controverse : d'après Ibn Abbas, Moujahed et Qatada : 33 ans, d'après Ibn Abbas, dans une autre version : trente et quelques années, d'après Ad-Dahak : 20 ans, enfin selon Al-Hassan : 40.
wa râwadathu-l-latî huwa fî baytihâ 'an nafsihî wa gallaqati-l-'abwâba wa qâlat hayta laka qâla ma'âda-L-Lâhi 'innahû rabbî 'ahsana matwây 'innahu lâ yuflihu-z-zâlimûna
La maîtresse de la maison tenta de le séduire. Elle ferma les portes et lui dit : « Je me donne à toi. » « Allah m'en préserve ! » s'exclama-t-il. « Mon maître m'a traité avec générosité. Les méchants sont voués au malheur. »
Le ministre égyptien avait commandé à sa femme de bien traiter Joseph et de l'honorer. Mais celle-ci s'éprit de lui et le convia à forniquer avec elle car la beauté de Joseph, sa splendeur et sa personnalité l'éblouirent. Elle fit ses parfaites toilettes, ferma les portes de la maison et l'appela à elle en lui disant : « Je me donne à toi ». Il s'abstint avec fermeté et lui répondit : « Allah m'en préserve. Mon maître m'a traité avec générosité. Ton mari m'a donné une bonne hospitalité, m'a abrité et a été bienveillant à mon égard. Je ne dois donc pas le trahir en forniquant avec sa femme, car « les méchants sont voués au malheur », ils ne sont que des injustes.
wa-laqad hammat bi-hī wa-hamma bi-hā lawlā an ra'ā burhāna rabbihī ka-dhālika li-naṣrifa 'an-hu s-sū'a wa-l-faḥshā'a innahu min 'ibādi-nā l-mukhlaṣīna
Elle avait pleinement succombé et lui aussi était sur le point de succomber lorsqu'il se rappela les enseignements d'Allah. Ce souvenir l'arracha au mal et à la turpitude. Nous le lui suscitâmes car il était parmi nos serviteurs fidèles
Cette circonstance suscita une divergence dans les opinions et chaque exégète l'a traitée à sa façon. Mais il s'agit certainement d'une suggestion de l'âme, comme a déclaré Al-Baghawi qui a cité ce hadith rapporté par Abou Houraira où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu le Très Haut a dit:
Lorsque Mon Serviteur médite de faire une bonne action, inscrivez-la lui comme une bonne action, mais s'il l'accomplit, inscrivez-lui dix bonnes actions. S'il médite de faire une mauvaise action et ne l'accomplit pas, passez à son actif une bonne action, car il n'a laissé qu'à cause de Moi. Mais s'il l'accomplit, inscrivez-la lui comme telle (Boukhari, Mouslim)
¹¹¹.
D'après une autre interprétation: Joseph voulut battre la femme.
Suivant une troisième: Il la désira comme une épouse.
Suivant une quatrième: S'il n'avait pas vu la claire manifestation de son Seigneur, il aurait commercé avec elle.
Quelle a été cette claire manifestation ?
- On a dit qu'il a vu la figure de son père Jacob mordant son doigt.
- D'autres ont dit: il a vu la silhouette de son maître.
- Et Ibn Jarir de déclarer d'après Mouhammad Ben Ka'b Al-Qouradhi: Joseph regarda le plafond et lut ce verset: «Évitez l'adultère. C'est une abomination, c'est une voie pleine d'embûches» (17:32).
- On a dit aussi qu'il a lu sur les murs de la chambre ces trois versets: «Sachez-le. Vous êtes surveillés» (82:10) et: «Ô hommes, il n'est pas d'état où vous vous trouviez» (10:61) et: «Comment, c'est à celui qui lit dans toutes les âmes...» (13:33).
Et Ibn Jarir de conclure: La plus correcte des opinions consiste à considérer qu'un des versets de Dieu lui fut présenté pour l'empêcher de forniquer, comme il se peut qu'elle soit la figure de son père Jacob, ou la figure d'un ange, ou encore un verset qui lui interdit de commettre l'adultère... Bref il n'est pas une de ces opinions qui soit décisive, et il suffit de croire qu'une certaine manifestation fut présentée à Joseph pour l'empêcher, et de se contenter de ces paroles divines: «Ce souvenir l'arracha au mal et à la turpitude» qui signifient: Comme nous lui avons présenté une claire manifestation ainsi nous le préservons du mal et de l'abomination «car il était parmi nos serviteurs fidèles».
wa-stabaqâ-l-bâba wa-qaddat qamîsahû min duburin wa-'alfayâ sayyidahâ ladâ-l-bâbi qâlat mâ jazâ'u man 'arâda bi-'ahlika sû'an 'illâ 'an yusjana 'aw 'adâbun 'alîmun qâla hiya râwadatnî 'an nafsî wa-shahida shâhidun min 'ahlihâ 'in kâna qamîsuhû qudda min qubulin fasadaqat wa huwa mina-l-kâdhibîna wa-'in kâna qamîsuhû qudda min duburin fa-qad kadhabat wa-huwa mina-s-sâdiqîna fa-lammâ ra'â qamîsahû qudda 'azîmun Yûsufu 'a'rid 'an hâdhâ wa-stagfirî li-dhanbiki 'innaki kunti mina-l-khâti'îna
Tous deux se précipitèrent sur la porte. Elle lui déchira son manteau par derrière. Ils butèrent sur le maître de la maison. Elle s'écria : «Que mérite celui qui a voulu déshonorer ta famille, sinon d'être jeté en prison ou de subir une peine exemplaire ?» Il répliqua : «C'est elle qui m'a incité au mal». Un parent de la femme intervint alors en disant : «Si le manteau est déchiré par devant, c'est la femme qui doit être crue et Joseph est un menteur» «Si, au contraire, le manteau est déchiré par derrière, la femme a menti et c'est Joseph qui a dit la vérité» Lorsque le mari vit que le manteau était déchiré par derrière, il dit : «Voilà bien une de vos perfidies ! et quoi de plus redoutable que les perfidies des femmes !» «O Joseph, conclut-il, oublie cet incident. Quant à toi, femme, demande pardon de ta faute, car tu as péché»
Joseph et la femme coururent à la porte : Joseph pour fuir la femme et elle pour le rattraper. Elle le tint par la chemise et fut déchirée. Tous deux trouvèrent alors le maître de la maison à la porte. Pour éluder sa responsabilité et ruser contre Joseph qui refusa de coucher avec elle, elle s'écria devant son mari :
Que mérite celui qui a voulu déshonorer ta famille, sinon d'être jeté en prison ou de subir une peine exemplaire ?
Joseph -que Dieu le salue- se défendit, désavoua la tentation de la femme et répliqua : «C'est elle qui m'a incité au mal». Il raconta qu'elle le poursuivit et réussit à le rattraper en le tenant par la chemise et la lui déchira.
«Un parent de la femme intervint alors en disant :
Si le manteau de Joseph est déchiré par devant, c'est la femme qui doit être crue
c'est à dire : elle est sincère car cette évidence prouve qu'elle le défendait de s'approcher d'elle en le poussant «et Joseph est un menteur. Si, au contraire, le manteau est déchiré par derrière, la femme a menti et c'est Joseph qui a dit la vérité» et ceci en courant derrière lui pour le rattraper avant de fuir.
Qui était ce proche de la femme ?
Ibn Abbas a répondu à cette question et dit :
Il était un homme barbu et faisait partie de la suite du roi
D'après Zaïd Ben Aslam et As-Souddy : C'était son cousin.
Selon Ibn Abbas, dans une autre version, il était un nourrisson. Ainsi fut la réponse de Al-Hassan, Sa'id Ben Joubaïr et Dahak.
Ibn Abbas rapporte un long hadith d'après le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- où il a dit :
Il y a quatre personnes qui ont parlé dès le berceau
et il mentionna ce témoin qui se trouvait dans la maison de la femme. Et Ibn Abbas de déclarer dans un autre hadith :
Les quatre nourrissons sont : le fils de l'habilleuse de la fille de Pharaon, le témoin de Joseph, l'enfant qui a été imputé à l'ermite Joura'ij et Jésus fils de Marie
Lorsque le mari vit que le manteau était déchiré par derrière
en constatant le mensonge de sa femme qui a voulu accuser Joseph d'adultère, il dit : «Voilà bien une de vos perfidies» une des ruses féminines pour salir la réputation de Joseph et le diffamer, «et quoi de plus redoutable que les perfidies des femmes».
Puis le mari demanda à Joseph d'oublier cet incident et ne le raconter à personne et, en s'adressant à sa femme, il poursuivit : «demande pardon de ta faute, car tu as péché». Le mari fut vraiment indulgent avec sa femme et, il s'avère, qu'il l'a excusée parce qu'elle n'a pas pu résister devant la beauté de Joseph. Il lui demanda d'implorer le pardon de Dieu pour avoir pensé à un péché pareil.
wa qâla niswatun fî-l-madînati-mra'atu-l-'azîzi turâwidu fatâhâ 'an nafsihî qad šagafahâ hubban 'innâ lanarâhâ fî dalâlim-mubînin falammâ sami'at bimakrihinna 'arsalat 'ilayhinna wa 'a'tadat lahunna muttaka'an wa 'âtat kulla wâhidatim-minhunna sikkînan wa qâlati-hruj 'alayhinna falammâ ra'aynahû 'akbarnahû wa qatta'na 'aydiyahunna wa qulna hâša li-L-Lâhi mâ hâdâ bašaran 'in hâdâ 'illâ malakun karîmun qâlat fadâlikunna-l-ladî lumtunnanî fîhi walaqad râwattuhû 'an nafsihî fasta'sama wala'in lam yaf'al mâ 'âmuruhû layusjananna wa layakûnан mina-s-sâgirîna qâla rabbi-s-sijnu 'ahabbu 'ilayya mimmâ yad'ûnanî 'ilayhi wa 'illâ tasrif 'annî kaydahunna 'asbu 'ilayhinna wa 'akum-mina-l-jâhilîna fastajâba lahû rabbuhû fasarafa 'anhu kaydahunna 'innahû huwa-s-Samî'u-l-'Alîmu
Les femmes de la ville commentèrent l'événement. La femme du Souverain s'est éprise de son domestique. Elle est folle d'amour pour lui. Son aberration est manifeste Lorsque ces échos malveillants parvinrent à la femme du Souverain, elle invita chez elle les femmes de la ville. Elle leur servit une collation et remit à chacune un couteau. Lorsqu'elles l'aperçurent, elles furent éblouies à tel point que dans leur trouble elles se coupèrent les doigts. Elles s'exclamèrent : «Ce n'est pas possible, ce n'est pas un homme, c'est un ange sublime» Voilà l'homme, leur dit-elle, qui m'a valu vos reproches. J'ai voulu me donner à lui mais il m'a repoussée. S'il s'obstine à me résister, je le ferai jeter en prison et il retombera dans le bas-fonds de la société. Seigneur, dit Joseph, je préfère la prison aux turpitudes dans lesquelles on veut m'entraîner. Si tu ne me délivres pas de leur tentation, je succomberai et je retomberai dans l'ignorance Allah entendit sa prière. Il le délivra de leurs tentations. Car Il entend et sait tout
L'histoire de Joseph avec la femme de l'intendant fut répandue dans la ville et les gens la trouvèrent un sujet de divertissement. Les femmes en ville disaient :
La femme du Souverain s'est éprise de son domestique
et celles des grands fonctionnaires de l'État désavouèrent l'acte de la femme du Souverain - qui est l'intendant ou le ministre du ravitaillement - « Son aberration est manifeste » et elle se trouve dans un égarement total en cherchant à avoir des rapports avec son domestique.
Entendant leurs propos, la femme décida de se défendre « et elle invita chez elle les femmes de la ville ». Elle leur prépara un repas de sorte que chacune d'elles devait se servir d'un couteau. « Elle leur servit une collation et remit à chacune un couteau ». C'est une ruse de sa part afin de savoir comment elles allaient agir. Elle cacha Joseph dans un endroit puis, une fois les femmes réunies, « elle ordonna à Joseph de pa
D'autres ont raconté l'histoire de la façon suivante : Lorsque les femmes terminèrent le repas, la femme de l'intendant présenta à chacune d'elles un cédrat et un couteau pour l'éplucher. Puis elle ordonna à Joseph de paraître devant elles. À sa vue elles furent éblouies de sa beauté, et elles se firent des coupures aux doigts. Sentant la douleur de leurs blessures, elles commencèrent à crier. Elle leur dit alors : Après le premier regard que vous avez jeté à Joseph vous êtes devenues tellement éprises de lui que vous vous êtes coupé les doigts. Que dire alors de moi qui le vois tout le temps ? « Elles s'exclamèrent :
Ce n'est pas possible, ce n'est pas un homme, c'est un ange sublime
Elles déclarèrent franchement : Après ce que nous avons vu, nous ne te reprocherons rien, tu avais raison.
Voilà l'homme, leur dit-elle, qui m'a valu vos reproches
N'avais-je pas raison d'être éprise de lui et même de me donner à lui ? Mais elle n'a pas manqué de faire son éloge quant à sa pudeur et sa chasteté malgré sa beauté. Et elle continua à leur dire carrément, ayant toujours l'intention d'avoir des rapports avec lui :
S'il s'obstine à me résister, je le ferai jeter en prison et il retombera dans les bas-fonds de la société
À ce moment Joseph implora le Seigneur de le protéger contre leurs ruses et leurs vengeances. « Seigneur, dit Joseph, je préfère la prison aux turpitudes dans lesquelles on veut m'entraîner » Je préfère donc la prison au péché qu'elles m'incitent à commettre. « Si Tu ne me délivres pas de leur tentation, je succomberai dans l'ignorance » si tu me confies, Seigneur, à moi-même, je serai incapable de résister. Je ne possède ni mal ni bien que grâce à Ta puissance et à Ta force. C'est de Toi que je demande aide et ne me confie pas à moi-même.
Préférer la prison à la débauche était en vérité un acte de sublimité de la part de Joseph alors qu'il était beau, jeune et un homme parfait dont la femme d'un des puissants de l'Égypte le conviait à l'adultère. N'oublions pas aussi que cette femme était encore belle, riche et puissante.
À cet égard, il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :
Il y a sept personnes que Dieu protégera de Son ombre le jour où il n'y aura d'autre ombre que la sienne.
Parmi ces personnes figure un homme qu'une femme qui jouit d'une grande fortune et d'une beauté remarquable a convié à forniquer avec elle et qui refuse en disant : « Je crains Dieu. » (Boukhari, Mouslim)
tummâ badâ lahum mim ba'di mâ ra'awu-l-âyâti layasjununnahû ḥattâ ḥînin
On jugea bon cependant de l'interner quelque temps, bien que son innocence ait éclaté
Constatant son innocence, il leur parut bon de l'emprisonner pour un certain temps. Peut-être cet arrangement fut pris pour disculper la femme en accusant Joseph, au moins pour tromper le public. Mais nous allons voir plus loin, et toujours en prenant en considération cet arrangement, que lorsque le roi le manda, Joseph refusa de sortir de la prison avant que son innocence n'apparaisse au grand jour, et que tout le monde sache qu'il est pur et chaste.
wa dahala ma'ahu-s-sijna fatayâni qâla 'ahaduhuma 'innî 'arânî 'a'siru hamran wa qâla-l-'âharu 'innî 'arânî 'ahmilu fawqa ra'sî hubzan ta'kulu-t-tayru minhu nabi'nâ bita'wîlihi 'innâ narâka mina-l-muhsinîna
Deux hommes furent jetés en prison en même temps que lui. L'un d'eux lui dit : « J'ai rêvé que je pressais du raisin ». L'autre confia à son tour : « J'ai rêvé que je portais sur ma tête une charge de pains que les oiseaux venaient manger ». Explique-nous ces rêves car nous t'en croyons capable
Qatada a commenté ce verset et dit :
L'un de ces deux hommes était l'échanson du roi et l'autre son boulanger
La cause de leur emprisonnement, comme a précisé As-Souddy, était leur accusation d'avoir préparé un complot pour empoisonner le roi.
Durant son séjour en prison, Joseph donna l'exemple d'un homme généreux, sincère et dévot. Il fit preuve aussi de sa capacité d'interpréter les songes. Lorsque les deux hommes furent emprisonnés, ils l'admirèrent et l'aimèrent. Il leur dit :
Que Dieu bénisse votre amour, mais sachez que toute personne qui m'a aimé a subi un certain préjudice à cause de cet amour : Ma tante paternelle m'a aimé et m'a nui ; mon père m'a aimé et j'ai été maltraité à cause de cet amour ; enfin l'amour de cette femme qui m'a conduit à la prison.
Et eux de répondre : «Nous ne pouvons que t'aimer».
Ayant fait deux rêves différents, l'un d'eux lui raconta : «J'ai rêvé que je pressais du raisin». Et 'Ikrima de commenter. Il lui a dit :
J'ai vu en rêve que j'ai planté un grain de raisin qui a donné promptement des grappes. J'ai pressé ces grappes et j'en ai donné à boire au roi
Joseph le lui expliqua :
Tu demeures trois jours en prison, tu sortiras ensuite pour servir le roi
Le boulanger lui raconta :
J'ai rêvé que je portais sur ma tête une charge de pains...
Bien que certains exégètes aient dit que ces deux hommes-là ont fait des rêves, d'autres ont précisé qu'ils n'ont fait aucun rêve mais qu'ils ont voulu, comme a dit Ibn Mass'oud, le mettre à
qâla lâ ya'tîkumâ ta'âmun turzaqâniHI 'illâ nabba'tukumâ bita'wîlihî qabla 'an ya'tiyakumâ dâlikumâ mimmâ 'allamanî rabbî 'innî taraktu millata qawmi-l-lâ yu'minûna bi-L-Lâhi wa hum bi-l-'âkhirati hum kâfirûna wa-t-taba'tu millata 'âbâ'î 'Ibrâhîma wa 'Isḥâqa wa Ya'qûba mâ kâna lanâ 'an nushrika bi-L-Lâhi min shay'in dâlika min faḍli-L-Lâhi 'alaynâ wa 'alâ-n-nâsi walâkinna 'akthara-n-nâsi lâ yashkurûna
Il leur répondit: «Il n'y a pas de nourriture qu'on ne vous destine dont je ne vous expliquerai l'origine avant même qu'elle ne vous parvienne. C'est là une aptitude que je tiens de mon Allah. Je n'ai jamais voulu pratiquer le culte de ceux qui ne croient pas en Allah et en la vie future» Le culte que je pratique est celui de mes pères Abraham, Isaac et Jacob. Nous nous sommes toujours abstenus d'associer qui que ce soit à Allah; c'est là un effet de la grâce qu'Allah nous a dispensée comme à tant d'autres hommes. Mais peu de gens lui en sont reconnaissants
Joseph leur répondit que quel que soit le rêve qu'ils voient il est capable de le leur interpréter, même il peut le leur raconter avant son avènement, voilà le sens de ce verset:
Il n'y a de nourriture qu'on ne vous destine dont je ne vous expliquerai l'origine avant même qu'elle ne vous parvienne
Il leur ajouta: «C'est là une aptitude que je tiens de mon Allah». C'est parmi les choses que mon Seigneur m'a enseignées, car je me suis détourné de la religion de ceux qui ne croient ni en Dieu ni en jour dernier, et j'ai suivi celle de mes pères Abraham, Isaac et Jacob. Ainsi sera le cas de ceux qui auront suivi le Prophète, le chemin droit et dévié du chemin des égarés. Dieu dirige les croyants, les enseigne des choses qu'ils ignorent et fait d'eux des modèles à imiter et à suivre.
Nous nous sommes abstenus d'associer qui que ce soit à Allah. C'est là un effet de la grâce qu'Allah nous a dispensée
c'est un témoignage clair qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, seul, Il n'a pas d'associé «comme à tant d'autres hommes» qui ont répondu à notre appel. «Mais peu de gens lui en sont reconnaissants» qui n'estiment pas le grand bienfait de Dieu en leur envoyant les Prophètes. La plupart des gens «ont répondu par des blasphèmes aux bienfaits d'Allah et qui ont causé la perdition de leurs peuples» (14:28).
yā ṣāḥibay-i-s-sijni 'a-arbābun mutafarriqūna khayrun 'am-i-l-Lāhu-l-wāḥidu-l-Qahhāru mā ta'budūna min dūnihī 'illā 'asmā'an sammaytumūhā 'antum wa ābā'ukum mā 'anzala-l-Lāhu bihā min sulṭānin 'ini-l-ḥukmu 'illā li-l-Lāhi 'amara 'allā ta'budū 'illā 'iyyāhu dhālika-d-dīnu-l-qayyimu wa lākinna 'akthara-n-nāsi lā ya'lamūn
«O mes compagnons de captivité, est-ce qu'une poussière de maîtres vaut mieux qu'un Allah unique et puissant!» Vous n'adorez en dehors d'Allah que de vains noms que vous avez inventés, vous et vos pères, et dont l'existence n'a jamais été révélée par Allah. Tout pouvoir émane d'Allah. Il prescrit de n'adorer que Lui. Voilà le vrai culte. Mais peu d'hommes le savent
Puis Joseph appela les deux hommes à l'adoration de Dieu seul et à renier toutes les autres divinités. Il leur dit : Lequel est meilleur : un éparpillement de Seigneurs ou le Dieu unique et le Dominateur Suprême ? Il les avertit ensuite que décret, disposition, vouloir et royauté appartiennent à Dieu qui a prescrit aux hommes de n'adorer que Lui. «Voilà le vrai culte» auquel je vous appelle et d'être sincères dans Son adoration. Telle est la religion droite qu'il faut exercer et qui est appuyée par les preuves évidentes et les signes clairs. «Mais peu d'hommes le savent» et par la suite la plupart d'entre eux sont idolâtres. Ce verset corrobore cette réalité : «Quoi que tu fasses, peu d'hommes se convertiront» (12:103).
Leur demande d'interpréter les deux songes fut une occasion pour Joseph d'appeler les deux hommes à l'Unicité de Dieu et à la soumission à Lui. Joseph avait deviné qu'ils étaient prêts à accepter la bonne direction en écoutant ses propos. Une fois l'exhortation achevée, Joseph leur donna cette interprétation.
yā ṣāḥibayī-l-sijni ammā aḥadukumā fayasqī rabbahu khamran wa ammā-l-ākhar fayuṣlabu fata'kulu-ṭ-ṭayru min ra'sihi quḍiya-l-amru-lladhī fīhi tastaftiyāni
«O mes compagnons de captivité, l'un de vous sera l'échanson de son maître, l'autre sera décapité et les oiseaux déchiquèteront son crâne. Voilà la réponse à la question que vous m'avez posée»
Sans le désigner personnellement afin de ne pas attrister l'autre, il répondit : « L'un de vous sera l'échanson de son maître », bien qu'il s'agît de celui qui avait vu presser du raisin, et « l'autre sera décapité et les oiseaux déchiquetteront son crâne », celui qui se voyait portant du pain sur sa tête. Entendant cela, ils répliquèrent qu'ils n'avaient fait aucun rêve, et Joseph de riposter :
Voilà la réponse à la question que vous m'avez posée
; que vos rêves soient réels ou une invention de votre part, voilà votre sort.
wa qâla li-l-ladî zanna 'annahû nâjin minhumâ-d-kurnî 'inda rabbika fa'ansâhu-sh-shaytânu dikra rabbihî falabita fî-s-sijni bid'a sinîna
Joseph pria celui qui devait être libéré d'appeler sur lui l'attention de son maître. Mais Satan lui fit oublier de prévenir son maître. Et Joseph séjourna quelques années encore en prison
Joseph dit en secret à l'échanson qui, à son avis, devait être libéré: «Souviens-toi de moi auprès de ton maître» voulant dire le roi. Mais cet homme oublia et Joseph, proie à une machination du démon, devait rester encore quelques années en prison. Car si l'échanson avait raconté l'histoire de Joseph devant le roi, le Prophète de Dieu aurait pu retrouver sa liberté aussitôt.
wa qâla-1-maliku ’inrîf ’arâ sab‘a baqaratin simânin ya’kuluhunna sab‘un ‘ijâfun wa sab‘a sumbulâtin hudrin wa ’uhara yâbisâtin yâ ’ayyuhâ-l-mala’u ’aftûnî fï ru’yâya ’in kuntum li-r-ru’yâ ta'burûna qâlû ’adgâtu ’ahlâmin wamâ nahnu bi-ta’wîli-1-’ahlâmi bi ‘âlimîna wa qâlâ-l-ladî najâ minhumâ wa-d-dakara ba‘da ’ummatin ’ana ’unabbi’ukum bita’wîlihî fa’arsilûni Yûsufu ’ayyuhâ-s-siddîqu ’aftinâ fi sab‘i baqarâtin simânin ya’kuluhunna sab‘un ‘ijâfun wa sab‘i sumbulâtin hudrin wa ’uhara yâbisâti-l-la‘allT ’arji‘u ’ila-n-nâsi la ‘allahum ya‘lamûna qâla tazra‘ûna sab‘a sinîna da’aban famâ hasattum fadarûhu fi sumbulihT ’illâ qalîlam-mimmâ ta’kulûna tumma ya’tî mim ba‘di dâlika sab‘un sidâdun y a’kulna mâ qaddam tum lahu n na ’illâ qalîlam mimma tuhsinûna tumma ya’tî mim ba‘di dâlika ‘âmun fîhi yugâtu-n-nâsu wa fîhi ya‘sirûna
Le Souverain dit: «J'ai vu en songe sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres et sept épis verts et sept autres secs. O vous qui m'entourez, interprétez ce songe si vous en êtes capables» Ce sont de pures divagations. Et nous n'avons pas le don d'interpréter de telles rêveries Un instant après, celui des deux prisonniers qui avait eu la vie sauve se souvint de Joseph. Il dit: Moi, je me charge de vous interpréter ces songes, Laissez-moi faire. O Joseph, toi qui sais la vérité, explique-nous ce que signifient sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres et sept épis verts et sept autres secs pour que, quand je serai de retour parmi les miens, je puisse les renseigner Joseph répondit: «Vous sèmerez sept années consécutives. Ce que vous moissonnerez, vous le laisserez en gerbes, en prélevant juste de quoi vous nourrir Sept années de disette viendront ensuite, qui absorberont tout ce que vous aurez mis en réserve si ce n'est quelques menus restes Puis viendra une année d'abondance où les pressoirs ne chômeront pas
Le songe qu'a fait le roi de l'Égypte fut la cause de la libération de Joseph -que Dieu le salue- et de sa sortie de la prison. Ce songe effraya le roi, le rendit perplexe ne sachant comment l'interpréter. Il réunit autour de lui les devins, les commandants et les hauts fonctionnaires de l'État, leur raconta son rêve et leur demanda de le lui interpréter. Ne sachant comment l'interpréter, ils lui répondirent : «Ce sont de pures divagations» ou un amas de rêves «et nous n'avons pas le don d'interpréter de telles rêveries» s'excusant ainsi de leur incapacité.
L'un des deux prisonniers qui avait été libéré dont le démon le fit oublier de rappeler Joseph au souvenir de son maître, se souvint alors après un certain temps. Il dit au roi : «Moi je me charge de vous interpréter ces songes». Pour cela envoyez chercher Joseph le véridique qui se trouve en prison.
Se trouvant devant le roi, celui-ci demanda à Joseph :
Ô Joseph, toi qui sais la vérité, explique-nous...
et il lui raconta son rêve. Joseph, sans avoir adressé à l'homme aucun reproche à cause de son oubli, répondit au roi : «Vous sèmerez sept années consécutives» c'est à dire : durant sept années il y aura toujours de la pluie, profitez-en et semez.
Ce que vous moissonnerez, vous le laisserez en gerbes en prélevant juste de quoi vous nourrir
Tout ce que vous aurez moissonné laissez-le en épis pour qu'il ne se pourrisse pas et n'en prenez que ce dont vous aurez besoin pour votre subsistance. Ainsi vous en profiterez comme provisions pour les sept années de disette qui vont suivre car il n'y aura plus de moisson à cause de la sécheresse.
Il raconta ensuite au roi qu'après ces années de disette, la pluie descendra, les moissons seraient à profusion «où les pressoirs ne chômeront pas» une expression qui signifie l'abondance de la récolte.
wa qâla-l-maliku 'tûnî bihî falammâ jâ'ahu-r-rasûlu qâla-rji' 'ilâ rabbika fas'alhu mâ bâlu-n-niswati-l-lâtî qatta'na 'aydiyahunna 'inna rabbî bikaydihinna 'Alîmun qâla mâ hatbukunna 'id râwattunna Yûsufa 'an nafsihî qulna hâsa li-L-Lâhi mâ 'alimnâ 'alayhi min sû'in qâlati-mra'atu-l- 'azîzi-l-'âna hashasa-l-haqqu 'anâ râwattuhû 'an nafsihî wa 'innahû lamina-s-sâdiqîna dâlika liya'lama 'annî lam 'ahunhu bi-l-gaybi wa'anna-L-Lâha lâ yahdî kayda-l-hâ'inîna wa mâ 'ubri'u nafsî 'inna-n-nafsa la'ammâratun-bi-s-sû'i 'illâ mâ rahima rabbî 'inna rabbî Gafûrun-Rahîmun
Le Souverain dit: «Amenez-moi cet homme». Lorsque le messager du Souverain se trouva en présence de Joseph, ce dernier lui dit: «Retourne auprès de ton maître et demande-lui ce qu'il pense des femmes qui se sont coupé les doigts». Mon Seigneur connaît leurs machinations Le roi interrogea ces femmes: «Pourquoi avez-vous tenté Joseph?» Elles répondirent: «Allah est témoin, Joseph n'a commis aucun mal, que nous sachions». La femme d'El-Aziz confessa alors à son tour: «Maintenant la vérité a éclaté. C'est moi qui l'ai tenté. Lui a dit la vérité» Si je t'ai envoyé près de ton maître, c'est pour qu'il sache que je ne l'ai pas trompé pendant son absence. Allah n'aide pas les méchants Hélas! j'ai mes passions comme les autres. Et les passions poussent au mal, à moins qu'on ne soit touché par la grâce d'Allah. Allah est clément et miséricordieux
Reconnaissant les mérites de Joseph, sa science et sa perspicacité, le roi ordonna qu'on le fasse sortir de la prison. Mais Joseph -que Dieu le salue- une fois le messager du roi se trouvant devant lui, refusa d'en sortir avant que le roi et sa cour ne sachent sa pureté, sa chasteté et son innocence, et que son emprisonnement n'était qu'un acte d'injustice. Il demanda alors au messager: «Retourne auprès de ton maître et demande-lui...».
Pour montrer la dignité et la haute considération de Joseph -que Dieu le salue- on cite ce hadith où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
Nous avons raison plus qu'Abraham de douter en s'adressant à Dieu: «Seigneur, montre-moi comment tu ressuscites les morts?» (2:260). Que Dieu fasse miséricorde à Loth, il cherchait toujours un appui solide. Et si j'étais resté en prison aussi longtemps que resta Joseph, j'aurais hâté ma sortie sans tarder à demander mon innocence (Boukhari, Mouslim, Ahmed)
«Pourquoi avez-vous tenté Joseph?» une question qu'adressa le roi aux femmes qui étaient conviées au repas chez la femme de son ministre El-Aziz et qui se sont coupé les doigts. Elles lui répondirent:
Allah est témoin, Joseph n'a commis aucun mal que nous sachions
Bien que la question fut adressée à toutes les femmes, mais la femme d'El-Aziz devina qu'elle est la seule concernée. Elle avoua:
Maintenant la vérité a éclaté. C'est moi qui l'ai tenté. Il a dit la vérité
en m'accusant de cette tentation. Et la femme de poursuivre:
C'est pour qu'il sache que je ne l'ai pas trompé pendant son absence
voulant dire: que mon mari sache que je n'ai pas commis l'adultère et ce n'était qu'une simple tentation. Je l'avoue franchement pour montrer mon innocence car «Allah n'aide pas les méchants». Je ne cherche pas à me disculper car, comme toute autre femme, j'ai mes propres passions «et les passions poussent au mal, à moins qu'on soit touché par la grâce d'Allah». Donc l'âme suggère et convoite, elle pourra commettre des péchés à moins que le Seigneur ne fasse miséricorde, elle s'abstient alors.
wa-qāla l-maliku'tūnī bi-hī astakhliṣ-hu li-nafsī fa-lammā kallamahū qāla innaka l-yawma ladaynā makīnun amīnun qāla j-j'alnī 'alā khazā'ini l-arḍi innī ḥafīẓun 'alīmun
«Qu'on me l'amène, dit le souverain. Je l'attache à ma personne» Après s'être entretenu avec lui, il lui dit: «Désormais, tu es à demeure auprès de moi et je t'investis de ma confiance» Joseph lui dit: «Fais de moi le régisseur des richesses du pays. J'en serai le gardien vigilant»
Le roi, constatant l'innocence de Joseph, demanda qu'on le lui amène pour l'attacher à sa personne, et faire de lui son confident et son propre conseiller. Après que Joseph eut parlé, le roi connut sa science, ses mérites et aptitudes et, en plus, ses bons caractères. Il le rassura :
Désormais, tu es à demeure auprès de moi et je t'investis de ma confiance
te voilà auprès de moi placé à un poste d'autorité et de confiance.
Joseph -que Dieu le salue- dit alors au roi :
Fais de moi le régisseur des richesses du pays. J'en serai le gardien vigilant.
On a dit que, dans de telles circonstances, lorsqu'on ignore les mérites d'une personne, celle-ci a le droit de se louer en énumérant ses qualités, sa science et son aptitude. Donc Joseph demanda au roi de lui confier l'intendance des dépôts du pays, vu sa compétence et, d'autre part, pour assurer aux habitants ce dont ils auraient besoin durant les années de la sécheresse.
wa kadhālika makkannā li-Yūsufa fī-l-'arḍi yatabawwa'u min-hā ḥaythu yashā'u nuṣību bi-raḥmati-nā man nashā'u wa-lā nuḍī'u 'ajra-l-muḥsinīna wa la-'ajru-l-'āḥirati ḫayrun li-l-ladhīna 'āmanū wa kānū yattaqūna
C'est ainsi que nous affermîmes la situation de Joseph dans le pays. Il pouvait circuler en maître dans toutes les régions. Nous touchons de notre grâce qui nous voulons. Toutefois nous ne laissons jamais les bons sans récompense Ceux qui croient et qui craignent Allah auront une plus belle récompense dans la vie future
Joseph -que Dieu le salue- fut libre de se déplacer dans tout le pays, put s'installer là où il voudrait, surtout après les années qu'il a passées en prison. Ce fut par un effet de la miséricorde de Dieu qui ne laisse pas perdre la rétribution de ceux qui font le bien. Joseph avait enduré aussi la nuisance de ses frères et leur jalousie.
Dieu le Très Haut réserva à Son Prophète Joseph -que Dieu le salue- une très belle récompense dans la vie future, et en même temps une autre dans le bas monde en lui permettant un tel poste très important, et grâce à lui, comme a commenté Moujahed, le roi de l'Égypte appelé Al-Rayan Ben Al-Walid se convertit.
wa jā'a ikhwatu Yūsufa fadakhalū 'alayhi fa'arafahum wa hum lahū munkirūna wa lammā jahhazahum bijihāzihim qāla i'tūnī bi akhi-l-lakum min abīkum a-lā tarawna annī ūfī-l-kayla wa anā khayru-l-munzilī- na fa in lam ta'tūnī bihī falā kayla lakum 'indī walā taqrabūni qālū sanurāwidu 'anhu abāhu wa innā lafā'ilūna wa qāla lifityānihi-j-i'alū bidā'atahum fī rihālihim la'allahum ya'rifūnahā idhā-n-qalabū ilā ahlihim la'allahum yarji'ūna
Les frères de Joseph vinrent en Égypte. Ils furent introduits auprès de lui. Lui les reconnut, mais non pas eux Après qu'il les eût approvisionnés, il leur dit : «Amenez-moi votre frère qui est resté avec votre père. Vous voyez que je vous ai donné bonne mesure et que je vous ai réservé le meilleur accueil» Si vous ne me l'amenez pas, je ne vous donnerai plus aucune provision et il est inutile que vous reparaissiez devant moi» Ils répondirent : «Nous nous efforcerons de faire consentir notre père à ta demande. Nous te le promettons» Joseph dit à ses employés : «Dissimulerez dans leurs bagages le prix qu'ils ont versé. En rentrant, ils s'en apercevront et peut-être cela les incitera-t-il à revenir»
As-Souddî, Mohammed Ben Ishaq et d'autres exégètes ont dit que la raison pour laquelle les frères de Joseph étaient venus en Égypte après que Joseph fût nommé intendant - ou ministre du ravitaillement - c'est que durant les années de sécheresse qui avaient frappé tout le pays d'Égypte avaient atteint aussi le pays de Kan'an où vivaient Jacob -que Dieu le salue- et sa famille.
À cette époque Joseph avait bien organisé la distribution des vivres, à savoir que des habitants d'autres pays que l'Égypte affluèrent dans ce pays pour s'approvisionner. Il ne donnait à l'homme plus que son besoin annuel. Quant à lui il ne mangeait pas à satiété, ni lui, ni le roi ni les troupes. Ils se contentaient d'un seul repas par jour. Et ceci pour pouvoir pourvoir aux besoins des hommes.
Donc parmi les gens qui venaient en Égypte pour ce même but, figuraient les frères de Joseph qui étaient au courant que l'intendant de l'Égypte vendait les grains, soit contre l'argent soit contre d'autres marchandises.
Les dix frères de Joseph vinrent en Égypte apportant de la marchandise, alors que le onzième frère Benjamin demeura chez son père Jacob qui était son bien-aimé.
En entrant chez Joseph qui était assis comme un roi sur son trône, il les reconnut, mais pas eux, car cela faisait longtemps qu'ils ne l'avaient pas vu depuis le jour où ils l'avaient vendu à la caravane sans avoir aucune idée du pays de sa destination. D'autre part, ils ne songèrent guère à voir leur frère occuper ce poste remarquable.
D'après As-Souddî ils avaient tenu la conversation suivante :
- Pourquoi êtes-vous venus dans ce pays ? demanda Joseph.
- Ô El-Aziz, répondirent-ils, nous sommes venus pour nous approvisionner.
- Peut-être êtes-vous des espions ?
- Que Dieu nous en garde, jamais de cela.
- D'où venez-vous ?
- Nous venons de Kan'an et notre père est Jacob le Prophète.
- A-t-il encore d'autres enfants que vous ?
- Oui, nous étions douze frères, le plus jeune parmi nous trouva la mort dans le champ, à savoir qu'il est le plus aimé de notre père, et notre douzième frère est resté auprès de lui pour lui tenir compagnie.
Joseph donna alors l'ordre à ses employés de les accueillir avec amabilité et de les honorer. Après leur avoir remis leurs provisions en leur faisant bonne mesure, il leur dit :
Amenez-moi votre frère qui est resté avec votre père
pour m'assurer que vous avez été sincères en me racontant votre histoire. « Vous voyez que je vous ai donné bonne mesure et que je vous ai réservé le meilleur accueil », dans le but de les revoir une deuxième fois. Puis il les avertit :
Si vous ne me l'amenez pas, je ne vous donnerai plus aucune provision. Si vous ne m'amenez pas votre frère vous ne recevrez aucun grain de blé, et il est inutile que vous reparaissiez devant moi.
Ils lui répondirent :
Nous nous efforcerons de faire consentir notre père à ta demande. Nous te promettons
de le demander à notre père, nous le ferons certainement en le persuadant de le laisser venir avec nous la prochaine fois.
Joseph dit à ses serviteurs :
Dissimulez dans leurs bagages le prix qu'ils ont versé
c'est-à-dire la marchandise qu'ils avaient apportée pour l'échanger. « En rentrant, ils s'en apercevront et peut-être cela les incitera-t-il à revenir. » On a dit à cet égard que Joseph avait ordonné de dissimuler cette marchandise dans leurs sacs, car il craignait que, peut-être, la prochaine fois ses frères ne trouveraient plus de quoi échanger.
fallammâ raja'û 'ilâ 'abîhim qâlû yâ 'abânâ muni'a minna-l-kaylu fa'arsil ma'anâ 'ahânâ naktal wa 'innâ lahû lahâfizûna qâla hal 'âmanukum 'alayhi 'illâ kamâ 'amintu-kum 'alâ 'ahîhi min qablu fa-LLâhu khayrun hâfizân wa huwa 'arhamu-r-râhimîna
De retour auprès de leur père, ils lui dirent: «O notre père, on refuse de nous approvisionner si notre frère ne nous accompagne. Confie-le nous, nous en prendrons soin» Il leur dit: «Vais-je vous le confier, comme je vous ai confié son frère autrefois? Allah est le plus sûr des gardiens. Et Il est toute clémence»
Revenus chez leur père, ils lui dirent : « On refuse de nous approvisionner », c'est-à-dire la prochaine fois si tu n'envoies pas notre frère
Benjamin avec nous. Envoie-le donc et ainsi nous ajouterons le chargement d'un chameau. N'aie pas peur, il reviendra sûrement sain et sauf, tout comme quand ils lui demandèrent d'envoyer Joseph avec eux pour jouer et se divertir.
Se souvenant toujours de Joseph, il leur répliqua :
Vais-je vous le confier comme je vous ai confié son frère autrefois ?
Allez-vous le perdre comme vous avez perdu son frère autrefois ? « Allah est le plus sûr des gardiens. Et Il est toute clémence. » Dieu est le plus miséricordieux des
miséricordieux, aura pitié de moi à cause de mon âge avancé, ma faiblesse et mon amour pour mon enfant. J'espère que Dieu me le rende. Il est toute clémence.
wa lammā fatahū matā'ahum wajadū bidā'atahum ruddat ilayhim qālū yā abānā mā nabghī hādhihi bidā'atunā ruddat ilaynā wa namīru ahlanā wa nahfazu akhānā wa nazdādu kayla ba'īrin dhālika kaylun yasīrun qāla lan ursilahu ma'akum ḥattā tu'tūni mawthiqan mina-Llāhi lata'tunnanī bihī illā ay yuḥāṭa bikum falammā ātawhu mawthiqahum qāla-Llāhu 'alā mā naqūlu wakīlun
En déballant leurs bagages, ils s'aperçurent que le prix du blé leur avait été rendu. Ils dirent: «O notre père, que pouvons-nous espérer de plus? Notre prix nous a été rendu. Nous pouvons donc encore approvisionner les nôtres. Nous aurons soin de notre frère et, nous, nous aurons droit à une charge de plus. L'opération est facile» «Je ne le laisserai partir avec vous, dit le père, que si vous vous engagez devant Allah à le ramener, à moins d'un cas de force majeure.» Lorsqu'ils eurent pris cet engagement, il s'écria: «Allah est témoin de ce que nous avons convenu»
En ouvrant leurs sacs, les frères de Joseph trouvèrent leurs marchandises qui leur avaient été rendues sans le vouloir car, comme on a devancé, Joseph avait ordonné à ses employés de le faire. Ils dirent à leur père:
O notre père, que pouvons-nous espérer de plus? Notre prix nous a été rendu. Nous pouvons donc encore approvisionner les nôtres.
Si tu laisses la prochaine fois notre frère Benjamin partir avec nous
nous aurons soin de notre frère et, nous, nous aurons droit à une charge de plus
car Joseph, comme on l'a mentionné auparavant, donnait à
chaque personne comme provision annuelle la charge d'un chameau.
«L'opération est facile».
Le père toujours anxieux du sort de son fils leur dit:
Je ne le laisserai partir avec vous que si vous vous engagez devant Dieu
de me le ra-
mener à moins que vous ne soyez cernés qui sera un cas de force majeur et que vous soyez incapables de le sauver. Après qu'ils eurent
donné cet engagement il s'écria: «Allah est témoin de ce que nous avons convenu» Il est le seul garant. Ibn Ishaq de commenter: Jacob ne pou-
vait agir autrement car il devait coûte que coûte les envoyer pour une prochaine provision.
wa qâla yâ baniyya lâ tadḫulû min bâbin wâḥidin wa-dḫulû min abwâbim mutafarriqatin wa mâ uġnî 'ankum mina-L-Lâhi min šay'in ini-l-ḥukmu illâ li-L-Lâhi 'alayhi tawakkaltu wa 'alayhi falyatawakkali-l-mutawakkilûna wa lammâ daḫalû min ḥayṯu amarahum abûhum mâ kâna yuġnî 'anhum mina-L-Lâhi min šay'in illâ ḥâjatan fî nafsi Ya'qûba qaḍâhâ wa innahû laḏû 'ilmil-limâ 'allamnâhu wa lâkinna akṯara-n-nâsi lâ ya'lamûna
Puis il ajouta: «Mes enfants, ne pénétrez pas au Caire par la même porte mais prenez des portes différentes. Bien sûr, je suis impuissant contre les décrets d'Allah, car il n'y a de puissance qu'en Lui. Je me fie à Lui. Et c'est à Lui que se fient ceux qui sont résignés à Sa volonté» Ils entrèrent dans la ville en suivant la recommandation de leur père. Mais cette précaution ne pouvait les prémunir contre les décrets d'Allah. Elle ne faisait que calmer les appréhensions de Jacob. Car ce dernier savait tirer profit de nos enseignements. Ce qui est peu commun chez les hommes
Jacob -que Dieu le salue- recommanda à ses enfants qui s'apprêtaient à aller en Égypte accompagnés cette fois de Benjamin, de n'entrer pas par une seule porte mais par des portes différentes. Plusieurs exégètes ont commenté cela en disant que Jacob craignait pour ses enfants le mauvais œil, parce qu'ils étaient nombreux et beaux, car,
comme on a dit :
Le mauvais œil peut faire tomber un cavalier de son cheval.
Bien sûr, je suis impuissant contre les décrets d'Allah
en d'autres termes cette précaution ne pourrait nullement repousser ce que Dieu a prédestiné. Le jugement n'appartient qu'à Dieu. « Je me fie à Lui. Et c'est à Lui que se fient ceux qui sont résignés à Sa volonté. »
Quand ils entrèrent de la façon que leur père avait commandée, cela ne leur aurait servi à rien auprès de Dieu. « Elle ne faisait que calmer les appréhensions de Jacob. » Celui-ci possédait la science que nous lui avions enseignée. « Ce qui est peu commun chez les hommes », étant donné que la plupart des hommes ne savent pas.
wa lammâ dakhalû 'alâ Yûsufa 'âwâ 'ilayhi 'ahâhu qâla 'innî 'ana 'akhûka falâ tabta'is bimâ kânû ya'malûna
Lorsqu'ils se présentèrent à Joseph, celui-ci vit à part son plus jeune frère et lui dit: «Je suis ton frère. Ne t'attriste pas du crime qu'ils ont
Lorsque les frères pénétrèrent auprès de Joseph, il leur offrit une bonne hospitalité en manifestant sa compassion envers eux et les honorant. Puis il prit à part Benjamin et lui découvrit son identité :
Je suis ton frère. Ne t'attriste pas de ce que mes frères ont fait de moi.
Il lui ordonna de ne divulguer ce secret à personne. Enfin il lui fit savoir qu'il allait jouer un bon tour avec ses frères afin de le garder chez lui honoré.
fa-lammā jahhazahum bi-jahāzihim ja'ala s-siqāyata fī raḥli akhīhi thumma 'adhdhana mu'adhdhinun ayyatuhā l-'īru innakum la-sāriqūna qālū wa- aqbalū 'alayhim mādhā tafqidūna qālū nafqidu ṣuwā'a l-maliki wa-li-man jā'a bi-hī ḥimlu ba'īrin wa-anā bi-hī za'īmun
Après qu'il les eût approvisionnés, il glissa une coupe dans les bagages de son plus jeune frère. Des gens coururent après eux en criant : « Oh là, voyageurs, vous êtes des voleurs ! » Se retournant, les fils de Jacob leur dirent : « Que cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Nous cherchons la coupe du roi. Celui qui la rapportera recevra une charge de grain. Nous nous en portons garants. »
Après leur avoir fait remettre leurs provisions, Joseph ordonna à l'un de ses serviteurs de faire glisser une coupe dans les bagages de son frère Benjamin. Cette coupe, selon les dires des exégètes, on l'utilisait pour mesurer les grains. Celui qui la rapportera recevra en récompense la charge qu'un chameau puisse porter.
qâlû ta-L-Lâhi laqad 'alimtum mâ ji'nâ linufsida fî-l-'ardi wamâ kunnâ sâriqîna qâlû famâ jazâ'uhû 'in kuntum kâdibîna qâlû jazâ'uhû man wujida fî raḥlihî fahuwa jazâ'uhû kadâlika najzî-z-zâlimîna fabada'a bi'aw'iyatihim qabla wi'â'i 'ahîhi tumma-stakhrajahâ min wi'â'i 'akhîhi kadâlika kidnâ liYûsufa mâ kâna liya'khuda 'akhâhu fî dîni-l-maliki 'illâ 'ay-yashâ'a-L-Lâhu narfa'u darajâtin man nashâ'u wa fawqa kulli dî 'ilmin 'alîmun
Ils répliquèrent: «Par Allah, vous savez bien que nous ne sommes pas venus avec l'intention de mal faire et que nous ne sommes pas des voleurs» Et si vous mentez, quelle peine vous infligera-t-on? dirent-ils Ils répondirent: «Nous nous livrerons celui dans les bagages duquel la coupe sera trouvée. C'est ainsi que nous punissons les coupables» Joseph commença à fouiller leurs bagages avant ceux de son frère. Puis il tira la coupe des bagages de son frère. Nous suggérâmes ce moyen à Joseph, car il n'aurait jamais consenti de lui-même à faire de son frère un sujet du roi, à moins qu'Allah ne l'ait voulu. Nous élevons dans la société qui nous voulons. Chaque savant trouve plus savant que soi
En les accusant du vol, les frères de Joseph se défendirent:
Par Allah, vous savez bien que nous ne sommes pas venus avec l'intention de mal faire et que nous ne sommes pas des voleurs
Les employés de Joseph leur répondirent:
Quelle sera la peine du voleur si vous mentez en trouvant la coupe dans ses bagages?
Ils répliquèrent:
Nous vous livrerons celui dans les bagages duquel la coupe sera trouvée. C'est ainsi que nous punissons les coupables
C'était bien la loi qu'appliquait Abraham - que Dieu le salue - et qui consistait à livrer le voleur à l'homme volé. Et c'est bien ce que Joseph voulut en arriver. C'est pourquoi il a commencé par examiner les sacs de ses frères avant celui de Benjamin pour éviter tout soupçon. Puis il retira la coupe des bagages de Benjamin sous leurs regards afin qu'ils en soient témoins et de respecter la religion qu'ils suivaient.
Dieu a dit ensuite: «Nous suggérâmes ce moyen à Joseph» qui était une ruse très simple qui ne suscite aucun doute ou une inimitié, réalisée d'après le consentement de Dieu et Sa satisfaction car il y en a là une sagesse et un intérêt voulu. Car Joseph ne pouvait pas se saisir de son frère selon la religion du roi sans que Dieu l'ait voulu. Voilà pourquoi Dieu a fait son éloge en disant:
Nous élevons dans la société qui nous voulons. Chaque savant trouve plus savant que soi
Et Al-Hassan Al-Basri de commenter:
Au-dessus de chaque savant se trouve un plus savant jusqu'à arriver à Dieu, à Lui la puissance et la gloire
À ce propos, Sa'id Ben Joubaïr a raconté: «Nous étions chez Ibn Abbas quand il nous a rapporté un hadith étonnant. Un homme s'exclama:
Louange à Dieu. Au-dessus de chaque savant, il y a un grand savant
Et Ibn Abbas de répondre:
C'est mal ce que tu dis là. Dieu est au-dessus de chaque savant, il y a certes un autre qui est plus savant que lui. Mais Dieu est le plus savant de tout le monde
qâlû 'iy-yasriq faqad saraqa 'ahun lahû min qablu fa'asarrahâ Yûsufu fî nafsihî wa lam yubdihâ lahum qâla 'antum sarru makânan wa-L-Lâhu 'a'lamu bimâ tasifûna
Ils dirent: «S'il a volé, son frère a volé avant lui». Joseph garda pour lui cette réflexion et ne laissa apparaître aucun ressentiment. Il leur dit seulement: «Vous êtes plus misérables encore. Et Allah sait mieux que vous ce que vous dites»
En voyant Joseph retirer la coupe des bagages de son frère Benjamin, les frères dirent : «S'il a volé, son frère a volé avant lui». Pour désavouer le faire de leur frère et se montrer plus dignes que lui, ils avouèrent que son frère -qui est Joseph- a volé avant lui. Qatada dit :
Joseph -que Dieu le salue- avait volé, étant encore petit, une statue qui appartenait à son grand-père maternel et l'avait brisée.
Joseph garda pour lui cette réflexion et ne laissa apparaître aucun ressentiment
Mais il dit en lui-même sans le leur faire entendre : «Vous êtes dans la pire situation».
qâlû yâ 'ayyuha-l-'azîzu 'inna lahû 'aban šayḫan kabîran fa-ḫuḏ- 'aḥadanâ makânahû 'innâ narâka mina-l-muḥsinîna qâla ma'âḏa-LLâhi 'an na'ḫuḏa 'illâ man wajadnâ matâ'anâ 'indahû 'innâ 'iḏan la-ẓâlimûna
Ils répliquèrent: «O Seigneur, ce jeune homme a un père âgé. Retiens l'un de nous à sa place. Tu nous parais si bienveillant» Allah m'en garde! je ne puis retenir que celui sur qui j'ai trouvé l'objet. Sans quoi, je commettrais une injustice
Une fois la décision prise de retenir Benjamin en l'accusant de vol, les frères se mirent alors à supplier Joseph de prendre l'un d'eux en disant: «Ce jeune homme a un père âgé» voulant signaler que ce père l'aime tellement et sa présence auprès de lui, lui procure un soulagement après la perte de l'autre enfant - Joseph - «Retiens l'un de nous à sa place. Tu nous parais si bienveillant» un homme juste et qui aime le bien. Et Joseph de répondre: «Allah m'en garde» je ne ferai que commettre un acte injuste en substituant le coupable par un autre innocent.
falammā-stay'asū min-hu ḫalaṣū najiyyan qāla kabīru-hum 'a-lam ta'lamū 'anna 'abā-kum qad 'aḫadha 'alay-kum mawṯiqan mina-L-Lāhi wa-min qablu mā farraṭtum fī Yūsufa fa-lan 'abraḥa-l-'arḍa ḥattā ya'dhana lī 'abī 'aw yaḥkuma-L-Lāhu lī wa-huwa ḫayru-l-ḥākimīna irji'ū 'ilā 'abī-kum fa-qūlū yā 'abā-nā 'inna-bna-ka saraqa wa-mā šahidnā 'illā bi-mā 'alimnā wa-mā kunnā li-l-ġaybi ḥāfiẓīna wa-s'ali-l-qaryata-l-latī kunnā fī-hā wa-l-'īrata-llatī 'aqbalnā fī-hā wa-'innā la-ṣādiqūna
Quand ils virent qu'il était inflexible, ils s'écartèrent pour se concerter. Le plus âgé d'entre eux dit: «Avez-vous oublié l'engagement solennel que nous avons pris envers notre père et l'incurie que nous avons montrée à l'égard de Joseph! Pour ma part, je ne quitterai ce pays qu'avec l'autorisation de mon père. Ou bien alors qu'Allah décide pour moi, car Il est le meilleur des juges» Retournez auprès de votre père et dites-lui que son fils a volé. Nous ne te rapportons que ce que nous savons. Nous ne saurions répondre d'une chose qui nous échappe Renseigne-toi dans la ville où l'événement s'est passé et auprès des gens avec qui nous avons fait route et tu verras que nous avons dit la vérité
Lorsque les frères eurent désespéré de Benjamin et furent incapables de fléchir Joseph, ils se rappelèrent de l'engagement qu'ils avaient donné à leur père. Ils s'isolèrent pour s'entretenir et leur aîné leur dit:
Avez-vous oublié l'engagement solennel que nous avons pris envers notre père
pour lui ramener Benjamin. Vous voilà incapables de le faire comme vous avez perdu son frère Joseph. «Je ne quitterai ce pays qu'avec l'autorisation de mon père» tout en étant satisfait de moi. «Ou bien alors qu'Allah décide pour moi» et me facilite la reprise de mon frère «car Il est le meilleur des juges».
Puis il leur chargea de raconter à leur père l'événement tel qu'il s'est produit pour être excusés auprès de lui. Ainsi ils déclinent leur responsabilité en affirmant:
Nous ne saurions répondre d'une chose qui nous échappe
et que Benjamin allait voler. Pour s'assurer de leur sincérité, il pourra demander quiconque en ville - Le Caire - et la caravane avec laquelle ils sont venus «et tu verras que nous avons dit la vérité» notre frère n'a été appréhendé que parce qu'il a volé.
qâla bal sawwalat lakum ’anfusukum ’amran fasabrun jamîlun ‘asâ-L-Lâhu ’ay-ya’tiyanî bihim jamî‘an ’innahû huwa-l-‘Alîmu-l-Hakîmu watawallâ ‘anhum wa qâla yâ ’asafâ ‘alâ Yûsufa wabyaddat ‘aynâhu min-1huzni fahuwa kazîmun qâlû ta-L-Lâhi tafta’u tadkuru Yûsufa hattâ takûna haradan ’aw takûna mina-l-hâlikîna qâla ’innama ’askû batt î wa huzrn ’ilâ-L-Lâhi wa ’a‘lamu mina-L-Lâhi mâ lâ taiam ûna
Jacob les accueillit par ces mots: «C'est là encore un coup monté par vous. La résignation est ma seule ressource. Peut-être Allah me les rendra-t-il tous les deux, car Il est savant et sage» Il se retira en soupirant: «Que ma peine est grande pour Joseph!» Ses prunelles étaient pâlies par les larmes et son cœur gonflé de tristesse. Ses fils lui dirent: «Par Allah! à ne cesser d'évoquer le souvenir de Joseph, tu vas compromettre ta santé et tu finiras par mourir» «C'est à Allah que j'offre ma douleur et mes regrets, répondit-il, parce que je sais sur Allah des choses que vous ignorez»
Jacob répéta à ses fils en ce jour-là les mêmes propos qu'il leur avait dits le jour où ils avaient perdu Joseph:
C'est là encore un coup monté par vous. La résignation est ma seule ressource
Mais il ne fut jamais désespéré quand il leur répondit: «Peut-être Allah me les rendra-t-il tous...» désignant Joseph, Benjamin et l'aîné Rubin qui demeurait en Égypte attendant une décision de Dieu ou la satisfaction de son père pour retourner.
«Il se retira en soupirant: «Que ma peine est grande pour Joseph»
Cette peine que ses fils lui ont renouvelée après avoir perdu Joseph la première fois. Sa'id Ben Joubaïr a commenté la plainte de Jacob en disant: Nulle autre que la communauté musulmane n'a été favorisée de la formule du retour à Dieu «Nous sommes à Dieu et c'est vers Lui que sera le retour». Jacob, de sa part, ne se plaignit auprès de personne mais à Dieu seul. Éprouvant de la compassion et de la pitié envers leur père, ses fils lui dirent:
Par Allah! à ne cesser d'évoquer le souvenir de Joseph, tu vas compromettre ta santé et tu finiras par mourir
si tu ne cesses d'évoquer de tels souvenirs et de penser toujours à Joseph jusqu'à en dépérir. Il leur répondit:
C'est à Allah que j'offre ma douleur et mes regrets
je me plains seulement à Lui «parce que je sais sur Allah des choses que vous ignorez» et je n'espère du bien que de Lui.
Ibn Abbas a commenté:
Jacob croyait que la vision de Joseph est véridique et qu'un jour Dieu certainement va la réaliser, et il s'agenouillera sûrement devant son fils.
yâ baniyya-dh-habû fa-tahassasû min Yûsufa wa-'akhîhi wa-lâ tay'asû min rawhi-L-Lâhi 'innahû lâ yay'asu min rawhi-L-Lâhi 'illâ-l-qawmu-l-kâfirûna fa-lammâ dakhalû 'alayhi qâlû yâ 'ayyuhâ-l-'azîzu massanâ wa 'ahlanâ-d-durru wa ji'nâ bi-bidâ'atim-muzjâtin fa-'awfi lanâ-l-kayla wa tasaddaq 'alaynâ 'inna-L-Lâha yajzî-l-mutasaddiqîna
O mes enfants, allez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Restez confiants dans la grâce d'Allah, car seuls désespèrent de Lui les impies De retour auprès de Joseph, ils lui dirent : «O Seigneur, le malheur s'est abattu sur nous et les nôtres. Nous ne pouvons t'offrir qu'un prix insuffisant. Donne-nous quand même une bonne mesure et sois généreux. Allah récompense les généreux»
Jacob chargea ses fils de s'enquérir du sort de leurs frères Joseph et Benjamin. Il leur recommanda de ne pas désespérer de la bonté de Dieu et de Sa grâce «car seuls désespèrent de Lui les impies».
Ils se rendirent en Égypte et furent introduits chez Joseph. Ils lui dirent:
Ô Seigneur, le malheur s'est abattu sur nous et les nôtres
voulant dire qu'une disette et qu'une famine ont touché leurs familles «Nous ne pouvons t'offrir qu'un prix insuffisant» nous avons apporté une marchandise de peu de valeur pour l'échanger contre le blé dont nous aurons besoin pour assurer notre subsistance. «Donne-nous quand même une bonne mesure», c'est-à-dire la quantité que tu avais l'habitude de nous donner autrefois «et sois généreux. Allah récompense les généreux». Ibn Jouraïj a dit en commentant ce verset:
Approvisionne-nous et rends-nous notre frère aussi
D'autres ont commenté:
Passe outre la différence entre la valeur de la marchandise que nous avons apportée et celle du blé que tu vas nous donner et que ce soit une aumône de ta part
sans faire allusion à leur frère Benjamin.
qāla hal 'alimtum mā fa'altum bi Yūsufa wa akhīhi idh antum jāhilūna qālū a'innaka la'anta Yūsufu qāla anā Yūsufu wa hādhā akhī qad manna-Llāhu 'alaynā innahu man yattaqi wa yaṣbir fa'inna-Llāha lā yuḍī'u ajra-l-muḥsinīna qālū ta-Llāhi laqad ātharaka-Llāhu 'alaynā wa in kunnā lakhāṭi'īna qāla lā tathrība 'alaykumu-l-yawma yaghfiru-Llāhu lakum wa huwa arḥamu-r-rāḥimīna
Vous souvenez-vous, leur dit-il, de ce que vous avez fait à Joseph et à son frère quand vous manquiez d'expérience ? Serais-tu Joseph ? s'exclamèrent-ils. Oui, je suis Joseph et celui-ci est mon frère. Allah nous a pris sous Sa protection. Quiconque craint Allah et se résigne en est récompensé, car Allah ne laisse pas les bons sans récompense. Par Allah, dirent-ils, Allah t'a préféré à nous et nous reconnaissons nos torts. Je ne vous reproche rien, répondit-il. Qu'Allah vous pardonne. Sa clémence est sans égale.
Constatant leur état d'indigence et la gêne qu'ils éprouvèrent à cause de la disette et la pénurie de ressources, Joseph qui mena une vie aisée et prospère fut ému en entendant leurs paroles. Il commença à pleurer par un effet de compassion et de pitié envers ses parents.
En leur demandant à son sujet, ils le reconnurent et s'exclamèrent : « Serais-tu Joseph ? » Une question et un étonnement en même temps car ils s'étonnèrent de comment ils l'avaient rencontré deux fois auparavant sans le reconnaître, alors que lui les reconnaissait sans le divulguer. Il leur répondit : « Oui, je suis Joseph et celui-ci est mon frère. » Dieu nous a accordé une grande faveur en nous réunissant après cette longue séparation. « Quiconque craint Allah et se résigne en est récompensé, car Allah ne laisse pas les bons sans récompense. »
Les frères avouèrent à Joseph leur méfait à son égard, et reconnurent sa supériorité sur eux tant aux bons caractères qu'à la vie aisée qu'il mène et sa puissance grâce au poste qu'il occupe. Joseph, de par sa clémence, leur répondit :
Je ne vous reproche rien. Je ne vous blâme pas et je ne vous accuse de rien.
Il leur invoqua même Dieu qui est le plus miséricordieux des miséricordieux.
dhabū biqamīṣī hādhā fa'alqūhu 'alā wajhi abī ya'ti baṣīran wa'tūnī bi ahlikum ajmaʿīna wa lammā faṣalati-l-ʿīru qāla abūhum innī la ajidu rīḥa Yūsufa lawlā an tufannidūni qālū ta-L-Lāhi innaka lafī ḍalālika-l-qadīmi
Emportez mon manteau que voici. Passez-le sur le visage de mon père. Il recouvrera la vue. Et revenez avec tous les vôtres. Alors que la caravane était en marche, leur père dit : « Je sens autour de moi la présence de Joseph. Vous allez dire que je divague ? » Par Allah, laissèrent-ils tomber, c'est toujours ta vieille idée qui t'obsède.
A cause de ses pleurs sur Joseph, Jacob avait perdu la vue. Joseph donna alors son manteau à ses frères en leur disant :
Passez-le sur le visage de mon père. Il recouvrera la vue et revenez avec tous les vôtres
c'est-à-dire Jacob et toute sa descendance.
«Alors que la caravane était en marche» et avait quitté le pays d'Égypte, «leur père dit» à ses enfants qui étaient restés avec lui :
Je sens autour de moi la présence de Joseph. Vous allez dire que je divague ?
En d'autres termes :
Je sens l'odeur de Joseph ! à moins que vous ne disiez que je suis un radoteur à cause de mon âge avancé !
Ils lui répondirent :
Par Allah, c'est toujours ta vieille idée qui t'obsède
et qui te laisse égarer.
Qatada a commenté : A cause de son amour pour Joseph, ils lui adressèrent des propos inconvenables, étant donné qu'il est leur père et un Prophète de Dieu. Cela fut soutenu par As-Souddî et d'autres.
falammā an jā'a-l-bashīru alqāhu 'alā wajhihī fartadda baṣīran qāla 'alam 'aqul lakum 'innī 'a'lamu mina-l-Lāhi mā lā ta'lamūna qālū yā 'abānā-staghfir lanā dhunūbanā 'innā kunnā khāṭi'īna qāla sawfa 'astaghfiru lakum rabbī 'innahū huwa-l-Ghafūru-r-Raḥīmu
Le messager vint et jeta le manteau sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvrit aussitôt la vue. « Je vous avais bien dit, s'exclama-t-il, que je sais sur Allah des choses que vous ignorez. » « Ô notre père, lui dirent-ils, demande à Allah de pardonner nos péchés. Car nous sommes vraiment coupables. » « Soyez sans crainte. J'implorerai votre pardon auprès d'Allah. Il est toute clémence et toute miséricorde. »
Qui était le messager? Une question à laquelle As-Souddy répondit: Il est Judas le fils de Jacob qui, la première fois, lui avait apporté la tunique de Joseph tachée de sang. Et pour expier sa mauvaise action, il est venu cette fois-ci apportant le manteau de Joseph aussi.
En jetant le manteau sur le visage de Jacob, celui-ci recouvrant la vue, il dit alors à ses enfants:
Je vous avais bien dit que je sais sur Allah des choses que vous ignorez
et qu'il me les ramène. Regrettant leur méfait, les enfants demandèrent à leur père de leur implorer le pardon de leurs péchés. «Soyez sans crainte. J'implorerai votre pardon auprès d'Allah. Il est toute clémence et toute miséricorde». Celui qui se repent, Dieu revient vers lui. Et Ibn Mass'oud de commenter: Il a retardé l'imploration jusqu'à l'aube.
À ce propos Ibn Jarir rapporte: «Omar -que Dieu l'agrée- entra un jour dans la mosquée et entendit un homme dire:
Grand Dieu. Tu m'as appelé et j'ai répondu à Ton appel. Tu m'as ordonné et j'ai obéi. Voici l'aube, pardonne-moi
Écoutant cette voix qui provenait du dehors, il reconnut qu'elle provenait de la demeure de Abdullah Ben Mass'oud. En lui demandant au sujet de son invocation, il lui répondit:
«Jacob avait retardé l'imploration du pardon pour ses enfants jusqu'à l'aube en leur disant: «J'implorerai votre pardon auprès d'Allah»
falammâ dakhalû 'alâ Yûsufa âwâ 'ilayhi 'abawayhi wa qâla-dkhulû Misra 'in shâ'a-L-Lâhu 'âminîna wa rafa'a 'abawayhi 'alâ-l-'arshi wa harrû lahû sujjadan wa qâla yâ 'abati hâdâ ta'wîlu ru'yâya min qablu qad ja'alahâ rabbî haqqan wa qad 'ahsana bî 'id 'akhrajanî mina-s-sijni wa jâ'a bikum mina-l-badwi min ba'di 'an nazagha-sh-shaytânu baynî wa bayna 'ihwatî 'inna rabbî Latîfun li-mâ yashâ'u 'innahû huwa-l-'Alîmu-l-Hakîmu
Lorsqu'ils arrivèrent chez Joseph, celui-ci alla au-devant de ses père et mère et les accueillit par ces mots: «Soyez les bienvenus en Égypte. S'il plaît à Allah, vous y serez en sécurité» Il installa ses père et mère sur son propre siège. Toute sa famille se prosterna à ses pieds. «Ô mon père, dit Joseph, voilà l'explication du rêve que je t'ai raconté un jour. Allah vient de le réaliser. Il m'a témoigné une grâce infinie. Il m'a tiré de prison. Il a permis que vous veniez jusqu'à moi à travers les déserts, après que Satan eût jeté la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur sauve qui Il veut. Il est savant et sage»
Dieu raconte la venue de Jacob et de sa famille en Égypte. Comme Joseph -que Dieu le salue- avait demandé à ses frères de lui amener leurs familles, ceux-ci quittèrent alors le pays de Kana'an en se dirigeant vers l'Égypte. Lorsque Joseph eut vent de leur approche, il sortit à leur rencontre à la tête d'un cortège formé, selon les ordres du roi, des notables et des commandants pour recevoir Jacob -que Dieu le salue- le Prophète de Dieu. Suivant un autre récit : le roi lui-même sortit à sa rencontre.
Joseph «alla au-devant de ses père et mère». Et As-Souddy de dire : C'était plutôt son père et sa tante maternelle car sa mère était morte depuis longtemps. Mais il s'avère, d'après les propos d'Ibn Jarir, qu'ils étaient ses propres père et mère comme le montre le verset précité et aucune preuve n'affirmait que sa mère était morte.
Il installa ses père et mère sur son propre siège. Toute sa famille se prosterna à ses pieds
c'est-à-dire ses père, mère et onze frères. «O mon père, dit Joseph, voilà l'explication du rêve que je t'ai raconté un jour». On a dit que, d'après leur propre loi, il était permis de se prosterner devant l'homme important ou âgé. Cette habitude était pratiquée du temps d'Adam -que Dieu le salue- jusqu'à l'avènement de Jésus -que Dieu le salue- qui l'a abolie et a ordonné de ne se prosterner que devant Dieu qu'il soit glorifié et exalté.
À cet égard on rapporte le hadith suivant : «Se trouvant au pays de Châm, Mou'adz trouva les gens se prosterner devant leurs évêques. En retournant à Médine, il se prosterna devant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui lui demanda : «Qu'est-ce ceci ô Mou'adz ?» Il lui répondit :
J'ai vu les hommes (à l'étranger) se prosterner devant leurs évêques et toi tu en as plus de droit qu'eux qu'on se prosterne devant toi
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répliqua :
Si j'avais le droit d'ordonner aux hommes de se prosterner devant un autre que Dieu, j'aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari en raison de son droit sur elle
On a rapporté que Salman, qui s'était récemment converti à l'Islam, rencontra le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans un endroit à Médine, et se prosterna devant lui. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit alors :
O Salmane, ne te prosterne jamais devant moi, mais prosterne-toi devant l'Éternel qui ne mourra pas
Donc Dieu a gratifié Joseph en lui réalisant son rêve, le tirant de prison et en lui ramenant les siens qui vivaient dans le désert pour venir en ville, surtout «après que Satan eût jeté la discorde» entre lui et ses frères. Dieu est bienveillant en toutes Ses volontés, celui qui sait tout ce qui est utile pour Ses serviteurs et sage en tous Ses actes, décisions et prédestination.
Mouhammed Ben Ishaq a dit : On a rapporté que l'absence de Joseph de ses parents était de 18 ans, mais les gens du Livre présument qu'elle était de 40 ans. Après l'arrivée de Jacob -que Dieu le salue- en Égypte, il demeura dix-sept ans avec son fils Joseph avant de rendre l'âme.
Abdullah Ben Chadad, quant à lui, ajouta :
La famille de Jacob qui s'est réunie à Joseph était formée de 86 personnes : mâles et femelles, âgés et jeunes. Quand ils quittèrent l'Égypte, ils étaient au nombre de six cent mille et quelques.
rabbi qad ātaytanī mina l-mulki wa 'allamtanī min ta'wīli l-aḥādīthi fāṭira s-samāwāti wa-l-arḍi anta waliyyī fi d-dunyā wa-l-ākhirati tawaffanī musliman wa-alḥiqnī bi-ṣ-ṣāliḥīna
Seigneur, Tu m'as donné la puissance et Tu m'as appris à interpréter les événements. Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon soutien dans ce monde et dans l'autre. Fais que je meure en état de grâce et que je rejoigne les bienheureux
Après que Dieu eut parachevé Ses bienfaits pour Joseph en le réunissant à ses père, mère et frères, la Prophétie et la souveraineté, il invoqua Dieu — à Lui la puissance et la gloire — qu'il le fasse mourir soumis à Lui et de joindre les Prophètes et les Envoyés — que Dieu les salue tous —.
Il se peut aussi que Joseph avait adressé cette invocation quand il fut à l'article de la mort. Il est cité dans les deux Sahihs d'après Aïcha — que Dieu l'agrée — que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue —, dans son agonie, levait son doigt et disait : « Le plus haut compagnon ».
On a dit encore que Joseph avait demandé cela à Dieu quand Il voudra recueillir son âme et non à l'état d'agonie, tout comme lorsqu'un homme dit à un autre : « Que Dieu te fasse mourir soumis à Lui », ou selon l'invocation traditionnelle :
Grand Dieu, fais-nous vivre soumis à Toi, mourir soumis à Toi et accorde-nous de rejoindre les justes
À ce propos Qatada a dit :
Après que Dieu eut joint Joseph à ses parents, l'eut rendu satisfait dans ce bas monde en lui accordant toutes les sources du bonheur et de la puissance, Joseph désira la compagnie des justes qui vivaient avant lui.
À ce propos également Ibn Abbas a dit : « Nul Prophète avant Joseph n'a souhaité la mort ». Ce souhait n'est plus permis selon notre loi, car il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit :
Que l'un d'entre vous ne souhaite pas la mort quand un malheur quelconque le frappe. S'il faisait le bien, il pourrait faire encore davantage, et s'il faisait le mal, il pourrait se repentir et implorer le pardon de Dieu. Qu'il dise : "Grand Dieu, fais-moi vivre tant que la vie est un bien pour moi, et fais-moi mourir si la mort me fera du bien" (Boukhari, Mouslim)
Abou Houraira a rapporté que le Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit :
Que l'un d'entre vous ne souhaite pas la mort à la suite d'une affliction, et qu'il n'appelle pas la mort avant sa survenue à moins qu'il ne soit totalement satisfait de ses œuvres. Car lorsque l'un d'entre vous meurt, ses œuvres cessent. Le croyant ne fait que les œuvres qui lui procureront le bien (Ahmed)
Cette règle est recommandée à l'état normal, mais quand il y aura des troubles et des séditions, il est alors permis de souhaiter la mort, tout comme les magiciens, du temps de Moïse, quand Pharaon les menaça et les empêcha d'apostasier, demandèrent à Dieu :
Seigneur, donne-nous la résignation et fais que nous mourrions en croyants (7:126)
et quand Marie — que Dieu la salue — dit :
Plût à Dieu, s'écria-t-elle, que je fusse morte avant et que l'oubli se soit fait sur moi (19:23)
quand elle pensa que les gens la diffameraient en l'accusant d'adultère parce qu'elle n'avait pas de mari.
Donc il est permis dans certaines circonstances de souhaiter la mort, surtout, comme on a dit auparavant, quand il s'agit des troubles et des séditions qui pourraient détourner les gens de leur religion. Ce qui est confirmé par un hadith rapporté par Ahmed et Tirmidzi d'après Mou'adz où le Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit :
... Et si Tu veux tenter un peuple, rappelle-moi à Toi sans être tenté
Et dans un autre hadith rapporté par Boukhari on trouve ce paragraphe :
Du temps de l'Antéchrist, l'homme passera par une tombe et dira : "Comme j'aurais aimé être à ta place"
à cause des séditions, des troubles et des affaires graves qui auront lieu.
dhālika min anbā'i-l-ghaybi nūḥīhi ilayka wa mā kunta ladayhim idh ajma'ū amrahum wa hum yamkurūna wa mā akthara-n-nāsi wa law ḥaraṣta bimū'minīna wa mā tas'aluhum alayhi min ajrin in huwa illā dhikrun li-l-'ālamīna
Ce sont là de très vieux événements que nous te révélons. Tu n'étais pas auprès des fils de Jacob lorsqu'ils ourdirent leur forfait et l'exécutèrent. Quoi que tu fasses, peu d'hommes se convertiront. Tu ne prêches pas par intérêt et les paroles s'adressent à tous.
Après avoir raconté l'histoire de Joseph et ses frères et ce que fut le résultat de leur complot tramé contre lui, Dieu dit à Son Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — que c'est un des récits qui ont eu lieu
autrefois et constituaient un mystère qu'il lui a révélé pour en tirer une leçon et un enseignement. Il lui dit :
Tu n'étais pas auprès des fils de Jacob lorsqu'ils ourdirent leur forfait et l'exécutèrent
tout comme quand Il lui raconta l'histoire de Zacharie et Marie en lui disant :
Ce sont là des choses du temps passé que nous te divulguons. Tu n'étais pas parmi eux lorsqu'ils tiraient au sort avec des flèches pour savoir qui élèverait Marie (3:44)
et aussi quand Dieu parla de Moïse :
Tu n'étais pas sur le versant ouest du Thor quand nous avons investi Moïse de sa mission. Tu n'en as pas été témoin (28:44)
C'était donc des récits du temps passé que Dieu a révélés à Mouhammad — qu'Allah le bénisse et le salue — afin de l'affermir et d'appuyer son message et que les gens en tirent des enseignements et se convertissent sans être comme les peuples passés qui restaient égarés et injustes. Dieu lui dit ensuite : «Quoi que tu fasses, peu d'hommes se convertiront». Que les hommes sachent donc que «Tu ne prêches pas par intérêt» c'est-à-dire : Tu ne leur demandes pas un salaire contre tes exhortations et tes prédications, mais tu ne le fais que pour désirer la Face de Dieu, et afin que ceci soit un Rappel adressé aux mondes. Peut-être y chercheraient-ils leur salut dans l'autre monde.
wa ka'ayyim-min âyatin fî-s-samâwâti wa-l-arḍi yamurrûna 'alayhâ wa hum 'anhâ mu'riḍûna wa mâ yu'minu aktaruhum bi-L-Lâhi illâ wa hum mušrikûna afa amintum an ta'tiyahum ġâšiyatum-min 'a ḏâbi-L-Lâhi aw ta'tiyahumu-s-sâ'atu baġtatan wa hum lâ yaš'urûna
Que des signes sur terre et dans les cieux révèlent l'existence d'Allah ! Mais les hommes les considèrent sans y prêter attention La plupart ne croient en Allah qu'en lui adjoignant des associés Ne redoutent-ils pas d'être jetés dans le cercle des peines d'Allah ? Ne redoutent-ils pas que l'heure dernière les surprenne sans qu'ils y attendent ?
La plupart des hommes sont insouciants, ils ne méditent plus sur les versets et les Signes de Dieu qui sont des preuves de Son unicité, et ne pensent jamais aux Signes que contiennent les cieux et la terre: les astres, les étoiles, les jardins, les montagnes, les mers, les animaux et les plantations.... Gloire à Dieu et que Son nom soit sanctifié, le Dieu Unique, créateur de tout, l'Éternel, l'impénétrable à qui appartiennent les plus beaux noms, attributs et qualités. Mais hélas! «La plupart ne croient en Allah qu'en Lui adjoignant des associés».
À ce propos il est cité dans les deux Sahihs que les idolâtres, en faisant la talbia au moment du pèlerinage, disaient:
Nous voilà répondant à Ton appel, Tu n'as pas d'associés sauf celui qui est Ton associé et qui appartient à Toi lui et ce qu'il possède
Et dans le Sahih de Muslim on trouve également ceci pour corroborer le hadith précédent: «Lorsque les polythéistes disaient :
Nous voilà répondant à Ton appel. Tu n'as pas d'associés
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - s'écriait: «Assez! Assez! N'y ajoutez rien à cela».
En commentant, Al-Hassan Al-Basri a dit:
Il s'agit de l'hypocrite qui accomplit une œuvre pour être vu des hommes alors qu'il la fait pour un autre que Dieu
et il récita:
(Les hypocrites) cherchent à ce qu'on les remarque. Mais ils ne prient Allah que du bout des lèvres (4:142)
Abou Sa'id Ben Abou Fadala rapporte qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Lorsque Dieu rassemblera les premiers et les derniers au jour de la résurrection sans aucun doute possible, un crieur criera:
Quiconque associait un autre dans un travail qu'il avait accompli pour Dieu, qu'il demande donc sa rétribution de cet autre, car Dieu est le plus riche des associés et de ce qu'on Lui associe
«Rapporté par Ahmed» [1].
On a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
Ce que je redoute pour vous c'est le petit polythéisme
On lui demanda:
Que signifie le petit polythéisme ô Envoyé de Dieu?
Il répondit: «C'est l'hypocrisie. Au jour de la résurrection, lorsque les hommes seront demandés compte de leurs œuvres, Dieu dira:
Allez chez qui vous œuvriez dans le bas monde et voyez s'il serait capable de vous en rétribuer
Abou Bakr demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -:
Ô Envoyé de Dieu, enseigne-moi des mots à dire matin et soir et avant de me coucher
Il lui répondit: «Dis:
Grand Dieu, créateur des cieux et de la terre, qui connaît le visible et l'invisible, Seigneur de toute chose et son Souverain, je témoigne qu'il n'y a de Dieu que Toi. Je me réfugie auprès de Toi contre le mal de moi-même, contre le mal du démon et de son polythéisme
«Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Tirmidhi» [1].
Ne redoutent-ils pas d'être jetés dans le cercle des peines d'Allah?
C'est-à-dire: Ces idolâtres ne redoutent-ils pas que le châtiment de Dieu ne les cerne de toutes parts sans qu'ils s'en aperçoivent. Un verset qui est pareil aux dires de Dieu:
Ceux qui recourent à des procédés malhonnêtes ne craignent-ils pas qu'Allah ne dérobe la terre sous leurs pieds ou qu'une calamité inattendue ne les frappe (16:45)
et à ces dires également:
Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, la nuit, pendant leur sommeil? Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, en plein jour, du beau milieu de leurs plaisirs? Se sentent-ils à l'abri de la répression divine? Seuls se croient à l'abri d'une pareille répression ceux qui ont abandonné tout souci de leur salut (9:97-99)
qul hâdihî sabîlî 'ad'û 'ilâ-L-Lâhi 'alâ basîratin 'anâ wa mani-t-taba'anî wa subhâna-L-Lâhi wa mâ 'anâ mina-l-mušrikîna
Dis: «Ma vocation est d'appeler les hommes à Allah. L'évidence la soutient. C'est aussi la vocation de ceux qui me suivent. Par la grâce d'Allah, je ne suis pas un idolâtre»
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de dire aux hommes et aux génies que voici son chemin ; il en appelle à Dieu et à Son unicité en témoignant qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui sans rien Lui associer. Il devait appeler les gens à Dieu en toute clairvoyance, preuve et signe, lui et ceux qui le suivent.
Puis il glorifia Dieu en Le considérant loin de tout ce qu'on Lui associe : s'agit-il d'un associé, d'un rival, d'un égal, d'un enfant, d'une compagne ou d'un conseiller. Qu'Il soit béni et exalté, et élevé au-dessus de ce qu'ils imaginent :
Les sept cieux et la terre et tout ce qu'ils renferment glorifient Son nom. Il n'est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre. Mais vous n'entendez pas ce murmure d'adoration. Il est toute mansuétude et toute miséricorde (17:44)
wa mâ 'arsalnâ min qablika 'illâ rijâlan nûḥî 'ilayhim min 'ahli-l-qurâ 'a-fa-lam yasîrû fî-l-'arḍi fa-yanẓurû kayfa kâna 'âqibatu-l-laḏîna min qablihim wa la-dâru-l-'âḫirati ḫayrun li-l-laḏîna-t-taqaw 'a-fa-lâ ta'qilûna
Avant toi, nous n'avons toujours envoyé que des hommes, choisis parmi les habitants des villes, pour divulguer nos révélations. Que ne sortent-ils de leurs provinces ? ils apprendraient quelle a été la triste fin de ceux qui les ont précédés. La vie future sera plus belle pour ceux qui craignent Allah. Finirez-vous par comprendre ? »
Dieu affirme qu'il n'a envoyé des Prophètes que parmi les hommes et non des femmes. Certains prétendirent que Sarah la femme d'Abraham, la mère de Moïse et Marie fille de 'Imran étaient des prophétesses, et que les anges ont annoncé la bonne nouvelle à Sarah qu'elle allait enfanter Isaac et que celui-ci aura un enfant qui s'appelle Jacob. Ils se sont appuyés sur ce verset:
Nous révélâmes à la mère de Moïse ceci: Allaite ton enfant... (28:7)
C'est tout ce qu'ils avaient pu présenter comme arguments, mais malgré ceci, on ne peut pas en déduire que lesdites femmes étaient des prophétesses.
D'après l'opinion de la majorité des ulémas et exégètes aucune femme n'a été envoyée comme prophétesse, elles étaient plutôt des femmes sincères et justes comme Dieu a décrit Marie la fille d'Imran en disant:
Sa mère était une femme sincère. Tous deux se nourrissaient d'aliments (5:75)
Si elle était prophétesse, Il l'aurait mentionnée comme telle mais Il lui a donné un noble attribut «sincère».
Pourquoi Dieu n'a choisi des Prophètes que parmi les habitants des villes? Parce que les nomades qui vivent dans les déserts ont en général un caractère grossier et rude.
«Que ne sortent-ils de leurs provinces?» Il s'agit de ceux qui ont traité Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - d'imposteur. «Ils apprendraient quelle a été la triste fin de ceux qui les ont précédés» les impies qui ont subi le châtiment de Dieu. Dieu a dit encore en parlant d'eux:
Que ne vont-ils de par le monde? Alors leur intelligence s'éveillerait et leurs oreilles s'affineraient (22:46)
C'est-à-dire s'ils t'avaient écouté, c'aurait été meilleur pour eux parce que Dieu sauve les croyants et fait périr les incrédules. Telle est toujours la conduite de Dieu à l'égard de Ses serviteurs. Et c'est pourquoi Il a dit ensuite:
La vie future sera plus belle pour ceux qui craignent Allah
en d'autres termes: comme nous avons sauvé les croyants dans le bas monde ainsi nous les récompenserons dans l'autre qui leur sera meilleure que le bas monde.
ḥattā idhā-s-tay'asa-r-rusulu wa ẓannū annahum qad kudhibū jā'ahum naṣrunā fanujjiya man nashā'u walā yuraddu ba'sunā 'ani-l-qawmi-l-mujrimīna Au moment où nos Prophètes ont désespéré, où ils se sont rendu compte qu'ils étaient pris pour des imposteurs, nous leur avons apporté notre secours. Nous sauvons qui nous voulons. Nul ne saurait détourner nos coups des coupables Dieu rassure toujours les Prophètes et les croyants qu'il leur envoie Son secours au moment propice, surtout quand ils se trouvent dans la gêne et les périodes difficiles où ils ont besoin d'être secourus. Ceci est pareil aux dires de Dieu:
Et ils furent ébranlés au point que le Prophète et ses compagnons s'écrièrent: Quand donc viendra le secours d'Allah? Courage, le secours d'Allah est proche (2:214)
Quant au verset: «Au moment où nos Prophètes ont désespéré», Ibn Abbas a dit: «Quand les Prophètes se désespéraient en pensant que leurs peuples ne répondraient plus à leur appel, et que ces peuples les traitaient d'imposteurs, le secours de Dieu leur est parvenu et alors «Nous sauvons qui nous voulons».
laqad kâna fî qasasihim 'ibratun li-'ulî-l-'albâbi mâ kâna hadîthan yuftarâ wa-lâkin tasdîqa-l-ladhî bayna yadayhi wa-tafsîla kulli shay'in wa-hudan wa-rahmatan li-qawmin yu'minûna
Il y a un enseignement dans l'histoire des fils de Jacob pour qui réfléchit. Ce Livre n'est pas une œuvre d'imagination. Il confirme les Écritures qui l'ont précédé. Il explique toute chose ; c'est un guide et un foyer d'amour pour les croyants
Dans les récits contés dans le Coran et les histoires des Prophètes avec leurs peuples, il y a un enseignement destiné à ceux qui en tirent profit, et comment Dieu sauve les croyants et anéantit les impies.
Donc ce Coran «n'est pas une œuvre d'imagination» ni un livre créé, plutôt il est une révélation divine et «il confirme les Écritures qui l'ont précédé» surtout ce qu'il en est resté comme vrai après que ces Écritures aient subi des modifications et des altérations. «Il explique toute chose» c'est à dire il renferme le licite et l'illicite, les prescriptions cultuelles, les ordres et les interdictions, les nouvelles des générations passées, les explications des choses confuses, les événements à venir, les attributs de Dieu etc... Pour cela il est «un guide et un foyer d'amour pour les croyants». Il dirige les hommes vers la voie droite, les arrache à l'égarement pour les mettre dans le chemin droit, et c'est grâce à ce Livre et à ce qu'il renferme comme enseignements, les hommes pourraient espérer la miséricorde du Seigneur des mondes dans la vie présente et le jour du rassemblement. Nous demandons à Dieu qu'il nous fasse au nombre des croyants.