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11 - Hud

introduction

  1. SOURATE DE HOUD

123 versets

Révélée à la Mecque, à l'exception des versets 12, 17 et 114 révélés à Médine

1-4

’Alif-La'm-ra kitâbun ’uhkim at ’âAyâtuhû tum m a fussilat mi-l-ladun hakîmin habîrin ’allâ ta‘budu ’illâ-L-Lâha ’innanî lakum minhu nad îrun wa basirun wa ’ani-stagfirû rabbakum tumm a tûbtî ’ilayhi yum atti‘kum m atâ‘an hasanan ’ilâ ’ajalim musamman wa yu’ti kulla d î fadlin fadlahû wa ’in tawallaw fa’innî ’ahâfu ‘alaykum ‘adâba yawmin kabîrin ’ilâ-L-Lâhi marji‘ukum wahuwa ‘alâ kulli say’in qadîrun

Alif-Lam-Ra. Voici un livre conçu en versets fondamentaux et d'autres qui constituent des développements de la part du Sage et de l'Instruit. N'adorez qu'Allah. Je suis chargé de Lui de vous avertir et de vous annoncer la bonne nouvelle. Implorez le pardon de votre Maître. Soumettez-vous à Lui. Il vous assurera une vie paisible jusqu'au terme fixé. Il reconnaîtra à chacun ses mérites. Si vous restez rebelles, je crains pour vous un châtiment qui fasse date. C'est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-Puissant.

Le Coran est un Livre céleste révélé par un Sage et un Informé, dont ses versets sont renforcés et expliqués où on ne trouve aucune ambiguité, qui appelle les hommes à n'adorer qu'un Dieu seul sans Lui reconnaître des associés.

Je suis chargé par Lui de vous avertir et de vous annoncer la bonne nouvelle

Si vous désobéissez à Dieu vous encourrez Sa colère et subirez Son châtiment, et par contre, si vous Lui obéissez vous serez récompensés.

Dans un hadith authentifié on rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - monta un jour sur le mont As-Safa et appela les phratries des tribus Qoraïchites une par une, les plus proches puis les moins proches. Une fois les hommes réunis, il leur dit :

«Ô Qoraïchites ! «Si je vous dis que l'ennemi va vous attaquer de jour, me croirez-vous ?» Ils lui répondirent :

Certes oui car tu n'as jamais raconté de mensonges

Il répliqua :

Alors je suis pour vous un avertisseur qui vous met en garde contre un châtiment atroce et proche (Rapporté par

Implorez le pardon de votre Maître. Soumettez-vous à Lui

Demandez pardon à votre Seigneur pour absoudre vos péchés précédents et revenez vers Lui en vous soumettant à Lui pour être sauvés de ce qui vous attend, persévérez-y et alors : «Il vous assurera une vie paisible» dans ce bas monde «jusqu'au terme fixé. Il reconnaîtra à chacun ses mérites» dans la vie future. Ce verset, comme a dit Qatada, est pareil à celui-ci :

Quiconque, mâle ou femelle, fait le bien tandis qu'il est croyant, sûrement nous lui ferons vivre une excellente vie [(16:97)

](/quran/16#97)

Dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à Sa'd :

Tu ne fais une dépense en vue de Dieu sans que tu ne sois récompensé, même pour la nourriture que tu mets dans la bouche

Quant aux dires de Dieu : «Il reconnaîtra à chacun ses mérites» Ibn Mass'oud a dit :

Quiconque commet une mauvaise action on la lui inscrira comme telle. Celui qui fait une bonne action, elle lui sera décuplée. S'il a été puni dans le bas monde pour une mauvaise action, les dix bonnes actions resteront dans son actif. Mais s'il n'en a pas été puni, une seule bonne action sera soustraite et il lui restera neuf

Puis il poursuivit : «Sera péri et perdu quiconque ses «unités» l'emporteront sur ses «dizaines».

Si vous restez rebelles, je crains pour vous un châtiment qui fasse date

c'est une menace lancée à quiconque se détourne des enseignements de Dieu, traite Ses Prophètes de menteurs, car un châtiment inéluctable l'attend au jour de la résurrection.

C'est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-Puissant

Tous les hommes sans exception retourneront vers Dieu. Comme Il est puissant sur toute chose, Il rétribuera ses saints serviteurs par la plus belle récompense, se vengera de Ses ennemis. Il y en a là donc une exhortation et un avertissement.

5

'alā* 'innahum yaṯnūna ṣudūrahum liyastaḫfū minhu 'alā ḥīna yastaġšūna ṯiyābahum ya'lamu mā yusirrūna wa mā yu'linūna 'innahū 'alīmun biḏāti-ṣ-ṣudūri

Ils tournent le dos pour se cacher d'Allah. Oublient-ils qu'à l'instant même où ils s'habillent, Allah sait ce qu'ils pensent et ce qu'ils expriment,

En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit que les hommes, dans le temps, avaient honte de s'exposer au ciel entièrement nus quand ils couchaient avec leurs femmes.

Dans une autre interprétation, toujours d'après Ibn Abbas, il a dit : En commettant les mauvaises actions, ou en disant quelque chose, ils se couvraient de leurs vêtements pour se cacher de Dieu ou ils se repliaient sur eux-mêmes. Dieu leur fait connaître « qu'à l'instant même où ils s'habillent, Allah sait ce qu'ils pensent et ce qu'ils expriment » c'est-à-dire même à l'instant où ils se couvrent de leurs vêtements dans les ténèbres de la nuit, Il connaît ce qu'ils expriment et font, soit en secret, soit ouvertement car « Allah voit dans le tréfonds des cœurs ».

Abdullah Ben Chaddad rapporte que lorsque quelqu'un passa par l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - il se repliait sur lui-même et cachait sa tête. Dieu alors fit cette révélation.

6

wamâ min dâbbatin fî-l-ardi 'illâ 'alâ-L-Lâhi rizquhâ wa ya'lamu mustaqarrahâ wa mustawda'ahâ kullun fî kitâbim-mubînin

Il n'y a pas de créature sur terre qui n'attende d'Allah sa nourriture, dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa mort. Tout est écrit dans le Livre authentique

Il incombe à Dieu de pourvoir aux besoins de Ses créatures et de leur assurer la subsistance. Que cette créature (litt. bête) soit petite ou grande, Il connaît son gîte et son repaire. Suivant une interprétation de Ibn Abbas : Il connaît son gîte et son dépôt, c'est-à-dire le lieu de sa mort. Pour Moujahed : il s'agit de la demeure qui est l'utérus et du dépôt qui est les reins. Tout cela est consigné dans un livre évident auprès de Dieu, comme Il a dit :

Nous n'avons rien omis dans le livre de la création. Comme tous les autres êtres, ils retourneront à leur Seigneur (6:38)

Il l'affirme également dans ce verset :

Il sait ce que recèlent la terre et les cieux. Il ne le sache. Il n'est pas une molécule dans les entrailles de la terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénombrées dans le sommier de la création (6:59)

Donc tout est écrit dans un livre évident.

7-8

wa huwa-l-ladî halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda fî sittati 'ayyâmin wa kâna 'arsuhû 'alâ-l-mâ'i liyabluwakum 'ayyukum 'ahsanu 'amalan wa la'in qulta 'innakum mab'ûtûna mim ba'di-l-mawti layaqûlanna-l-ladîna kafarû 'in hâdâ 'illâ sihrun mubînun wa la'in 'ahharnâ 'anhumu-l-'ad âba 'ilâ 'ummatim ma'dûdatin liyaqûlunna mâ yahbisuhu 'alâ yawma ya'tihim laysa masrûfan 'anhum wa hâqa bihim mâ kânû bihî yastahzi'ûna

C'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours. Son Trône était sur les flots. Il avait pour but de faire apparaître quels étaient les meilleurs d'entre vous. Et quand tu leur dis qu'ils ressusciteront après leur mort, les infidèles ne manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie Si nous reculons leur châtiment à une date ultérieure, les voilà qui disent : «Qu'est-ce qui empêche ce châtiment ?» Qu'ils le sachent, le jour où il se produira, rien ne pourra les en sauver. Ce qu'ils traitent avec raillerie les accablera

Dieu est certes capable sur toute chose. Il a créé les cieux et la terre en six jours, Son Trône était sur l'eau. L'imam Ahmed rapporte d'après Imran Ben Houssayn que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : «Ô Bani Tamim, ayez cette bonne nouvelle». Ils lui répondirent : «Tu nous l'as déjà annoncée, donne-nous donc». Ils lui dirent :

Nous l'avons acceptée. Raconte-nous donc au sujet de la création de cet univers

Il répliqua :

Dieu existait avant tout. Son Trône était sur l'eau. Il a écrit sur la Tablette Gardée tout ce qui existera

À ce moment, reprit Imran, un homme vint me dire que ma chamelle s'est détachée de son licol. Je partis à sa recherche et j'ignore ce que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit après ma absence.

Abdullah Ben Amr Ben Al-'As rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit :

Dieu a prédestiné à toutes les créatures leurs termes et leurs biens avant la création des cieux et de la terre de cinquante mille ans. Son Trône était sur l'eau (Mouslim)

Dieu créa les cieux et la terre afin que les hommes en profitent et L'adorent sans rien Lui associer. Aucune chose, soit-elle dans les cieux ou sur la terre, n'a été créée vainement et sans un but déterminé. Plusieurs versets du Coran en parlent et nous nous limitons à ces deux à titre d'exemple :

  • «Nous n'avons pas créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare» (38:27).
  • «Peut-être pensiez-vous que vous aviez été créés sans but et que vous ne nous feriez jamais retour ? Qu'Il soit exalté le vrai Souverain». (23:115).

Lorsque Dieu a mentionné les œuvres, Il n'a pas exigé la «quantité» mais «la qualité» et ceci pour éprouver Ses serviteurs et pour savoir qui d'entre eux accomplissent les meilleures actions :

Il avait pour but de faire apparaître quels étaient les meilleurs d'entre vous

Aucune action ne serait agréée de Dieu si elle n'était accomplie en vue de Lui et conforme aux normes qu'a précisées le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. Si l'une d'elles n'est pas conforme à l'une de ces deux conditions, elle serait nulle.

Et quand tu leur dis qu'ils ressusciteront après leur mort

Si, ô Mouhammad, tu avertis les idolâtres qu'ils seront ressuscités après la mort, et comme ils ont été créés ils seront ramenés à la vie, ils nieront la résurrection et le rassemblement attribuant à Dieu son incapacité de faire une chose pareille, alors que ce sera pour Lui une affaire plus facile que la première création, comme Il l'affirme dans ce verset :

C'est Lui qui fait naître et renaître la création. Il Lui est encore plus facile de la faire renaître (30:27)

Obstinés et rebelles, «les infidèles ne manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie». En plus ils prétendent que ceux qui croient à un tel phénomène ne sont que ceux qui sont ensorcelés par les propos du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -.

Si nous reculons leur châtiment à une date ultérieure

En d'autres termes, si nous écartons d'eux le châtiment jusqu'à une date déterminée, où ils seront jugés en leur accordant un répit, ils répondent avec impertinence : «Qu'est-ce qui empêche ce châtiment ?» parce qu'ils sont enclins au doute et au mensonge, et ils ne trouvent aucun autre prétexte.

9-11

wa la'in 'adaqnâ-l-insâna minnâ rahmatan tumma naza'nâha minhu 'innahu laya'ûsun kafûrun wa la'in 'adaqnâhu na'mâ'a ba'da darrâ'a massathu liyaqûlanna dahaba-s-sayyi'âtu 'annî 'innahû lafarihun fakhûrun 'illâ-l-ladîna sabarû wa 'amilû-s-sâlihâti 'ûlâ'ika lahum magfiratun wa 'ajrun kabîrun

Si nous accordons à l'homme notre bénédiction et que nous la lui retirions, le voilà en proie au désespoir et au ressentiment le plus vif. Le faisons-nous bénéficier d'un bienfait après une période d'adversité, il s'écrie : «Enfin, c'en est fini de mes malheurs» Car, il est inconséquent et prompt à s'enorgueillir. Ceux qui sont constants et pratiquent les bonnes œuvres, ceux-là sont pardonnés et recevront une belle récompense

L'homme de par sa nature possède des caractères répugnants, à l'exception de ceux qui jouissent de la miséricorde de Dieu. Une fois infligé par un malheur quelconque après une période d'aisance, le voilà désespéré et pessimiste ne voyant devant lui qu'un futur sombre et, d'autre part, il manifeste son ingratitude comme s'il n'a jamais connu une période prospère et aisée. Ainsi est son cas quand il goûte un bienfait divin après que le malheur l'a touché, il s'écrie : «Les malheurs se sont éloignés de moi» convaincu qu'il n'en sera plus infligé. Alors il se montre joyeux et fier : joyeux à cause de ce qu'il dispose comme bienfaits, et fier en s'enorgueillissant sur les autres.

Mais il en est des hommes qui sont à l'inverse de la catégorie précédente. Ils sont «ceux qui sont constants» en endurant les malheurs sans se plaindre «et pratiquent les bonnes œuvres» en état d'aisance et de bonne santé. «Ceux-là sont pardonnés» à cause de leurs malheurs qu'ils ont supportés «et recevront une belle récompense» pour prix de leurs bonnes actions qu'ils ont accomplies pendant la période d'aisance.

Il est cité dans un hadith que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Par celui qui tient mon âme dans Sa main, tout mal qui atteint le croyant, s'agit-il d'une lassitude, maladie, détresse ou angoisse, même une piqûre d'épine, lui vaut de la part de Dieu une rémission de ses péchés (Boukhari, Moustim)

Et dans les deux Sahihs on trouve également ce hadith :

Par celui qui tient mon âme dans Sa main, Dieu ne décrète une chose pour le croyant sans qu'elle ne soit un bien pour lui. En effet lorsqu'un bonheur l'atteint, il est reconnaissant et ceci est un bien pour lui, et lorsqu'un malheur le frappe, il se montre constant, et cela est encore un bien pour lui. Nul autre que le croyant ne lui adviendra une chose pareille

(Rapporté

12-14

fala'allaka târikum-ba'da mâ yûha 'ilayka wa dâ'iqum-bihî sadruka 'ayyaqûlû lawlâ 'unzila 'alayhi kanzun 'aw jâ'a ma'ahû malakun 'innamâ 'anta nadîrun wa-L-Lâhu 'alâ kulli say'in wakîlun 'am yaqûlûna-ftarâhu qul fa'tû bi'asri suwarim-mitlihî muftarayâtin wa-d'û manistata'tum min dûni-L-Lâhi 'in kuntum sâdiqîna fa'il-lam yastajîbû lakum fa'lamû 'annamâ 'unzila bi'ilmi-L-Lâhi wa 'al-lâ 'ilâha 'illâ huwa fahal 'antum muslimûna

Vas-tu délaisser une partie de ce qui t'a été révélé, laisseras-tu faiblir ton courage quand tu les entendras dire: «Que ne lui envoie-t-on un trésor ou que ne lui adjoigne-t-on un ange?» Rappelle-toi que tu n'es qu'un simple avertisseur et qu'Allah est le représentant de tout l'univers. Ils s'obstinent à dire que le Coran est une invention du Prophète. Réponds: «Composez seulement dix sourates semblables aux miennes. Et, pour cela, recourez à toutes les divinités que vous pourrez en dehors d'Allah, si vous êtes sincères» S'ils s'avèrent incapables, apprenez que ce Coran est révélé par la volonté d'Allah et qu'il n'y a d'autre Allah que Lui. Finirez-vous par croire?»

Dieu, par ces versets, réconforte Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour le laisser oublier ce que les idolâtres lui attribuent, par exemple quand « les méchants ajoutent : « Vous ne suivez qu'un homme possédé » (25:8). Il lui ordonne de ne plus ressentir de l'angoisse à entendre des propos pareils et de persévérer dans l'appel à Dieu de jour et de nuit sans se lasser, comme Il a dit :

Nous savons que leurs propos oppressent ton cœur (15:97)

Vas-tu délaisser une partie de ce qui t'a été révélé, laisseras-tu faiblir ton courage quand tu les entendras dire...

Sache que tu n'es qu'un avertisseur comme les autres prophètes qui t'ont précédé, qui ont été traités d'imposteurs et même on leur a nui, ils ont tout enduré jusqu'au moment où ils ont été secourus par Dieu, à Lui la puissance et la gloire.

Puis Dieu montre le caractère inimitable du Coran et que nul ne pourra produire un livre pareil, ou dix sourates qui lui soient semblables ou même une seule sourate. Car les paroles divines ne sont nullement pareilles à celles de ses créatures, tout comme Ses qualités diffèrent totalement des leurs ; ainsi que Sa nature. Qu'Il soit élevé et glorifié.

« S'ils s'avèrent incapables » si donc ils ne vous répondent pas, sachez qu'ils ne pourraient plus le faire car le Coran est descendu avec la science de Dieu, renfermant Ses ordres et Ses interdictions. Soumettez-vous donc à Lui et sachez qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui.

15-16

man kâna yurîdu-l-hayâta-d-dunyâ wa zînatahâ nuwaffi 'ilayhim 'a'mâlahum fîhâ wa hum fîhâ lâ yubkhasûna 'ûlâ'ika-l-ladîna laysa lahum fî-l-'âhirati 'illâ-n-nâru wa habita mâ sana'û fîhâ wa bâtilum-mâ kânû ya'malûna

Ceux qui se confinent dans les plaisirs et le luxe du monde, nous rétribuerons leurs œuvres dans ce monde même, sans chercher à les déprécier Mais, dans l'autre monde, ils n'auront que l'enfer pour partage. Leurs œuvres n'auront aucune valeur. Et on infirmera ce qu'ils ont fait sur terre

Ibn Abbas a commenté :

On rétribue les bonnes œuvres des hypocrites dans le bas monde et ils ne sont pas lésés d'une pellicule. Dieu veut dire par ce verset : Quiconque accomplit une bonne œuvre, s'agit-il d'un jeûne ou d'une prière, rien que pour acquérir les biens de ce monde, Je les lui accorde, mais, dans la vie future, ses œuvres seront vaines et il sera perdant.

Anas et Al-Hassan ont précisé que ce verset fut descendu au sujet des gens d'Écriture : les juifs et les chrétiens ; tandis que Moujahed a trouvé qu'il concerne tous les hypocrites.

Qatada a commenté : « Quiconque dont le bas monde est son but et sa préoccupation, Dieu rétribue ses bonnes œuvres dans le bas monde mais dans l'autre il ne trouvera dans son actif aucune bonne action pour en être rétribué. Quant au croyant il récoltera une double récompense : une dans la vie d'ici-bas et une dans l'au-delà ; tout comme Dieu l'affirme dans ce verset :

Que ceux qui recherchent la vie de ce monde sachent que nous en accordons les plaisirs à qui nous voulons et dans la mesure que nous voulons. Qu'ils sachent aussi que nous leur réservons l'enfer où ils seront précipités, couverts d'opprobre et rejetés par tous. Celui qui désire la vie future, qui s'efforce de la mériter et qui a la foi, Allah lui en saura gré. (17:18-19)

Ce qui est aussi confirmé par ce verset :

Celui qui peine en vue de la vie future, nous estimerons ses efforts au-delà de leur valeur. Celui qui peine en vue de ce monde, nous laisserons aboutir ses efforts. Mais il n'aura aucune part dans l'autre. (42:20)

17

'afaman kâna 'alâ bayyinatim-mir-rabbihî wa yatlûhu shâhidum-minhu wa min qablihî kitâbu Mûsâ 'imâman wa rahmatan 'ulâ'ika yu'minûna bihî wa may-yakfur bihî mina-l-'ahzâbi fa-n-nâru maw'iduhû falâ taku fî miryatim-minhu 'innahul-haqqu mir-rabbika wa lâkinna 'akthara-n-nâsi lâ yu'minûna

Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révélations de leur Seigneur et au Livre de Moïse, guide et bénédiction du ciel, et qui calquent leur conduite sur leurs croyances ? Les voilà, les vrais croyants. Ceux qui nient le Livre sont promis à l'enfer. N'aie aucun doute sur l'authenticité du Livre. C'est la vérité apportée par ton Seigneur. Mais la plupart des hommes sont incrédules

Tel est le cas des croyants : ils sont conformes à la nature que Dieu a donnée aux hommes, c'est-à-dire soumis, ou selon une interprétation nés sur l'islamisme. Dieu ordonne à Son Messager - qu'Allah le bénisse et le salue - :

Suis fermement ta religion dans toute sa rigueur. C'est une obligation inhérente à la nature de l'homme (30:30)

À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Tout enfant est né sur la «Fitra» (l'islamisme). Ses parents font de lui un juif, un chrétien ou un mazdéen

«Rapporté par Boukhari et Mouslim» [1].

L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit aussi :

«Dieu Très Haut dit :

J'ai créé tous Mes serviteurs des musulmans-soumis. Les démons viennent emporter leur religion, leur interdisent ce que Je leur ai rendu licite. Ils leur ordonnent de M'associer ce à quoi Je n'ai confié aucun pouvoir

«Rapporté par Mouslim» [2].

Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révélations de leur Seigneur

Cette partie du verset, qui ne donne pas exactement le sens du texte arabe, est interprétée de la façon suivante :

Que dire alors de celui qui est basé sur une preuve venant de son Seigneur et qu'un témoin de Sa part récite

On peut dire, et c'est d'ailleurs la vérité, que toutes les lois divines successives révélées aux Prophètes se complètent les unes les autres et sont terminées par celle de Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - la parfaite qui abroge toutes les autres étant la dernière. Ce témoin de la part du Seigneur n'est autre que le Coran transmis par Gabriel au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et divulgué par celui-ci à sa communauté d'abord mais, en fait, à tous les hommes.

«et au Livre de Moïse» qui est le Pentateuque (ou la Torah) «guide et bénédiction du ciel» que Dieu fit descendre comme un guide au peuple de Moïse et une miséricorde. Quiconque y croit fermement sera guidé à croire au Coran, voilà le sens des dires de Dieu :

et qui calquent leur conduite sur leurs croyances ? Les voilà les vrais croyants

Puis contre ceux qui traitent le Coran ou une partie de lui de mensonge, Dieu lance cette menace : «Ceux qui nient le Livre sont promis à l'enfer» parmi les habitants de la terre, les incrédules, les idolâtres, les gens du Livre et tous ceux à qui le Coran est parvenu. D'ailleurs, Dieu a déjà averti tous les hommes en chargeant Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de dire :

Ce Coran m'a été révélé pour que vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu'il touchera (6:19)

Donc ceux-là sont voués au Feu s'ils n'y croient pas.

L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Par celui qui tient mon âme dans Sa main, tout homme qui entend parler de mon message, qu'il soit juif ou chrétien, et n'y croit pas, entrera à l'Enfer

Sa'id Ben Joubaïr a commenté :

Entendant les propos du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - cités dans le hadith précédent, je me demandai : «Quel verset du Coran corrobore les dires du Prophète ?» À la fin j'ai trouvé celui-là : «Ceux qui nient le Livre sont promis à l'enfer»

N'aie aucun doute sur l'authenticité du Livre. C'est la vérité apportée par ton Seigneur

Il ne faut donc jamais douter de cette révélation, un ordre venant de Dieu qu'on rencontre souvent dans le Coran, dont voici un verset à titre d'exemple : «Voilà le Livre qui ne doit pas être mis en doute» (2:2).

Mais la plupart des hommes n'y croient pas malgré les preuves évidentes et l'authenticité de ce Livre.

18-22

wa man 'azlamu mimmani-ftarâ 'alâ-L-Lâhi kadiban 'ûlâ'ika yu'radûna 'alâ rabbihim wa yaqûlu-l-'ashhâdu hâ'ulâ'i-l-ladîna kadabû 'alâ rabbihim 'alâ la'natu-L-Lâhi 'alâ-z-zâlimîna al-ladîna yasuddûna 'an sabîli-L-Lâhi wa yabgûnahâ 'iwajan wa hum bi-l-'âhirati hum kâfirûna 'ûlâ'ika lam yakûnû mu'jizîna fî-l-'ardi wa mâ kâna lahum min dûni-L-Lâhi 'awliyâ'a yudâ'afu lahumu-l-'adâbu mâ kânû yastatî'ûna-s-sam'a wa mâ kânû yubsirûna 'ûlâ'ika-l-ladîna hasirû 'anfusahum wa dalla 'anhum mâ kânû yaftarûna lâ jarama 'annahum fî-l-'âhirati humu-l- 'aksarûna

Y a-t-il plus coupables que ceux qui inventent des mensonges sur le compte d'Allah? Ceux-là seront confrontés avec leur Seigneur et les témoins s'écrieront: «Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Seigneur». Malédiction d'Allah sur les coupables Les coupables, je veux dire ceux qui détournent leurs prochains de la voie d'Allah, qui cherchent à rendre celle-ci tortueuse et qui ne croient pas à la vie future Ceux-là, qu'ils le sachent, ne sauraient tenir Allah en échec sur terre ni trouver aucun protecteur contre lui. Leur châtiment sera double. Ne leur répugnait-il pas, en effet, d'entendre ou de voir tout ce qui touchait à la vérité? Ils se seront perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités qu'ils ont inventées Assurément, ils seront parmi les plus maltraités dans l'autre monde

Les injustes et ceux qui auront forgé des mensonges contre Dieu seront dénoncés devant tout le monde au jour de la résurrection. À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : «Dieu rapprochera de Lui le croyant (au jour de la résurrection), Il le prendra à Ses côtés, le dissimulera (des regards des autres) et lui dira :

Reconnaissais-tu tel péché ? Reconnais-tu tel péché ?

Il Lui répondra : «Certes oui, Seigneur». Une fois qu'il a reconnu tous ses péchés, et que le croyant aura le sentiment d'être perdu, Dieu lui dira :

Je les ai dissimulés pour toi dans le bas monde et aujourd'hui Je te les pardonne

Puis on lui donnera le livre de ses bonnes actions. Quant aux incrédules et hypocrites, leurs témoins diront :

Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Seigneur. Malédiction d'Allah sur les coupables (Boukhari, Mouslim, Ahmed (d'après Ibn Omar))

Les coupables, je veux dire ceux qui détournent leurs prochains de la voie d'Allah, qui cherchent à rendre celle-ci tortueuse

Ceux qui repoussent les autres à suivre la voie de la vérité et les empêchent d'emprunter le chemin qui les mène à Dieu, à Lui la puissance et la gloire, en leur rendant cette voie tortueuse. Ceux-là ne croient pas à la vie future.

Ceux-là, qu'ils le sachent, ne sauraient tenir Allah en échec sur terre ni trouver aucun protecteur

: ils ne pourraient plus réduire Dieu à l'impuissance et ils sont toujours sous Son pouvoir et Il est capable de se venger d'eux à tout moment. Mais Il leur a accordé un délai jusqu'au jour où leurs yeux se fixeront d'horreur. À cet égard l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Dieu accorde un répit à l'injuste, mais quand Il le saisira, Il ne le lâchera plus

Ceux-là, le châtiment sera doublé pour eux, car Dieu leur avait donné des oreilles, des yeux et des cœurs ;mais ni leurs oreilles, ni leurs yeux, ni leurs cœurs ne leur ont servi à quoi que ce soit. Ils étaient comme des sourds qui n'ont pas entendu la voix de la vérité et aveugles n'ayant pas vu son chemin. Dieu les décrit clairement dans ce verset : «Ils diront alors :

Si nous avions écouté et si nous avions été raisonnables, nous ne serions pas parmi les damnés (67:10)

Ils se seront perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités qu'ils ont inventées. Ceux-là seront au jour du compte final les plus grands perdants

où ils goûteront le feu ardent qui ne s'éteindra pas. Ils y invoqueront en vain les idoles et les statues qu'ils adoraient en dehors de Dieu, mais au contraire, ces divinités ne feront qu'à leur nuire davantage, tout comme lorsque Abraham a dit à son peuple :

Au jour de la résurrection, vous vous renierez et vous vous maudirez les uns les autres. L'enfer sera votre demeure, vous n'aurez aucun soutien (29:25)

Les coupables seront les grands perdants au jour de la résurrection parce que, dans le bas monde, ils avaient préféré, à cause de leurs péchés, l'eau bouillante aux délices du Paradis, la nourriture des damnés aux houris aux grands yeux, et l'abîme aux palais. Sans doute ils sont les perdants.

23-24

'inna-l-ladîna 'âmanû wa 'amilû-s-sâlihâti wa 'ahbatû 'ilâ rabbihim 'ûlâ'ika 'ashâbu-l-jannati hum fîhâ hâlidûna matalu-l-farîqayni ka-l- 'a'mâ wa-l-'asammi wa-l-basîri wa-s-samî'i hal yastawiyâni matalan 'afalâ tadakkarûna

Ceux qui croient, pratiquent les bonnes œuvres et s'humilient devant leur Seigneur, ceux-là auront le paradis pour séjour éternel. Incrédules et croyants sont comparables à l'aveugle et au sourd et à celui qui voit et entend. Ces deux sortes de personnes peuvent-elles être confondues ? Finirez-vous par comprendre ?

Après avoir montré le cas et le sort des réprouvés, Dieu parle des bienheureux : ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, et qui auront le Paradis comme récompense. Ils y trouveront les demeures élevées, les fruits à portée de leurs mains, les vierges bonnes et belles, les différents fruits. Ils auront l'occasion de regarder leur Seigneur, le créateur des cieux et de la terre. Ils y demeureront pour l'éternité, resteront toujours jeunes, n'éprouveront aucune maladie, ne cracheront pas et ne moucheront pas. Tous ces déchets ne sortiront que comme un rot et leur sueur sera comme du musc.

Faisant la comparaison entre les deux catégories, Dieu démontre que les damnés et les croyants ressemblent à un aveugle et un sourd et à celui qui voit et entend. L'incrédule est pareil à un aveugle qui ne voit ni ne connaît le chemin du bien, sourd qui n'entend pas les arguments et les exhortations pour en tirer profit. Car si Dieu avait reconnu quelque bien en eux, Il aurait fait en sorte qu'ils entendent.

Quant au croyant, il est intelligent et perspicace, capable de distinguer entre la vérité et l'erreur, et par la suite, il suit la première et délaisse l'autre. Il entend les arguments et les preuves pour en profiter.

« Finirez-vous par comprendre ? » que ces deux sortes de personnes ne sont pas semblables, comme l'affirme ce verset :

Les élus du Paradis ne sauraient être comparés aux damnés de l'Enfer. Bienheureux les élus du Paradis (59:20)

et celui-ci n'est qu'une autre affirmation :

L'aveugle ne saurait être assimilé à celui qui voit, pas plus que les ténèbres à la lumière, pas plus que l'ombre à la chaleur. Les vivants ne sauraient être assimilés aux morts (35:19-22)

25-27

walaqad 'arsalnâ Nûhan 'ilâ qawmihî 'innî lakum nadîrum mubînun 'a-lâ ta'budû 'illâ-L-Lâha 'innî 'ahâfu 'alaykum 'adâba yawmin 'alîmin faqâla-l-mala'u-l-ladîna kafarû min qawmihî mâ narâka 'illâ basaram-mislunâ wamâ narâka-t-taba'aka 'illâ-l-ladîna hum 'arâdilunâ bâdiya-ra'yi wamâ narâ lakum 'alaynâ min fadlim bal nazunnukum kâdibîna

Nous envoyâmes Noé à son peuple. « Je suis chargé, dit-il, de vous avertir solennellement. N'adorez qu'Allah. Sans quoi je crains que vous ne subissiez un châtiment douloureux. » Les puissants de son peuple, qui ne croyaient pas, lui tinrent ces propos : « Tu ne nous parais pas fait autrement que nous. Tu n'as pour adeptes que la lie du peuple. Aucune grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous. Bien plus, nous vous prenons pour des imposteurs. »

Noé -que Dieu le salue- fut le premier Prophète envoyé vers les polythéistes, les adorateurs des idoles. Il leur dit: «Je suis chargé de vous avertir solennellement» de n'adorer que Dieu seul sinon vous subirez Son châtiment terrible. Si vous persévérez dans votre idolâtrie, je crains pour vous le châtiment d'un jour douloureux. «Les puissants de son peuple» qui sont les chefs et les élites parmi les mécréants lui répondirent: «Tu ne nous parais pas fait autrement que nous». Tu n'es ni ange ni un autre être mais un mortel comme nous, comment se pourrait-il que tu reçoives une révélation en dehors de nous? Bien plus, nous ne te voyons, à première vue, suivi que par les plus méprisables d'entre nous, tels que les marchands, les tisserands et leurs similaires, sans qu'il y ait parmi eux ni chef ni distingué. D'autant plus, ceux qui t'ont suivi, ils ont agi à l'aveuglette. «Aucune grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous» Donc ni création ni caractère ne vous donnent sur nous aucune supériorité en suivant cette nouvelle religion. «Bien plus, nous vous prenons pour des imposteurs» en nous appelant à la piété, l'adoration d'un Dieu unique et au bonheur.

Cette opposition des incrédules à Noé et ses adeptes ne prouve que leur ignorance et leur manque de perspicacité. Que ceux qui suivent la vérité soient des pauvres ou des méprisables cela ne la dénigre pas et ne la conteste jamais, même si, en même temps, les chefs et les avisés la suivent. Ce qui est logique et naturel que les vertueux et les justes suivent la vérité même s'ils sont des pauvres, et les méprisables soient ceux qui la nient même s'ils sont des riches et puissants. L'exemple que nous donne la société est le plus grand témoin quand les chefs, riches et orgueilleux s'opposent à la vérité, la preuve

est les dires de Dieu: «Mais ils disent:

Nous avons trouvé nos pères attachés à ce culte et nous marchons sur leurs traces (43:22)

Dans un long récit rapporté par Abou Soufian, lorsque Héraclius le roi des Romains lui demanda:

Ceux qui suivent Mouhammad sont-ils les puissants ou les faibles?

il lui répondit: «Ce sont plutôt les faibles».

Que les gens croient à la vérité, à première vue, ceci n'est ni un défaut ni une honte, car une fois cette vérité apparue, il n'y aura aucun moyen pour la contester. Les Prophètes et messagers -que Dieu les salue- n'ont apporté que des lois et religions claires.

Aucune grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous

Ces propos tenus par les mécréants ne dénotent que leur aveuglement car ils étaient très loin de la vérité, ils ne l'avaient ni vue ni entendue, dans leur doute ils tergiversaient et dans l'au-delà, seraient les grands perdants.

28

qâla yâ qawmi 'ara'aytum 'in kuntu 'alâ bayyinatim mir-rabbî wa 'âtânî rahmatan min 'indihî fa 'ummiyat 'alaykum 'anulzimukumûhâ wa 'antum lahâ kârihûna

Il répondit: «O mon peuple, qu'y puis-je? Délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur et pourvu de Sa grâce, ma mission vous demeure incomprise. Vais-je vous contraindre à y croire, en dépit de votre aversion?».

Et Noé de leur répondre:

Qu'y puis-je? Délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur?

Voyez-vous si je m'appuie sur une preuve irréfutable envoyée par mon Seigneur et que je suis un Prophète sincère, et si cela vous reste incompris ou caché sans pouvoir le saisir «vais-je vous contraindre à y croire» et vous l'imposer alors que vous y

wa yâqawmi la 'as'alukum 'alayhi mâlan 'in 'ajrî 'illâ 'alâ-L-Lâhi wama 'ana bitâridi-l-ladîna 'am anû 'innahum mulâqû rabbihim walâkinnî 'arâkum qawman tajhalûna (29) wayâqawmi may-yansurunî mina-L-Lâhi 'in tarattuhum 'afalâ tadakkarûna O mon peuple, je ne vous demande aucune rétribution. Je n'attends aucune récompense que d'Allah. Je ne saurais repousser ceux qui croient. Ils ne font qu'entrer en contact avec leur Seigneur. Vous me semblez un peuple d'ignorants (29). O mon peuple, qui me préservera de la colère d'Allah, si je repousse ces gens? Allez-vous comprendre? Noé répliqua toujours aux incrédules: «Je ne vous demande aucun salaire contre les conseils que je vous prodigue, mon salaire n'incombe qu'à Dieu à Lui la puissance et la gloire. «Je ne saurais repousser ceux qui croient» à savoir qu'ils lui avaient demandé de congédier ceux qui avaient cru en lui par pudeur de s'asseoir avec eux, tout comme les polythéistes de La Mecque avaient demandé à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - de repousser les pauvres et les faibles qui lui tenaient compagnie pour qu'ils ne soient avec eux dans une même assemblée. Dieu à ce moment lui fit cette révélation:

Ne repousse pas ceux qui implorent leur Seigneur, matin et soir (6:52)

29-31

wala 'aqûlu lakum 'indî hazâ'inu-L-Lâhi wala 'a'lamu-l-gaybi wala 'aqûlu 'innî malakun wala 'aqûlu li-l-ladîna tazdarû 'a'yunukum lay yu'tiyahumu-L-Lâhu hayran 'A-L-Lâhu 'a'lamu bimâ fî 'anfusihim 'innî 'ida-l-laminaz-zâlimîna

Je ne prétends pas disposer des trésors d'Allah ni deviner l'avenir. Je ne prétends pas être un ange. Je ne saurais avancer qu'Allah ne gratifiera pas ces gens que vous méprisez. Allah seul sait ce que recèlent leurs cœurs. Si je m'arrogeais ces prérogatives, je ne serais moi-même qu'un réprouvé

Noé n'est qu'un Prophète chargé d'appeler les hommes à adorer Dieu seul, sans leur demander aucune récompense. Pour cela il doit appeler le noble et le pauvre, quiconque aura répondu à son appel aura trouvé son salut. D'autre part il ne peut pas disposer des trésors de Dieu, ni connaître le mystère incommunicable sauf ce que Dieu a voulu qu'il le sache. Il n'est pas un ange mais un mortel comme les autres, chargé d'une mission et appuyé par des miracles et signes. Quant à ceux que vous méprisez, je ne vous dis pas qu'ils n'auront pas leur récompense auprès de Dieu car « Allah seul sait ce que recèlent leurs cœurs ». Si vraiment ils sont des croyants sincères, alors Dieu ne les lésera pas de leurs récompenses.

32-34

qâlû yâ Nûhu qad jâdaltanâ fa'aktarta jidâlanâ fa'tinâ bimâ ta'idunâ 'in kunta mina-s-sâdiqîna qâla 'innamâ ya'tîkum bihi-L-Lâhu 'in shâ'a wamâ 'antum bimu'jizîna walâ yanfa'ukum nushî 'in 'aradtu 'an 'ansaha lakum 'in kâna-L-Lâhu yurîdu 'an yughwiyakum huwa rabbukum wa 'ilayhi turja'ûna

Ils dirent : « O Noé, assez discuté. Nous n'avons que trop discuté jusqu'ici. Provoque le malheur dont tu nous menaces, si tu es sincère » Allah vous l'enverra, s'il le veut. Et vous ne saurez l'en empêcher Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de rien s'il est dans les desseins d'Allah de vous perdre. C'est votre Maître. C'est à Lui que vous ferez retour

Le peuple de Noé demanda de hâter le châtiment et la vengeance de Dieu, il lui dit :

Nous n'avons que trop discuté jusqu'ici, nos discussions sont devenues stériles. Invoque ton Seigneur d'abattre sur nous Son supplice comme bon te semble.

« Provoque le malheur dont tu nous menaces. » Et Noé de répondre :

Allah vous l'enverra, s'il le veut. Et vous ne saurez l'en empêcher.

Dieu, qui est capable de toute chose, vous l'apportera quand Il veut, ceci dépend de Sa volonté.

Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de rien s'il est dans les desseins d'Allah de vous perdre.

Mon conseil ne vous profiterait pas si je vous le donnais et que mon Seigneur veuille vous dérouter et vous égarer. Il est votre Seigneur et vers Lui vous serez ramenés.

35

'am yaqûlûna-ftarâhu qul 'ini-ftaraytuhû fa'alayya 'ijrâmî wa 'anâ barî'um-mimmâ tujrimûna

Ils s'obstinent à dire que le Coran est une invention. Réponds : « Si c'est une invention, j'en supporterai la responsabilité mais je vous laisse à celle de vos péchés »

Ce verset est une invocation au milieu de l'histoire de Noé et son peuple. Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répondre à ces impies et ingrats qui l'accusent d'avoir forgé ce Livre:

Si c'est une invention, j'en supporterai la responsabilité

et mon crime retombe sur moi, «mais je vous laisse celle de vos péchés» je suis innocent de ce que vous commettez. Je connais très bien le châtiment qui attend quiconque aura forgé des mensonges contre Dieu.

36-39

wa 'ûhiya 'ilâ Nûhin 'annahû lay-yu'mina min qawmika 'illâ man qad 'âmana falâ tabta'is bimâ kânû yaf'alûna wasna'i-l-fulka bi'a'yuninâ wa wahyinâ walâ tuhâtibnî fî-l-ladîna zalamû 'innahum mugraqûna wa yasna'u-l-fulka wa kullamâ marra 'alayhi mala'um-min qawmihî sakhirû minhu qâla 'in taskharu minnâ fa'innâ naskharu minkum kamâ taskhарûna fasawfa ta'lamûna may-ya'tîhi 'adâbun yukhzîhi wa yahillu 'alayhi 'adâbum-muqîmun

Allah révéla à Noé que désormais il n'y aurait plus de nouvelles conversions et l'exhorta à ne plus se lamenter sur la conduite de son peuple « Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos plans, lui prescrivit-il, et cesse de m'apitoyer sur les incrédules. Ils périront noyés » Il entreprit de construire l'arche et chaque fois que les grands de son peuple passaient près de lui, ils le tournaient en dérision. Il leur disait : « Vous nous raillez aujourd'hui, mais nous ne tarderons pas à vous railler à notre tour » « Vous saurez bientôt pour qui se prépare un châtiment cruel dans ce monde et à qui un supplice éternel est réservé dans l'autre »

Pour en finir avec les incrédules et leur obstination, Noé invoqua Dieu par ces mots :

Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle (71:26)

et : « Je suis à bout, viens à mon secours » (54:10). Le Seigneur lui révéla alors :

Désormais il n'y aura plus de nouvelles conversions. Nul de ton peuple vraiment ne croira que celui qui a déjà cru. Donc ne t'attriste pas de ce qu'ils font et que leur sort ne te préoccupe pas. Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos plans.

Construis l'arche sous nos yeux et notre révélation « et cesse de t'apitoyer sur les incrédules. Ils périront noyés. »

Qatada commenta :

L'arche avait une longueur de trois cents coudées et une largeur de cinquante.

D'autres ont précisé : six cents en long, trois cents en largeur et trente en hauteur, dont trois étages, et chacun avait dix coudées de hauteur : l'inférieur était réservé aux bêtes fauves et domestiques, le moyen aux humains et le supérieur aux oiseaux. Sa porte était de côté, au milieu de sa largeur, et un couvercle fermait hermétiquement l'arche.

Le voyant construire cette arche, les chefs et les notables parmi son peuple se moquaient de lui et niaient le supplice dont il les menaçait. Et lui de répondre :

Vous nous raillez aujourd'hui, mais nous ne tarderons pas à vous railler à notre tour.

Un verset qui renferme à la fois un avertissement et une menace sûre. « Vous saurez bientôt pour qui se prépare un châtiment dans ce monde et à qui un supplice éternel est réservé dans l'autre » ; donc un châtiment humiliant dans le bas monde — la noyade — et un autre sans fin dans l'autre.

40

hatta 'idâ jâ'a 'amrunâ wa fâra-t-tannûru qulnâ-hmil fîhâ min kullin zawjayni-tnayni wa 'ahlaka 'illâ man sabaqa 'alayhi-l-qawlu waman 'âmana wa mâ 'âmana ma'ahû 'illâ qalîlun

Cette situation dura jusqu'au jour où notre décret arriva à exécution et où l'eau se mit à bouillonner dans sa source. Nous dîmes alors à Noé : «Embarque dans l'arche un couple de chaque espèce ainsi que les tiens, excepté ceux dont le sort est déjà réglé. Embarque aussi ceux qui croient. Hélas ! ceux-ci n'étaient pas nombreux»

Ce fut une promesse de Dieu à Noé que quand viendrait Son ordre, d'envoyer une pluie torrentielle et incessante comme il est cité dans ce verset :

Nous ouvrîmes les portes du ciel. L'eau tomba à torrents. Nous fîmes jaillir des sources de toute la terre. Eau de pluie et de source se confondirent en exécution du décret d'Allah (54:11-17)

Ibn Abbas commente ce fait : L'eau jaillit partout, même des fours. À ce moment, Dieu ordonna à Noé : «Embarque dans l'arche un couple de chaque espèce» de toutes les créatures vivantes et plantations. Quant à l'expression :

ainsi que les tiens, excepté dont le sort est déjà réglé

il s'agit de sa famille et ses proches, sauf qui ne partageaient pas la foi de Noé, qui étaient son fils Yam et la femme de Noé qui était incrédule. Ceux qui avaient cru étaient peu nombreux malgré la longue période qu'avait passée parmi son peuple et évaluée à neuf cent cinquante ans. Ibn Abbas a précisé qu'il y avait sur l'arche quatre-vingts personnes, hommes et femmes, mais Ka'b Al-Ahbar a limité le nombre à soixante-douze et d'autres à dix. Dieu seul est le plus savant.

41-43

wa qâla-r-kabû fihâ bismi-L-Lâhi majrehâ wa mursâhâ inna rabbî la Gafûru-r-Rahîm wa hiya tajrî bihim fî mawjin kal-jibâli wa nâdâ Nûhun-bnahu wa kâna fî ma'zalin yâ bunayya-rkab ma'anâ wa lâ takun ma'a-l-kâfirîna qâla sa-âwî ilâ jabaliy-ya'simunî mina-l-mâ'i qâla lâ 'âsima-l-yawma min amri-L-Lâhi illâ man-rahima wa hâla baynahumâ-l-mawju fakâna mina-l-mugraqîna

Noé dit: «Montez dans l'arche. Ô mon Allah, faites qu'elle vogue et qu'elle atterrisse. Ô vous le clément et le miséricordieux» L'arche commença à voguer au milieu d'énormes vagues, hautes comme des montagnes. Noé interpella son fils qui était resté sur le rivage: «Ô mon fils, monte avec nous. Ne reste pas avec les incrédules» «Je me réfugierai sur une montagne pour échapper aux eaux», répondit-il. «Nul n'échappera aujourd'hui au décret d'Allah, répliqua Noé, si ce n'est par un effet de sa clémence». Une vague les sépara. Le fils de Noé fut emporté par les eaux

Noé demanda aux croyants de monter dedans et que l'arche vogue et arrive à destination au nom de Dieu:

Montez dans l'arche. O mon Allah, faites qu'elle vogue et qu'elle atterrisse. O vous, le clément et le miséricordieux

Que Dieu garde l'arche par Sa miséricorde de son amarissage dans sa course et à son mouillage. Dieu, en exauçant Noé, l'exhorta à dire: «Lorsque toi et les tiens seront installés dans l'arche, dis:

Loué soit Allah pour nous avoir délivrés des méchants (23:28)

C'est une recommandation lorsqu'on monte sur une bête ou sur un vaisseau d'invoquer le nom de Dieu et de se fier à Lui.

A ce propos Ibn Abbas rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il est une assurance à ma communauté contre la noyade de dire quand elle monte sur un vaisseau: «Au nom de Dieu, le Souverain. «Les hommes ne donnent pas à Allah le rang qu'il mérite. Et, pourtant, Il appréhendera toute la terre dans Sa main au jour du jugement dernier et supprimera les cieux d'un geste. Gloire à Allah. Il est au-dessus des associés qu'on Lui donne» (39:67).

L'arche voguait avec les croyants au milieu des vagues semblables à des montagnes, même l'eau à ce moment-là dépassait les cimes des montagnes à une hauteur de quinze coudées. Le vaisseau flottait sur la surface de l'eau avec la permission de Dieu en toute sécurité gardé par la providence. Dieu mentionne cet événement dans un autre verset en disant:

Au moment du déluge, nous vous avons sauvés sur une arche, voulant vous donner ainsi une leçon et toucher les oreilles sensibles (69:11-12)

Avant d'amarrer, Noé interpella son fils Yam (1) et l'invita à monter sur l'arche avec les croyants pour ne plus subir le sort des mécréants. Mais, étant toujours incrédule, il lui répondit:

Je me réfugierai sur une montagne pour échapper aux eaux

croyant que l'eau ne dépasserait pas les sommets des montagnes, et s'il s'y réfugiait, il serait sauvé. Le père répliqua:

Nul n'échappera aujourd'hui au décret d'Allah, si ce n'est par un effet de Sa clémence

Les vagues s'interposèrent entre le père et le fils et ce dernier fut au nombre de ceux qui périrent noyés.

44

wa qîla yâ ardu-bla'î mâ'aki wa yâ samâ'u 'aqli'î wa ghîda-l-mâ'u wa qudiya-l-'amru wa stawat 'alâ-l-jûdiyyi wa qîla bu'dal-lil-qawmi-zzâlimîna

«O terre, fut-il dit, absorbe l'eau. O ciel, cesse de pleuvoir». Aussitôt les eaux baissèrent. L'arrêt était accompli. L'arche atterrit à El-Djoudi. «Loin d'ici les méchants, fut-il dit»

On a dit aussi qu'il s'appelait Kan'an. Les fils de Noé qui ont été sauvés avec lui étaient : Sam, Ham et Yafeth.

Tout ce qui existait sur la terre fut englouti sauf ceux qui se trouvaient sur l'arche. L'ordre fut donné à la terre d'absorber l'eau qui en jaillissait, et au ciel de s'arrêter de pleuvoir. L'ordre fut exécuté et l'affaire faite.

Le vaisseau atterrit à El-Djoudi. D'après Moujahed : c'est une montagne dans la presqu'île arabique. (D'après la plupart des exégètes et historiens le Djoudi est l'un des sommets de la chaîne Ararat en Arménie).

Qatada commenta : L'arche fut atterrie sur la montagne pendant un mois et ceux qui l'occupaient purent la quitter. Le vaisseau, Dieu le laissa ainsi pour qu'il serve de leçon et d'exemple. Les premiers musulmans, dans leur voyage, purent l'apercevoir à savoir que d'autres vaisseaux furent noyés et réduits en épaves. Et Qatada de poursuivre : Noé et les croyants montèrent à bord le dixième du mois de Rajab, voguèrent cent cinquante jours et l'arche s'installa enfin sur le Djoudi. Leur sortie de l'arche eut lieu le dixième jour de Mouharram ('Achoura).

« Loin d'ici les méchants » une expression qui signifie que les prévaricateurs furent éloignés de la miséricorde de Dieu, périrent tous du premier au dernier sans laisser aucune trace. À ce propos Ibn Jarir rapporte d'après Aicha -que Dieu l'agrée- que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Si Dieu avait voulu faire miséricorde à l'un des siens de Noé, Il l'aurait faite à la mère de son fils

45-47

w a nâdâ Nûhun rabbahû faqâla rabbi 'inna-bnî min 'ahlî wa 'inna wa 'daka-l-haqqu wa 'anta 'ahkamu-l-hâkimîna qâla yâ Nûhu 'innahû laysa min 'ahlika 'innahû 'amalun gayru sâlihin falâ tas'alani mâ laysa laka bihî 'ilmun 'innî 'a'izuka 'an takûna mina-l-jâhilîna qâla rabbi 'innî 'a'ûdu bika 'an 'as'alaka mâ laysa lî bihî 'ilmun wa 'illâ tagfîr lî wa tarhamni 'akun mina-l-hâsirîna

Noé adressa cette prière à Son Seigneur : « Seigneur, dit-il, mon fils est des miens, mais Ta volonté est souveraine et Tu es le plus juste des juges. » « Non Noé, ton fils n'est pas des tiens, reprit Allah. Ta prière est inconvenante. Ne m'interroge pas sur ce que tu ne dois pas savoir. Je t'en avertis pour ne pas te laisser parmi les ignorants. » « Seigneur, dit Noé, pardonne-moi si je t'ai interrogé sur ce que je ne dois pas savoir. Si Tu ne me pardonnes pas et si Tu ne m'accordes pas Ta miséricorde, je suis perdu. »

Noé demanda à son Seigneur :

Mon fils appartient à ma famille, Tu m'as promis de nous sauver tous, Ta promesse est sûrement la vérité. Comment il fut noyé alors que Tu es le plus juste des juges ?

Et Dieu de lui répondre : « Non Noé, ton fils n'est pas des tiens », c'est-à-dire parmi ceux qui ont cru et dont Je t'ai promis de les sauver, car il a commis un acte infâme. Ce fils figure parmi ceux dont le sort est déjà réglé à cause de leur impiété.

48

qîla yâ Nûhu-hbit bisalâmim-minnâ wa barakâtin 'alayka wa 'alâ 'umamim-mim-man ma'aka wa 'umamin sanumattti'uhum tumma yamassuhum minnâ 'adâbun 'alîmun

«O Noé, lui dit-il, descends de l'arche, sain et sauf. Nous te bénissons toi et ceux qui t'accompagnaient. Il est des peuples auxquels nous accorderons les biens de ce monde et auxquels nous infligerons un châtiment douloureux dans l'autre»

Mouhammad Ben Ishaq a dit: «Pour faire arrêter le déluge, Dieu envoya un vent qui balaya la surface de la terre et aussitôt toutes les sources d'eau furent bouchées et les portes du ciel fermées. La terre

commença alors à avaler l'eau. Quant à l'atterrissage sur El-Djoudi, les gens de la Torah prétendent que cela eut lieu la dix-septième nuit du septième mois. Le premier du dixième mois on put voir les sommets des montagnes ainsi que la terre. Noé ôta le couvercle de l'arche et Dieu lui dit:

Descends de l'arche, sain et sauf. Nous te bénissons toi et ceux qui t'accompagnaient...

49

tilka min 'anbâ'i-l-gaybi nûhîhâ 'ilayka mâ kunta ta'lamuhâ 'anta walâ qawmuka min qabli hâdâ fasbir 'inna-l-'âqibata li-l-muttaqîna

Ce sont là des épisodes du temps passé que nous te révélons. Vous les ignoriez, toi et ton peuple, jusqu'à ce jour. Patiente, l'avantage restera à ceux qui craignent Allah

Tels récits font partie du mystère que Dieu révèle à Son Prophète Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le salue - c'est comme s'il les voit de ses propres yeux. «Vous les ignoriez, toi et ton peuple, jusqu'à ce jour.» Ceci signifie : ni toi ni aucun de tes compagnons n'avait connaissance de toutes ces histoires pour que quelqu'un prétende qu'il te les a racontées. Mais Dieu te révèle ces événements comme ils se sont déroulés et comme il est exactement dans les Livres des Prophètes qui t'ont précédé. Sois patient si ton peuple te traite de menteur et endure leurs méfaits, car bientôt nous te secourrons, t'envelopperons de notre miséricorde et nous accorderons la fin heureuse à toi et à tes suivants dans les deux mondes, de la même façon que nous avons agi avec tes prédécesseurs les Prophètes ; car «Nous ferons triompher nos Prophètes et les croyants en ce monde et au jour du Jugement dernier» (40:51).

50-52

wa 'ilâ 'Âdin 'ahâhum Hûdan qâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâ lakum min 'ilâhin gayruhû 'in 'antum 'illâ muftarûna yâ qawmi lâ 'as'alukum 'alayhi 'ajran 'in 'ajriya 'illâ 'alâ-l-ladhî fataranî 'afalâ ta'qilûna wa yâ qawmi-stagfirû rabbakum thumma tûbû 'ilayhi yursili-s-samâ'a 'alaykum midrâran wa yazidkum quwwatan 'ilâ quwwatikum wa lâ tatawallaw mujrimîna

Nous envoyâmes au peuple de 'Ad leur frère Houd. « O mon peuple, dit-il, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Vous n'êtes que des insensés. O mon peuple, je ne vous demande aucune rétribution. Je n'attends ma rétribution que de celui qui m'a créé. Ne finirez-vous pas par comprendre ? O mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur, puis soumettez-vous à Lui. Il déversera du ciel des pluies abondantes. À vos forces, Il en ajoutera d'autres. Ne quittez pas cette terre en rebelles. »

Houd, le Prophète, fut envoyé au peuple de Ad pour leur ordonner de n'adorer que Dieu seul sans rien Lui associer et leur interdire l'adoration des statues qu'ils ont inventées en leur donnant des noms. Contre ces exhortations, il ne leur demanda aucun salaire car il n'espéra la récompense que de Dieu qui l'a créé.

«Finirez-vous par comprendre?» et concevoir ce qui amende votre situation dans les deux mondes. Puis il leur ordonna d'implorer le pardon de Dieu pour leur absoudre les péchés qu'ils avaient commis et de revenir à Dieu repentants pour assurer leur salut dans la vie future. Quiconque aura suivi ces conseils, Dieu lui facilite l'acquisition des biens et le sauve.

L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à ce propos :

Celui qui ne cesse d'implorer le pardon de Dieu, Il lui accorde un réconfort de toute angoisse, une issue de toute gêne et le pourvoira par des moyens sur lesquels il ne comptait pas

53-56

qâlû yâ Hûdu mâ ji'tanâ bibayyinatin wamâ nahnu bitârikî 'âlihatinâ 'an qawlika wamâ nahnu laka bimu'minîna 'in naqûlu 'illâ-'tarâka ba'du 'âlihatinâ bisû'in qâla 'innî 'ushhidu-L-Lâha washhidû 'annî barî'um mimma tushrikûna min dûnihî fakidûnî jamî'an tumma lâ tunzirûni 'innî tawakkaltu 'alâ-L-Lâhi rabbî wa rabbikum mâ min dabbatin 'illâ huwa 'âhidun binâsiyatihâ 'inna rabbî 'alâ sirâtim mustaqîmin

Ils dirent : « O Houd, tu ne nous apportes aucune preuve. Nous n'abandonnerons pas nos divinités sur tes simples dires. Nous ne te croyons pas À n'en pas douter, une de nos divinités t'a troublé l'esprit ». « Je prends Allah à témoin, dit-il, et témoignez vous-mêmes que je ne crois pas aux divinités que vous associez à Allah Mettez tout en œuvre contre moi et ne m'accordez aucun répit. Je me confie à Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n'est pas une seule créature qui ne soit à la merci d'Allah. Mon Seigneur est dans le bon chemin »

Le peuple de Houd lui répondit :

Tu n'es pas venu à nous avec une preuve décisive pour affirmer ce que tu prétends, et nous n'en sommes pas à abandonner nos divinités sur ta parole. « À n'en pas douter, une de nos divinités t'a troublé l'esprit. » Que disons-nous, sinon qu'un de nos dieux t'a puni en te causant une certaine démence parce que tu viens nous empêcher de l'adorer.

Mais Houd répliqua :

Je prends Allah à témoin et témoignez vous-mêmes que je ne crois pas aux divinités que vous associez à Allah.

Je désavoue tout ce que vous adorez en dehors de Dieu. Usez tous des stratagèmes contre moi sans me faire attendre si vous pouvez le faire, et même pas pour un clin d'œil. »

Je me confie à Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n'est pas une seule créature qui ne soit à la merci d'Allah.

Il n'y a pas une seule créature qu'il ne la tienne par le toupet. Une expression qui signifie que toutes les créatures sont sous le pouvoir de Dieu et sa dominance. Il est le juge équitable qui ne lèse personne. Il est sur la voie droite.

On trouve dans la réponse de Houd un argument irréfutable et une preuve décisive qui corrobore son message et réfute les présomptions des idolâtres qui prennent les statues et les idoles pour dieux et les adorent, alors que celles-ci ne peuvent ni nuire ni être utiles, plutôt elles sont des matières inertes qui n'entendent pas et ne voient rien, elles ne sont ni hostiles ni alliées. Donc c'est à Dieu seul qu'on doit vouer un culte pur. Il est le Maître des cieux et de la terre et aucun Seigneur n'existe hormis Lui.

57-60

fa 'in tawallaw faqad 'ablagtukum mâ 'ursiltu bihî 'ilaykum wa yastahlifu rabbî qawman gayrakum walâ tadurrûnahû say'an 'inna rabbî 'alâ kulli say'in hafîzun wa lammâ jâ'a 'amrunâ najjaynâ Hûdan wa-l-ladîna 'âmanû ma'ahû bi rahmatim-minnâ wa najjaynâhum min 'adâbin galîzin wa tilka 'Âdun jahadû bi 'âyâti rabbihim wa 'asaw rusulahû wa-ttaba'û 'amra kulli jabbârin 'anîdin wa 'utbi'û fî hâ dihi-d-dunyâ la'natan wa yawma-l-qiyâmati 'alâ 'inna 'Âdan kafarû rabbahum 'alâ bu'dan li-'Âdin qawmi Hûdin

Qu'importe que vous vous détourniez de moi ! J'ai accompli ma mission. Mon Seigneur appellera un autre peuple à vous succéder. Votre disparition ne diminuera en rien Sa puissance. Mon Seigneur veille sur tout l'univers. » Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes Houd et ceux qui croyaient avec lui par un effet de notre miséricorde et nous les arrachâmes à un peuple effroyable. Telle est l'histoire du peuple de 'Ad qui a nié les signes du Seigneur, qui a désobéi à ses Prophètes et qui a obéi, au contraire, aux rebelles et aux oppresseurs. La malédiction les a suivis dans ce monde et dans l'autre. 'Ad n'a-t-il pas, en effet, renié son Seigneur ? Loin d'ici, 'Ad, le peuple de Houd !

Houd, ayant averti son peuple de n'adorer que Dieu seul, dit à son peuple :

Si vous vous détournez, je vous ai transmis le message dont j'étais chargé de vous le communiquer. Ceci est un argument qui sera contre vous si vous ne vous y conformerez pas : Mon Seigneur appellera un autre peuple à vous succéder. Il adorera sans Lui reconnaître des associés. Et alors Dieu se souciera peu de vous et vous ne saurez Lui nuire par votre incrédulité. De toute façon vous en supporterez les conséquences. Il est le Gardien vigilant et voit les œuvres de Ses serviteurs. Mon Seigneur veille sur tout l'univers.

« Lorsque notre décret arriva à exécution », il s'agit du vent dévastateur qui avait anéanti le peuple de Ad et les avait réduits en cendres du premier au dernier, en sauvant Houd et ses adeptes de ce châtiment, par Sa clémence.

Telle est l'histoire du peuple de Ad qui a nié les signes du Seigneur

et a désobéi à Ses Prophètes, car quiconque désobéit à l'un d'eux aura désobéi à tous les Prophètes. Ce peuple comptait parmi les tyrans opiniâtres. Pour cela une malédiction les poursuivra en ce monde toutes les fois qu'on les mentionnera, et dans l'autre on les appellera devant toutes les créatures. As-Souddy de commenter :

Tout Prophète qui sera envoyé après Houd appellera à son tour la malédiction sur ceux qui ont obéi, au contraire, aux rebelles et aux oppresseurs d'ici, Ad, le peuple de Houd.

61

wa 'ilâ Tamûda 'ahâhum Sâlihan qâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâlakum min 'ilâhin gayruhû huwa 'ansa'akum mina-l-ardi wa-sta'marakum fîhâ fastagfirûhu tumma tûbû 'ilayhi 'inna rabbî qarîbum mujîbun

Nous envoyâmes au peuple de Thamoud leur frère Saleh. Il leur dit : « O mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. C'est Lui qui vous a tirés de la terre et qui vous y a installés. Implorez-Le et soumettez-vous à Lui. Mon Allah est proche et Il exauce les prières. »

Les Thémoudites habitaient les cités du Hijr entre Tabouk et Médine et existaient après le peuple de Ad. Dieu leur envoya son Prophète Saleh pour les appeler à adorer Dieu seul. Il leur rappela : tout comme Il a créé Adam pour vivre et exploiter ses biens. Demandez-Lui de vous pardonner vos péchés commis et revenez repentants vers Lui. Car Il est proche et exauce les prières, comme le montre aussi ce verset :

«et qui vous a tirés de la terre»

Allah est prêt à exaucer les prières. «Si mes serviteurs te questionnent sur moi, dis-leur que je suis près d'eux. Je réponds à l'appel de ceux qui m'implorent» (2:186).

62-63

qālū yā Ṣāliḥu qad kunta fīnā marjuwwan qabla hāḏā 'a-tanhānā 'an na'buda mā ya'budu 'ābā'unā wa 'innanā lafī šakkin mimmā tad'ūnā 'ilayhi murībin qāla yā qawmi 'ara'aytum 'in kuntu 'alā bayyinatim mir-rabbī wa 'ātānī minhu raḥmatan faman-yanṣurunī mina-L-Lāhi 'in 'aṣaytuhū famā tazīdūnanī ġayra takhsīrin

O Saleh, répondirent-ils, jusqu'ici nous avions confiance en toi. Mais vas-tu maintenant nous interdire d'adorer ce qu'adoraient nos pères? En vérité, nous avons des doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes Il répondit: «O mon peuple, qu'y puis-je? Je suis délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur et, pourvu de Sa grâce, qui me protégerait contre Lui si je Lui désobéissais! Vraiment, vous voulez ma perte?

Dieu raconte la polémique qui eut lieu entre Saleh et son peuple qui était égaré et obstiné. Ils lui dirent :

Jusqu'ici nous avions confiance en toi, et avant cela, tu étais un espoir pour nous. Vas-tu maintenant nous interdire d'adorer ce qu'adoraient nos pères ? En vérité, nous avons des doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes. Nous voilà dans une profonde incertitude au sujet de ce vers quoi tu nous appelles.

« Ô mon peuple », leur répondit Saleh, « qu'y puis-je ? Délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur, que pensez-vous si je m'appuie sur une preuve évidente de la part de mon Seigneur, qui m'a accordé Sa grâce ? Me serait-il permis de manquer à ma mission de vous appeler à suivre la vérité et à adorer Dieu seul ? Si je la délaissais, vous ne me seriez d'aucune utilité et vous ne feriez qu'ajouter à ma perte. Qui me protégerait contre Lui si je Lui désobéissais ? »

64-68

wayâqawmi hâdihî nâqatu-l-lâhi lakum 'âyatan fadarûhâ ta'kulu fî 'ardi-l-lâhi walâ tamassûhâ bisû'in faya'khudakum 'adâbun qarîbun fa'aqarûhâ faqâla tamatta'û fî dârikum talâtata 'ayyâmin dâlika wa'dun gayru makdûbin falammâ jâ'a 'amrunâ najjaynâ sâlihan wa-l-ladîna 'âmanû ma'ahû birahmatim-minnâ wa min khizyi yawmi'idin 'inna rabbaka huwa-l-qawiyyu-l-'azîzu wa 'ahadha-l-ladîna zalamû-s-sayhatu fa'asbahû fî diyârihim jâtimîna ka'an lam yagnaw fîhâ 'alâ 'inna tamûdâ kafarû rabbahum 'alâ bu'dan li-tamûda

On mon peuple, cette chamelle est pour vous un signe de la part d'Allah. Laissez-la paître en paix et ne lui faites aucun mal. Sinon, votre châtiment ne se fera pas attendre Ils l'égorgèrent. «Continuez, leur dit-il, à vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours. Mon avertissement ne sera pas démenti» Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes, par l'effet de notre miséricorde, Saleh et ceux qui croyaient avec lui. Nous leur évitâmes l'opprobre du châtiment. Ton Seigneur est puissant et vénérable Un cataclysme anéantit les injustes. On trouva leurs demeures jonchées de cadavres Comme si leur existence n'avait jamais égayé ces lieux. Oui, le peuple de Thémoud a renié son Seigneur. Loin d'ici le peuple de Thémoud

Nous avons déjà détaillé l'histoire de Saleh avec son peuple dans la sourate Al-A'raf. (voir coran VII, versets 73-79).

69-73

Je vois le problème — la réponse précédente avait 6 lignes au lieu de 5. Voici les lignes corrigées : walaqad jā'at rusulunā Ibrāhīma bi-l-bushrā qālū salāman qāla salāmun famā labitha 'an jā'a bi-'ijlin ḥanīdhin falammā ra'ā aydiyahum lā taṣilu ilayhi nakirahum wa-awjasa minhum khīfatan qālū lā takhaf innā ursilnā ilā qawmi Lūṭin wa-mra'atuhu qā'imatun faḍaḥikat fabashsharnāhā bi-Isḥāqa wa min warā'i Isḥāqa Ya'qūba qālat yā waylatā a'alidu wa-ana 'ajūzun wa-hādhā ba'lī shaykhan inna hādhā la-shay'un 'ajībun qālū ata'jabīna min amri Llāhi raḥmatu Llāhi wa-barakātuhu 'alaykum ahla l-bayti innahu ḥamīdun majīdun

Nos émissaires allèrent trouver Abraham pour lui annoncer la bonne nouvelle. Salut, lui dirent-ils. Il les salua aussi. Et il leur offrit aussitôt un veau rôti Lorsqu'il les vit s'abstenir de toucher au plat, il fut troublé et en conçut une vive frayeur. «Ne crains rien, lui dirent-ils, nous sommes envoyés par Allah au peuple de Loth» L'épouse d'Abraham, qui était à ses côtés, se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à Isaac et qu'Isaac aurait lui-même un fils, Jacob Ô stupeur! s'exclama-t-elle, comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari lui-même est un vieillard! C'est là une chose vraiment étrange! Et les anges de répliquer: «Comment peux-tu t'étonner d'une décision d'Allah? Que la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous, ô habitants de cette maison. À Allah doivent aller les louanges et la glorification»

La bonne nouvelle qu'apportaient les émissaires de Dieu à Abraham fut interprétée de deux façons: La première concerne la naissance d'Isaac, et la deuxième l'anéantissement du peuple de Loth. Mais il s'avère que la première l'emporte en nous référant à ce verset: (verset n° 74).

«Lorsque la crainte d'Abraham cessa...»

Les émissaires (les anges) saluèrent Abraham et il leur rendit le salut. Abraham s'empressa de leur apporter de quoi manger sur des pierres chaudes. Ce verset est pareil aux dires de Dieu:

«et il leur offrit aussitôt un veau rôti» «Il se dirigea du côté des siens et rapporta un veau gras. Il le présenta à ses hôtes en leur disant: «N'en mangerez-vous pas?»

(51:26-27). Ce geste accompli d'Abraham démontre les règles de l'hospitalité.

Lorsqu'il les vit s'abstenir de toucher au plat, il fut troublé et en conçut une vive frayeur

étant donné que les anges ne ressentent plus l'appétit et ne mangent pas. Voyant que leurs mains n'en approchaient pas, il les trouva insolites et ressentit de la peur vis-à-vis d'eux. À Soddiy de commenter: Lorsque Dieu envoya les anges, ceux-ci, en forme humaine, se rendirent chez Abraham et lui demandèrent l'hospitalité. En les voyant en tant qu'hommes vénérables, il eut peur d'eux. Il alla discrètement trouver les siens, égorgea un veau gras qu'il rôtit sur les pierres chaudes, le présenta à ses hôtes et s'assit avec eux. Sarah, la femme d'Abraham, les servait. Il leur présenta le veau rôti, mais apercevant que leurs mains n'en approchaient pas, il s'écria: «N'en mangerez-vous pas?» Ils lui répondirent: «Nous ne mangeons que contre un prix.» Il répliqua: «Ceci a donc un prix!» - Ils lui demandèrent: «Quel est son prix?» et Abraham de rétorquer:

Avant de commencer à manger vous invoquez le nom de Dieu et, en terminant vous le louez

Gabriel regarda alors Michel et lui dit:

Il est de droit de cet homme que Dieu le prenne pour ami

Les voyant s'abstenir de toucher au plat, Sarah s'écria:

Comme c'est étonnant! Nous servons nous-mêmes nos hôtes et ils ne daignent pas prendre de notre nourriture

Les anges dirent: Nous sommes des anges envoyés au peuple de Loth pour les anéantir. Sarah se réjouit alors de l'anéantissement du peuple de Loth à cause de leur perversité, leur obstination et leur incrédulité.

«Ne crains rien»

Sarah «se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à Isaac et qu'Isaac aurait lui-même un fils, Jacob». On peut déduire de ce verset que le fils d'Abraham qu'il devait immoler était Ismaël car la bonne nouvelle fut adressée à Sarah qu'elle aura un enfant qui, à son tour, aura un fils. La question qui se pose: Combien peut-on ordonner à Abraham de sacrifier son fils (si c'était Isaac) alors qu'il n'était encore qu'un nourrisson? et que son propre fils promis Jacob n'était pas encore né? Dans cet état Abraham n'était pas ordonné de sacrifier Isaac. Il devait donc être Ismaël. Ceci constitue une déduction irréfutable et logique.

Elle s'exclama:

Comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari lui-même est un vieillard?

Dans un autre verset on trouve ceci: «Sa femme survint, toute bouleversée, et se frappant le visage:

Est-ce possible, une femme vieille et stérile comme moi? s'exclama-t-elle (51:29)

tout comme les femmes d'autrefois agissaient. Les anges lui répondirent: Lui qui, s'il veut réaliser une chose, lui dit: «Sois» et elle est. Même si tu es vieille et stérile et ton mari un vieillard, Dieu est capable de tout.

«Comment peux-tu t'étonner d'une décision d'Allah?»

Que la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous, habitants de cette maison. À Allah doivent aller les louanges et la glorification

Il est loué dans Ses actes et paroles et glorifié pour Ses qualités.

74-76

falammâ dhahaba 'an Ibrâhîma-r-raw'u wa jâ'athu-l-bushrâ yujâdilunâ fî qawmi Lûṭin 'inna Ibrâhîma laḥalîmun 'awwâhun munîbun yâ Ibrâhîmu 'a'riḍ 'an hâdhâ 'innahû qad jâ'a 'amru rabbika wa 'innahum 'âtîhim 'adhâbun ghayru mardûdin

Lorsque la crainte d'Abraham cessa et qu'il eut reçu la bonne nouvelle, il intervint en faveur du peuple de Loth. Abraham était d'un naturel doux, compatissant et dévoué. « O Abraham, n'insiste pas. La décision de ton Seigneur est prise. Un châtiment inexorable s'abattra sur eux. »

Une fois Abraham rassuré, ayant ressenti une certaine crainte de ses hôtes qui ne mangeaient pas, et recevant la bonne nouvelle qu'il aura un enfant, entendant les anges parler de l'anéantissement du peuple de Loth, il s'écria:

Allez-vous ruiner une cité où vivent trois cents croyants? - Non, répondirent-ils.

Il répliqua: «Et s'il y en a là deux cents?» Comme la réponse fut négative, Abraham diminua le nombre jusqu'au cinq et eux de le rassurer que certainement pas. A la dernière question:

Que pensez-vous si vous ne trouverez qu'un seul croyant et soumis et que cet homme serait Loth?

Les anges le rassurèrent de nouveau. Il leur dit:

«Loth est parmi eux.» Ils lui répondirent:

Nous savons mieux que personne ceux que renferme la ville. Nous le sauverons lui et les siens, à l'exception de sa femme qui sera parmi les victimes (29:32)

Alors Abraham garda le silence et son âme fut apaisée. «Abraham était d'un naturel doux, compatissant et dévoué.» Dieu en a fait l'éloge

d'Abraham qui jouissait de ces qualités.

Ô Abraham, n'insiste pas. La décision de ton Seigneur est prise.

Nul ne s'oppose à un décret pris par Dieu qui sera réalisé, le châtiment du Seigneur ne saurait être écarté d'un peuple incrédule et pervers.

77-79

wa lammâ jâ'at rusulunâ Lûtan sî'a bihim wa dâqa bihim dar'an wa qâla hâdâ yawmun 'asîbun wa jâ'ahû qawmuhû yuhra'ûna 'ilayhi wa min qablu kânû ya'malûna-s-sayyi'âti qâla yâqawmi hâ'ulâ'i banâtî hunna 'atharu lakum fa-t-taqû-L-Lâha walâ tukhzûni fî dayfî 'alaysa minkum rajulun rasîdun qâlû laqad 'alimta mâ lanâ fî banâtika min haqqin wa 'innaka ta'lamu mâ nurîdu

Lorsque nos envoyés se présentèrent à Loth, il en éprouva une grande gêne. Il ne sut où donner de la tête. «Quelles pénibles circonstances» murmura-t-il Il fut assailli, au même moment, par des gens de son peuple, qui sortaient à peine de leurs scènes de débauche... «O mon peuple, leur dit-il, voici mes filles. Il serait plus naturel que vous en usiez. Craignez Allah et ne m'offensez pas dans la personne de mes hôtes. N'y a-t-il pas parmi vous un homme sensé?» «Tu sais bien, répondirent-ils, que nous n'avons que faire de tes filles. Et tu n'es pas sans connaître ce que nous désirons.»

Ayant quitté Abraham, les anges se rendirent chez Loth en jeunes hommes très beaux en apparence pour éprouver son peuple. À leur vue, Loth s'en affliga de peur que son peuple n'ose leur nuire. Car il savait qu'il devait les défendre alors que son bras était trop faible.

«Pénibles circonstances» murmura-t-il.

Qatada a raconté:

Les anges trouvèrent Loth travailler dans son terrain. En lui demandant de leur accorder l'hospitalité, il eut honte de ne plus répondre et leur demanda de le suivre en se mettant devant eux. Chemin faisant, il les insinua par de propos clairs qu'il n'y a plus sur terre un peuple qui soit plus pervers et corrompu que le sien, dans le but de les porter à quitter la ville sans y rester, fût-ce pour un instant. Il les leur répéta plusieurs fois.

Et Qatada de poursuivre:

Les anges étaient ordonnés de faire périr le peuple de Loth au vu et au su de tous.

As-Souddy, quant à lui, relata les faits suivants: «Après leur départ de chez Abraham, les anges se dirigèrent vers la ville de Loth et arrivèrent à midi à Sadoum. Ils y trouvèrent la fille de Loth qui puisait de l'eau. Ils lui demandèrent: «Jeune fille, où peut-on avoir de l'hospitalité?» Elle leur répondit: «Restez ici jusqu'à mon retour». Elle eut peur que ses concitoyens ne viennent leur causer de gêne. Elle vint trouver son père et lui dit:

Père, dépêche-toi et va recevoir de jeunes hommes qui sont les plus beaux que j'ai vus, avant que ton peuple ne leur nuise

À savoir que le peuple de Loth lui avaient interdit de donner hospitalité à quiconque. Sa femme sortit pour mettre les gens au courant de l'arrivée de ces beaux jeunes hommes.

Il fut assailli, au même moment, par des gens de son peuple, qui sortaient à peine de leurs scènes de débauche.

Ils furent très réjouis de voir de telles personnes. Pour éviter tout méfait, Loth leur dit:

Ô mon peuple, voici mes filles. Il serait plus naturel que vous en usiez.

Il leur rappela que les femmes sont plus pures pour eux; car en tant que Prophète, Loth devait leur montrer la voie droite qui leur procurera le bien. Dans d'autres versets, il leur dit:

Si c'est pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth, voici mes filles.

«Pourquoi assouvir vos désirs sur les hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir d'épouses? Vous êtes vraiment un peuple pervers.» (26:165-171)

Moujahed a commenté: Il ne s'agit pas bien sûr des propres filles de Loth, car tout Prophète est considéré comme le père de son peuple dont les filles sont comme les siennes.

Craignez Allah et ne m'offensez pas dans la personne de mes hôtes. Faites comme je vous ordonne et contentez-vous de vos femmes. N'y a-t-il pas parmi vous un homme sensé?

«Tu sais bien que nous n'avons que faire de tes filles!» Mais ils ne tardèrent à lui répondre: En d'autres termes: tu sais bien que nous n'avons aucun droit sur tes filles et n'avons aucun désir d'avoir de rapports avec elles; nous n'assouvissons nos désirs que sur les hommes.

et tu n'es pas sans connaître ce que nous désirons.

80-81

qâla law 'anna lî bikum quwwatan 'aw 'âwî 'ilâ ruknin sadîdin qâlû yâ Lûtu 'innâ rusulu rabbika lan-yasilû 'ilayka fa-'asri bi'ahlika biqit'im-mina-l-layli walâ yaltafit minkum 'ahadun 'illâ-mra'ataka 'innahû musîbuhâ mâ 'asâbahum 'inna maw'idahumu-s-subhu 'alaysa-s-subhu biqarîbin

Que ne suis-je assez fort pour vous résister ou que ne puis-je trouver de l'aide. «O Loth, nous sommes les messagers de ton Seigneur. Ne crains rien. Ils n'arriveront pas jusqu'à toi. Pars, cette nuit, avec les tiens et qu'aucun de vous ne tourne la tête en route! Quant à ta femme, elle sera atteinte par le même fléau qui s'abattra sur les méchants. C'est le matin que la catastrophe se produira et le matin n'est pas loin

Loth menaça son peuple en leur disant :

Si seulement j'étais assez fort pour m'opposer à vous, j'aurais agi moi-même contre vous.

À cet égard, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :

Que Dieu fasse miséricorde à Loth, il ne trouvait comme appui solide que Dieu, à Lui la puissance et la gloire. Après lui, Dieu n'a envoyé un Prophète sans qu'il soit secouru par les siens.

À ce moment, les anges lui firent savoir qu'ils étaient les messagers de Dieu et que son peuple ne parviendrait jamais jusqu'à lui. Ils lui ordonnèrent de partir à la fin de la nuit avec sa famille, en disant :

C'est-à-dire : même si vous entendez leurs cris et leurs gémissements, nul d'entre vous ne regarde en arrière, vous ne tournez la tête en route.

Quant à ta femme, elle sera atteinte par le même fléau qui s'abattra sur les méchants.

À ce propos, on a raconté qu'elle sortit avec eux mais, en entendant le grand bruit qui se produisait derrière elle, elle regarda et s'écria : « Ô mes concitoyens ! » Alors une pierre s'abattit sur elle, provenant du ciel, et la tua. Puis les anges annoncèrent à Loth la mort imminente de son peuple, qui eut lieu à la première heure du matin.

C'est le matin que la catastrophe se produira, et le matin n'est pas loin.

Loth était debout sur le seuil de sa porte et les gens se pressèrent vers lui de tous les côtés. Il les repoussait et les empêchait de commettre leur acte ignominieux, mais ils insistaient en le menaçant. Gabriel sortit de la maison, les frappa de son aile sur le visage et les rendit aveugles, sans qu'ils puissent trouver leur chemin, comme ce verset l'indique :

Les concitoyens de Loth voulurent abuser de ses hôtes. Nous leur ôtâmes la vue. Goûtez, leur dîmes-nous, notre châtiment et les menaces qui accompagnaient nos avertissements. (54:37)

82-83

falammâ jâ'a amrunâ ja'alnâ 'âliyahâ sâfilahâ wa amtarnâ 'alayhâ hijâratan min sijjîlin mandûdin musawwamatan 'inda rabbika wa mâ hiya mina z-zâlimîna bi ba'îdin

Lorsque Notre ordre fut lancé, la ville se trouva bouleversée sens dessus dessous et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur elle. Pluie drue, prédestinée par ton Seigneur, et toute prête à s'abattre sur les méchants.

Lorsque vint l'ordre de Dieu, et c'était juste au lever du soleil, la cité - Sodome - fut renversée de fond en comble. Et les exégètes de commenter : Elles étaient des pierres en terre cuite et endurcie dont les unes furent lancées à la suite des autres, et d'ajouter : chaque pierre portait le nom de la victime sur laquelle elle devait s'abattre. À la suite de ce châtiment céleste, nul ne survécut.

et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur elle

Moujahed a raconté :

Gabriel arracha le peuple de Loth à leurs demeures avec leurs effets et troupeaux, les porta tous sur son aile et les souleva dans le ciel de sorte que les habitants des deux cieux entendirent l'aboiement de leurs chiens, puis les renversa.

Qatada a relaté un récit pareil en ajoutant qu'ils étaient au nombre de quatre mille mille (quatre millions). Voilà le sens des dires de Dieu :

La ville se trouva bouleversée sens dessus dessous et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur elle

pour exterminer les survivants. Ce châtiment s'abat sur tous les injustes qui leur sont pareils.

84

wa-'ilâ Madyana 'ahâhum Šu'ayban qâla yâ qawmi-'budû-L-Lâha mâ lakum min 'ilâhin ġayruhû wa-lâ tanqusû-l-mikyâla wa-l-mîzâna 'innî 'arâkum bi-ḫayrin wa-'innî 'aḫâfu 'alaykum 'aḏâba yawmim muḥîṭin

Aux Madianites nous envoyâmes leur frère Choaïb. «O mon peuple, leur dit-il, adorez Allah vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. Ne fraudez pas sur la mesure et sur le poids. Je vous trouve dans une situation prospère. Mais je crains que vous ne soyez englobés, un jour, dans un châtiment du ciel»

Médian est une région située entre le Hijaz et le Châm près de Ma'an, qu'habitaient des arabes. Dieu leur envoya le Prophète Choaïb issu d'une de leurs nobles tribus, pour les appeler à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui associer et de ne plus fausser ni la mesure ni le poids. Il les avertit :

Je vois que vous vivez dans l'aisance et je crains pour vous d'en être privés et de subir un châtiment de Dieu si vous enfreignez Ses lois, dans la vie future

85-86

wa yâ qawmi 'awfû-l-mikyâla wa-l-mîzâna bi-l-qisti walâ tabkhasû-n-nâsa 'asyâ'ahum walâ ta'taw fî-l-'ardi mufsidîna baqiyyatu-L-Lâhi khayru lakum 'in kuntum mu'minîna wamâ 'ana 'alaykum bihâfizin

O mon peuple, donnez juste mesure et juste poids. Ne diminuez pas la valeur du bien d'autrui. Et ne faites pas du mal sur la terre Votre récompense auprès d'Allah sera d'autant plus belle que vous êtes croyants. Je ne suis pas responsable de vos actes

Choaïb leur interdit d'abord de fausser la mesure et le poids puis de commettre les crimes sur la terre en détroussant les voyageurs. Ce qui reste par devers Dieu, leur dit-il, est meilleur pour vous. Et Ibn Jarir de commenter: ce qui vous reste comme profit après les justes mesures et poids est meilleur pour vous que la fraude en lésant les autres de leur droit. Cette interprétation est pareille aux dires de Dieu:

«Dis-leur:

Ne confondez pas le bon et le mauvais et ne vous laissez pas séduire par l'exubérance du mauvais (5:100)

Et enfin, il les mit en garde en disant: «Je ne suis pas responsable de vos actes» en d'autres

termes: Je ne suis pas un gardien pour vous. Donc faites tout cela en vue de Dieu, si vous êtes des croyants, et non pas pour être vus des gens.

87

qāla yā Shu'aybu 'a-ṣalātuka ta'muruka 'an natruka mā ya'budu 'ābā'unā 'aw 'an naf'ala fī 'amwālinā mā nashā'u innaka la-'anta-l-ḥalīmu-r-rashī

« Choaïb, répondirent-ils, est-ce sous l'influence de tes prières que tu nous ordonnes de renier ce qu'adoraient nos pères ou de ne pas disposer de nos biens comme nous l'entendons ? Vraiment, tu es chaste et naïf »

Ils lui répondirent avec ironie :

Est-ce ta religion qui te demande d'abandonner les idoles et les statues qu'adoraient nos ancêtres et de disposer de nos richesses comme bon nous semble, ou bien tu nous l'ordonnes parce que tu es patient et droit ?

88

qāla yā qawmi ara'aytum in kuntu 'alā bayyinatin min rabbī wa razaqanī minhu rizqan ḥasanan wa mā urīdu an ukhālifakum ilā mā anhākum 'anhu in urīdu illā al-iṣlāḥa mā istaṭa'tu wa mā tawfīqī illā bi-LLāhi 'alayhi tawakkaltu wa ilayhi unību

O mon peuple, que diriez-vous s'il vous était prouvé que je suis vraiment inspiré par mon Seigneur et qu'il m'a réellement gratifié d'une grâce insigne? Loin de moi l'intention de faire ce que je vous défends. Je ne cherche qu'à vous rendre meilleurs dans la mesure où je le peux. Ma réussite dépend d'Allah. Je mets ma confiance en Lui et c'est à Lui que je ferai retour

Il leur répliqua :

Que pensez-vous si je me tiens sur une preuve évidente de mon Seigneur et je vous exhorte en toute clairvoyance, et m'a réellement gratifié d'une grâce insigne

si Dieu, qui signifie la prophétie, d'après les uns, ou les biens licites selon d'autres.

Loin de moi l'intention de faire ce que je vous défends

C'est-à-dire : je n'ai du tout l'intention de vous interdire de faire une chose alors que moi-même je la fais en cachette. Je ne veux que vous réformer autant que je le puis. Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie à Lui en toutes mes affaires et je reviens vers Lui repentant.

Je ne cherche qu'à vous rendre meilleurs dans la mesure où je le peux

L'imam Ahmed rapporte que Rabi'a Ben Abi Abdul Rahman Al-Ansari a entendu Abou Houmaïde et Abou Oussaïd relater ces propos de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- :

Si vous entendez un de mes hadiths que vos cœurs connaissent et votre peau s'adoucisse, et que vous constatiez qu'il est très près de vous, j'en serais plus proche que vous ; mais si vous entendez un hadith que vos cœurs renient et votre peau en frissonne et que vous constatiez qu'il est loin de vous, j'en suis encore plus loin que vous

«Rapporté par Ibn Abi Hatem» [1].

Abou Salman Al-Dabi a dit : «Des lettres nous parvenaient souvent de 'Omar Ben Abdul 'Aziz renfermant des ordres et des interdictions et terminées par ce verset :

Je mets ma confiance en Lui, et c'est Lui que je ferai retour

89-90

wa yâ qawmi lâ yajrimannakum shiqâqî 'an yusîbakum mithlu mâ asâba qawma Nûhin 'aw qawma Hûdin 'aw qawma Sâlihin wamâ qawmu Lûtin minkum bi ba'îdin wa-staghfirû rabbakum thumma tûbû ilayhi 'inna rabbî Rahîmun Wadûdun

O mon peuple, que votre passion à me contredire ne vous entraîne pas à encourir les mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Saleh. L'exemple du peuple de Loth n'est pas si loin Implorez le pardon de votre Seigneur et revenez à Lui. Mon Seigneur est toute indulgence et toute mansuétude

Choaïb exhorta son peuple en leur disant:

Que votre aversion et votre mépris vis-à-vis de moi et notre séparation ne vous portent à persister dans votre impiété et votre perversité et vous occasionnent de châtiments à ceux qui atteignirent les peuples de Noé, Houd, Saleh et On a rapporté que lorsque 'Othman Ben Affan fut assailli par ses ennemis en les observant de sa demeure, il leur récita: «O mon peuple, que votre passion à me contredire ne vous entraîne pas à encourir les mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Saleh». O hommes! Ne me tuez pas! Si vous me tuez vous serez comme ça

et il entrecroisa ses doigts (Voulant dire que vous serez pareils à ces

«L'exemple du peuple de Loth n'est pas si loin»

cela signifie que le peuple de Loth fut châtié il y a peu de temps. Demandez à Dieu de vous pardonner les péchés que vous avez commis, puis revenez à Lui repentants, Il est miséricordieux et aimant.

91-92

qâlû yâ Shu'aybu mâ nafqahu kathîram-mimmâ taqûlu wa 'innâ lanarâka fînâ da'îfan walawlâ rahtuka larajamnâka wamâ 'anta 'alaynâ bi'azîzin qâla yâ qawmi 'a-rahtî 'a'azzu 'alaykum mina-l-Lâhi wat-tahadh tumûhu warâ'akum zihriyyan 'inna rabbî bimâ ta'malûna muhîtun

Ô Choaïb, répliquèrent-ils, nous ne comprenons pas grand chose à ce que tu nous dis. N'as-tu pas conscience de ta faiblesse parmi nous. Si ce n'était par égard pour ta famille, nous t'aurions déjà lapidé ! Tu n'es pas si précieux que ça pour nous Ô mon peuple, dit Choaïb, auriez-vous plus de considération pour ma famille que pour Allah, que vous rejetez loin de vous ! Mon Seigneur sait tout ce que vous faites L'expression «... de ta faiblesse parmi nous» a eu plusieurs interpré­

tations: Les uns dirent qu'il était aveugle comme ont précisé Al-Thawri et Sa'id Ben Joubaïr, d'autres ont dit parce qu'il était le seul croyant d'après As-Souddy, enfin d'autres ont déclaré qu'il était faible parmi sa tribu car nul ne suivait sa religion. Mais malgré cette faiblesse, ils le redoutèrent de peur que sa tribu ne vienne le secourir. «Pour nous, tu n'as aucune puissance pour nous opposer.

Si ce n'était par égard pour ta famille, nous t'aurions lapidé

Choaïb leur répliqua:

Vous me laissez à cause de mon clan et non pour considération de Sa majesté le Seigneur qu'Il soit Béni et Très Haut qui vous empêche de me nuire en vous éloignant de Lui et Lui tournant le dos? Et vous n'avez à Son égard ni vénération ni soumission? Sachez donc que mon Seigneur est au courant de tout ce que vous œuvrez.

93-95

wayâ qawmi-'malû 'alâ makânatikum 'innî 'âmilun sawfa ta'lamûna may-ya'tîhi 'adâbun yuhzîhi wa man huwa kâdibun wa-rtaqibû 'innî ma'akum raqîbun wa lammâ jâ'a 'amrunâ najjaynâ Su'ayban wa-l-ladîna 'âmanû ma'ahû bi rahmatim-minnâ wa 'ahadat-i-l-ladîna zalamû-s-sayhatu fa 'asbahû fî diyârihim jâthimîna ka'al-lam yagnaw fîhâ 'alâ bu'dal-li Madyana kamâ ba'idat Tamûdu

O mon peuple, continuez à agir comme vous l'entendez. J'agirai de même comme je l'entends. Vous ne tarderez pas à savoir qui de nous sera atteint par un châtiment ignominieux et qui de nous est l'imposteur. Attendez. Moi aussi j'attends Lorsque notre ordre fut lancé, nous sauvâmes Choaïb et ceux qui partageaient sa foi par un effet de notre miséricorde. Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva étendus morts dans leurs maisons. Comme s'ils n'avaient jamais occupé le pays. Loin d'ici les Médianites. Qu'il en soit d'eux comme des Thémoudites Désespérant de leur conversion, Choaïb dit à son peuple: «continuez à agir comme vous l'entendez» Une réponse qui renferme à la fois un avertissement et une menace. «J'agirai de même comme je l'entends»

et vous saurez bientôt qui sera frappé par un châtiment ignominieux et qui est menteur.

«Lorsque notre ordre fut lancé», ainsi pour montrer le sort de deux parties, «nous sauvâmes Choaïb et ceux qui partageaient sa foi par un effet de notre miséricorde. Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva étendus morts dans leurs maisons» comme s'ils n'y avaient jamais habité:

À mort les Médianites! comme moururent les Thémoudites, à savoir que les deux peuples étaient voisins et impies.

96-99

walaqad 'arsalnâ Mûsâ bi'âyâtinâ wa sulțânin mubînin 'ilâ Fir'awna wa mala'ihî fat-taba'û 'amra Fir'awna wa mâ 'amru Fir'awna bi rashîdin yaqdumu qawmahû yawma l-qiyâmati fa'awradahumu n-nâra wa bi'sa l-wirdu l-mawrûdu wa 'utbi'û fî hâdhihî la'natan wa yawma l-qiyâmati bi'sa r-rifdu l-marfûdu

Nous envoyâmes Moïse pour transmettre nos enseignements, muni d'un pouvoir authentique Nous l'envoyâmes à Pharaon et à sa cour. La cour prit le parti de Pharaon, bien que celui-ci manquât de sagesse Pharaon marchera à la tête de son peuple au jour du jugement dernier. Il le conduira à l'enfer. Funeste destin La malédiction d'Allah les suivra dans ce monde et dans l'autre. Triste présent

Dieu parla ensuite de Moïse qu'il envoya à Pharaon le roi des coptes et à sa cour, avec Ses signes et une autorité manifeste. Sa cour qui comprenait les siens, les conseillers et sa cohorte, qui suivaient Pharaon, appliquaient ses ordres et lui obéissaient dans son égarement, malgré que le commandement de Pharaon n'était pas bien dirigé. Comme il dirigeait son peuple vers l'aberration et l'impiété dans ce monde, ainsi dans l'autre il marchera en tête les menant à l'enfer, car c'est le sort des suivants qui suivaient leur chef sans perspicacité ni raison comme un pâtre qui conduit son troupeau vers l'abreuvoir. Même ceux-ci subiront un châtiment double, ils auront le Feu comme supplice et une malédiction de Dieu les suivra comme le confirme ce verset : (28:42).

«Funeste destin!»

Nous les avons frappés de malédiction dans ce monde et ils seront réprouvés dans l'autre

100-101

dālika min anbā'i-l-qurā naquṣṣuhu 'alayka minhā qā'imun wa ḥaṣīdun wamā ẓalamnāhum walākin ẓalamū anfusahum famā agnat 'anhum ālihatuhumu-l-latī yad'ūna min dūni-l-lāhi min šay'in lammā jā'a amru rabbika wamā zādūhum ġayra tatbībin

C'est l'histoire des cités que nous te faisons revivre. Il en est qui sont encore debout, d'autres ont été complètement rasées Ce n'est pas nous qui avons été injustes envers eux. Ils ont été eux-mêmes les artisans de leur malheur. L'aide des divinités qu'ils imploraient en dehors d'Allah leur a manqué, lorsque l'ordre de ton Seigneur fut lancé. Elles n'ont fait qu'accroître leur désarroi

Tels sont les récits que Dieu a voulu raconter à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - concernant les cités et les peuples passés. Certaines de ces cités sont encore debout et d'autres ont été rasées ou moissonnées. Dieu n'a jamais été injuste envers elles, mais les peuples se sont fait tort à eux-mêmes à cause de leur incrédulité et leur obstination. Les divinités qu'ils adoraient en dehors de Dieu ne leur ont servi de rien. Bien au contraire, elles n'ont fait qu'accroître leur perte.

102

wa kadhâlika 'akhdhu rabbika 'idhâ 'akhadha-l-qurâ wa hiya zâlimatun 'inna 'akhdahu 'alîmun shadîdun

Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues. Il leur envoie un châtiment terrible et douloureux

Tel est le châtiment du Seigneur quand Il frappe les cités prévaricatrices qui reniaient Ses signes et traitaient leurs Prophètes de menteurs. Son châtiment est terrible et violent. Abou Moussa rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Dieu accorde un répit à l'injuste, mais quand Il le saisit Il ne le lâchera pas

Puis il récita :

Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues...

«Rapporté par Boukhari et Mouslim» [1].

103-105

’inna fî dâlika la ’âyata-l-liman hâfa ‘adâba-l-’âhirati dâlika yawmummajmu‘ul-lahu-n-nâsu wa dâlika yawmum mashûdun wama nu’ahhiruhïï ’illâ li’ajalim-ma‘dûdin yawma ya’ti lâ takallamu nafsun ’illâ bi ’idnihî faminhum saqiyyun wa sa‘îdun

C'est là un enseignement pour ceux qui redoutent les supplices de la vie future. Il y aura un jour où tous les hommes seront réunis, un jour qui sera solennel Ce jour est retardé jusqu'à une date fixée Quand ce jour viendra, aucune âme ne pourra parler sans la permission d'Allah. Ce jour-là, il y aura des réprouvés et des bienheureux

Voilà bien là un signe, vraiment pour celui qui craint le châtiment de la vie de l'au-delà. Il faut donc en profiter et en tirer une leçon.

«Un jour qui sera solennel» où tous les hommes seront rassemblés «Nous rassemblerons les hommes sans en omettre un seul» (18:47). Ce jour-là les anges seront présents, les Prophètes et les hommes seront réunis, humains, génies et même les bêtes et les oiseaux, bref toutes les créatures sans exception. Le Seigneur, le Juge équitable ne lésera personne fût-ce le poids d'un atome.

«Ce jour est retardé jusqu'à une date fixée»

La résurrection n'est retardée que parce qu'une parole de Dieu était intervenue auparavant qu'il y aurait une postérité d'Adam à venir. Une fois le nombre des créatures complété comme Dieu a décidé, alors l'Heure Suprême se dressera. Donc la vie de chacun est bien déterminée et limitée, il n'y aura ni un retardement ni une avance.

Aucune âme ne pourra parler sans la permission d'Allah

un verset qui est pareil à celui-ci:

Nul ne pourra dire un mot s'il n'est autorisé par le Miséricordieux et s'il n'est sincère (78:38)

Dans les deux Sahihs, il est cité dans le hadith concernant l'intercession, que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:

«Ce jour-là les Prophètes prendront la parole et leur invocation sera: «Grand Dieu! La délivrance! La délivrance» «Rapporté par Boukhari et Muslim» [1].

Parmi les hommes, après leur jugement, il y aura les bienheureux destinés au Paradis, et les damnés destinés à l'Enfer.

106-107

fa-'ammā-llaḏīna šaqū fafī-n-nāri lahum fīhā zafīrun wa-šahīqun ḫālidīna fīhā mā dāmati-s-samāwātu wa-l-'arḍu 'illā mā šā'a rabbuka 'inna rabbaka fa''ālun li-mā yurīdu

Les réprouvés seront précipités dans le feu. On entendra leurs cris de douleur et leurs sanglots Ils y resteront autant de temps qu'auront duré les cieux et la terre, à moins que ton Seigneur en décide autrement. Car ton Seigneur est tout-Puissant

Dieu montre le sort des damnés et des bienheureux. Les premiers seront dans le Feu où on entendra leurs sanglots et leurs gémissements, ils y demeureront aussi longtemps que dureront les cieux et la terre. À savoir que, lorsque les arabes voulaient donner la qualité durable d'une chose, ils la comparaient à la durée des cieux et de la terre, ou bien ils disaient : autant qu'il y aura une succession des nuits et des jours. Dieu a voulu dans ce verset utiliser leur propre expression.

L'auteur de cet ouvrage de commenter : Il est probable que cette expression désigne les cieux et la terre comme « substance » car dans la vie future il y aura aussi des cieux et une terre mais différents de ceux du bas monde en se référant à ce verset :

Le jour où la terre sera remplacée par une autre terre, où les cieux seront remplacés par d'autres cieux (14:48)

Al-Hassan Al-Basri a dit à cet égard : Ils seront des cieux et une terre différents des cieux et de la terre de ce bas monde. Et Ibn Abbas de dire également : chaque paradis a un ciel et une terre.

À moins que ton Seigneur en décide autrement. Car ton Seigneur est tout-Puissant

et fait ce qu'il veut. Ce verset est pareil à celui-ci :

L'enfer sera votre séjour éternel à moins qu'Allah en décide autrement. Allah est sage et savant (6:128)

Les exégètes se sont divisés sur le sens de cette exception, dont l'interprétation la plus logique était celle d'Ibn Jarir qui a dit qu'il s'agit de rebelles parmi les monothéistes qui seront sortis du Feu grâce aux intercessions des autres ; puis la miséricorde de Dieu interviendra et en délivrera ceux qui, dans la vie mondaine, n'ont fait aucun acte de bien mais ont témoigné de l'unicité de Dieu. Il ne restera dans l'enfer pour l'éternité que ceux qui l'ont mérité.

108

wa 'ammâ-l-ladîna su'idû fafî-l-jannati hâlidîna fîhâ mâ dâmati-s-samâwâtu wa-l-'ardu 'illâ mâ shâ'a rabbuka 'atâ'an ghayra majdhûdhin

Les bienheureux iront au Paradis. Ils y séjourneront autant qu'auront duré les cieux et la terre, à moins que ton Seigneur en décide autrement. C'est là une récompense immuable

Les bienheureux qui auront suivi les Prophètes, seront au Paradis où ils demeureront immortels, autant qu'auront duré les cieux et la terre. Donc cela dépendra de la volonté de Dieu qui dit à la fin du verset: afin que quelques uns ne doutent de l'interruption de la grâce de Dieu.

«C'est là une récompense immuable»

Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:

On amènera la mort sous la forme d'un bélier bigarré et on égorgera entre le Paradis et l'Enfer. On dira: Ô élus du Paradis, vous y demeurez éternellement sans mourir. Ô damnés de l'Enfer, vous y demeurerez éternellement sans mourir

«Rapporté par Boukhari et Mouslim» [1].

On y trouve également ce hadith: «Un crieur criera:

Ô élus du Paradis vous resterez sains sans tomber malades, vous survivrez sans mourir, vous demeurerez toujours jeunes sans vieillir et vous goûterez les délices sans connaître l'indigence

«Rapporté par Boukhari et Mouslim» [1].

109-111

falâ taku fî miryatin mimmâ ya'budu hâ'ulâ'i mâ ya'budûna 'illâ kamâ ya'buda âbâ'uhum min qablu wa 'innâ lamuwaffûhum nasîbahum ghayra manqûsin wa laqad 'âtaynâ Mûsâ-l-kitâba fakhtulifia fîhi walawlâ kalimatun sabaqat min rabbika laqudiya baynahum wa 'innahum lafî shakkin minhu murîbin wa 'inna kullan lammâ layuwaffiyannahum rabbuka 'a'mâlahum 'innahû bimâ ya'malûna khabîrun

N'aie aucune illusion sur ce qu'adorent ces gens. Ils adorent ce qu'adoraient leurs pères avant eux. Nous réglerons leurs comptes sans rien omettre Nous donnâmes le Livre à Moïse et immédiatement il suscita des controverses. Si Allah n'en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces gens auraient été jugés. Car eux aussi ont douté de la parole de leur maître Chacun d'eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient

Ne sois donc pas en doute de ce que ces idolâtres adorent, car ils ne sont que dans l'erreur et l'égarement et ne font qu'imiter leurs ancêtres sans avoir aucune excuse. Dieu, de Sa part, les rétribuera de leurs mauvaises actions.

«Nous réglerons leurs comptes sans rien omettre.»

Puis Dieu parle du Livre qu'il a donné à Moïse et qui a été le sujet de leurs discussions. Il y a en ceux qui en ont cru et ceux qui en ont mécru. Donc, ô Mouhammed, considère cet exemple des Prophètes qui t'ont précédé et que le reniement des idolâtres ne te gêne pas en traitant ton message de mensonge.

Si Allah n'en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces gens auraient été jugés.

Et Ibn Jarir de commenter : Si Dieu n'avait pas décidé de retarder leur châtiment jusqu'à une date bien déterminée, Il aurait tranché leurs différends. Il se peut aussi que cette décision concernant le châtiment ne soit prise avant le jugement et la confrontation par les évidences qui affirment la culpabilité, et d'autre part, avant l'envoi des Prophètes comme Dieu l'indique dans ce verset : (17:15).

Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète.

Ensuite Dieu fait connaître qu'il rassemblera les premiers et les derniers pour les rétribuer de leurs actions selon Ses dires : Il connaît les œuvres de tous les hommes, les apparentes et les cachées, les grandes et les petites.

Chacun d'eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient.

112-113

fastaqim kamā 'umirta wa man tāba ma'aka walā taṭġaw 'innahū bimā ta'malūna baṣīrun walā tarkanū 'ilā-l-laḏīna ẓalamū fatamassakumu-n-nāru wamā lakum min dūni-L-Lāhi min 'awliyā'a ṯumma lā tunṣarūna

Agis avec rectitude, comme il t'a été prescrit ainsi qu'à ceux qui se sont convertis avec toi. Évitez les excès. Car Allah est témoin de tous vos actes. Ne pactisez pas avec les injustes. Sinon vous serez la proie du feu, vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d'Allah.

Dieu interdit aux croyants de s'appuyer sur les incrédules et les idolâtres, et ne demandez jamais l'aide des injustes car si vous le faites, on dirait que vous agréez leurs actes, et alors :

vous serez la proie du feu. Vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d'Allah

Dieu aussi recommande aux croyants d'être droits et d'agir avec rectitude, cela leur sera un grand secours sur les ennemis. Il interdit en outre l'injustice qui causera la perte même si elle est exercée sur un polythéiste. Qu'on sache toujours que Dieu connaît parfaitement ce que font les hommes et rien ne Lui sera caché de leurs œuvres.

114-115

wa 'aqimi-s-salâta tarafayi-n-nahâri wa zulafan mina-l-layli 'inna-l-hasanâti yudhibna-s-sayyi'âti dâlika dikrâ li-d-dâkirîna wa-sbir fa'inna-L-Lâha lâ yudî'u 'ajra-l-muhsinîna

Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chassent les mauvaises. C'est là un avertissement pour ceux qui réfléchissent Patiente. Allah ne laissera pas se perdre la récompense des gens de bien

Les exégètes s'étaient divisés au sujet de ces prières. On a dit qu'il s'agit de la prière du matin et celle du coucher du soleil. Pour Al-Hassan : elles sont celles du matin et de l'asr. Quant à Moujahed, il a précisé : elles sont celle du matin et celles du midi et de l'asr.

Quant à la prière qui devait être accomplie en une partie de la nuit, elle est celle du soir (Icha') selon Ibn Abbas, ou elle renferme celles du coucher du soleil et du soir.

Il est très probable que ce verset fut descendu avant la prescription des cinq prières quotidiennes la nuit du voyage nocturne et l'ascension au ciel. Les prières étaient au nombre de deux obligatoires et une surérogatoire : les deux prescrites sont celles qui devaient être accomplies avant le lever du soleil et avant son coucher.

Quant à la prière nocturne, elle était d'abord d'obligation pour le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et la communauté, mais cette dernière fut exemptée de cette prière et elle resta obligatoire pour lui, puis elle devint surérogatoire pour tout le monde.

«Les bonnes actions chassent les mauvaises»

C'est-à-dire que tout acte de bien efface les péchés commis. À ce propos il a été rapporté par l'imam Ahmed et les auteurs des Sunans que le prince des croyants Ali Ben Abi Taleb a dit : «Toutes les fois que j'entendais un hadith de la bouche de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui me procurait du bien de la part de Dieu, j'en tirais un profit. En l'entendant d'un autre que lui, je faisais jurer son rapporteur afin d'en être assuré et s'il jurait, je tenais le hadith pour véridique. Une fois j'ai entendu Abou Bakr As-Siddiq relater ces propos de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - :

Tout musulman qui commet une mauvaise action, fait ses ablutions et prie deux rak'ats (surérogatoires), Dieu lui pardonne ce qu'il a commis

Dans les deux Sahihs il est cité que le prince des croyants Othman Ben Affan a dit :

Quiconque fait des ablutions comme celles de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - (et il montra comment il les faisait) et fait deux rak'ats sans penser qu'à la prière, ses fautes passées lui seront effacées

Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit :

Les cinq prières quotidiennes, la prière du vendredi jusqu'au vendredi prochain, le jeûne de Ramadan jusqu'au Ramadan prochain, expient les fautes commises entre ces intervalles tant qu'on évite les péchés capitaux

«Rapporté par Mouslim» [1].

D'après Boukhari, Ibn Mass'oud raconte : «Un homme, ayant embrassé une femme, vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui fit part de son acte. Dieu à cette occasion fit cette révélation :

Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chassent les mauvaises

Et l'homme de demander :

Ce verset me concerne-t-il personnellement ô Envoyé de Dieu ?

Il lui répliqua : «Oui, et aussi tous les membres de ma communauté» «Rapporté par Boukhari, Mouslim, Ahmed et les auteurs des Sunans sauf Abou Daoud» [2].

L'imam Ahmed a rapporté d'après Abdullah Ben Mass'oud que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Dieu a réparti les caractères entre vous comme Il a partagé vos biens. Dieu accorde des biens de ce monde à qui en désire mais Il ne donne la foi qu'à celui qu'Il aime et ce dernier est un favori de Dieu. Par celui qui tient mon âme dans Sa main, nul n'est un vrai musulman si son cœur et sa langue ne le sont pas. Nul n'est croyant s'il n'épargne son voisin de ses méfaits

On lui demanda : «Quels sont ces méfaits ô Prophète de Dieu ?» Il répondit :

La tricherie et l'injustice. Dieu ne bénit jamais les biens acquis illicitement et que l'homme en dépense, et n'accepte pas une aumône faite avec ces biens. L'homme ne laisse de ces biens après sa mort sans qu'ils ne soient ses provisions pour l'Enfer. Dieu n'efface pas les mauvais actes par les mauvais, plutôt Il efface les mauvaises actions par les bonnes car le mauvais n'efface jamais le mauvais

«Rapporté par Ahmed» [2].

Abou Al-Yousr (Ka'b Ben Amr Al-Ansari) raconte : «Une femme est venue acheter des dattes avec un dirham, je lui dis : «Il y a chez moi des dattes qui sont meilleures». En l'amenant chez moi je l'embrassai. Elle s'écria :

Crains Dieu, dissimule ta faute et ne la raconte à personne

Comme je ne pus la dissimuler, je me rendis chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui fis part de mon acte. Il me dit :

Oses-tu faire cela à une femme dont l'époux combat dans la voie de Dieu ?

Je ressentis alors que je serais l'un des réprouvés de l'Enfer et aurais souhaité n'avoir embrassé l'Islam qu'avant ce moment-là. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se mit à réfléchir un certain temps et Gabriel descendit le voir. Puis le Prophète me manda. Arrivé chez lui, il me récita :

Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chassent les mauvaises. C'est là un avertissement pour ceux qui réfléchissent

Je lui dis :

Est-ce pour moi que ce verset fut révélé ou bien pour tout le monde ?

  • Non, pour tout le monde, répondit-il.

Abou Dzarr rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit :

Crains Dieu où que tu sois, fais suivre la mauvaise action par une bonne, elle l'effacera, et comporte-toi avec un bon caractère à l'égard des autres

«Rapporté par Ahmed» [1]. Suivant une autre variante, Abou Dzarr aurait demandé : «Ô Envoyé de Dieu, donne-moi un bon conseil ?» Il lui répondit :

Lorsque tu fais une mauvaise action, fais-la suivre d'une bonne pour l'effacer

Je lui dis :

Dire : "Il n'y a d'autre divinité que Dieu" fait-il partie des bonnes actions ?

  • Plutôt c'est la meilleure, répondit-il.

116-117

falawlâ kâna mina-l-qurûni min qablikum 'ûlû baqiyyatin yanhawna 'ani-l-fasâdi fî-l-'ardi 'illâ qalîlam mimman 'anjaynâ minhum wat-taba'a-l-ladhîna zalamû mâ 'utrifû fîhi wa kânû mujrimîna wamâ kâna rabbuka liyuhlika-l-qurâ bizulmin wa 'ahluhâ muṣliḥûna

Que ne s'est-il trouvé parmi les générations qui vous ont précédés des gens pour combattre le mal sur la terre. À l'exception du petit nombre que nous avons sauvés, les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se comportèrent en indignes Il n'est pas dans le caractère de ton Seigneur de détruire les cités dont les habitants sont justes

Dieu se demande : Pourquoi donc, parmi les générations passées, n'y eut-il pas des hommes de piété qui, sur terre, interdisent la corruption, le désordre et tout ce qui est défendu ? Car la majorité qui avait encouru la colère de Dieu fut anéantie. Pour cela Dieu ordonne à la communauté musulmane.

À l'exception du petit nombre que nous avons sauvés

Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne commande que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là un peuple de bienheureux (3:102)

Il est cité dans un hadith prophétique :

Lorsque les hommes voient se produire les actes répréhensibles et ne les changent pas, peu s'en faut que Dieu ne les frappe d'un châtiment

Les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se comportèrent en indignes.

Ceux qui étaient plongés dans la corruption persévèrent dans leur impiété sans tenir compte des exhortations faites par le petit nombre qui désavouèrent leurs actions, si bien qu'à la fin le châtiment leur survint. Puis Dieu fait connaître aux hommes qu'il ne Lui convient pas de détruire sans raison les cités alors que leurs habitants se réforment. Car

« ton Seigneur n'opprime pas les hommes »

118-119

walaw shâ'a rabbuka laja'ala-n-nâsa 'ummatan wâhidatan walâ yazâlûna mukhtalifîna 'illâ man rahima rabbuka wa lidhâlika khalaqahum wa tammat kalimatu rabbika la'amla'anna jahannama mina-l-jinnati wa-n-nâsi 'ajma'îna

Si ton Seigneur l'avait voulu, Il n'aurait fait des hommes qu'un seul peuple. Mais ils ne cesseront d'être différents. À l'exception de ceux qu'il aura touchés de Sa grâce. Il les a créés pour être différents. Et qu'on sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole : «Je remplirai l'enfer de génies et d'hommes

Dieu est capable de faire de tous les hommes un seul peuple de croyants ou d'infidèles, comme l'indique ce verset : Mais les hommes ne cessent d'être en désaccord entre eux à cause de leurs dogmes, leurs sectes, leurs opinions, etc. À l'exception de ceux que Dieu a pris en miséricorde, ceux qui ont suivi les Prophètes, se sont attachés aux enseignements de Dieu et ont persévéré dans leurs bonnes pratiques, jusqu'à l'avènement du dernier des Prophètes, alors ils l'ont suivi, cru en son message et l'ont secouru. Ces gens-là formeront la troupe sauvée et auront acquis le bonheur dans les deux mondes.

Si ton Seigneur l'avait voulu, l'univers entier aurait embrassé sa foi.

« Il les a créés pour être différents. » C'est-à-dire qu'il y aura parmi eux l'heureux et le malheureux, l'infidèle et le croyant, ceux qui seront destinés au Paradis et ceux qui seront voués au Feu. À ce propos, Ibn Wahb rapporte : « J'ai interrogé Malek au sujet de ce verset :

Mais ils ne cesseront d'être différents, à l'exception de ceux qu'Il aura touchés de Sa grâce. Il les a créés pour être différents.

Il me répondit :

Une partie d'entre eux sera au Paradis, et une autre dans le Brasier.

Et sache que ton Seigneur ne reviendra pas sur Sa parole : "Je remplirai l'enfer de génies et d'hommes."

C'est-à-dire que Dieu, par Sa connaissance parfaite des choses et par Sa sagesse, avait prédestiné de créer pour le Paradis ceux qui en seront dignes, et pour l'Enfer ceux qui le mériteront.

Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit :

Le Paradis et l'Enfer furent en litige devant le Seigneur. Le Paradis dit : "Pourquoi ne reçois-je que les faibles parmi les hommes et les humbles ?" Et l'Enfer de dire à son tour : "Pourquoi ne fait-on entrer chez moi que les orgueilleux et les tyrans ?" Dieu — à Lui la puissance et la gloire — leur répondit : "Toi, le Paradis, tu es Ma Miséricorde, que Je dispense à qui Je veux. Et toi, l'Enfer, tu es l'instrument de Mon châtiment, par lequel Je Me venge de qui Je veux. Chacun de vous sera rempli."

Quant au Paradis, il y aura toujours de la place jusqu'à ce que Dieu lui crée d'autres créatures pour y demeurer, et l'Enfer ne cessera de dire : « Peut-on en ajouter encore ? » jusqu'à ce que le Seigneur de la toute-puissance pose Son pied, alors l'Enfer dira : « Par Ta puissance, assez ! assez ! » «Rapporté par Boukhari et Mouslim» [1]

120-122

wa kullan naqussu 'alayka min 'anbâ'i-r-rusuli mâ nuthabbit bihî fu'âdaka wa jâ'aka fî hâdhihi-l-haqqu wa maw'izatun wa dhikrâ li-l-mu'minîna

En te racontant l'histoire de nos Prophètes, nous n'avons d'autre but que d'affermir ta foi. Cette histoire t'apporte la vérité et un avertissement, et elle comporte une leçon pour les croyants

Tous les récits concernant les anciens Prophètes que Dieu a rapportés à Son Messager ne sont destinés qu'à affermir son cœur. Car ces Prophètes ont été traités d'imposteurs, ont eu des polémiques et discussions avec leurs peuples, mais Dieu à la fin les a secourus. Ceci sert comme un exemple au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et un réconfort.

Dans cette sourate qui a renfermé les histoires des Prophètes avec leurs peuples et comment Il les a sauvés, il y a une exhortation, un Rappel aux croyants, et un avertissement pour les infidèles qui devait leur servir comme une leçon afin de changer leur conduite.

wa qul li-l-ladhîna lâ yu'minûna 'malû 'alâ makânatikum 'innâ 'âmilûna (121) wa-ntazirû 'innâ muntazirûna (122). Dis à ceux qui ne croient pas :

Continuez à agir suivant votre conscience. Nous, à agir suivant la nôtre. (121) Et l'un et l'autre attendons la fin

C'est une menace que Dieu chargea Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de lancer contre les infidèles en les défiant :

votre situation et votre façon de conduire, et Attendez, nous aussi, nous attendons

En d'autres termes et comme il est montré dans ce :

« Continuez à agir suivant votre conscience » « nous à agir suivant la nôtre ».

O mon peuple, agis à ta guise et moi j'agirai à la mienne. Tu sauras, un jour, qui aura un meilleur sort dans l'autre monde. Les injustes ne triomphent jamais (6:135)

Dieu a réalisé pour Son Prophète Sa promesse. Il l'a secouru et l'a fait triompher sur ses ennemis. Il a élevé Sa Parole et abaissé celle des incrédules.

123

wa li-L-Lâhi gaybu-s-samâwâti wa-l-'ardi wa 'ilayhi yurja'u-l-'amru kulluhu fa-'budhu wa tawakkal 'alayhi wa mâ rabbuka bi-gâfilin 'ammâ ta'malûn

Allah seul connaît les secrets des cieux et de la terre. C'est à Lui que tout aboutit. Adore-Le, mets ta confiance en Lui. Ton Seigneur suit attentivement toutes les actions des hommes

C'est à Dieu qu'appartient le mystère des cieux et de la terre. Tout commandement est ramené vers Lui. Tout homme sera rétribué selon ses œuvres. Il nous ordonne de L'adorer seul en nous fiant à Lui. Il suffit à quiconque de mettre sa confiance en Lui et revenir repentant.

Que ces hommes qui te traitent d'imposteur, ô Mouhammad, sachent que Dieu n'est pas indifférent à ce qu'ils font et Il les jugera. Quant à toi, tu auras le dessus dans les deux mondes.