27 - Les Fourmis
93 versets
Révélée à La Mecque à la suite de la Sourate des Poètes
Tah-Sîn tilka 'ayâtu-l-Qur'âni wa kitâbim-mubînin hudan wa bushrâ li-l-mu'minîna al-ladhîna yuqîmûna-s-salâta wa yu'tûna-z-zakâta wahum bi-l-'âhirati hum yûqinûna 'inna-l-ladhîna lâ yu'minûna bi-l- 'âhirati zayyannâ lahum 'a'mâlahum fahum ya'mahûna 'ulâ'ika-l-ladhî na lahum sû'u-l-'adhâbi wa hum fî-l-'âhirati hum al-'ahsarûna wa'innaka latulaqqâ-l-Qur'âna min laduni Hakîmin 'Alîmin
Ta. Sîn. Voici des versets du Coran, le livre de la clarté. Il est une direction et une bonne nouvelle pour les croyants, qui observent la prière, acquittent la dîme et ont fait foi dans la vie future. À ceux qui ne croient pas à la vie future, nous laissons l'illusion que leurs œuvres sont belles ; nous les laissons divaguer. Ils subiront le plus atroce des châtiments. Ils consommeront leur perte dans l'autre monde. Tu reçois le Coran du Sage et du Savant.
Nous avons déjà parlé de ces lettres énigmatiques et détachées en commentant la sourate de la Vache.
Le Coran comporte des versets clairs qui apportent la bonne nouvelle à ceux qui en croient, s'y conforment, suivent ses prescriptions, font scrupuleusement les prières, donnent l'aumône légale et croient à la vie future et à la résurrection après la mort. Ils seront rétribués selon leurs œuvres, les bonnes et les mauvaises par le Paradis ou l'Enfer. Quant au Coran, Dieu a montré sa valeur dans ce verset:
Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la surdité et à l'aveuglement des incrédules (41:44)
«A ceux qui ne croient pas à la vie future» et démentent qu'il n'y aura plus de résurrection «nous laissons l'illusion que leurs œuvres sont belles». Dieu embellit à leurs yeux leurs actes et les voilà errant dans leur aveuglement. Ils subiront le plus dur des châtiments et seront les perdants dans la vie future.
«Tu reçois le Coran du Sage et du Savant». Tu reçois la révélation ô Mouhammad, de la part de Celui qui connaît bien ce qu'il ordonne et interdit, car Il connaît les plus infimes des actes. Ses paroles sont la Vérité même et Sa justice est parfaite, comme Il a dit ailleurs:
Les paroles de ton Seigneur s'identifient avec la vérité et la justice
[Coran VI,
'idh qâla Mûsâ li'ahlihî 'innî 'anastu nâran sa'âtîkum minhâ bikhabarin 'aw 'âtîkum bisihâbin qabasan la'allakum tastalûna falammâ jâ'ahâ nûdiya 'an bûrika man fî-n-nâri wa man hawlahâ wa subhâna-L-Lâhi rabbi-l-'âlamîna yâ Mûsâ 'innahû 'ana-L-Lâhu-l-'Azîzu-l-Hakîmu wa 'alqi 'asâka falammâ ra'âhâ tahtazzu ka'annahâ jânnun wallâ mudbiran wa lam yu'aqqib yâ Mûsâ lâ takhaf 'innî lâ yakhâfu ladayya-l-mursalûna 'illâ man zalama thumma baddala husnan ba'da sû'in fa'innî ghafûrur-Rahîmun wa 'adkhil yadaka fî jaybika takhruj baydâ'a min ghayri sû'in fî tis'i 'âyâtin 'ilâ Fir'awna wa qawmihî 'innahum kânû qawman fâsiqîna falammâ jâ'athum 'âyâtunâ mubsiratan qâlû hâdhâ sihrun mubînun wa jahadû bihâ wa-stayqanathâ 'anfusuhum zulman wa 'uluwwan fa-nzur kayfa kâna 'âqibatu-l-mufsidîna
Moïse dit un jour aux siens : « J'aperçois un feu. Peut-être y trouverai-je des nouvelles ou bien vous en apporterai-je de la braise pour vous réchauffer. » Lorsqu'il en fut proche, une voix laissa tomber ces mots : « Béni soit celui qui est dans le feu et dans les alentours ! Gloire à Allah, le Maître de l'univers. » « Ô Moïse, c'est moi Allah, le tout-puissant et le sage. » « Jette ton bâton. » Lorsque Moïse vit son bâton se tortiller comme un démon, il recula d'épouvante et s'enfuit à toutes jambes. « Ô Moïse, entendit-il, ne crains rien. Les Prophètes n'ont rien à craindre de moi, » « à moins qu'ils n'aient commis quelque faute. À ceux qui substituent le bien au mal, Je suis indulgent et miséricordieux. » « Rentre ta main dans la manche. Elle en sortira blanche sans que ce soit l'effet d'une maladie. C'est là un des neuf signes qui te serviront auprès de Pharaon et de son peuple. Peuple pervers. » Quand nos preuves apparurent dans toute leur évidence, ils dirent : « C'est là pure magie. » Bien que convaincus, ils les repoussèrent par orgueil et par malignité. Considère quelle a été la fin des méchants.
Dieu rappelle à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ce qu'en était de Moïse lorsqu'il l'a choisi de préférence, lui a adressé directement la parole, l'a appuyé par les signes et miracles évidents, pour aller chez Pharaon et son peuple.
Après avoir quitté Médian avec sa famille, il marcha la nuit et perdit la route à cause de l'obscurité qui régnait. Puis il vit un feu allumé du côté du mont Thor, et dit aux siens :
J'aperçois un feu. Peut-être y trouverai-je des nouvelles ou bien vous en rapporterai-je de la braise pour vous réchauffer
Moïse, en retournant chez les siens, avait acquis une grande lumière et reçu une grande nouvelle. Tel est le sens du verset :
Béni soit celui dans le feu et dans les alentours !
Lorsque Moïse y fut arrivé, il vit un spectacle grandiose : un grand feu qui flamboyait dans un arbre vert sans cesse, et l'arbre ne fit que devenir de plus en plus verdoyant.
Moïse leva ses regards au ciel et constata que la clarté de ce feu avait atteint le ciel. Ibn Abbas a commenté ce fait en disant que ce n'était plus un feu mais plutôt une lumière brillante, et, dans une autre version, il aurait dit : C'était la lumière du Seigneur. Quant à ceux qui sont autour du feu, ils étaient les anges, d'après un avis unanime.
Ibn Abi Hatem rapporte que Abou Moussa a dit : «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Dieu ne dort point, et le sommeil ne Lui sied jamais. Il élève la Balance et la baisse. Les anges Lui présentent les œuvres de Ses créatures de jour avant la tombée de la nuit et celles de la nuit avant la clarté du jour
À cette version, Al-Mass'audi a ajouté :
Son voile est en feu ou en lumière, s'il l'ôtait, (cette lumière) Sa Face aurait brûlé tout ce qu'elle aurait atteint
«Gloire à Allah, le Maître de l'univers» qui fait ce qu'Il veut, rien ne Lui ressemble parmi Ses créatures et rien de Ses créations ne peut atteindre Son abord. Il est le Très Haut et l'inaccessible qui est tout à fait différent de tout ce qu'Il a créé. Il est l'Unique et l'impénétrable.
Ô Moïse, c'est Moi Allah ; le Tout-Puissant et le Sage
Dieu fait connaître à Moïse que Celui qui lui parle est Dieu, son Seigneur. Il lui ordonne de jeter son bâton pour lui montrer une des preuves évidentes qu'Il est le Tout-Puissant. Une fois le bâton jeté, voilà qu'il se transforme en un serpent gigantesque qui se tortille (et non comme un démon comme il est cité dans le texte d'après le traducteur). Pris de panique, Moïse se sauva en arrière sans se retourner. Le Seigneur l'interpella :
Ô Moïse ! ne crains rien. Les Prophètes n'ont rien à craindre de Moi
Et toi, Je t'ai choisi de préférence aux hommes pour faire de toi un Prophète.
À moins qu'ils n'aient commis quelque faute. À ceux qui substituent le bien au mal, Je suis indulgent et miséricordieux
C'est une exception qui comporte une bonne nouvelle aux hommes, à ceux qui, ayant commis des péchés et reviennent repentants à Lui, Dieu leur pardonne et les traite avec indulgence, comme Il l'affirme dans ce verset :
Je suis toute indulgence pour qui se repent, croit, pratique les bonnes œuvres et se tient dans la voie droite (20:82)
Puis Il ordonna à Moïse :
Rentre ta main dans la manche. Elle sortira blanche sans que ce soit l'effet d'une maladie
Cela constitue une autre preuve et un signe évident du pouvoir de Dieu. Il lui demanda d'introduire sa main dans la fente de sa tunique (ou dans la manche) et de la retirer après, et voilà qu'elle sort blanche comme une pièce de lune brillante comme un éclair. Ces deux signes font partie des neuf signes, par lesquels Je t'appuie pour aller à Pharaon et à son peuple et les appeler à Dieu.
«Quand nos preuves apparurent dans toute leur évidence, ils dirent : «- C'est la pure magie». Ils furent persuadés en eux-mêmes qu'ils sont des signes venus de Dieu, mais ils les renièrent par obstination et rébellion. Ils furent vraiment des injustes portés par leur orgueil «- Considère quelle a été la fin des méchants». Ô Mouhammad ! Regarde quelle a été la destinée des hommes dévergondés. Mais on peut dire aussi que cet avertissement concerne tous les mécréants et ceux qui le traitent de menteur. Et que ces idolâtres sachent qu'ils subiront un sort plus mauvais que celui du peuple de Moïse. Mouhammad fut un Prophète plus honorable et plus élevé que Moïse.
walaqad 'ataynâ Dâwûda wa Sulaymâna 'ilman wa qâlâ-l-hamdu li-Llâhi-l-ladî faddalanâ 'alâ katîrim min 'ibâdihi-l-mu'minîna wa warita Sulaymânu Dâwûda wa qâla yâ 'ayyuhâ-n-nâsu 'ullimnâ mantiqa-t-tayri wa 'utînâ min kulli say'in 'inna hâdâ lahuwa-l-fadlu-l-mubînu wa husira li-Sulaymâna junûduhû mina-l-jinni wa-l-'insi wat-tayri fahum yuza'ûna hattâ 'idâ 'ataw 'alâ wâdi-n-namli qâlat namlatun yâ 'ayyuhâ-n-namlu-dkulû masâkinakum lâ yahtimannakum Sulaymânu wa junûduhû wahum lâ yas'urûna fatabassamâ dâhikan min qawlihâ wa qâla rabbi 'awzi'nî 'an 'askura ni'mataka-l-latî 'an 'amta 'alayya wa 'alâ wâlidayya wa 'an 'a'mal sâlihan tardâhu wa adhilnî birahmatika fî 'ibâdika-s-sâlihîna
Quand nous donnâmes la science à David et à Salomon, ils s'écrièrent: «Louange à Allah pour vous avoir élevés au-dessus du nombre de ses plus fidèles serviteurs. Salomon hérita de David. Il dit: «Ô hommes, je comprends le langage des oiseaux. J'ai reçu des dons infinis. C'est là, de la part d'Allah, une grâce éclatante» Salomon réunit ses troupes composées de génies, d'hommes et d'oiseaux et disposées en groupes distincts. Quand elles débouchèrent dans la vallée des fourmis, une fourmi s'écria: «Ô mes sœurs, regagnez vos demeures, pour que Salomon et ses troupes ne vous écrasent pas par mégarde» Salomon s'amusa des propos de la fourmi et dit: «Seigneur, inspire-moi une reconnaissance sincère pour les bienfaits dont Tu m'as comblé, moi et les miens. Fais que toutes mes actions Te soient agréables. Comprends-moi parmi les justes par un effet de Ta miséricorde»
Dieu montre les bienfaits qu'il a conférés à Ses deux serviteurs et Prophètes David et Salomon -que Dieu les salue-, ainsi les bons caractères et la royauté. C'est pourquoi Dieu a dit: «Quand nous donnâmes la science à David et à Salomon, ils s'écrièrent: «Louange à
«Salomon hérita de David». Il s'agit de la prophétie et non la richesse car s'il était autrement, David n'aurait pas privé ses autres enfants de la succession. C'était donc la Prophétie et la royauté, car il est dit dans un hadith:
Nous les Prophètes, ne laissons pas un héritage, tout ce que nous laissons sera une aumône
«O hommes, je comprends le langage des oiseaux». Salomon raconta aux gens les différents bienfaits reçus de Dieu dont la compréhension des langages des animaux et des oiseaux en constitue une partie. Même Dieu mit à son service les hommes, les génies et les oiseaux. Il comprenait le langage de chacun d'eux et jouissait de tout ce qu'un roi a besoin. «C'est de la part d'Allah une grâce éclatante». Tout fut clair devant ses sujets.
Salomon réunit ses troupes composées de génies, d'hommes et d'oiseaux et disposées en groupes distincts
Dans un cortège somptueux et solennel, Salomon plaçait derrière lui les hommes, les génies puis les oiseaux, et ceux-ci lui formaient comme une ombrelle dans les jours chaleureux. Nul parmi ces créatures ne dépassait l'autre mais il observait cet ordre.
Quand elles débouchèrent dans la vallée des fourmis
Quand ces troupes arrivèrent à la vallée des fourmis, une fourmi s'écria:
O mes sœurs, regagnez vos demeures pour que Salomon et ses troupes ne vous écrasent pas par mégarde
Cette fourmi craignait que Salomon et sa cavalerie n'écrasassent les autres fourmis, elle les mit en garde contre un accident imprévu et leur demanda d'entrer dans leurs demeures. Salomon comprit ses paroles et dit:
Seigneur, inspire-moi une reconnaissance sincère pour les bienfaits dont Tu m'as comblé, moi et les miens
Il demanda à Dieu de le guider afin qu'il se consacre à déclamer les louanges du Seigneur pour les bienfaits dont il les a gratifiés, lui et les siens, et à avoir une foi ferme en Lui et faire des bonnes œuvres dignes de Sa satisfaction. «Comprends-moi parmi les justes par un effet de Ta miséricorde». Cela signifie: Lorsque Tu me rappelles à Toi, fais-moi entrer parmi Tes saints serviteurs et les plus hauts des compagnons.
On a rapporté qu'une fois Salomon -que Dieu le salue- sortit pour demander à Dieu d'envoyer la pluie, il trouva une fourmi levant ses pattes vers le ciel en disant:
Grand Dieu, je ne suis qu'une de Tes créatures, on ne peut pas se passer de ton eau pour nous désaltérer, si Tu ne nous donnes pas de l'eau, Tu nous feras périr
Salomon, entendant ces propos dit à sa suite:
Dieu vous enverra de la pluie grâce à l'invocation de cette fourmi
Il est cité dans un hadith authentique d'après Abou Houraira, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a raconté: «Une fourmi avait piqué un des Prophètes. Il ordonna de brûler la cité des fourmis. Dieu lui inspira en ce moment:
A cause d'une fourmi qui t'a piqué tu as brûlé une des nations qui glorifie Dieu? Pourquoi n'as-tu pas brûlé une seule fourmi? (Mouslim)
wa tafaqqada-t-tayra faqâla mâ liya lâ arâ-l-hudhuda am kâna mina-l-ghâ'ibîna la-u'adhibannahû adhâban shadîdan aw la-adhbahannahû aw laya'tiyannî bi-sulṭânin mubînin
Il passa les oiseaux en revue. «Comment se fait-il que je ne voie pas la huppe, s'écria-t-il ? Serait-elle absente ? Je lui infligerai une peine sévère ou je l'égorgerai, à moins qu'elle ne se justifie pleinement»
Ibn Abbas a dit: «La huppe était tel un ingénieur qui montrait la présence de l'eau à Salomon, car se trouvant dans un désert, il cherchait la huppe pour lui montrer l'eau en lui indiquant la place, et la suite de Salomon commençait à perforer pour en puiser. Et c'était les génies qui creusaient le puits. Un jour, il campa dans un lieu désertique où il n'y avait plus d'eau, comme il ne trouva pas la huppe parmi les oiseaux, il demanda:
Comment se fait-il que je ne trouve pas la huppe? Serait-elle absente?
Un jour qu'Ibn Abbas racontait de tels récits, un des Khawarej appelé Nafe' Ben Al-Azraq qui s'opposait souvent à Ibn Abbas lui dit: «Pourquoi?». Et l'homme de répondre:
Tu prétends que la huppe a le pouvoir de scruter la terre pour indiquer la place de l'eau. Il arrive qu'un garçon pour la capturer, lui dresse un piège en lui mettant un grain de blé et le camoufle par le sable. Lorsque la huppe vient le prendre, elle tombe dans le piège et le garçon la prend
Ibn Abbas lui répliqua:
Si cet homme ne disait après son départ qu'il a réfuté les dires d'Ibn Abbas, je ne lui aurais pas répondu!
Puis il dit à l'homme:
Malheur à toi, lorsque le destin surviendra, la vue sera ôtée et la prévention ne servira à rien
Nafe' lui rétorqua:
Par Dieu, je n'entrerai plus en polémique avec toi dans tout ce qui a relation avec le Coran
Quant au commentaire de Mouhammad Ben Ishaq, il est le suivant: «Chaque fois que Salomon tenait une assemblée, il passait en revue les oiseaux, et chacune de toutes les espèces devait venir. Un jour, comme il n'a pas vu la huppe, il s'enquit:
Comment se fait-il que je ne voie pas la huppe? Serait-elle absente? Est-elle vraiment absente ou bien mes yeux ne me la font pas voir?
Je lui infligerai une peine sévère ou je l'égorgerai
D'après Ibn Abbas et d'autres, il la prit, la dépluma et la laissa sur la terre où les fourmis commencèrent à la dévorer. «A moins qu'elle ne se justifie pleinement», c'est-à-dire qu'elle lui montre une excuse valable de son absence. D'après Soufian Ben Ouyayna, les autres oiseaux, voyant la huppe, lui dirent:
Pourquoi as-tu manqué ton rendez-vous avec Salomon? Il a décidé de te tuer
Elle demanda: «A-t-il fait une exception?». - Oui, lui répondirent-ils, il a ajouté: «A moins qu'elle ne se justifie pleinement». Et la huppe de répliquer: «Alors je me suis
fam akata gayra ba'îdin faqâla 'ahattu bimâ lam tuhit bihî wa ji'tuka min saba'in binaba'in yaqînin 'innî wajattu mra'atan tamlikuhum wa 'utîyat min kulli say'in wa lahâ 'arsun 'azîmun wajattuhâ wa qawmahâ yasjudûna lis-samsi min dûni-L-Lâhi wa zayyana lahumu-s-saytânu 'a'mâlahum fasaddahum 'ani-s-sabîli fahum lâ yahtadûna 'allâ yasjudû li-L-Lâhi-l-ladî yuhriju-l-hab'a fî-s-samâwâti wa-l-'ardi wa ya'lamu mâ tuhfûna wa mâ tu'linûna 'Al-Lâhu lâ 'ilâha 'illâ huwa rabbu-l-'arsi-l-'azîmi
Son Absence fut de courte durée. Elle annonça: «J'ai appris quelque chose que tu ignores. Je reviens de Saba avec une nouvelle certaine». J'ai trouvé une femme gouvernant le pays et disposant d'énormes ressources. Elle trône sur un siège magnifique. Elle et son peuple adorent le soleil au lieu d'Allah. Satan donne à leurs actions une belle apparence. Il les a détournés de la bonne voie. Ils errent sans direction. Ils n'adorent pas Allah qui divulgue les secrets des cieux et de la terre, qui sait ce qu'eux-mêmes dissimulent ou ce qu'ils laissent voir. Ils n'adorent pas Allah en dehors de qui il n'y a pas d'Allah, le Maître du trône sublime
La huppe revint peu de temps après et dit à Salomon:
J'ai embrassé de mon savoir ce qui a échappé au tien et à ta troupe. Je te rapporte de Saba une nouvelle sûre. «J'ai trouvé une femme gouvernant le pays». Al-Hassan Al-Basri a dit: «Il s'agit de Balqis la fille de Chourahbil la reine de Saba». D'après Qatada, cette reine avait trois cent douze conseillers dont chacun était responsable de dix mille personnes. Elle vivait dans une région appelée Ma'reb, à trois miles de San'aa. «.. et disposant d'énormes ressources». C'est-à-dire elle est comblée de tous les biens et de ce dont un roi a besoin pour maintenir son royaume. «Elle trône sur un siège magnifique». D'après les historiens, cette reine avait un trône incrusté de différentes pierres précieuses, et vivait dans un palais de trois cent soixante fenêtres du côté de l'orient et un nombre pareil du côté de l'occident. Ce palais était aménagé de sorte que le soleil entrait chaque jour d'une fenêtre et disparaissait d'une autre, et eux, ils se prosternaient à chaque lever et à chaque couchant. C'est le sens du verset: «Elle et son peuple adorent le soleil au lieu d'Allah». Le démon leur a embelli leurs actes à leurs yeux en les ayant repoussés loin de la voie droite, car le soleil est comme les autres astres, sont parmi les créations de Dieu devant qui on doit se prosterner, comme Il a dit ailleurs: «La nuit et le jour, le soleil et la lune sont parmi les preuves de l'existence d'Allah. N'adorez ni le soleil ni la lune. Mais adorez Allah, leur créateur, si vous avez la foi» (41). En commentant l'expression: «qui divulgue les secrets des cieux et de la terre», Ibn Abbas a dit que Dieu connaît tout ce qui se trouve dans les cieux et ce qui est enfoui en terre. D'après Sa'id Ben Al-Moussaïab, c'est l'eau. Selon Abdul Rahman Ben Zaid Ben Aslam: Il fait sortir ce qui est enfoui dans les cieux et en terre qui constitue tout bienfait aux hommes tels que la pluie, les grains et autres. Tout cela concorde avec les dires que la huppe connaît, par son intuition, la présence de l'eau au fond de la terre. «Qui sait ce qu'eux-mêmes dissimulent ou ce qu'ils laissent voir». C'est-à-dire tous les actes des hommes et leurs paroles cachés ou divulgués, comme Il a dit dans un autre verset: «Il ne distingue pas entre vous; entre celui qui dissimule sa pensée et celui qui la dévoile, entre celui qui se cache dans l'ombre et celui qui se montre en pleine lumière» (13:10). «En dehors de qui il n'y a pas d'autre Allah, le Maître du trône sublime». Il n'y a plus parmi les créatures qui soit plus grand ou plus magnifique que Dieu, à qui tous les hommes doivent vouer un culte sincère. On a déduit des versets précités qu'on ne doit pas tuer la huppe parce qu'elle guide au lieu où se trouve l'eau. À cet égard, Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- interdit de tuer ces quatre: la fourmi, l'abeille, la huppe et la pie-grièche.
qāla sananzuru asadaqta am kunta mina l-kādibīna idhab bikitābī hādhā fa-alqihi ilayhim thumma tawalla anhum fanzur mādhā yarjiʿūna qālat yā ayyuhā l-malaʾu innī ulqiya ilayya kitābun karīmun innahu min Sulaymāna wa-innahu bismi llāhi r-raḥmāni r-raḥīmi allā taʿlū ʿalayya wa-tūnī muslimīna
Salomon dit: «Je vais voir si tu n'as pas menti. Porte cette lettre de ma part à la reine. Remets-la lui. Retire-toi et attends sa réponse». La reine dit aux grands qui l'entouraient: «Je viens de recevoir une missive auguste; elle vient de Salomon. Elle est ainsi libellée: «Au nom d'Allah le Miséricordieux et le Très Miséricordieux. Ne vous élevez pas contre moi. Faites-moi plutôt votre soumission».
Ayant entendu les propos de la huppe, il lui dit :
Je vais voir si tu n'as pas menti, et tu ne dis que la vérité, ou ne racontant que des mensonges pour que tu te soustraies à ma punition.
Il lui ordonna :
Porte cette lettre de ma part à la reine. Remets-la lui. Retire-toi et attends sa réponse.
Salomon avait, en effet, écrit une lettre à la reine Balqis et à son peuple, la remit à la huppe qui à son tour l'a lancée d'une niche qui se trouve au plafond. Puis la huppe se mit à l'écart par politesse, attendant sa réponse. La reine prit la missive et la lut. Elle contenait :
Elle est de la part de Salomon : Au nom d'Allah, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ne vous élevez pas contre moi. Faites-moi plutôt votre soumission.
Alors la reine réunit ses conseillers et ses chefs et leur dit :
Ô mes amis, on vient de me jeter une noble lettre
en manifestant son étonnement d'avoir reçu une telle lettre par l'entremise d'une huppe. Son entourage connut alors qu'elle venait de la part du Prophète de Dieu Salomon — que Dieu le salue —. Cette lettre était très concise et rédigée avec un style disert qui leur signifiait tant de choses. À savoir que Salomon fut le premier à libeller une lettre par « Miséricordieux ». Il les conviait à se soumettre à lui et à lui obéir.
qâlat yâ 'ayyuhâ-l-mala'u 'aftûnî fî 'amrî mâ kuntu qâti'atan 'amran hattâ tashadûnî qâlû nahnu 'ulû quwwatin wa 'ulû ba'sin sadîdin wa-l-'amru 'ilayki fa-nzurî mâdâ ta'murîna qâlat 'inna-l-mulûka 'idâ dahalû qaryatan 'afsadûhâ wa ja'alû 'a'izzata 'ahliha 'adillatan wa ka- dâlika yaf'alûna wa 'innî mursilatun 'ilayhim bihadiyyatin fanâziratun bima yarju'u-l-mursalûna
«O mes amis, dit-elle, à son entourage, conseillez-moi. Je ne ferai rien sans votre avis». «Nous sommes un peuple fort et bien armé, répondirent-ils. Néanmoins, la décision t'appartient. Vois les ordres que tu veux donner». Quand les rois s'emparent d'une ville, dit la reine, ils la saccagent et en asservissent les puissants. C'est de cette façon qu'ils procèdent. Je vais envoyer à Salomon un présent. Je verrai l'accueil qu'il réservera à mes envoyés.
Après la lecture de la lettre devant les dignitaires de la cour, la reine demanda leur avis, promettant qu'elle ne prendra aucune décision sans leur consentement afin qu'ils lui partagent la responsabilité. Ils lui répondirent qu'ils disposent d'une armée puissante et qu'ils sont durs au combat, puis ils lui confient cette affaire et qu'ils lui laissent la liberté de prendre les mesures.
En effet, la reine, étant une femme, fut très perspicace et devina qu'elle ne pourrait plus affronter Salomon même avec sa grande armée car Dieu avait asservi à Salomon les hommes, les génies et les oiseaux, et elle vient récemment de constater un tel fait en recevant une lettre par l'entremise d'un oiseau. Elle dit à son entourage:
Je crains, si on va l'affronter, qu'il ne vienne avec son armée pour envahir notre pays et nous dévaster
Elle ajouta:
Quand les rois s'emparent d'une ville, ils la saccagent et en asservissent les puissants
D'après Ibn Abbas, quand les rois pénètrent dans une cité par force, ils la détruisent et humilient les chefs et les commandants soit en les tuant, soit en les capturant comme prisonniers. Dieu affirme cela en disant:
«C'est de cette façon qu'ils procèdent».
Puis la reine trouva qu'il est beau d'être conciliante avec Salomon et de manifester son désir de la paix, elle dit aux dignitaires:
Je vais envoyer un présent à Salomon. Je verrai l'accueil qu'il réservera à mes envoyés
Il se peut qu'il accepte ce présent qui lui sera digne en tant que roi, ou il nous imposera un tribut qu'on payera, et ainsi on aurait évité son affrontement. Qatada a commenté cela en disant:
Comme elle fut avisée et perspicace en prenant une telle décision, en montrant sa soumission et gardant son idolâtrie. Car le présent, quoi que ce soit, aura un effet en effet sur la personne
Mais le commentaire d'Ibn Abbas était le suivant:
Si Salomon accepte le présent, combattez-le, car il se comportera comme un roi, sinon il sera un Prophète, et alors suivez-le
falammâ jâ'a Sulaymâna qâla 'atumiddûnanî bi mâlin famâ 'â'tânî-L- Lâhu khayrum-mimmâ 'âtâkum bal 'antum bihadiyyatikum tafrahûna Ir-ji' 'ilayhim falana'tiyannahum bijunûdi-l-lâ qibala lahum bihâ wa lanukhrijjannahum minhâ 'adillatan wa hum sâghirûna
Lorsque les envoyés se présentèrent à Salomon, il les accueillit par ces mots : « Vous m'apportez des présents ? Allah m'a montré plus généreux envers moi qu'envers vous. Vous semblez être fiers de vos présents ». Retournez vers le peuple de la reine. Je vais lancer contre lui des troupes dont il ne soupçonne pas la force. Je le disperserai, réduit à l'impuissance et couvert de honte »
De quoi le présent était-il formé ? Les uns dirent qu'il était une grande quantité d'or et de pierres précieuses, et selon d'autres, il était formé de vases en or. Salomon ne donna aucune importance au présent, mais il s'en détourna et répondit aux envoyés : « Vous m'apportez des présents ? » c'est-à-dire : Vous cherchez à m'aduler pour vous laisser pratiquer votre religion et vous laisser idolâtres ? « Allah s'est montré plus généreux envers moi qu'envers vous ». Ce que Dieu m'a donné dépasse par des multiples ce que vous en disposez soit de richesses, soit de soldats, soit de puissance. C'est vous qui serez impressionnés par le présent, quant à moi je n'accepterai de vous que la soumission ou le combat.
Ibn Abbas rapporte : « En recevant les envoyés, Salomon ordonna aux génies de lui camoufler mille palais en or et argent. Les envoyés, regardant cela, se dirent :
Possédant tout cela, qu'est-ce qu'il va faire de notre présent ?
On peut conclure, grâce à ce geste, que les rois peuvent préparer à leurs visiteurs et envoyés tout ce qu'il faut pour montrer leur bon accueil et leur somptuosité.
Salomon dit aux envoyés de la reine :
Reprenez votre présent, et dites à la reine que nous allons les attaquer par une armée dont ils ne pourraient l'affronter, et nous les ferons sortir de leur pays humiliés et vaincus
Une fois retournés dans leur pays, les envoyés transmirent le message à Balqis, qui, à son tour, et pour éviter la mêlée, marcha à la tête d'une armée, soumise, humiliée et prête à toute décision que prendra Salomon à leur égard. Salomon, constatant cela, fut réjoui et
qâla yâ ayyuhâ-l-mala'u 'ayyukum ya'tînî bi'arsihâ qabla 'ay-ya'tûnî muslimîna qâla 'ifrîtun mina-l-jinni 'ana 'âtîka bihî qabla 'an taqûma min maqâmika wa 'innî 'alayhi laqawiyyun amînun qâla-lladî 'indahû 'ilmun mina-l-kitâbi 'ana 'âtîka bihî qabla 'ay-yartadda ilayka tarfuka falammâ ra'âhu mustaqirran 'indahû qâla hâdâ min fadli rabbî liyabluwanî 'a'askuru 'am 'akfuru wa man sakara fa'innamâ yaskuru linafsihî wa man kafara fa'inna rabbî ganiyyun karîmun
Se tournant vers son entourage, il dit: «Qui de vous m'apportera le trône de la reine avant que son peuple ne se soumette?» Moi, dit un génie des plus redoutables. Je te l'apporterai avant que tu ne quittes ces lieux. Je m'en sens capable et tu peux compter sur moi Un autre génie initié aux Écritures dit: «Je te l'apporterai en un clin d'œil». Quand Salomon vit le trône dressé devant lui, il s'écria: «C'est là une faveur que m'accorde mon Seigneur pour voir si je serai reconnaissant ou ingrat. En étant reconnaissant, on se sert soi-même. Quant à l'ingrat, il importe peu à Allah le tout-puissant et le généreux
Mouhammad Ben Ishaq raconte: «Lorsque les envoyés furent de retour chez la reine, celle-ci devina ce que fut la réponse de Salomon et dit:
Par Dieu, il n'est pas un roi et nous ne pouvons plus lui tenir tête, et notre résistance ne nous conduira à rien
Elle lui envoya dire qu'elle se présentera devant lui avec tous ses chefs et dignitaires pour voir ce qu'il leur ordonnera de faire et à quoi il les appellera concernant sa religion. Puis elle ordonna qu'on garde son trône qui était incrusté de perles et de pierres précieuses, à l'intérieur de sept chambres et de fermer hermétiquement chacune d'elles. Elle demanda à son intérimaire: Dissimule ce que tu connais dans ton for intérieur et le siège de mon royaume. Que personne n'y arrive à ce trône ou ne le voie avant mon retour.
Elle prit la tête d'une troupe composée de douze mille soldats et se dirigea vers Salomon. Celui-ci chargea les génies de lui rapporter les nouvelles chaque jour et nuit. Quand elle fut près du pays, Salomon réunit des génies et leur dit:
Qui de vous m'apportera le trône de la reine avant que son peuple ne se soumette?
Qatada a avancé: «En décrivant le trône à Salomon, qui avait les pieds en perles et cornaline et voilé de soie et de brocart, il lui plut de le posséder mais il répugna à le prendre avant la conversion de la reine. Car il savait bien qu'une fois convertie, il lui sera interdit de s'emparer de quoi que ce soit de ce qu'elle possédait.
Moi, dit un des génies les plus redoutables. Je te l'apporterai avant que tu quittes ces lieux
C'est-à-dire, d'après Ibn Abbas: avant que tu te lèves de ton siège, car Salomon siégeait du début de la journée jusqu'à ce que le soleil eût quitté le méridien, pour juger entre les hommes et expédier leurs affaires. Et le génie d'ajouter: «Je m'en sens capable et tu peux compter sur moi». Salomon répliqua: «Je veux que ce soit plus vite que ça». Salomon voulait par sa demande prouver la supériorité que Dieu lui a accordée sur tous les hommes et la magnificence de Ses dons dont il espérait qu'aucune des créatures n'en disposerait après lui, et aussi pour montrer à la reine Balqis sa prophétie, car une telle chose ne pourrait être qu'un miracle.
«Un autre génie initié aux Écritures dit: «Je te l'apporterai en un clin d'œil». Ce fut, d'après Ibn Abbas un génie appelé Assaf, le scribe de Salomon -que Dieu le salue-.
Selon Yazid Ben Rouman, c'était Assaf Ben Barkhia, un génie véridique qui connaissait le nom sublime de Dieu. Il fut prêt à le lui apporter en un clin d'œil. Puis ce génie se leva pour faire ses ablutions et invoquer Dieu par ces mots, d'après Al-Zouhari:
O notre Seigneur et Seigneur de toute chose, il n'y a de Dieu que Toi, apporte-nous son trône
Et le voilà devant Salomon qui le scruta et le contempla avec ses chefs. Il s'écria: «C'est là, une faveur que m'accorde mon Seigneur» parmi d'autres faveurs pour m'éprouver si je suis reconnaissant ou ingrat. Celui qui méconnaît les faveurs de Dieu, peu importe, car mon Seigneur est riche et se passe de l'univers. Moïse avait tenu les mêmes propos:
Que vous soyez infidèles; que toute la terre le soit, qu'importe! Allah est toute puissance et toute gloire (14:8)
Il est cité dans le Sahih de Mouslim ce qui suit: «Dieu Très Haut dit:
O mes serviteurs! Si du premier au dernier homme ou djinn vous étiez aussi pieux que l'est celui au cœur le plus pieux d'entre vous, cela n'ajouterait rien à mon Royaume. O mes serviteurs! Si du premier au dernier homme ou djinn vous étiez aussi pervers que l'est celui d'entre vous au cœur le plus pervers, cela ne diminuerait rien à mon Royaume. O mes serviteurs! Ce sont vos œuvres seulement dont Je tiendrais compte, ensuite Je vous rétribuerai. Donc celui qui trouve du bien qu'il loue Dieu, et celui qui trouve autre chose qu'il ne s'en prenne qu'à lui-même (Mouslim)
qâla nakkiru lahâ 'arsahâ nanzur 'atahtadî 'am takûnu mina-l-ladîna lâ yahtadûna falammâ jâ'at qîla 'ahâkadâ 'arsuki qâlat ka'annahû huwa wa 'utînâ-l-'ilma min qablihâ wa kunnâ muslimîna wa saddahâ mâ kânat ta'budu min dûni-L-Lâhi 'innahâ kânat min qawmin kâfirîna qîla lahâ-d-hulî-s-sarha falammâ ra'athu hasibathu lujjatan wa kasafat 'an sâqayhâ qâla 'innahû sarhun mumarradun min qawârîra qâlat rabbi 'innî zalamtu nafsî wa 'aslamtu ma'a Sulaymâna li-L-Lâhi rabbi-l-'âlamîna
Modifiez le trône, dit Salomon, pour voir si elle le reconnaît ou non. Lorsque la reine parut, on l'interrogea: «Est-ce là votre trône?». Elle répondit: «On dirait que c'est lui. D'ailleurs, je vous connaissais déjà avant cet événement et moi et mon peuple vous étions soumis d'avance». Salomon lui fit renier les divinités qu'elle adorait auparavant, car elle était idolâtre. Entrez dans ce palais, lui dit-on. Quand elle le vit, elle crut que c'était un miroir d'eaux et releva ses jupes. «Ce palais est revêtu de cristal» expliqua Salomon. «O mon Allah, s'écria-t-elle, j'ai été coupable. Comme Salomon, je me soumets au Maître de l'univers»
Quand on apporta le trône à Salomon avant la venue de la reine, il dit à ses serviteurs : «Modifiez le trône» en y pratiquant quelques modifications légères pour examiner sa connaissance en le voyant ou en le reniant. D'après Moujahed, l'opération consistait à changer les couleurs par exemple en substituant le rouge par le jaune et vice versa. Quant à Ikrima, il a dit qu'on a changé quelques parties en y ajoutant ou enlevant. «On l'interrogea : «Est-ce là votre trône ?» Grâce à son intelligence et sa perspicacité, voyant son trône, elle n'a pas affirmé qu'il était le sien, mais elle répondit : «On dirait que c'est lui.
D'ailleurs, je vous connaissais déjà avant cet événement et moi et mon peuple vous étions soumis d'avance». Moujahed a commenté cela en attribuant ces propos à Salomon et non à la reine en s'appuyant sur le verset qui s'ensuit : «Salomon lui fit renier les divinités qu'elle adorait auparavant, car elle était idolâtre». On peut donc expliquer le verset de la façon suivante : Salomon a dit : La Science nous a déjà été donnée et nous sommes des musulmans (soumis à Dieu), du moment qu'elle a été idolâtre et adorait d'autres divinités en dehors de Dieu.
L'auteur de cet ouvrage a ajouté : «Ce qui corrobore les propos de Moujahed, c'est que la reine s'était convertie après son entrée au palais comme on va le voir».
«Entrez dans ce palais», lui dit-on. Quand elle le vit, elle crut que c'était un miroir...». À savoir que Salomon avait ordonné aux génies de bâtir un palais en verre en faisant circuler de l'eau au-dessous. Celui qui ignorait cette réalité le prenait pour un cours d'eau, mais en fait, c'était le verre qui l'isolait.
Mouhammad Ben Ishaq a dit :
Salomon demanda à la reine d'entrer dans le palais pour lui montrer un qui est encore plus somptueux que le sien et plus luxueux. En le voyant, elle le prit pour une pièce d'eau et retroussa sa jupe de peur de la mouiller. On lui dit après : «Ce palais est revêtu de cristal». Se trouvant seule avec Salomon, celui-ci l'appela à l'adoration de Dieu seul sans rien lui associer et la blâma d'avoir adoré d'autres divinités en dehors de Lui. Elle répondit : «Ô mon Allah, s'écria-t-elle, j'ai été coupable. Comme Salomon, je me soumets au Maître de l'univers». Elle embrassa l'Islam et devint une musulmane (soumise à Dieu) fervente
La raison pour laquelle Salomon avait bâti un palais en cristal est de montrer à Balqis son pouvoir et sa puissance. Quand elle s'aperçut que Salomon était amplement gratifié par Dieu, que sa religion était la meilleure, elle se soumit à Dieu et sut que Salomon était vraiment un Prophète noble et un roi généreux. Elle invoqua alors le Seigneur pour qu'il lui pardonne ses péchés et son idolâtrie avec son peuple en vouant un culte au soleil en dehors de Lui.
walaqad 'arsalnâ 'ilâ Tamûda 'ahâhum Sâlihan 'ani'budû-L-Lâha fa'idhâ hum farîqâni yakhtasimûna qâla yâ qawmi lima tasta'jilûna bi-ssayyi'ati qabla-l-hasanati lawlâ tastagfirûna-L-Lâha la'allakum turhamûna qâlû-ttayyarnâ bika wa biman ma'aka qâla tâ'irukum 'inda-L-Lâhi bal 'antum qawmun tuftanûna
Nous envoyâmes aux Thémoudites leur frère Saleh pour les convertir à Allah. Ils se divisèrent en deux clans. Ô mon peuple, dit-il, pourquoi êtes-vous plus pressés de voir le mal que le bien ? Invoquez plutôt le pardon d'Allah, si vous voulez vous attirer sa clémence ! Tu nous portes malheur, toi et les tiens. Votre sort, leur opposa Saleh, dépend d'Allah. Vous êtes un peuple de querelleurs.
Dieu raconte ce qu'il en fut de Saleh avec son peuple quand Il l'envoya pour les appeler à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui associer. «Ils se divisèrent en deux clans», c'est-à-dire, selon Mojahed, des croyants et des impies. Saleh dit à son peuple:
Pourquoi êtes-vous pressés de voir le mal que le bien?
En d'autres termes: Pourquoi demandez-vous le supplice de Dieu au lieu d'implorer Sa clémence? Ils lui répondirent: «Tu nous portes malheur, toi et les tiens». A cause de leur incrédulité, chacun d'entre eux, quand il fut atteint par un malheur, s'écria: ceci me vient à cause de Saleh, tout comme le peuple de Pharaon qui disait: Quand un malheur les frappe, ils l'imputent à Moïse et aux siens (VII, 131), et aussi quand Dieu dit à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «S'il leur arrive quelque événement heureux, ils disent: «Cela nous vient d'Allah». S'il leur arrive un événement malheureux, ils disent: «Cela nous vient de toi». Réponds-leur: «Bonheur et malheur viennent d'Allah» (4:78). C'est-à-dire: tout ce qui arrive dépend de ce que Dieu a prédestiné.
Saleh répondit à son peuple: «Votre sort dépend d'Allah». C'est Lui qui vous rétribue pour ce que vous avancez. «Vous êtes un peuple de querelleurs», c'est-à-dire: Vous êtes un peuple soumis à une épreuve.
wa kâna fî-l-madînati tis'atu rahtin yufsidûna fî-l-'ardi walâ yuslihûna qâlû taqâsamû bi-L-Lâhi lanuhayyitannahû wa 'ahlahû thumma lanaqûlanna li-waliyyihî mâ shahidnâ mahlika 'ahlihî wa 'innâ lasâdiqûna wa makarû makran wa makarnâ makran wahum lâ yash'urûna fa-nzur kayfa kâna 'âqibatu makrihim 'annâ dammarkâhum wa qawmahum 'ajma'îna fatilka buyûtuhum khâwiyatan bimâ zalamû inna fî dhâlika la'âyatan li-qawmin ya'lamûna wa 'anjaynâ-lladhîna 'âmanû wa kânû yattaqûna
Il y avait dans la cité neuf individus qui semaient le désordre et n'étaient propres à rien. Ils se concertèrent de la sorte : « Jurons par Allah de tuer Saleh et les siens pendant la nuit. Nous dirons à ceux tenus de le venger : « Nous n'avons pas assisté au meurtre de Saleh et de sa famille. Vous pouvez nous croire ». Ils mirent à exécution leur dessein, mais Allah leur imposa le sien alors qu'ils ne s'y attendaient pas. Vois comment s'acheva leur projet. Nous les anéantîmes eux et leur peuple. Leurs demeures sont en ruine. C'est le châtiment de leurs forfaits. Il y a là un avertissement pour qui réfléchit. Nous sauvâmes ceux qui croyaient et craignaient Allah
Dieu parle des rebelles et chefs des Thémoudites qui appelaient leur peuple à l'égarement et à l'incrédulité. Ils égorgèrent d'abord la chamelle puis décidèrent de tuer Saleh par trahison pendant la nuit, puis de dire aux siens, ceux qui voudront le venger : «Nous n'avons pas assisté au meurtre de Saleh» et n'étions pas témoins du massacre de sa famille.
Dans la ville de Thémoud, il y avait neuf individus qui semaient la corruption sur terre et ne faisaient aucun bien, car ils étaient les chefs et les notables parmi les habitants et les plus puissants. Ils complotèrent pour tuer la chamelle, le signe que Saleh avait apporté à leur intention (comme nous avons déjà parlé). Ils se dirent entre eux :
Jurons par Allah de tuer Saleh et les siens pendant la nuit
Mais Dieu déjoua leur complot et leur fit subir les vicissitudes du sort avant l'exécution de leur projet.
Mouhammad Ben Ishaq a dit : «Après avoir égorgé la chamelle, ils décidèrent de tuer Saleh et dirent :
S'il était sincère, nous l'aurions exterminé avant qu'il nous arrive un mal quelconque. Et s'il était menteur, nous l'aurions rejoint à sa chamelle
La nuit, sachant que Saleh se trouvait parmi les siens, ils arrivèrent pour exécuter leur complot. Mais les anges les abattirent par des pierres. Comme leurs complices attendaient trop leur retour, ils vinrent les trouver auprès de la maison de Saleh terrassés, ils accusèrent Saleh de leur meurtre. Mais la tribu de Saleh endossa son armure et dit aux incrédules :
Par Dieu, vous ne pouvez pas le tuer, il vous a averti que le châtiment vous frappera dans trois jours. Si Saleh était un homme sincère, alors n'encourez pas en plus la colère de Dieu, et s'il était autrement, vous l'aurez plus tard
Les pervers durent quitter le lieu.
Ibn Abi Hatem raconte :
Après qu'ils aient égorgé la chamelle, Saleh leur dit : «Continuez à vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours. Mon avertissement ne sera pas démenti» (11:65). Ils répondirent : «Saleh présume qu'il va se débarrasser de nous dans trois jours, or nous allons l'achever et les siens avant cela». Saleh avait un oratoire au Hijr où il s'adonnait à l'adoration de Dieu. Ils sortirent vers ce lieu et se cachèrent dans une grotte ayant l'intention de le tuer quand il viendrait faire ses prières, en disant : «Lorsqu'il arrive nous le tuons, puis nous rendons chez les siens pour les achever et ainsi nous serons débarrassés d'eux». Cette nuit-là, Dieu fit dévaler de la montagne une pierre vers eux. Craignant qu'elle ne les atteigne, ils entrèrent dans la grotte. La pierre ferma l'entrée de la grotte, et leurs parents ne savaient rien de leur sort. Ainsi fut réalisée la menace de Dieu et ils furent exterminés les uns et les autres, et Saleh fut sauvé avec les siens
Puis le rapporteur récita :
Ils mirent à exécution leur dessein, mais Allah imposa le sien alors qu'ils ne s'attendaient pas. Vois comment s'acheva leur projet. Nous les anéantîmes eux et leur peuple. Leurs demeures sont en ruine. C'est le châtiment de leurs forfaits. Il y a là un avertissement pour qui réfléchit. Nous sauvâmes ceux qui croyaient et craignaient Allah
wa Lûtan 'id qâla liqawmihî 'ata'tûna-l-fâhisata wa 'antum tubsirûna 'a'innakum lata'tûna-r-rijâla sahwatan min dûni-n-nisâ'i bal 'antum qawmun tajhalûna famâ kâna jawâbu qawmihî 'illâ 'an qâlû 'ahriju 'âla Lûtin min qaryatikum 'innahum 'unâsun yatatahharûna fa'anjaynâhu wa 'ahlahû 'illâ-mra'atahû qaddarnâhâ mina-l-gâbirîna wa 'amtarnâ 'alayhim mataran fasâ'a mataru-l-mundarîna
Loth dit à son peuple: «Comment pouvez-vous pratiquer un vice sciemment. Comment pouvez-vous préférer les hommes aux femmes pour assouvir vos passions? Vous êtes un peuple sans conscience. Le peuple de Loth se contenta de répondre: «Chassons Loth et les siens de notre cité. Ils posent à la chasteté. Nous sauvâmes la famille de Loth à l'exception de sa femme dont nous avions décidé la perte. Nous fîmes pleuvoir sur eux. Et quelle pluie meurtrière que celle réservée à ceux qui enfreignent nos avertissements.
Loth, le Prophète de Dieu et son serviteur, avertit son peuple et le mit en garde contre la vengeance de Dieu à cause du péché ignominieux qu'aucun autre peuple n'avait pratiqué avant eux parmi les hommes. Il s'agit de l'assouvissement des désirs sur les hommes en dehors des femmes. En réprouvant cette infamie, Loth leur dit :
Comment pouvez-vous pratiquer un vice sciemment ?
C'est-à-dire vous commettez cet acte infâme alors que chacun d'entre vous voit l'autre le faire et vous vous livrez dans vos assemblées à des actions abominables. Il leur dit ailleurs :
Pourquoi assouvir vos désirs sur les hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir d'épouses ? Vous êtes vraiment un peuple pervers (26:165-166)
Pour toute réponse, son peuple dit :
Faites sortir la famille de Loth de votre cité, ce sont des gens qui veulent être purs. Il n'est plus convenable qu'ils vivent parmi nous.
Prenant cette décision, Dieu les a exterminés. La même fin est réservée aux incrédules.
Nous sauvâmes la famille de Loth à l'exception de sa femme dont nous avions décidé la perte.
Car cette femme approuvait le comportement de ce peuple et, chaque fois que Loth recevait des hôtes, elle les informait afin qu'ils viennent les chercher.
Nous fîmes pleuvoir sur eux. Et quelle pluie meurtrière...
Cette pluie était une masse de pierres d'argile. Quelle bien mauvaise pluie que celle des gens pervers qui ont été avertis.
quli-l-hamdu-li-L-Lâhi wa salâmun 'alâ 'ibâdihi-l-ladhîna-stafâ L-Lâhu khayrun 'ammâ yushrikûna 'am man halaqa-s-samâwâti wa-l-'arda wa 'anzala lakum mina-s-samâ'i mâ'an fa'anbatnâ bihî hadâ'iqa dhâta bahjatim mâ kâna lakum 'an tumbitû shajarahâ 'a'ilâhum-ma'a-L-Lâhi bal hum qawmun ya'dilûna
Dis : Louange à Allah et que le salut soit sur les fidèles qu'il a élus ! Qui d'Allah ou des idoles qu'on lui associe est le plus digne d'amour ? Celui qui a créé les cieux et la terre, celui qui fait tomber l'eau du ciel et s'en sert pour faire croître de riants bosquets, (ce n'est pas vous qui pourriez faire pousser des arbres) est-ce une autre divinité qu'Allah ? Et cependant le peuple lui donne des égaux.
Dieu ordonne à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire: «Louange à Allah» pour les bienfaits qu'il a octroyés à Ses serviteurs et qu'on ne peut les dénombrer, et de saluer ceux qu'il a élus parmi ses serviteurs pour être des Prophètes et porter les messages qu'ils devaient communiquer aux hommes. Telle fut l'interprétation de Abdul Rahman Ben Aslam en ajoutant aussi que ce verset est pareil à celui-ci:
Gloire à ton Seigneur, le Maître suprême, que n'atteignent pas les calomnies des hommes. Que la paix soit sur les Prophètes. Gloire à Allah, le Maître de l'univers (27:180-182)
Mais Al-Thawry et As-Souddy ont précisé qu'il s'agit des compagnons de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- . Ceci ne contredit pas l'opinion de Ben Aslam car si ces derniers étaient des élus, les Prophètes et Messagers devraient figurer parmi eux à plus forte raison. Ce qu'il faut retenir, consiste à exhorter les hommes à louer Dieu pour Ses bienfaits et de saluer ceux qu'il a élus parmi les hommes pieux et
Qui d'Allah ou des idoles qu'on lui associe est le plus digne d'amour?
Une interrogation qui comporte une réfutation des dires et actes des polythéistes qui adoraient d'autres divinités en dehors de Lui. «Celui qui a créé les cieux et la terre» ainsi que les étoiles, les astres, la terre et ce qu'elle contient de montagnes, plaines, déserts, arbres, plantations; les mers et ce qu'elles renferment dans leurs abîmes; les animaux de différentes catégories et espèces etc... Il fait descendre du ciel une eau grâce à laquelle, Il fait croître des jardins remplis de beauté dont les hommes ne sauraient faire pousser ni arbres ni plantations d'eux-mêmes. Dieu a dit ailleurs:
Si tu leur demandes qui fait tomber l'eau du ciel pour vivifier la terre après son épuisement? Ils répondront: Allah (29:63)
Donc ces idolâtres reconnaissent les bienfaits de Dieu et cependant ils Lui associent d'autres divinités.
'am man ja'ala-l-'arḍa qarâran wa ja'ala khilâlahâ 'anhâran wa ja'ala lahâ rawâsiya wa ja'ala bayna-l-baḥrayni ḥâjizan 'a'ilâhun ma'a-l-lâhi bal 'aktaruhum lâ ya'lamûna
Celui qui a stabilisé la terre, qui l'a sillonnée de cours d'eau, l'a hérissée de montagnes et qui a séparé les eaux douces des eaux salées, est-ce une autre divinité qu'Allah ? Mais c'est une chose que la plupart des hommes ne comprennent pas.
Dieu fit de la terre une masse stable qui ne bouge ni ne branle, autrement la vie sur elle sera chose difficile. Mais, par Sa grâce et Sa miséricorde, Il a fait d'elle un lieu de séjour pour les hommes. Il la fit traverser par des rivières et des cours d'eau douce et potable, qui sillonnent la terre dans tous les côtés. Il y jeta des montagnes pour l'empêcher de branler. Il plaça une barrière entre les deux mers, c'est-à-dire entre le fleuve et l'océan ; le premier donne une eau douce, tandis que l'eau de l'autre est saumâtre. De la première on peut boire, abreuver, irriguer, etc. Quant à la deuxième, elle cerne tous les continents de toutes parts, et son eau n'est saumâtre que pour que l'air ne soit pollué par son odeur. Dieu a dit ailleurs :
C'est Lui qui a fixé les domaines des deux eaux, de l'eau douce et comestible et de l'eau saumâtre. Entre elles il a établi une démarcation et une zone infranchissable (25:53)
Dieu s'interroge de nouveau : «Est-ce une autre divinité qu'Allah ?» mais la plupart des hommes ne savent
'am man yujîbu-l-muḍṭarra 'idhâ da'âhu wa yakshifu-s-sû'a wa yaj'alukum khulafâ'a-l-'arḍi 'a'ilâhun ma'a-L-Lâhi qalîlan mâ tadhakkarûna
Celui qui répond à l'appel des opprimés, qui dissipe le mal, qui établit les peuples sur terre, est-ce une autre divinité qu'Allah ? Ah ! que vous manquez de réflexion.
C'est à Dieu seul que doivent être adressées les implorations lors des malheurs et des afflictions, comme Il a dit :
Si un péril sur mer vous menace, c'est en vain que vous invoquez d'autres divinités qu'Allah (17:67)
; et :
Un malheur vous frappe-t-il, c'est Lui que vous implorez (16:53)
Donc tout homme qui se trouve affligé par l'infortune ou la gêne ou n'importe quel autre malheur, est tenu de n'invoquer que Dieu.
L'imam Ahmed rapporte qu'un homme de Houjaim a dit :
J'ai demandé une fois : "Ô Messager de Dieu, à quoi appelles-tu les gens ?". Il me répondit : "Je les appelle à Dieu seul, sans rien Lui associer, qui, en l'invoquant, dissipe le malheur qui t'a atteint, qui te guide et te montre le chemin quand tu te trouves égaré dans un désert, qui t'envoie la pluie si une disette frappe le pays". Je lui dis : "Conseille-moi". Il répliqua : "N'injurie personne, ne dédaigne aucun acte de bien, ne serait-ce que d'accueillir ton frère (coreligionnaire) avec un visage radieux, de verser de ton eau dans le seau de quelqu'un qui te demande, fais que ton vêtement dépasse les mi-jambes, sinon que ce soit jusqu'aux chevilles. Méfie-toi de laisser ton vêtement traîner derrière toi, car ce sera de l'ostentation, et Dieu ne l'aime pas" (Ahmed)
Wahb Ben Mounabbah a dit :
J'ai lu dans un ancien livre ce qui suit : "Dieu le Très-Haut dit : Je jure par Ma puissance, quiconque demande Ma protection, Je la lui accorderais même si les cieux et ce qu'ils renferment, la terre et ce qu'elle renferme étaient contre lui, et Je lui donnerais une issue. Quant à celui qui ne Me demande pas une telle protection, Je le ferai engloutir par la terre ou l'élever dans l'air en le confiant à lui-même"
En voilà cette anecdote qui montre le témoignage de respect que Dieu réserve à ses saints serviteurs, et racontée par Abou Bakr, Mouhammad Ben Daoud Al-Dainouri, surnommé le soufi Al-Douqi. Il a dit :
J'avais une mule dont je me servais pour faire le commerce entre Damas et Al-Zabadani (à quelques km de Damas). Un jour, je pris un homme en croupe derrière moi, et nous passâmes près d'un chemin rarement emprunté par les ânier ou les hommes. Me détournant de ce chemin pour prendre un autre, l'homme me dit : "Non, prends ce chemin qui est un raccourci, et tu vas constater cela toi-même". Comme je refusai, il insista, et je dus emprunter le chemin indiqué, et nous arrivâmes à un endroit raboteux dans une vallée où il y avait des squelettes d'hommes. Il me dit : "Tiens la tête de la mule afin que je puisse descendre". Je m'exécutai. Il descendit, attacha fortement ses habits autour de sa taille, tira un couteau et se dirigea vers moi voulant me tuer. Je pris la fuite devant lui, mais il me poursuivit, si bien qu'à la fin je lui dis : "Je te conjure par Dieu, si tu veux la mule, prends-la et tout ce qu'elle porte". Il me répondit : "Cette mule sera certes à moi, mais je veux te tuer d'abord". Je lui rappelai le châtiment qui attend les coupables et les différentes peines et sanctions, mais ce fut en vain. Comme mes supplications furent inutiles, je lui dis : "Si tu veux me tuer, soit, mais laisse-moi d'abord faire deux rak'ats". - Mais prie-les aussi vite que possible, me dit-il. Voulant réciter du Coran dans ma prière, les versets m'échappèrent, sauf ce verset qui me vint à l'esprit : "Celui qui répond à l'appel des opprimés, qui dissipe le mal...", alors qu'il m'ordonnait de hâter la prière. À ma grande surprise, je vis un cavalier se dirigeant vers nous du fond de la vallée, tenant à la main un sabre qu'il lança vers mon compagnon et le tua. Je m'attachai à ce cavalier lui demandant de montrer son identité. Il me répondit : "Je suis l'envoyé de celui qui soustrait l'opprimé à l'injustice, et dissipe le mal". À la fin je repris ma mule et ce qu'elle portait et continuai mon chemin (Ibn Assaker)
«Qui établit les peuples sur terre» c'est-à-dire génération après génération, et un peuple après un autre. Si Dieu le voulait, Il aurait créé les hommes tous à la fois sans que les uns descendent des autres. Il pourrait aussi les créer tous de la même façon que la création d'Adam sans faire périr les uns à la suite des autres, mais tous en un seul moment, etc. Mais si Dieu avait procédé à cela en créant tous les hommes à la fois, la terre ne saurait leur procurer leur subsistance et il y aurait sur terre un grand désordre. Dieu, par Sa sagesse, a tout réglé et aménagé, afin que la terre soit peuplée par des générations qui se succèdent les unes aux autres, et même en les faisant croître en nombre, qu'à la fin des temps, chacun sera rétribué selon ses œuvres.
'a-man yahdîkum fî ẓulumâti l-barri wa-l-baḥri wa man yursilur-riyâḥa bushran bayna yaday raḥmatihî 'a'ilâhun ma'a-llâhi ta'âlâ llâhu 'ammâ yushrikûna
Celui qui vous guide au milieu des ténèbres de la terre et de la mer, qui lâche les vents annonciateurs de la pluie bienfaisante, est-ce autre divinité qu'Allah ? Qu'Allah est au-dessus des associés qu'on Lui prête.
En vérité, Dieu a créé dans le ciel des astres et étoiles pour guider les hommes et que ceux-ci les prennent comme point de repère. C'est lui encore qui déchaîne les vents comme annonciateurs de Sa miséricorde, qui est la pluie, en conduisant les nuages porteurs de pluie aux lieux où Dieu veut. Exalté soit-Il au-dessus de ce qu'ils Lui associent.
'am man yabda'u-l-ḫalqa ṯumma yu'îduhû wa man yarzuqukum mina-s-samâ'i wa-l-'arḍi 'a'ilâhun ma'a-L-Lâhi qul hâtû burhânakum 'in kuntum ṣâdiqîna
Celui qui fait et refait la création et qui vous comble des biens des cieux et de la terre, est-ce une autre divinité qu'Allah ? Dis : Produisez vos preuves si vraiment vous en avez.
C'est Dieu, par Son pouvoir et Sa puissance, qui crée et redonne la vie aux hommes une fois morts et ressuscités, car «C'est Lui qui fait
naître et renaître la création. Il Lui est encore plus facile de la faire renaître» (30:27).
C'est Lui aussi qui pourvoit aux besoins de ses serviteurs à partir du ciel et de la terre. Il fait descendre de la pluie et la fait circuler en terre en cours d'eau. Puis Il fait pousser grâce à elle un champ aux couleurs diverses de légumes, de fleurs et de fruits, pour que les hommes en mangent et donnent à manger aux bestiaux.
Après toutes ces preuves évidentes et signes clairs, peut-on invoquer une autre divinité avec Dieu ? Si, ô idolâtres, vous possédez
une preuve, présentez-la si vous dites la vérité. Mais, à coup sûr ils n'ont rien à produire, et qu'ils sachent que :
Celui qui invoque inconsidérément d'autres divinités qu'Allah, celui-là aura à en rendre compte à son Seigneur. Les infidèles courent à leur perte
[Coran XXIII,
quli lâ ya'lamu man fî-s-samâwâti wa-l-'ardi-l-gayba 'illâ-L-Lâhu wa mâ yash'urûna 'ayyâna yub'atûna bali-d-dâraka 'ilmuhum fî-l-'âhirati bal hum fî shakkin minhâ bal hum minhâ 'amûna
Dis : « Les habitants des cieux et de la terre en ignorent les secrets, si ce n'est Allah. Ils ignorent aussi le jour où ils seront ressuscités. » Les révélations sur ta vie future ont beau être concordantes, ils ne sont pas persuadés. Plus encore, ils ferment les yeux
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de faire connaître aux hommes qu'il est le seul qui connaît le mystère des cieux et de la terre. Il a dit ailleurs :
Il détient les clefs de l'inconnu, qu'il est le seul à connaître (6:59)
Plusieurs versets du Coran font allusion à ce privilège réservé à Dieu, car le visible et l'invisible dépendent du savoir de Dieu seul.
Les habitants des cieux ainsi que les habitants de la terre ne connaissent rien de l'Heure et de son avènement :
elle bouleversera les cieux et la terre et arrivera brusquement (7:187)
On a rapporté que 'Aïcha -que Dieu l'agrée- a dit : «Quiconque prétend que Mouhammad connaît ce qu'il y aura demain, aura forgé un mensonge sur Dieu, car Dieu n'a-t-Il pas dit :
Les habitants des cieux et de la terre en ignorent les secrets, si ce n'est Allah
Qatada a avancé :
Dieu a fait des étoiles trois catégories : Celles qui forment un décor du ciel le plus proche, celles qui sont des points de repère et celles par quoi les démons sont lapidés. Quiconque les considère autrement aura commis une erreur et perdu sa part de la vie future, et avancé des choses qui sortent de sa compétence. Il en est parmi les hommes ceux qui ignorent tout sur Dieu, mais ils utilisent ces étoiles pour connaître l'avenir. Celui qui les prend comme telles, soit pour célébrer ses noces, soit pour entreprendre un voyage, soit pour commenter la naissance d'un tel, ne fera que des suppositions qui n'ont aucun lien avec la vérité, car de telles étoiles n'ont aucun pouvoir ni influence sur aucun événement.
Le savoir des hommes s'arrête quand il s'agit de la venue de cette Heure et ils ignorent tout sur Dieu et sont aveugles sur tout ce qui concerne la vie future. Dieu n'a-t-Il pas dit :
C'est alors qu'ils entendront et verront bien le jour où ils comparaîtront devant nous. Mais actuellement les méchants sont dans une insouciance manifeste
[Coran].
Ils ne sont pas persuadés. Plus encore, ils ferment les yeux.
Cela signifie que les incrédules doutent de cette Heure et ne veulent rien savoir sur elle.
wa qâla-l-ladîna kafarû 'a'idhâ kunnâ turâban wa 'âbâ'unâ 'a'innâ lamukhrâjûna laqad wu'idnâ hâdhâ nahnu wa 'âbâ'unâ min qablu 'in hâdhâ 'illâ 'asâtîru-l-'awwalîna qul sîrû fî-l-'ardi fa-nzurû kayfa kâna 'âqibatu-l-mujrimîna walâ tahzan 'alayhim walâ takun fî dayqin mimmâ yamkurûna
Les incrédules objectent: «Se peut-il qu'une fois retournés en poussière nous et nos ancêtres, nous soyons ressuscités? C'est une chose qu'on a déjà annoncée, à nous et à nos ancêtres. Vieux contes que ceci» Réponds: «Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin des coupables». Ne t'afflige pas pour eux, et ne te laisse pas troubler par leurs perfidies.
Les incrédules renient la résurrection et se demandent :
Comment en fera-t-on vraiment sortir une fois que nous soyons réduits en poussière ?
«C'est une chose qu'on a déjà annoncée à nos pères et à nos ancêtres». Nous entendons toujours parler de cela sans que nous constations cette réalité. «Vieux contes que tout cela». Ce ne sont que des sornettes d'antan.
Dieu ordonne à Son Prophète de répondre à ces idolâtres :
Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin des coupables
ceux qui ont traité les Prophètes de menteurs et renié la résurrection et le rassemblement, comment ils ont été punis et châtiés par Dieu, et comment le Seigneur a sauvé les Prophètes et les croyants. Il lui recommande : «Ne t'afflige pas pour eux» et que ton âme ne se répande pas en regrets sur eux «et ne te laisse pas troubler par leurs perfidies» et leurs machinations, car c'est Dieu qui te secourt et te donne la victoire sur eux.
wa yaûlûna matâ hâdâ-l-wa‘du ’in kuntum sâdiîna qui ‘asa ’ayyakûna radifa lakum ba‘du-l-ladî tasta'jiluÿna wa ’inna rabbaka lad û fadlin ‘alâ-n-nâsi wa lâkinna ’aktarahum lâ yaskurûna wa ’inna rabbaka laya‘lamu mâ tukinnu sudûruhum wamâ yu‘linûna wamâ min g a ’ibatin fî-s-sama ’i wa-l-’ardi ’illâ fï kitâbim-mubînin
Ils demandent: «Quand se réalisera votre promesse, dites-le si vous le savez vraiment?». Réponds: «Il se peut qu'elle soit proche cette chose que vous êtes impatients de voir réalisée». Ton Seigneur est plein de bonté pour les hommes. Mais la plupart manquent de reconnaissance. Ton Seigneur sait ce que leurs cœurs cachent et dévoilent. Il n'y a rien d'obscur dans le ciel ou sur la terre qui ne soit expliqué dans le Livre de l'évidence.
Les incrédules demandent:
À quand cette promesse, en quel jour se dressera l'Heure?
Tout comme ils n'en croyaient point. Dieu ordonne à Son Prophète de leur répondre:
Il se peut qu'elle soit proche cette chose que vous êtes impatients de voir réalisée
Il se peut que ce dont vous voulez hâter la venue ne soit plus loin de vous tomber dessus. D'ailleurs ils ont demandé: «.. et t'interrogeront: «Mais quand cela aura lieu?». Réponds: «Peut-être est-ce proche» (17:51).
«Ton Seigneur est plein de bonté pour les hommes»; en leur accordant ce dont ils ont besoin pour leur subsistance, et cependant ils méconnaissent tous les bienfaits de Dieu, à l'exception d'une partie parmi eux. «Ton Seigneur sait ce que leurs cœurs cachent et dévoilent» tant les choses cachées que celles divulguées ne sont point méconnues de Dieu.
'inna hâdhâ-l-Qur'âna yaqussu 'alâ banî 'isrâ'îla 'akthara-l-ladhî hum fîhi yukhtalifûna wa 'innahû lahudan wa rahmatul-li-l-mu'minîna 'inna rabbaka yaqdî baynahum bihukmihî wa huwa-l-'Azîzu-l-'Alîmu fatawakkal 'alâ-L-Lâhi 'innaka 'alâ-l-haqqi-l-mubîni 'innaka lâ tusmi'u-l-mawtâ walâ tusmi'u-s-summa-d-du'â'a 'idhâ wallaw mudbirîna wa mâ 'anta bihâdî-l-'umyi 'an dalâlatihim 'in tusmi'u 'illâ may yu'minu bi'âyâtinâ fahum muslimûna
Ce Coran instruit les fils d'Israël sur la plupart des sujets qui les divisent. Il est une direction et une bénédiction pour ceux qui croient. Ton Seigneur départagera les hommes. Il est tout-Puissant et docte. Fie-toi à Allah. Tu t'appuies sur une vérité évidente. Tu ne pourras rien faire entendre aux morts. Tu ne pourras rien faire entendre à des sourds qui te tournent le dos. Tu ne saurais guider des aveugles et les arracher à leur égarement. Tu ne pourras te faire entendre que par des gens croyant à nos signes et soumis
Le Coran est certes une bonne direction, une évidence et un discernement du vrai et du faux. Il raconte aux fils d'Israël, les porteurs de la Torah (le Pentateuque) et l'Évangile, la plus grande partie des choses sur lesquelles ils se sont divisés, comme par exemple en ce qui concerne Jésus. Les juifs ont forgé des mensonges à son égard, les chrétiens l'ont déifié, mais le Coran vient mettre fin à toutes ces suppositions et déclare que Jésus n'est qu'un Prophète et un serviteur de Dieu -que Dieu lui accorde sa grâce et sa paix-. D'ailleurs Dieu a dit :
Voilà ce qu'était Jésus, fils de Marie. Oui en vérité, voilà ce qu'était celui sur lequel on discute (19:34)
Ce Coran constitue encore une guidée et une miséricorde de Dieu, une direction pour leurs cœurs et une miséricorde pour eux. Au jour de la résurrection, Dieu tranchera leurs différends qui les divisent dans le bas monde par Sa sagesse et Son équité.
«Fie-toi à Allah» dans toutes tes affaires et divulgue le message dont tu es chargé, car tu es, ô Mouhammad, sur la voie droite. Et sache que celui qui te contredit et ne croit pas en toi, sera parmi les misérables et malheureux qui seront voués à l'enfer. Voici comment se réalisera la Parole de ton Seigneur sur les incrédules, même s'ils voient tout signe apporté par les envoyés de Dieu.
«Tu ne pourras rien faire entendre aux morts» ainsi qu'à ceux dont le cœur est voilé et les oreilles frappées de surdité, quand ils se sauvent en te tournant le dos. Tu ne pourras non plus, ô Mouhammad, ramener les aveugles de leur égarement. Tu ne pourras être entendu que de ceux qui se sont soumis à Dieu et ont cru aux signes du Seigneur.
wa 'idâ waqa'a-l-qawlu 'alayhim 'ahrajnâ lahum dâbbatan mina-l-'ardi tukallimuhum 'anna-n-nâsa kânû bi'âyâtinâ lâ yûqinûna
Lorsque notre parole sera près de se réaliser parmi les hommes, nous ferons sortir de terre un monstre qui leur dira : « Les hommes n'ont pas cru à nos miracles »
Vers la fin des temps, Dieu fera sortir de la terre une bête, qui sera l'un des signes précurseurs de l'Heure, de La Mecque ou d'une autre région, qui parlera aux hommes et leur dira, comme a avancé 'Ata Al-Khourassani : « Les hommes n'ont pas cru à nos signes ». Nous allons nous limiter à quelques hadiths concernant la sortie de cette bête :
- Houdzaifa Ben Oussaid Al-Ghifari rapporte : « Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit vers nous de son appartement alors que nous évoquions l'Heure. Il nous dit : « L'Heure ne se dressera pas avant l'apparition des dix signes qui sont : Le lever du soleil de son couchant, la fumée, la bête, la sortie de Gog et Magog (Yajouj et Majouj), la descente de Jésus -que Dieu le salue-, l'Antéchrist, trois éclipses : la première à l'occident, la deuxième à l'orient et la troisième à la presqu'île arabique, et un feu qui surgira du fond d'Adan qui fera rassembler les hommes de sorte qu'il passera la nuit là où ils la passeront et fera la sieste là où ils la feront » (Ahmed, Mouslim, les auteurs des Sonan)
- Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Hâtez-vous d'accomplir les œuvres pies avant la production de ces six signes : Le lever du soleil de son couchant, la fumée, l'Antéchrist, la bête, l'occupation de l'un d'entre vous de ses propres affaires et la négligence des affaires de la communauté » (Mouslim)
- Abou Houraira -que Dieu l'agrée- rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « La bête de la terre sortira ayant le bâton de Moïse et la bague de Salomon. Elle frappera (du bâton) l'incrédule sur le nez et purifiera le visage du croyant avec la bague. Les hommes se mettront ensemble à table d'où on pourra discerner l'incrédule du croyant » (Abou Daoud At-Taialissi)
wa yawma nahshuru min kulli ummatin fawjam-mimman yukadhibu bi-āyātinā fahum yūzaʿūna ḥattā idhā jāʾū qāla akadhdhabtum bi- āyātī walam tuḥīṭū bihā ʿilman am-mādhā kuntum taʿmalūna wa waqaʿa-l-qawlu ʿalayhim bimā ẓalamū fahum lā yanṭiqūna alam yaraw annā jaʿalnā-l-layla liyaskunū fīhi wa-n-nahāra mubṣiran inna fī dhālika laāyāti-l-liqawmi-y-yuʾminūna
Un jour nous mettrons à part, pour chaque peuple, ceux qui ont traité ses signes de mensonge. Ils formeront des groupes distincts. Lorsqu'ils se présenteront à Allah, Il leur dira: «Pourquoi avez-vous traité mes signes de mensonge sans en avoir saisi la portée? Expliquez une telle attitude». La menace d'Allah se réalisera pour les punir de leur iniquité. Ils ne trouveront rien à dire. Ne voient-ils pas que nous avons créé la nuit pour le repos et le jour pour l'activité? N'y a-t-il pas là un signe pour les croyants?
Au jour de la résurrection, Dieu fera réunir les injustes, ceux qui ont traité Ses signes de mensonge, pour leur demander au sujet de leurs œuvres dans le bas monde, en les réprimandant et les humiliant. Chaque groupe de ceux-là sera rassemblé à part comme Dieu a dit: «Rassemblez les coupables et leurs épouses..» (37:22). «Ils formeront des groupes distincts» et en rangs.
Abdul-Rahman Ben Zaid a dit:
Lorsque les hommes se présenteront à Allah et comparaîtront devant Lui, Il leur dira: «Pourquoi avez-vous traité mes signes de mensonge sans en avoir saisi la portée? Expliquez une telle attitude». Ils seront interrogés sur leur dogme, leurs œuvres et tout ce que leurs mains avaient perpétré dans le bas monde. Comme ils seront des damnés de l'Enfer, comme Dieu a dit de l'impie: «Jusqu'alors, il n'avait fait ni l'aumône, ni prié, bien plus il traitait le Livre de mensonge et le repoussait» (75:31-32), ils ne trouveront ni argument ni excuses pour présenter, ils seront muets de terreur, et leurs excuses ne seront pas admises
Ce jour-là «la menace d'Allah se réalisera pour les punir», car dans la vie d'ici-bas, ils étaient injustes envers eux-mêmes et s'étaient fait du tort à eux-mêmes, et les voilà comparus devant le Seigneur qui leur montrera toutes leurs œuvres et rien ne sera caché.
Ne voient-ils pas que nous avons créé la nuit pour leur repos
et s'abstenir de toute activité afin que leurs muscles se relaxent et reprennent leur énergie pour le jour suivant «et le jour pour l'activité» ou suivant une autre traduction: «pour voir clair» et pour reprendre leurs œuvres quotidiennes concernant leur moyen de gain et profit. «N'y a-t-il pas là un signe pour les croyants?».
l^lâû JUXl JSj ilïl wa yawma yunfahu fî-s-sûri fafazi'a man fî-s-samâwâti wa man fî-l-'ardi 'illâ man shâ'a-L-Lâhu wa kullun atawhu dâkhirîna wa tarâ-l-jibâla tahsabuhâ jâmidatan wa hiya tamurru marra-s-sahâbi sun'a-L-Lâhi-l-ladhî 'atqana kulla shay'in 'innahû Khabîrun bimâ taf'alûna man jâ'a bi-l-hasanati falahû khayrun minhâ wa hum min faza'i yawma'idhin 'âminûna wa man jâ'a bi-s-sayyi'ati fakubbat wujûhuhum fî-n-nâri hal tujzawna 'illâ mâ kuntum ta'malûna
Au jour où la trompette retentira, tout ce qui peuple les cieux et la terre tremblera d'effroi. Allah exceptera qui Il voudra. Le genre humain s'humiliera devant Allah. On verra les montagnes qu'on croyait solides, se mouvoir comme des nuages. Ce sera l'œuvre d'Allah qui ordonne si harmonieusement toutes choses. Il connaît toutes vos actions. Celui qui aura fait le bien sera récompensé au-delà de ses efforts. L'effroi général lui sera épargné. Celui qui aura péché sera précipité au feu la face la première. Peut-on être récompensé autrement que selon ses œuvres ?
Au jour de la résurrection, Dieu ordonnera à l'ange Israfel de souffler dans la trompette. L'ange soufflera longuement et toutes les créatures seront effrayées, à savoir qu'en ce jour-là, seuls les pires des hommes seraient en vie. «Allah exceptera qui voudra». Il s'agit, comme ont avancé les exégètes, des martyrs qui seront pourvus de biens auprès de leur Seigneur.
Mouslim rapporte d'après Abdullah Ben 'Amr, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Il ne restera sur la terre que les pires des hommes qui, à la vitesse d'un vol d'oiseau et par la cruauté des bêtes fauves, ne feront aucun acte de bien, ne réprouveront aucun acte répréhensible, et le diable se présentera devant eux en leur demandant: «- Pourquoi ne répondez-vous pas à mon appel?». Ils lui diront: «Qu'est-ce que tu nous ordonnes de faire?». Il leur ordonnera d'adorer les idoles, et eux, dans leur cas présent, jouiront de tous les biens et mèneront une vie heureuse. Puis on soufflera dans la trompette, et personne n'entendra le son sans qu'il ne tourne la tête à gauche et à droite. Le premier homme qui l'entendra sera un homme qui sera en train d'enduire de boue le bassin de ses chameaux, il sera foudroyé ainsi que tous les autres hommes. Ensuite Dieu enverra — ou suivant une variante: fera descendre — de la pluie qui ressemblera à une rosée ou à une ombre — le rapporteur en a douté — d'où les corps des hommes seront ressuscités. Puis on soufflera une autre fois dans la trompette, et voici tous les hommes se dresseront et regarderont, et on leur dira: «Hommes! Répondez à l'appel de votre Seigneur! Arrêtez-les! Ils vont être interrogés». Ensuite on dira: «Faites sortir (parmi ces hommes) ceux qui sont destinés à l'Enfer». — Quelle sera la proportion, demandera-t-on. Sur chaque mille, répliquera-t-on, neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf
Ce jour-là, les enfants deviendront comme des vieillards, et les jambes seront à nu (la vérité sera bien claire)». (Une partie d'un long hadith rapporté par Mouslim) Au premier soufflement dans la trompette, toutes les créatures seront foudroyées et mortes, et au deuxième, elles seront ressuscitées pour comparaître devant le Seigneur des mondes qui réglera leur compte. Dieu a dit:
Le jour où Allah vous rappellera à Lui, tous vous présenterez en célébrant ses louanges (17:52)
Dieu a dit ailleurs:
Quand il vous ordonnera de sortir de la terre, vous en sortirez (30:25)
On a avancé: «Au troisième soufflement dans la trompette, Dieu ordonnera de mettre toutes les âmes dans le trou de la trompette, Il dira ensuite à Israfel de souffler encore une fois, et voilà les âmes dispersées en toutes parts après que les corps aient été reconstitués dans les lieux où ils se trouvent. Chaque âme alors regagnera son corps, celles des croyants seront comme une lumière éclatante, tandis que celles des impies seront comme des ténèbres. Les hommes se lèveront époussetant leurs têtes et leurs corps. «Ce jour-là, ils sortiront de leurs tombeaux comme lorsqu'ils courent à leurs cérémonies idolâtres» (70:43).
On verra les montagnes, qu'on croyait solides, se mouvoir comme des nuages
on croira ces montagnes immobiles, mais les voilà qu'elles passent à la vitesse des nuages pour être pulvérisées. Dieu a dit à ce propos: «Que deviendront les montagnes? t'interrogent-ils. Dis:
Allah les réduira en poussière. Il ne laissera à leur place qu'une plaine dénudée. On n'y distinguera plus ni sinuosités, ni vallonnements (20:105-107)
Ce sera l'œuvre d'Allah qui ordonne si harmonieusement
et qui a façonné toute chose à la perfection en y mettant de Sa sagesse. «Il connaît toutes vos actions» et rétribuera chacun selon ses œuvres dans le bas monde. «Celui qui aura fait le bien» qui signifie d'après Zein Al-'Abidine, le témoignage qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu. «- L'effroi général lui sera épargné» c'est-à-dire: L'épouvante du jour dernier ne les accablera pas. Tandis que les impies qui auront péché, seront précipités à l'Enfer pour prix de leur incrédulité. «Peut-on être récompensé autrement que selon ses œuvres?». Car en ce jour-là, nul ne sera lésé ou opprimé.
'innamā 'umirtu 'an 'a'buda rabba hādhihi-l-baldati-l-ladhī harramahā wa lahū kullu shay'in wa 'umirtu 'an 'akūna mina-l-muslimīna wa 'an 'atlū-l-Qur'āna fa-mani-htadā fa'innamā yahtadī linafsihī wa man ḍalla faqul 'innamā 'ana mina-l-mundirīna wa quli-l-ḥamdu li-Llāhi sayurīkum 'āyātihī fata'rifūnahā wa mā rabbuka bi-ghāfilin 'ammā ta'malūna
J'ai l'ordre d'adorer le Seigneur de ce pays, que lui-même a déclaré sacré. Tout lui appartient. J'ai l'ordre de me soumettre. J'ai l'ordre de réciter le Coran. Celui qui s'en écarte, dis-lui que tu n'es chargé que d'avertir. Dis : Louange à Allah. Il vous démontrera sa puissance. Vous en serez convaincus. Ton Seigneur suit attentivement les actions des hommes.
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut ordonné, comme tous les hommes, à n'adorer que Dieu seul, et de faire connaître aux gens que La Mecque est un pays sacré. A ce propos, il est cité dans les deux Sahih d'après Ibn Abbas, lors de la conquête de La Mecque, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Ce territoire, Dieu l'a rendu sacré le jour où Il a créé les cieux et la terre. Il est donc sacré à l'égard de Dieu jusqu'au jour de la résurrection. On ne doit pas y couper les épines, ni poursuivre un gibier, ni ramasser une chose trouvée à moins de la remettre à son propriétaire, on ne doit non plus cueillir ses dattes (Boukhari, Mouslim)
«Tout lui appartient», Il est le Seigneur de ce pays et de toutes choses, Il est le seul possesseur. «J'ai l'ordre de me soumettre» et d'être un vrai obéissant sincère. «J'ai l'ordre de réciter le Coran» et de le communiquer aux hommes afin de le retenir et de se conformer à ses prescriptions.
Celui qui s'engage dans la bonne voie trouvera le salut. Celui qui s'en écarte, dis-lui, que tu n'es chargé que d'avertir
D'ailleurs il devait, comme les autres Prophètes, communiquer le Message et d'avertir les hommes, et c'est à Dieu de les juger.
Louange à Allah. Il vous démontrera sa puissance; vous en serez convaincus
En d'autres termes, Dieu vous fera voir Ses signes et sachez qu'il ne châtiera personne avant qu'il ne le rende coupable à cause de son incrédulité, et après avoir reçu les avertissements de Ses Prophètes. «Ton Seigneur, suit attentivement les actions des hommes». Omar Ben Abdul 'Aziz a dit à cet égard:
Si Dieu voulait négliger une chose, Il n'aurait même pas négligé les traces des pas du fils d'Adam.
Et l'imam Ahmed récitait souvent ces vers:
Si un jour tu te trouves seul, ne dis pas Aujourd'hui je suis seul et nul ne me surveille. Ne crois jamais que Dieu est inattentif, fût-ce pour un instant. Et sache qu'il connaît tout et rien ne Lui est caché.