26 - Les Poetes
- SOURATE DES POÈTES
• 227 versets
Révélée à La Mecque à l'exception des versets 197 et suivants
Révélée à la suite de la sourate de l'Échéance
Tā. Sīn. Mīm. Tilka 'āyātu-l-kitābi-l-mubīni La'allaka bāhi'un nafsaka 'allā yakūnū mu'minīna 'In naša' nunazzil 'alayhim mina-s-samā'i 'āyatan fa-žallat 'a'nāquhum lahā hāḍi'īna Wa-mā ya'tīhim min ḏikrin mina-r-Raḥmāni muḥdaṯin 'illā kānū 'anhu mu'riḍīna Fa-qad kaḏḏabū fa-sa-ya'tīhim 'anbā'u mā kānū bi-hī yastahzi'ūna 'A-wa-lam yaraw 'ilā-l-'arḍi kam 'anbatnā fīhā min kulli zawǧin karīmin 'Inna fī rabbika la-huwa-l-'Azīzu-r-Raḥīmu
Tâ. Sîn. Mîm. Ce sont des versets du Livre évident. Vas-tu te consumer de chagrin à cause de leur incrédulité ? Si nous l'avions voulu, nous aurions fait descendre du ciel un signe devant lequel ils se seraient unanimement inclinés. Chaque fois qu'ils reçoivent du Miséricordieux un nouvel avertissement, ils le négligent. Ils le traitent de mensonge. La sincérité de ce qu'ils tournent en dérision leur apparaîtra un jour. Ne voient-ils pas la grande variété de plantes bienfaisantes que nous faisons pousser en terre ? Ceci comporte cependant un enseignement. Mais la plupart des hommes ne croient pas. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde.
Nous avons déjà parlé des lettres qui se trouvent au début de certaines sourates en commentant la sourate de la Vache. «Ce sont des versets du Livre évident», le Coran qui comporte des versets clairs discernant la Vérité de l'erreur et le chemin droit de l'aberration. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en le divulguant, éprouva certain chagrin en trouvant des hommes qui le renièrent et le contredirent. Il s'agit des incrédules de Qoraïch qui en ont mécru. Dieu le réconforte en lui disant:
Vas-tu te consumer de chagrin à cause de leur incrédulité
tant il était avide à ce que tous les hommes le suivent, comme Il lui a dit dans un autre verset: «Ne te lamente pas sur leur sort» (35:8).
Si nous l'avions voulu, nous aurions fait descendre du ciel un signe devant lequel, ils se seraient unanimement inclinés
Ce qui signifie que si Dieu le voulait, Il ferait descendre un signe du ciel qui porterait ces incrédules à courber leurs nuques devant lui qui serait comme une force pour les contraindre à croire. Mais ce que Dieu voulut, c'est que les hommes croient de bon gré par persuasion et conviction, tout comme Il l'a montré dans ce verset:
Si ton Maître l'avait voulu, l'univers aurait embrassé sa foi (10:99)
et dans cet autre:
Si ton Maître l'avait voulu, Il n'aurait fait des hommes qu'un seul peuple (11:118)
Mais Il a voulu avoir un argument contre Ses serviteurs, au jour dernier, en leur envoyant ses Prophètes afin de les diriger, appuyés par les Livres et les enseignements.
Chaque fois qu'ils reçoivent du Miséricordieux un nouvel avertissement, ils le négligent
Aucun nouveau Livre de Dieu ne leur parvient sans qu'ils s'en détournent en le reniant. De plus, ils traitent les Prophètes de menteurs et se moquent d'eux. Il leur viendra des nouvelles de ce dont ils se raillent.
Puis Dieu rappelle à ses serviteurs son omnipotence dans la création, en donnant pour exemple la terre qui donne des espèces différentes de plantations, de récoltes, de fruits... Tout cela constitue un signe de son pouvoir, mais hélas, peu de gens y croient.
Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde
En d'autres termes, il ne hâte pas le supplice avant de donner aux hommes le temps de croire, car, une fois qu'Il les prend, Il les châtiera sans indulgence, comme Il est clément envers ceux qui se repentent et reviennent à Lui.
Fir'awna 'alâ yattaqûna qâla rabbi 'innî 'ahâfu 'ay-yukadhdhibûni wayadîqu sadrî wa lâ yantaliq lisânî fa'arsil 'ilâ Hârûna wa lahum 'alayya dhanbun fa'ahâfu 'ay-yaqtulûni qâla kallâ fadhabâ bi'âyâtinâ 'innâ ma'akum mustami'ûna fa'tiyâ Fir'awna faqûlâ innâ rasûlu rabbi-l-'âlamîna 'an 'arsil ma'anâ banî 'isrâ'îla qâla 'alam nurabbika fînâ walîdan wa labitha fînâ min 'umurika sinîna wa fa'alta fa'lataka-l-latî fa'alta wa 'anta mina-l-kâfirîna qâla fa'altuha 'idhan wa 'ana mina-d-dâllîna fafarartu minkum lammâ hiftukum fahawaba lî rabbî hukman wa ja'alanî mina-l-mursalîna wa tilka ni'matun tamunnuhâ 'alayya 'an 'abbadta banî 'isrâ'îla
Ton Maître dépêcha, un jour, Moïse auprès du peuple pervers Le peuple de Pharaon, dépourvu de tout respect humain. Seigneur, dit Moïse, je crains d'être traité de menteur. Le souffle me manque. Je ne suis pas éloquent. Envoie Aaron à ma place. Ils m'accusent de crime. Je crains qu'ils ne me mettent à mort. Tu n'as rien à craindre. Partez tous deux avec mes signes. Je suis avec vous et je vous entends. Allez tous deux rejoindre Pharaon et dites-lui : «Nous sommes les envoyés du Maître de l'univers. Confie-nous les enfants d'Israël». N'as-tu pas été élevé chez nous pendant ton enfance? lui dit Pharaon, et n'as-tu pas passé parmi nous plusieurs années de ta vie? Ingrat, tu nous as répondu par un forfait. C'est vrai, j'ai commis un forfait, mais je manquais de discernement. Je vous ai fui par crainte. Mon Seigneur m'a donné la sagesse et m'a désigné comme envoyé. Le bienfait que tu me rappelles, excuse-t-il que tu aies asservi les enfants d'Israël? (22-)
Après que Dieu ait appelé Moïse sur le côté droit du Mont, lui a parlé, l'a élu de préférence aux autres, Il lui ordonne d'aller trouver le peuple pervers, le peuple de Pharaon qui ne Le craint pas. Et Moïse de répondre :
Seigneur, je crains d'être traité de menteur. Le souffle me manque. Je ne suis pas éloquent. Envoie Aaron à ma place. Ils m'accusent de crime. Je crains qu'ils me mettent à mort
Tels furent les excuses présentées par Moïse au Seigneur, comme nous avons raconté son histoire en détail en commentant la sourate de Ta.Ha. À savoir que la cause pour laquelle Moïse avait quitté l'Égypte, c'était d'avoir tué le copte. Dieu le rassure : «Tu n'as rien à craindre». Tout comme Il lui a dit dans un autre verset :
Nous t'accordons l'appui de ton frère. Nous vous donnerons une telle autorité. (28:35)
Puis Dieu leur ordonne de dire à Pharaon qu'ils sont ses Envoyés, pour qu'il envoie avec eux les fils d'Israël, de les libérer de leur servitude, de ses méfaits et sa tyrannie, car ils sont les serviteurs fidèles de Dieu. Mais Pharaon se détourna de Moïse par mépris et répondit en lui rappelant ses bienfaits sur lui :
N'as-tu pas été élevé chez nous pendant ton enfance ?
Il lui reprocha aussi : tu n'as été que méconnaissant envers nous après tout, et en plus tu as tué un des nôtres.
Moïse répliqua :
C'est vrai, j'ai commis un forfait, mais je manquais de discernement
Car ce fut avant qu'il ait reçu le message et été favorisé par la Prophétie. «Je vous ai fui par crainte», mais maintenant, je me présente en tant qu'envoyé du Seigneur, si tu Lui obéis, tu seras sauvé, sinon, tu seras perdu. «Le bienfait que tu me rappelles, excuse-t-il que tu aies asservi les enfants d'Israël ?» C'est-à-dire : tout le bien que tu m'as accordé, tu l'as annihilé par l'asservissement des fils d'Israël que tu charges de corvée pour toi et pour ton peuple. Tous tes bienfaits que tu m'as accordés n'équivalent pas ton injustice envers ces gens-là.
qâla Fir'awnu wamâ rabbu-l-'âlamîna qâlû rabbu-s-samâwâti wa-l- 'ardi wamâ baynahumâ in kuntum mûqinîna qâla liman hawlahu 'alâ tastami'ûna qâla rabbukum wa rabbu 'abâ'ikumu-l-'awwalîna qâla 'inna rasûlakumu-l-ladhî 'ursila 'ilaykum lamajnûnun qâla rabbu-l-mashriqi wa-l-maghribi wamâ baynahumâ in kuntum ta'qilûna
Pharaon reprit: «Qu'est-ce que le maître de l'univers?» C'est le créateur des cieux et de la terre et de l'espace qui les sépare pour ceux qui croient. Se retournant vers son entourage, Pharaon s'exclama: «Avez-vous entendu?» Oui, répliqua Moïse, c'est votre maître et le maître des premiers hommes. Le Prophète qu'on vous a envoyé est un possédé. Oui, Il est le maître de l'Orient et de l'Occident et de ce qui les sépare pour ceux qui réfléchissent
Poussé par son incrédulité, son obstination et sa rébellion, Pharaon demanda à Moïse : «Qui est le maître de l'univers ?». Car il disait à son peuple : «Je ne vous connais pas d'autre dieu que moi» (28:38) cherchant à égarer son peuple qui lui obéissait, et croyait qu'il n'y a d'autre Dieu que leur roi. Moïse lui répondit : «Je suis l'envoyé du Seigneur des mondes». Mais Pharaon s'exclama :
Qui donc est le Seigneur des mondes ? Existe-t-il un autre dieu que moi ?
Moïse répondit à Pharaon :
Il est le Maître de l'Orient et de l'Occident et de ce qui les sépare
C'est Lui le maître et le souverain de tout ce qu'il a créé : cieux, terre, mers, déserts, plantes, fruits, et ce qui sépare les cieux et la terre comme l'air et les oiseaux. Tous les hommes sont Ses serviteurs, «pour ceux qui réfléchissent» si seulement vous réfléchissiez.
Alors Pharaon dit à ceux qui l'entouraient de sa cour, ses chefs et d'autres, en se moquant des propos de Moïse :
Avez-vous entendu ? N'êtes-vous pas étonnés de ces paroles que vous avez un autre dieu que moi ?
Mais Moïse ne tarda pas à répliquer :
C'est votre maître et le maître des premiers hommes
Il est le créateur de tous les hommes depuis l'éternité. Et Pharaon de répondre : «Le Prophète qu'on vous a envoyé est un possédé», et ne raisonne pas, présumant que je ne suis pas votre dieu. «Oui», affirme Moïse, «Il est le maître de l'Orient et de l'Occident et de ce qui les sépare pour ceux qui réfléchissent». Il est le véritable Dieu qui fait les astres apparaître du côté de l'orient et disparaître à l'occident. Si vous considérez Pharaon comme un dieu, qu'il les fasse autrement en faisant de l'orient un occident et vice versa. Abraham, avant lui, a dit à Nemrod :
Allah fait lever le soleil à l'Orient, fais-le lever, toi, à l'occident (2:258)
Se trouvant incapable d'affronter Moïse, même par des arguments, Pharaon s'emporta, usa de sa force et de son pouvoir pour répondre à Moïse ce que nous allons citer ci-bas.
qâla la'in ittakhadta 'ilâhan ghayri la'aj'alannaka mina-l-masjûnîna qâla 'awa law ji'tukabishay'in mubînin qâla fa'ti bihi in kunta mina-s-sâdiqîna fa'alqâ 'asâhu fa'idhâ hiya thu'bânun mubînun wa naza'a yadahu fa'idhâ hiya baydâ'u li-n-nâzirîna qâla lil-mala'i hawlahu 'inna hâdhâ lasâhirun 'alîmun yurîdu 'an yuhrijakum min 'ardikum bisihrihî famâdhâ ta'murûna qâlû 'arjih wa 'akhâhu wab'ath fî-l-madâ'ini hâshirîna ya'tûka bikulli sahhârin 'alîmin
Si tu adores un autre Allah que moi, je te jetterai en prison. Même si je t'apporte une preuve indiscutable! Apporte-la, si vraiment tu l'as. Moïse lança son bâton qui se transforma aussitôt en serpent. Il montra sa main qui apparut blanche aux spectateurs. Pharaon confia à ses intimes : «C'est vraiment un magicien extraordinaire» «Il cherche à vous chasser de votre pays avec ses sorcelleries. Qu'en pensez-vous ?» Ses intimes lui dirent : «Fais-le patienter lui et son frère et envoie dans chaque ville des messagers qui recruteront les meilleurs magiciens»
Pharaon, se sentant incapable de faire face à Moïse soit en argument soit en force, le menaça de l'emprisonner s'il prend un autre dieu que lui. Moïse de lui répondre : «Même si je t'apporte une preuve indiscutable». - Apporte-la, si tu es véridique, répliqua Pharaon. Moïse jeta son bâton, et le voici un grand serpent qui circule dont la bouche est ouverte et sa forme est effrayante. Puis comme une autre preuve, il montra sa main, et la voici blanche pour ceux qui regardaient. Pharaon, devant ce fait, ne trouva aucun argument que de dire à ses alentours : «C'est vraiment un magicien extraordinaire». Il voulut par là convaincre ses intimes que les preuves apportées par Moïse ne sont que des sorts des magiciens et non comme des miracles. Et pour les inciter contre lui, Pharaon s'écria :
Il cherche à vous chasser de votre pays avec ses sorcelleries. Qu'en pensez-vous ?
C'est-à-dire : Moïse, par sa magie, aura beaucoup de partisans et une grande suite, et pourra vaincre le peuple de Pharaon et le soumettre à sa volonté. Il consulta ses intimes :
Qu'en pensez-vous, qu'est-ce qu'on doit faire pour l'affronter et lui faire face ?
Ils lui répondirent :
Fais-le patienter lui et son frère et envoie dans chaque ville des messagers qui recruteront les meilleurs magiciens
Remets-le à plus tard, lui et son frère, et envoie des gens qui t'amèneront de tous les coins de ton royaume tout magicien savant, ainsi tu pourras vaincre Moïse. Tel fut le dessein de Dieu qui a voulu que tous les hommes seront rassemblés sur un même tertre et verront les signes de Dieu sans aucune contestation.
fajumi‘a-s-saharatu limûqâti yawmim m a‘lûmin wa qîla li-n-nâsi hal ’antum m ujtam i‘ûna la ‘allanâ nattabi‘u-s-saharata ’in kânu humu-1gâlib în a falam m â ja^’a -s-sa h a ra tu qâlû li-F ir‘aw na ’a ’inna lanâ la’ajran ’in kunnâ nahnu-l-galibîna qâla n a‘am wa ’innakum ’ida-1lam inal-l-m uqarrabîna qâla lahum M ûsa ’alqû m a ’antum mulqûna fa’alqaw hibâlahum wa ‘isiyyahum wa qâlû bi‘izzati F ir‘awna ’innâ la n ah n u -l-g âlib û n a fa ’alqâ M ûsâ ‘asâh u fa’id â hiya talq afu m â ya’fikûna fa’ulqiya-s-saharatu sâjidîna qâlu I f m annâ birrabi-1- ‘âlamîna rabbi M ûsâ wa H ârûna
Les magiciens furent convoqués à un jour fixé. Toute la population fut invitée. «Nous sympathiserons avec les magiciens, s'ils ont le dessus», dit la foule. Une fois assemblés, les magiciens dirent à Pharaon: «Nous récompenseras-tu, si nous l'emportons?» «Sans doute, répondit-il, je vous admettrai dans ma cour.» Moïse leur dit: «Commencez». Ils lancèrent leurs cordes et leurs bâtons en disant: «Par la gloire de Pharaon, la victoire est à nous.» À son tour, Moïse lança son bâton et le voilà qui enlève jusqu'aux traces de leurs artifices. Les magiciens se jetèrent la face contre terre. Ils s'écrièrent: «Nous nous soumettons au Maître de l'univers Le Allah de Moïse et d'Aaron».
Les magiciens furent réunis. Ils étaient au nombre de douze mille - ou quinze mille selon d'autres -, et les plus habiles et savants. Les gens s'empressèrent à être témoins de ce spectacle qui bientôt allait se produire. Ils dirent :
Nous sympathiserons avec les magiciens s'ils ont le dessus
sans dire : nous suivrons la vérité qui va éclater. Car la gent du peuple ne fait que suivre son maître.
Une fois se trouvant réunis devant Pharaon, sa cour, ses esclaves et ses conseillers, les magiciens quémandèrent ses faveurs s'ils auraient le dessus sur Moïse : «Nous récompenseras-tu, si nous l'emportons ?». Et lui de les rassurer en leur promettant : «Sans doute, je vous admettrai dans ma cour». Vous serez rapprochés de moi et ferez partie des miens.
Les magiciens se rendirent alors au lieu où ils devaient montrer leurs magies à Moïse. Ils lui dirent : «Serons-nous les premiers à jeter, ou toi ?». Il leur répondit : «Jetez ce que vous avez à jeter» et eux de s'écrier : «Par la gloire de Pharaon, la victoire est à nous». Des propos que les ignorants profèrent lorsqu'ils vont aduler les autres.
Moïse jeta son bâton à son tour, et le voilà qui engloutit tout ce que les magiciens avaient fabriqué. Ainsi la vérité se manifesta et leurs manœuvres furent inutiles. Les magiciens, constatant que ce fut quelque chose qui n'émane que d'un grand puissant, tombèrent alors prosternés, crurent en Moïse et se soumirent au Seigneur des mondes dans un moment solennel où Pharaon essuyait un grand échec. Mais il était un homme insolent et audacieux, se détourna de Moïse et commença à menacer les magiciens qui lui causèrent ce grand scandale. Il leur dit :
Ce doit être votre chef celui qui vous a enseigné la magie. Vous aurez de mes nouvelles
comme il leur a dit dans un autre verset : «C'est là une machination organisée d'avance..» (7:123).
qāla 'a-lam antum lahū qabla 'an 'ādhana lakum 'innahū lakabīrukumu-lladhī 'allamakumu-s-siḥra falasawfa ta'lamūna la'uqaṭṭi'anna 'aydiyakum wa 'arjulakum min khilāfin wa la'uṣallibannakum 'ajma'īna qālū lā ḍayra 'innā 'ilā rabbinā munqalibūna 'innā naṭma'u 'an yaghfira lanā rabbunā khaṭāyanā 'an kunnā 'awwala-l-mu'minīna
«Comment, vous vous soumettez à Lui avant que je vous autorise», s'écria Pharaon. «Ce doit être votre chef, celui qui vous a enseigné la magie, vous aurez de mes nouvelles». Je vous ferai couper un pied d'un côté et une main de l'autre et je vous ferai tous crucifier. Qu'importe! répondirent-ils. Ne ferons-nous pas retour à notre Seigneur? Nous souhaitons qu'Allah nous pardonne nos péchés pour avoir fait notre soumission les premiers.
Les menaces de Pharaon ne lui servirent à rien, bien au contraire, elles firent accroître la foi des magiciens et leur soumission à Dieu, car en voyant des miracles qui dépassaient le pouvoir humain, la vérité leur apparut claire comme le jour. Donc Moïse n'est pas un sorcier comme eux, mais un Prophète envoyé. Pharaon leur dit :
Comment, vous vous soumettez à Lui avant que je vous autorise
il fallait demander mon autorisation étant votre dieu et Seigneur «Ce doit être votre chef, celui qui vous a enseigné la magie». Ce fut une impénitence dont chacun connaît la cause et sa fausseté. Car les magiciens n'ont jamais rencontré Moïse avant ce jour-là, comment pouvait-il être leur chef qui leur avait enseigné la magie ? Vraiment il y a là un raisonnement inouï.
Pharaon les menaça ensuite de leur couper les pieds d'un côté et les mains de l'autre, ils lui répondirent :
Qu'importe ! Ne ferons-nous pas retour à notre Seigneur
Tout reviendra vers Lui, car Il ne fera plus perdre les bonnes actions des hommes, d'autant plus, Il connaît bien comment tu nous as traités.
«Nous souhaitons qu'Allah nous pardonne nos péchés» surtout la magie dont tu nous as contraints à pratiquer «pour avoir fait notre soumission les premiers» parmi le peuple copte, celui de
wa 'awḥaynā 'ilā Mūsā 'an 'asri bi'ibādī 'innakum muttaba'ūna fa'arsala Fir'awnu fī-l-madā'ini ḥāshirīna 'inna hā'ulā'i lasirdhimatun qalīlūna wa 'innahum lanā laghā'iẓūna wa 'innā lajamī'un ḥādh irūna fa'akhrajnāhum min jannātin wa 'uyūnin wa kunūzin wa maqāmin karīmin kadhālika wa 'awrathnāhā banī 'isrā'īla
Nous suggérâmes à Moïse de s'enfuir de nuit avec nos serviteurs. Nous le prévînmes qu'il serait poursuivi. Pharaon envoya dans les villes des agents pour les arrêter. Ils ne forment qu'un petit groupe misérable, disait Pharaon. Et cependant ils me mettent en souci. Heureusement que nous sommes vigilants. Nous arrachâmes les Égyptiens à leurs jardins et à leurs sources, à leurs trésors et à leurs résidences somptueuses. Tel fut leur sort. Nous fîmes des Israélites leurs héritiers.
Comme le séjour de Moïse en Égypte dura longtemps, en appelant Pharaon et son peuple à l'adoration de Dieu sans résultat, malgré les signes et les preuves qu'il avait présentés, il ne resta alors que le châtiment et le supplice qu'ils devaient subir. Dieu ordonna à Moïse de quitter l'Égypte de nuit, accompagné des fils d'Israël, et de se diriger vers le lieu où Il le lui indiquerait. Moïse s'exécuta, et son peuple emprunta aux Coptes des bijoux et des parures la veille de leur sortie.
On a rapporté que ce fut lors de l'apparition de la lune, et que Moïse avait demandé qu'on lui montre la tombe de Youssof (Joseph). Une vieille femme israélite la lui montra, et alors Moïse emporta le linceul avec lui en quittant le pays, et il recommanda aux fils d'Israël de le porter avec eux là où ils se dirigeraient.
Le lendemain matin, Pharaon se mit en colère quand on lui apprit qu'aucun Israélite ne se trouvait chez lui, et sa fureur devint intense contre tous les fils d'Israël. Il envoya dans tous les coins du pays ses agents pour recruter une grande armée en s'écriant :
Ces Israélites ne forment qu'une petite troupe misérable et irritante pour nous, mais heureusement que nous sommes nombreux et vigilants.
Il crut qu'à tout moment il serait capable de les maîtriser et de les châtier. Mais Dieu était aux aguets ; Il se vengea de Pharaon et de son peuple en les dépouillant de jardins, de sources, de trésors et des demeures somptueuses qu'ils habitaient, et Il les donna aux fils d'Israël, comme Il le montre dans ce verset :
Nous avons appelé à leur succéder le peuple hier encore opprimé et, sur la terre couverte de nos bénédictions
[Coran
fa'atba'ûhum musriqîna falammâ tarâ'a-l-jam'âni qâla ashâbu Mûsâ innâ lamudrakûna qâla kallâ inna ma'iya rabbî sayahdîni fa'awhaynâ ilâ Mûsâ ani-drib bi'asâka-l-bahra fanfalqa fakâna kullu firqin ka-t-tawdi-l-'azîmi wa'azlafnâ thamma-l-âkharîna wa 'anjaynâ Mûsâ wa man ma'ahu ajma'îna thumma 'agraqnâ-l- âkharîna inna fî dhâlika la'âyatan wa mâ kâna aktharuhum mu'minîna wa 'inna rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu
Les Egyptiens se lancèrent à leur poursuite au lever du jour. Lorsque les deux groupes furent en présence, les compagnons de Moïse s'écrièrent: «Nous sommes atteints». Qu'importe! répliqua Moïse. Mon Allah est avec moi. Il me sauvera. Nous ordonnâmes à Moïse de frapper les flots avec son bâton. Ils se fendirent aussitôt. Ils formèrent de chaque côté comme une haute montagne. Nous attirâmes les Egyptiens. Nous sauvâmes Moïse et tous les siens. Puis nous refermâmes les flots sur les autres. Cette histoire comporte un enseignement. Mais la plupart des hommes ne croient pas. Ton Seigneur est toute majesté et toute clémence
D'après plusieurs exégètes, Pharaon sortit à la tête d'un grand nombre de ses ministres, conseillers et commandants, et atteignirent le littoral au lever du soleil. «Lorsque les deux groupes furent en présence, les compagnons de Moïse s'écrièrent: «Nous sommes atteints». Arrivés sur le rivage de la mer Rouge, à la vue de Pharaon et sa grande armée, les Israélites éprouvèrent une certaine frayeur, mais Moïse les rassura: «Qu'importe! Mon Allah est avec moi. Il me sauvera». Ne redoutez rien, ils ne peuvent rien contre vous car Dieu m'a ordonné de vous conduire jusqu'ici et m'a promis qu'il me mettra à l'abri, ainsi que vous, du mal de Pharaon. A savoir que Aaron -que Dieu le salue- et Youch'a Ben Noun étaient à la tête des fils d'Israël et le croyant du peuple de Pharaon, tandis que Moïse était à l'arrière avec les autres. Dieu alors ordonna à Moïse de frapper les flots avec son bâton, et voilà que la mer s'entrouvrit et chacune de ses deux parties devint pareille à une immense montagne.
Mouhammad Ben Ishaq a raconté que Dieu inspira la mer que lorsque Moïse la frappe, elle doit être fendue de sorte de laisser un passage à Moïse et à son peuple. Au premier coup de bâton, la mer s'agita et les flots s'entrechoquèrent par crainte et effroi du Seigneur.
Quant à Ibn Abbas, il a dit: «La mer fut transformée en douze passages dont chacun fut destiné à l'une des tribus des fils d'Israël. Les hommes, en passant, regardaient l'un l'autre à travers des flots qui furent comme des murs séparant les uns des autres, et on put aussi voir le fond qui apparut comme une terre solide, tout comme Dieu le montre dans ce verset: «Ouvre-leur un chemin à travers les flots», lui commandâmes-nous. «Ne crains pas d'être rejoint et sois sans inquiétude».»
Dieu fit approcher de la mer Pharaon et son armée. A ce moment Moïse fut sauvé avec son peuple, et Dieu fit engloutir Pharaon et les siens. Ibn Mass'oud a commenté ce fait et dit: Une fois Moïse se trouva avec les fils d'Israël et ceux qui ont cru en lui, et Pharaon et son armée dans les flots, ceux-ci se refermèrent sur eux et les engloutirent du premier au dernier. La mer parut alors noire à cause du grand nombre de naufragés».
«Cette histoire comporte un enseignement» et un grand miracle pour les croyants, et afin qu'ils sachent que Dieu est omnipotent et sa répression est redoutable. «Mais la plupart des hommes ne croient pas». Le Seigneur est, en vérité, le Tout-Puissant et le Miséricordieux.
wa-tlu 'alayhim naba'a 'Ibrâhîma 'idh qâla li'abîhi wa qawmihi mâ ta'budûna qâlû na'budu 'asnâman fanazallu lahâ 'âkifîna qâla hal yasma'ûnakum 'idh tad'ûna 'aw yanfa'ûnakum 'aw yadurrûna aqdamûna fa'innahum 'aduwwun lî 'illâ rabba-l-'âlamîna
Raconte-leur l'histoire d'Abraham. Il dit, un jour, à son père et à son peuple : «Qu'adorez-vous là ?» Ils répondirent : «Nous adorons les idoles. Nous leur vouons un culte.» «Vous entendent-elles quand vous les invoquez ?» interrogea Abraham. «Vous servent-elles ou vous nuisent-elles ?» «Non, mais nos pères pratiquaient un tel culte.» «Eh bien ! Sachez-le : les idoles que vous adorez et qu'adoraient vos pères sont mes ennemis. Il n'y a qu'un maître de l'univers.»
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de raconter à ses compagnons l'histoire d'Abraham, le modèle des hommes droits, afin de le prendre comme Imam et le suivre en imitant sa sincérité et son dévouement, et ceci en n'adorant que le seul Seigneur qui n'a pas d'associés, et en désavouant ce que font les autres.
Un jour, Abraham demanda à son père et à son peuple :
«Qu'adorez-vous ?». Ces idoles devant lesquelles vous vous prosternez vous entendent-elles, lorsque vous les invoquez, ou vous sont-elles utiles ou nuisibles ? La réponse fut la suivante : «Non, mais nos pères pratiquaient un tel culte». Donc ils ne font que suivre leurs pères dans leur adoration de ces idoles sans aucune réflexion.
Il leur dit :
Sachez que les idoles que vous adorez et qu'adoraient vos pères, sont mes ennemies. Il n'y a qu'un seul maître de l'univers
Abraham a voulu dire par cela : pour moi ces idoles ne signifient rien, qu'elles me nuisent donc si elles en sont capables, elles ne sont que mes ennemies. Ainsi Abraham désavoua le culte de son père et de son peuple :
Je réprouve ce que vous adorez. Je n'adore que Celui qui m'a créé. Il me mettra dans le bon chemin (43:26-27)
ladî halaqanî fahuwa yahdîni wa-l-ladî huwa y u t‘imum wa yasqîni wa ’id â m arittu fahuw a yasfîni w a-l-ladî yum îtunî tu m m a yuhyîni wa-l-ladX ’atm a‘u ’ay-yagfira lî h a f î’atî yawma-d-dîni
C'est Lui qui m'a créé et qui me dirige, qui me nourrit et me donne à boire, qui me guérit quand je tombe malade, qui me fera mourir et me ressuscitera, qui, je l'espère, absoudra mes péchés au jour du jugement dernier.
Abraham répondit : je n'adore que Celui qui est capable de faire ces choses-là :
- Qui crée et dirige, Il égare, comme Il dirige vers le chemin droit, quiconque veut être égaré ou dirigé, bien que tout cela ait été.
- Qui nourrit et qui abreuve, en d'autres termes : Il est celui qui assure la subsistance des hommes et pourvoit à leurs besoins.
- Qui guérit les malades, car Il est le seul guérisseur, malgré qu'Il est le créateur des maladies d'après sa prédestination.
- Qui fait mourir les hommes et les ressuscitera au jour dernier.
- Qui pardonne les péchés de quiconque se repent et revient à Lui.
rabbi hab lî hukm an wa 'alhiqnî bi-s-sâlihîna waj'al-lî lisâna sidqin fî-l-'âhirîna waj'alnî min warâtati jannati-n-na'îmi wagfir li'abî 'innahû kâna mina-d-dâllîna walâ tuhzinî yawma yub'atûna biqalbin salîmin
Seigneur, donne-moi la sagesse et compte-moi au nombre des justes. Fais que je laisse la réputation d'un homme sincère parmi les générations à venir. Pardonne à mon père d'avoir été parmi les égarés. Ne m'humilie pas au jour de la résurrection. Au jour où les richesses et les enfants n'auront plus de valeur. Une âme pure étant seule agréable à Allah.
Abraham demande à Dieu de lui accorder la sagesse, ou la science ou le Coran, selon différentes interprétations des ulémas et de le placer au nombre des justes. On a rapporté que le Messager de
Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- disait lors de son agonie:
Grand Dieu, que ce soit avec le plus haut Compagnon
et aussi il invoquait le Seigneur par ces mots:
Grand Dieu, fais-nous vivre soumis (musulmans), fais-nous mourir soumis, rattache-nous aux gens de bien, non humiliés ni apostasiés
Fais que je fasse la réputation d'un homme sincère parmi les générations à venir
C'est à dire: assigne-moi une langue de vérité qu'elle soit un exemple pour la postérité et qu'elle m'imite, et que ces générations ne parleront de moi que du bien. «Appelle-moi parmi les héritiers du jardin de la félicité» et dans la vie future, que mon sort soit dans le Paradis du délice.
«Pardonne à mon père d'avoir été parmi les égarés», mais Abraham cessa cette invocation en faveur de son père après avoir constaté qu'il était parmi les incrédules et égarés invétérés, car Dieu a montré son cas dans ce verset:
Si Abraham implora le pardon d'Allah en faveur de son père, c'est qu'il le lui avait promis. Lorsqu'il se rendit compte que son père était l'ennemi d'Allah, il le désavoua (9:114)
«Ne m'humilie pas au jour de la résurrection» En d'autres termes: fais que je ne serais plus humilié au jour du jugement dernier à cause de mon père, le jour où tous les hommes seront jugés selon leurs œuvres. A ce propos, Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Au jour de la résurrection, Abraham rencontrera son père enveloppé de poussière et d'humiliation
Suivant une autre version, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Au jour de la résurrection, Abraham rencontrera son père Azar dont le visage sera couvert d'humiliation et de poussière. Abraham lui dira: «Ne t'ai-je pas demandé de ne pas me désobéir?» Il lui répondra: «Aujourd'hui, je ne te désobéis pas». Puis Abraham s'adressera au Seigneur: «Mon Dieu, Tu m'as promis de ne pas me faire l'affront où Tu ressusciteras les hommes. Quelle honte serait-elle plus grande pour moi que de voir mon père dépourvu de Ta miséricorde?» Dieu -à Lui la puissance et la gloire- dira: «J'ai interdit aux incrédules d'entrer au Paradis». Ensuite on dira: «Ô Abraham, qu'as-tu à tes pieds?». Abraham regardera et trouvera une hyène toute maculée, on la prendra et on la précipitera dans le feu (Boukhari, d'après Abou Houraira, et Nassaï)
(1).
Au jour où les richesses et les enfants n'auront plus de valeur
Ce jour-là, ni biens ni enfants ne pourraient préserver l'impie du châtiment même s'il donnait tout l'or de la terre pour se racheter. Seule la foi servira à l'homme et qu'elle soit sincère.
«Une âme pure étant seule agréable à Allah». Cette âme sera purifiée du polythéisme et de grands péchés. Mais Ibn Abbas a dit qu'il s'agit du témoignage qu'il n'y a pas d'autres divinités que Dieu. Quant à Sa'id Ben Al-Moussaiab, il a avancé que l'âme pure est celle du croyant, tandis que celle de l'hypocrite est malade et tachée de
wa ’uzlifati-l-jannatu li-l-muttaqîna wa burrizati-l-jahîmu-li-l-gâwîna wa qîla lahum ’ayna mâ kuntum ta ‘budûna min dûni-L-Lâhi hal yansurûnakum ’aw yantasirûna fakubkibû fîhâ hum wa-l-gâwûna »Ijj) .IjUI ^ ^jîUi -UÎl jAJ wa junûdu ’Iblîsa ’ajma‘ûna qâlu wa hum fîhâ yahtasimûna ta-L-Lâhi ’in kunnâ lafî dalâlim-m ubînin ’id nusawwikum bi rabbil-‘âlam îna wa m a ’ad a lla n a ’illâ-l-m ujrim ûna fam âlanâ m in sâfi‘îna w alâ sadîqin h am îm in falaw ’an n a la n â k a rra ta n fanakûna m ina-l-m u’m inîna ’inna fî d âlika la’a'yatan wam â kâna ’aktaruhum m u’minîna wa’inna rabbaka lahuwa-l-‘Azîzu-r-Rahîmu
Au jour où le Paradis se rapprochera des vertueux. Où l'enfer se montrera aux réprouvés. Où cette question sera posée à ces derniers : «Où sont les idoles que vous adoriez à la place d'Allah? Peuvent-elles vous défendre ou se défendre elles-mêmes?» Tous seront précipités dans l'enfer, adorés et adorateurs, et toutes les troupes d'Iblis. Se prenant à partie les uns les autres, les adorateurs diront : «Par Allah, nous nous sommes manifestement trompés, en vous assimilant au maître de l'univers. Ce sont les méchants qui nous ont égarés. Hélas! nous n'avons plus d'intercesseur! ni d'ami sincère. Ah! si nous pouvions revenir sur terre, nous croirions!» Ceci constitue un avertissement mais la plupart des hommes sont incrédules. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde.
Au jour dernier, Dieu rapprochera le Paradis tout orné et embelli à ceux qui Le craignent, et fera surgir la Géhenne aux incrédules égarés. Puis on dira à ces derniers:
Où sont les idoles que vous adoriez à la place d'Allah? Peuvent-elles vous défendre ou se défendre?
Aujourd'hui, ces idoles ne vous serviront à rien ainsi que tout ce que vous adoriez en dehors de Dieu, vous et eux, serez les aliments de la Géhenne où vous serez précipités, ainsi que ceux qui vous incitaient à les adorer, Iblis et ses suppôts. Alors ils s'écrieront:
Par Allah, nous nous sommes manifestement trompés, en vous assimilant au maître de l'univers.
Les faibles parmi les réprouvés diront aux plus puissants en les blâmant:
«Nous étions dans un égarement total quand nous vous considérions comme des maîtres en vous obéissant et en désobéissant au Seigneur des deux mondes. «Hélas! nous n'avons plus d'intercesseur ni ami sincère» car, selon
Qatada, si l'ami était sincère et juste, il serait utile, et s'il était un intime et pieux, on accepterait son intercession.
Ils souhaiteraient: «Si nous pouvions revenir sur terre nous croirions».
Mais Dieu connaît bien que s'ils étaient ramenés sur la terre, ils reviendraient à ce qui leur était interdit. Ce sont des menteurs.
Ceci constitue un avertissement mais la plupart des hommes sont incrédules
La Polémique qui eut lieu entre Abraham et son peuple fut
un argument du Prophète de Dieu -que Dieu le salue- contre eux, et qui ne fut autre que le témoignage qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu, mais, hélas, la plupart des hommes ne sont pas des croyants.
kadhdhabat qawmu Nūḥini-l-mursalīna 'idh qāla lahum 'akhūhum Nūḥun 'a-lā tattaqūna 'innī lakum rasūlun 'amīnun fa-ttaqū-Llāha wa 'aṭī'ūni wa mā 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illā 'alā rabbi-l-'ālamīna fa-ttaqū-Llāha wa 'aṭī'ūni
Le peuple de Noé traita les Prophètes d'imposteurs. Noé dit à ses frères : « Pourquoi ne croyez-vous pas ? » Je suis un Prophète de bonne foi. Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous réclame aucune récompense. Je n'attends ma récompense que du Maître de l'univers. Craignez Allah et obéissez-moi.
Noé fut le premier Prophète que Dieu envoya aux habitants de la terre, qui, à cette époque, adoraient les idoles. Noé les mit en garde contre le châtiment de Dieu et les appela à adorer le Seigneur des mondes. Mais son peuple le traita de menteur et persévéra dans son égarement et son incrédulité.
Il leur dit :
Pourquoi ne croyez-vous pas ? Je suis un Prophète de bonne foi. Je suis envoyé vers vous afin de cesser l'adoration des idoles et vous devez n'adorer que Dieu. Je suis fidèle en vous communiquant le message du Seigneur tel quel, sans rien ajouter ni diminuer. Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous réclame aucune récompense.
Car je n'attends ma rétribution que de Dieu. Ma sincérité ne doit pas être un sujet de doute ni de reniement ; le message que je communique ne provient que de Dieu. Croyez-moi et obéissez à Dieu.
qâlû 'anu'minu laka wa-t-taba'aka-l-'ardalûna qâla wa mâ 'ilmî bimâ kânû ya'malûna 'in hisâbuhum 'illâ 'alâ rabbî law tas'urûna mubînun
Allons-nous te croire quand tu n'as convaincu que la lie du peuple. Je n'ai pas à connaître des actions de mes partisans, repartit Noé. Ils n'ont de compte à rendre qu'à Allah, le comprendrez-vous ? Ce n'est pas moi qui repousserai les croyants. Je ne suis manifestement qu'un messager.
Le peuple de Noé lui répondit :
Croirons-nous en toi alors que ce sont les plus vils parmi les hommes qui te suivent ?
Et Noé de répliquer :
Je n'ai pas à connaître des actions de mes partisans.
Ma mission ne consiste pas à examiner les actions de ceux qui m'ont suivi, il ne m'incombe que de croire en leur foi quelles que soient leurs œuvres, et je confie leur secret à Dieu qui les jugera :
Ils n'ont de compte à rendre qu'à Allah. Ce n'est pas moi qui repousserai les croyants.
Je ne chasserai plus ceux qui me suivent et croient en mon message, car ils seront des miens, et je serai des leurs, qu'ils soient pauvres, puissants, forts ou faibles, en vérité, je ne suis qu'un avertisseur.
qâlû la'in lam tantahi yâ Nûhu latakûnanna mina-l-marjûmîna qâla rabbi 'inna qawmî kadhdhabûni faftah baynî wa baynahum fathan wa najjinî wa man ma'iya mina-l-mu'minîna fa'anjaynâhu wa man ma'ahû fî-l-fulki-l-mashḥûni thumma 'aghraqnâ ba'da-l-bâqîna inna fî dhâlika la'âyatan wamâ kâna 'aktaruhum mu'minîna wa inna rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu
Si tu t'obstines dans cette voie, ô Noé, tu seras lapidé. Il dit: «O Seigneur, mon peuple me traite de menteur» Tranche entre lui et moi. Sauve-moi ainsi que ceux qui se sont convertis à ma foi. Nous les sauvâmes, lui et ses partisans, sur une arche abondamment approvisionnée. Puis, nous submergeâmes les autres. Ceci constitue un avertissement, mais la plupart des hommes sont incrédules. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde
Le séjour de Noé parmi son peuple dura des siècles en l'appelant à Dieu matin et soir. Chaque fois qu'il les conviait à croire en Dieu, ils persévéraient dans leur obstination et leur incrédulité. Ils le menacèrent enfin:
Si tu t'obstines dans cette voie, ô Noé, tu seras lapidé
Alors Noé ne trouva que s'adresser au Seigneur en lui priant de trancher entre lui et son peuple, tout comme Il a dit ailleurs: «Je suis à bout, viens à mon secours» (54:10). Dieu l'exauça en le sauvant avec les croyants sur l'arche qui portait les provisions nécessaires pour un long voyage et un couple de chaque espèce, en faisant noyer les autres qui restaient mécroyants. Il y a vraiment là un signe, mais les hommes sont incrédules.
kad d abat 'Âdun-i-l-mursalîna 'id qâla lahum 'ahûhum Hûdun 'alâ tattaqûna 'innî lakum rasûlun 'amînun fa-t-taqû-L-Lâha wa 'atî'ûni wamâ 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illâ 'alâ rabbi-l-'âlamîna 'atabnûna bikulli rî'in 'âyatan ta'batûna wa tattahidûna masâni'a la'allakum tahludûna wa 'idâ batastu m batastum jabbârîna fattaqû-L-Lâha wa 'atî'ûni wa-t-taqû-l-ladî 'amaddakum bimâ ta'lamûna 'amaddakum bi'an'âmin wa banîna wa jannâtin wa 'uyûnin 'innî 'ahâfu 'alaykum 'adâba yawmin 'azîmin
Les Adites traitèrent leurs Prophètes de menteurs. Leur frère, Houd, leur dit : « Pourquoi ne croyez-vous pas ? Je suis pour vous un Prophète sincère. Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous réclame pas de récompense. Je n'attends ma récompense que du Maître de l'univers. Construirez-vous sur chaque colline un belvédère de plaisance ? Édifierez-vous des monuments en vue d'un usage éternel ? » Quand vous sévissez, vous sévissez sans mesure. Craignez Allah et obéissez-moi. Craignez celui qui vous a dispensé si généreusement ses dons. Qui vous a donné des troupeaux et une abondante postérité, des jardins et des sources. J'appréhende pour vous le châtiment d'une journée épouvantable.
Dieu mentionne l'histoire de Son Prophète Houd qui fut chargé d'appeler son peuple les Adites à l'adoration du Maître de l'univers. Ce peuple habitait le pays de «Al-Ahqaf», une région constituée des dunes de sable près de Hadramout et proche du Yemen. Ce peuple succéda au peuple de Noé comme il est mentionné dans ce verset :
Souvenez-vous que votre Seigneur vous a appelés à la succession du peuple de Noé ? Souvenez-vous qu'il a affermi votre puissance (7:69)
Ils étaient des hommes de forte corpulence et robustes, jouissaient d'une grande richesse, et vivaient dans un pays prospère où il y avait les jardins, les plantations, les arbres fruitiers. Et malgré leur bien-être, ils adoraient des idoles en dehors de Dieu. Dieu leur envoya un Prophète pris parmi eux comme avertisseur, en les appelant à L'adorer et les mettant en garde contre Son châtiment et Sa vengeance.
Houd dit à son peuple :
Construirez-vous sur chaque colline un belvédère de plaisance ?
C'est-à-dire : Bâtirez-vous sur chaque colline des châteaux et des grands monuments rien que pour vous divertir sans les habiter, mais pour montrer votre force et vos richesses ! Leur Prophète Houd désavoua leur prodigalité en dépensant leur fortune et leur force dans des travaux qui ne leur serviront à rien dans les deux mondes, et dans la construction des châteaux comme s'ils souhaitaient vivre pour toujours, éternellement. Ne savez-vous pas qu'un jour vous les quitterez sans en profiter ?
À ce propos, on a rapporté que, une fois se trouvant en Syrie, Abou Dzarr constata que ses habitants avaient trop dépensé dans la construction de grands châteaux et la plantation de tant de jardins. Il se tint en prédicateur dans la mosquée et leur dit :
Ô habitants de Damas, n'avez-vous pas honte, n'avez-vous pas honte ! Vous faites des provisions de ce que vous ne consumerez pas, vous construisez ce que vous n'habiterez pas, vous espérez ce que vous n'atteindrez pas ? Avant vous, il y a eu des générations qui amassaient et thésaurisaient, construisaient et consolidaient, et espéraient une longue vie ! Leur espoir ne fut qu'illusion, leur thésaurisation délaissée, leurs demeures remplissaient la région située entre Aden et Oman et d'autres espèces de montures ! Qui peut me les acheter à deux dirhams ?
Les Adites étaient aussi un peuple fort, puissant et tyran. Houd les convia à craindre Dieu et à obéir à Son Prophète, puis il leur détailla les bienfaits que Dieu leur a accordés : troupeaux, enfants, jardins, sources d'eau, etc. Il leur conseilla d'appréhender le châtiment d'un jour terrible. Mais tout cela fut sans résultat.
qâlû sawâ'un 'alayna 'awa'azta am lam takum-mina-l-wâ'izîna 'in hâdâ 'illâ huluqu-l-'awwalîna wamâ nahnu bimu'addabîna fakaddabûhu fa'ahlaknâhum 'inna fî dâlika la'âyatan wamâ kâna 'akt aruhum mu'minîna wa'inna rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu
Il nous est indifférent que tu nous exhortes ou non, répondirent-ils. Nos usages nous viennent d'une vieille tradition. Nous n'encourrons aucun châtiment. Pour avoir traité Houd d'imposteur, nous les avons exterminés. Ceci constitue un enseignement mais la plupart des hommes sont incrédules. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde.
Après que Houd ait montré le chemin de la vérité à son peuple en l'y appelant, l'avertissant et le mettant en garde contre le châtiment de Dieu, quelle fut sa réponse ? Il lui dit :
Il nous est indifférent que tu nous exhortes ou non
qui signifie que nous ne cessons plus nos pratiques, «Nous n'abandonnerons pas nos divinités sur tes simples dires. Nous ne te croyons pas» (11:53). Ainsi fut-il, car Dieu a dit ailleurs :
Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront (10:96)
Ils ajoutèrent : «Nos usages nous viennent d'une vieille tradition», tout comme les polythéistes ont répondu à Mouhammad :
Ce ne sont que vieux contes recueillis par lui, ajoutent-ils, qu'on lui dicte matin et soir
[XXV, 5]. Cette vieille tradition signifie la religion que suivaient leurs pères et ancêtres, voulant dire par là : Nous suivons leur religion, nous vivons comme ils ont vécu, nous mourrons comme ils sont morts, et il n'y aura ni résurrection ni rassemblement, et en plus, «Nous n'encourrons aucun châtiment».
À cause de leur mécroyance et leur obstination, Dieu les a châtiés comme il est cité dans plusieurs endroits du Coran. Il leur a envoyé un vent glacial dévastateur qui les a exterminés. Ce châtiment fut plus fort et plus puissant qu'eux, car : «Le peuple d'Ad s'enflait d'orgueil sur terre sans raison. Il disait : «Quel peuple est plus fort que nous en ce monde» (41:15). Ce vent était plus fort qu'eux et les dévasta. Dieu a montré leur sort dans une autre sourate en disant :
Un vent glacé et d'une impétuosité inouie a décimé le peuple d'Ad. Allah le déchaîna contre eux sept nuits et huit jours consécutifs. Les gens étaient renversés sur le sol comme des troncs de palmier creux (69:5-7)
Comme les ulémas ont expliqué ce fait, le vent arracha l'homme de la terre, l'éleva dans l'air et le lâcha, il tomba sur sa tête et se cassa le cou, et fut pareil à un tronc de palmier creux. À savoir, que lorsqu'ils commencèrent à subir ce châtiment, ils se sont réfugiés dans les caves et les grottes en y creusant des fossés qui les couvrirent jusqu'à la taille, mais tout cela ne leur servit à rien, car ils n'ont pas pu échapper au supplice de Dieu.
kadhdhabat Thamûdu-l-mursalîna 'idh qâla lahum 'akhûhum Sâlihun 'alâ tattaqûna 'innî lakum rasûlun 'amînun fa-ttaqû-L-Lâha wa 'atî'ûni wa mâ 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illâ 'alâ rabba-l-'âlamîna
Les Thémoudites traitèrent leurs Prophètes d'imposteurs. Leur frère Saleh leur dit : « Pourquoi ne croyez-vous pas ? » Je suis pour vous un envoyé de bonne foi. Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous réclame aucune récompense. J'attends ma récompense du Maître de l'univers.
Les Thémoudites étaient des Arabes qui habitaient la ville de Hidjr entre Wadi Al-Qoura et les pays de Châm. Leurs demeures sont déjà connues. Ils vécurent après les Adites et avant l'avènement du Prophète Abraham -que Dieu le Salue-. Dieu leur envoya Saleh qui les appela à Dieu, à L'adorer sans rien Lui associer, de Lui obéir et croire en son message. Mais ils le traitèrent d'imposteur et refusèrent de le suivre. Il leur répondit qu'il n'attendait plus d'être récompensé par eux car sa récompense incombe à Dieu, puis il leur rappela les bienfaits
'atutrakûna fî mâ hâhunâ âminîna fî jannâtin wa 'uyûnin wa zurû'in wa nahlin tal'uhâ hadîmun wa tanhitûna mina-l-jibâli buyûtan fârihîna fa-ttaqû-L-Lâha wa 'atî'ûni walâ tutî'û 'amra-l-musrifîna al-ladhîna yufsidûna fî-l-'ardi walâ yuslihûna
Croyez-vous éternelle votre quiétude , au milieu des jardins et des sources, au milieu des campagnes fécondes et des palmeraies aux fruits succulents? Croyez-vous qu'on vous laissera extraire à l'envi la pierre des montagnes pour vos demeures? Craignez Allah et obéissez-moi. N'écoutez pas les avis des impulsifs, qui mettent le désordre sur terre et ne font jamais œuvre utile.
Il les exhorta à appréhender la vengeance de Dieu qui leur a accordé de Ses bienfaits tels que: les jardins, les sources d'eau et les différents fruits et récoltes, en leur disant aussi:
Croyez-vous qu'on vous laissera extraire à l'envi la pierre des montagnes pour vos demeures
A cet égard, on a rapporté que les Thémoudites étaient des maçons habiles qui creusaient des demeures dans les montagnes sans en avoir besoin, comme il est clair à celui qui visite actuellement ces demeures. Il les exhorta aussi à suivre ce qui leur assurera leur salut en suivant ses enseignements, et à ne plus écouter les ordres des impies qui corrompent la terre et ne s'amendent pas. Il s'agit de leurs chefs et leurs puissants qui étaient polythéistes et s'étaient détournés
qâlïï ’innamâA ’anta m ina-l-m usahhirîna ma ’anta ’illâ basarumm itlû n a fa’ti b i’âAyatin ’in kunta m ina-s-sâdiqîna qâla h â d ih î nâq atu -l-lah â sirbun wa lakum sirbu yawmim m a‘lûm in walâ fa‘aqarûhâ fa’asbahu nadimîna fa’ahadahum u-l-‘adâb u ’inna fî d âlika la ’âAyatan w am â k âna ’a k taru h u m m u’xninîna wa ’inna rabbaka lahuwa-l-‘Azîzu-r-Rahîmu
«Tu es un possédé», lui dirent-ils. Tu n'es qu'un mortel comme nous. Apporte-nous une preuve si tu es sincère. Comme preuve, je vous apporte cette chamelle. Elle aura sa portion d'eau et vous la vôtre, à jour fixé. Ne lui faites aucun mal, sans quoi un malheur effroyable s'abattra sur vous. Ils l'égorgèrent. Ils le regrettèrent aussitôt. En effet, un malheur s'abattit sur eux. Ceci constitue un avertissement. Mais la plupart des hommes sont incrédules. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde.
Le peuple de Saleh lui répondit qu'il est un possédé dépourvu de raison. En tant que mortel, comment se fait-il que tu reçoives le message en dehors de nous ? Tout comme ils ont dit dans un autre verset :
Aurait-il été préféré à nous tous pour recevoir un message ? Non. C'est un menteur effronté (54:25)
Ils lui proposèrent de leur prodiguer un signe qui affirme son message et ses avertissements. Les chefs parmi eux lui demandèrent de faire surgir d'un rocher une chamelle pleine, en lui décrivant quelques-unes de ses qualités. Alors Saleh prit leur engagement et leur pacte de lui obéir et de le suivre s'il leur faisait surgir une telle chamelle. Ils s'exécutèrent. Saleh, que Dieu le salue, leva alors les mains en implorant Dieu afin qu'il l'exauce. Le rocher se fendit et fit sortir une chamelle pleine remplissant toutes les qualités requises. Saleh leur dit :
Elle aura sa portion d'eau et vous la vôtre, à jour fixe
Il lui appartient de boire au jour convenu, et à vous de boire un autre jour. Ne lui faites aucun mal, sinon un atroce châtiment vous saisira.
La chamelle demeura un certain temps à vivre parmi eux, elle broutait l'herbe et allait au pâturage à son gré, et eux, ils profitaient de son lait. Comme cela dura longtemps, les misérables parmi eux se présentèrent et décidèrent de la tuer. «Ils l'égorgèrent. Ils le regrettèrent aussitôt». La terre trembla sous leurs pieds, un cri terrifiant leur arracha les cœurs. Ils subirent ce dont ils n'attendaient pas et ils gisèrent dans leurs demeures. Ce fut pour les hommes un autre signe, mais, hélas, la plupart d'entre eux ne croient pas.
kadhdhabat qawmu Lūṭini-l-mursalīna 'idh qāla lahum 'akhūhum Lūṭun 'a-lā tattaqūna 'innī lakum rasūlun 'amīnun fa-ttaqū-Llāha wa 'aṭī'ūni wa mā 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illā 'alā rabbi-l-'ālamīna
Le peuple de Loth traita les Prophètes d'imposteurs. Loth dit à ses frères : « Pourquoi ne craignez-vous pas Allah ? » Je suis pour vous un Prophète de bonne foi. Craignez Allah et suivez-moi. Je ne vous demande aucune récompense. Je n'attends ma récompense que du maître de l'univers.
Loth, le neveu d'Abraham, Dieu l'envoya à une grande nation du vivant d'Abraham. Elle habitait Sadoum (Sodome), près de Jérusalem, qui fut transformée en une mare infecte et pourrie. Il appela ce peuple à adorer Dieu sans rien Lui associer, à lui obéir et à délaisser l'acte ignominieux qu'ils pratiquaient en assouvissant leur désir sur les hommes en dehors des femmes.
lakum rabbukum min ’azwâjikum bal ’antum qawmun ‘âdûna qâlû la’i-l-lam tantahi yâ L ûtu latakûnanna mina-l-muhrajîna qâla ’innî li‘amalikum mina-l-qâlîna rabbi najjinî wa ’ahlî mimmâ ya‘malûna fanajjaynâhu wa ’ahlahu ’ajma‘îna ’illâ ‘ajûzan fî-l-gabirîna tum m a dammarnâ-l-ra harîna wa ’am tarnâ ‘alayhim m ataran fasa !a m at aru-l-mund arm a ’inna fî dâlika la’a y a ta n wamâ kâna ’a k ta ru h u m m u ’m inîna wa ’in n a rab b a k a lah uw a-l-‘A zîzu-rRahîmu
Pourquoi assouvir vos désirs sur les hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir d'épouses ? Vous êtes vraiment un peuple pervers. Ils répondirent : « Si tu ne cesses tes objurgations, ô Loth, nous te bannirons. » « Je réprouve vos mœurs. Seigneur, préserve-moi, ainsi que les miens, de pareilles turpitudes. » Nous les sauvâmes, lui et les siens, à l'exception de sa femme qui périt. Nous anéantîmes les autres. Nous fîmes tomber sur eux une pluie. Quelle sinistre pluie que celle qui tombe sur les rebelles. Ceci constitue un enseignement. Mais la plupart des hommes sont incrédules. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde.
Lorsque le Prophète de Dieu les interdit de commettre ce péché infâme en leur désignant les femmes comme êtres que Dieu a créées pour eux, ils ne trouvèrent autre réponse que de lui dire :
Si tu ne cesses, ô Loth, tes objurgations, nous te bannirons
en t'expulsant du pays, comme Dieu a dit ailleurs :
Le peuple de Loth se contenta de répondre : Chassons Loth et les siens de notre cité. Ils posent la chasteté (27:56)
Quand Loth s'aperçut que son peuple ne délaisse pas cet acte ignominieux, et qu'il persévère dans son égarement et sa turpitude, il le désavoua en leur montrant son mécontentement, puis implora Dieu :
Seigneur, préserve-moi, ainsi que les miens, de pareilles turpitudes
Dieu l'exauça, le sauva ainsi que les siens sauf sa femme qui resta en arrière pour périr avec les autres. Car lorsque Loth reçut l'ordre divin de quitter le pays, elle demeura avec les autres. Il leur ordonna aussi que, une fois qu'ils entendraient le cri, aucun ne devrait tourner la tête. Ils obtempérèrent aux ordres de Dieu et se montrèrent patients. Dieu alors abattit sur les pervers comme une pluie de pierres d'argile.
kadhdhaba 'ashâbu-l-'aykati-l-mursalîna 'idh qâla lahum shu'aybu 'alâ tattaqûna 'innî lakum rasûlun 'amînun fa-ttaqû-llâha wa 'atî'ûni wa mâ 'as'alukum 'alayhi min 'ajrin 'in 'ajriya 'illâ 'alâ rabbi-l-'âlamîna
Les habitants de Aïka ont traité leurs Prophètes d'imposteurs. Choaib leur dit: «Pourquoi ne craignez-vous pas Allah?» Je suis pour vous un Prophète de bonne foi. Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous demande aucune récompense; je n'attends ma récompense que du maître de l'univers.
Les habitants de Laïka sont les Médianites, le peuple de Choaib, comme les exégètes l'ont avancé. (À savoir que le mot Laïka signifie en Arabe : le bosquet, car ces gens-là adoraient un grand arbre). Choaib fut choisi d'entre eux pour porter le message, ce qui le distingue des autres Prophètes c'est que Dieu, en le mentionnant, n'a pas dit : leur frère, comme pour les autres Prophètes. Ceci réfute les dires de certains ulémas qui ont prétendu que les habitants de Médiane ne sont pas ceux de Laïka. Mais en fait ils sont eux-mêmes.
'awfû-l-kayla walâ takûnû mina-l-mubkhirîna wa zinû bi-l-qistâsi-l- mustaqîmi walâ tabkhasû-n-nâsa 'ashyâ'ahum walâ ta'thaw fî-l-'ardi mufsidîna wa-t-taqû-l-ladî khalaqakum wa-l-jibillata-l-'awwalîna
Donnez la juste mesure. Ne commettez pas de fraude. Pesez avec de justes balances. Ne dépréciez pas les biens de vos semblables et ne répandez pas le mal sur terre. Craignez Celui qui vous a créés ainsi que les générations antérieures.
Il les exhorta à utiliser des mesures exactes sans tricher les autres, à peser avec une balance juste, et en réclamant ce qui leur est dû, qu'ils ne demandent que leur droit et donnent à chacun son dû. Il les incita à cesser aussi leur acte injuste en détroussant les voyageurs. Il les mit en garde contre la vengeance de Dieu et son châtiment, Lui, qui a créé tous les hommes et connaît bien leurs
qâlû 'innamâ 'anta mina-l-musahharîna wa mâ 'anta 'illâ basarun mitlunâ wa 'in nazunnuka lamina-l-kâdibîna fa'asqit 'alaynâ kisafan mina-s-samâ'i 'in kunta mina-s-sâdiqîna qâla rabbî 'a'lamu bimâ ta'malûna fakadabûhu fa'ahadahum 'adâbu yawmi-z-zulla 'innahû kâna 'adâba yawmin 'azîmin 'inna fî dâlika la'âyatan wa mâ kâna 'aktaruhum mu'minîna wa'inna rabbaka lahuwa-l-'Azîzu-r-Rahîmu
Ils lui répondirent: «Tu n'es qu'un possédé». Tu n'es qu'un mortel comme nous. Tu n'es qu'un imposteur. Fais tomber sur nous un pan de ciel, si tu dis la vérité. Mon Seigneur, répliqua-t-il, connaît vos intentions mieux que personne. Ils traitèrent Choaib d'imposteur. Un épais nuage les asphyxia. Ce fut un châtiment terrible. Ceci constitue un enseignement. Mais la plupart des hommes sont incrédules. Ton Seigneur est toute majesté et toute miséricorde.
Leur réponse était pareille à celle qu'avaient avancée les peuples précédents : « Tu n'es qu'un possédé ». Car leurs cœurs se ressemblent. Tu forges des mensonges en prétendant que Dieu t'a envoyé ! Si c'est ainsi, alors fais tomber sur nous un pan de ciel, ou un châtiment du ciel si tu es sincère, tout comme les idolâtres qui avaient demandé à Mohammed — qu'Allah le bénisse et le salue — :
Ou que réalisant tes menaces, tu détacheras sur nous un pan du ciel, ou que tu pourras montrer à tes côtés Allah et les anges (17:92)
et :
Ils disent : "Grand Allah, si la vérité qu'on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable" (8:32)
Choaïb de leur répondre :
Dieu vous connaît mieux que personne ; si vous méritez un tel châtiment, Il vous infligera un tel supplice sans être injuste envers vous
Et ce fut fait, car l'ayant traité d'imposteur :
Un épais nuage les asphyxia. Ce fut un châtiment terrible
Dieu leur envoya un vent torride durant sept jours, sans qu'ils pussent trouver quoi que ce soit pour s'abriter. Puis, ayant aperçu un nuage se former dans le ciel, ils s'empressèrent pour être sous son ombre, mais ce nuage leur envoya des étincelles de feu et une grande chaleur. Ensuite la terre trembla sous leurs pieds et un cri foudroyant les atterrit.
À ce propos, Abdul Rahman Ben Zaid rapporte :
Dieu leur envoya une certaine ombre, et une fois qu'ils se trouvèrent réunis pour s'en protéger contre la chaleur torride, Dieu l'écarta et le soleil les brûla comme on frit des sauterelles dans une casserole
On a rapporté encore d'autres récits qui donnent tous le même sens.
Ce fut un signe de Dieu afin que les hommes en tirent un profit et croient. Mais, hélas, la plupart d'entre eux restent mécréants.
wa 'innahû latanzîlu rabbi-l-'âlamîna nazala bihi-r-rûhu-l-'amînu 'alâ qalbika litakûna mina-l-mundirîna bilisânin 'arabiyyin mubînin
Ce Coran est un message du Maître de l'univers. L'esprit fidèle l'a descendu d'en haut, pour l'offrir à ton cœur et t'investir de la mission de Prophète. Il a été conçu dans le clair langage des arabes.
Le Coran est certes une révélation du Seigneur des mondes à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- par l'entremise de l'Archange Gabriel, l'Esprit loyal et respectueux de dépôt, un ange noble, doué de force, obéi autant que fidèle, comme Dieu a dit ailleurs :
Dis à celui qui se déclare l'ennemi de Gabriel que c'est lui qui, d'ordre d'Allah, a déposé dans ton cœur le Livre qui contient les Écritures Saintes et qui constitue un guide et une bonne nouvelle pour les croyants (2:97)
Il est exempt de toute altération et modification, pour que tu le divulgues aux hommes et tu les avertisses.
«Il a été conçu dans le clair langage des Arabes» pour être un argument contre ceux qui en doutent et le renient. Soufian Al-Thawri a dit :
Toute révélation n'a été descendue qu'en langue arabe, les Envoyés l'ont traduite à leurs peuples, à savoir que la langue qui était répandue à ces époques est la langue syriaque. Mais ceux qui entreront au Paradis parleront tous la langue arabe
wa 'innahū lafī zuburi-l-awwalīna 'a-wa lam yakun lahum 'āyatan 'an ya'lamahū 'ulamā'u banī 'Isrā'īla wa law nazzalnāhu 'alā
Ses principes sont déjà énoncés dans les Écritures Saintes. N'est-ce pas une preuve de son authenticité, que les docteurs du peuple d'Israël le connaissent. Si nous l'avions révélé à un étranger, qui l'aurait lu à ton peuple, il n'y aurait pas cru.
Le Coran est mentionné dans les Livres des anciens révélés aux Prophètes qui ont annoncé la venue de Mohammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Leur dernier -Jésus -que Dieu le salue- n'a-t-il pas dit à son peuple dans son prône :
... et vous annoncer la venue d'un Prophète après moi qui s'appellera Ahmed (61:6)
N'est-ce pas une preuve de son authenticité, que les docteurs du peuple d'Israël le connaissent
N'est-ce pas pour eux un signe que les docteurs juifs constatent son avènement dans les Livres qu'ils étudient, et qu'ils cessent toute incrédulité et tout reniement pour devenir croyants. Citons à titre d'exemple Abdullah Ben Salam et Salman Al-Farissi, qui ont cru en lui et l'ont suivi et d'autres. Et pour montrer leur obstination et leur impiété, Dieu a dit que : même si ce Coran a été révélé à un non-arabe qui ne connaît rien de la langue arabe, ils n'auraient pas cru, tout comme Dieu a mentionné leur attitude dans ce verset :
Si nous l'avions révélé à un étranger qui l'aurait lu à ton peuple, il n'y aurait pas cru
et aussi dans ce verset :
Nous aurions beau leur ouvrir les portes du ciel et leur en permettre l'ascension, qu'ils diraient : "nos yeux nous ont abusés, nous sommes ensorcelés" (15:14-15)
Mais ceux contre qui s'est réalisée la parole de Dieu ne croiront pas.
kadhâlika salakнâhu fî qulûbi-l-mujrimîna lâ yu'minûna bihî hattâ yarawna-l-'adhâba-l-alîma faya'tîhum baghtatan wahum lâ yash'urûna fayaqûlû hal nahnu munzarûna afabi'adhâbinâ yasta'jilûna afaraayta im-matta'nâhum sinîna thumma jâahum mâ kânû yû'adûna mâ aghnâ 'anhum mâ kânû yumatta'ûna wamâ ahlaknâ min qaryatin illâ lahâ mundhirûna dhikrâ wamâ kunnâ zhâlimîna
Oui, le Coran ne fait que glisser sur le cœur des méchants Ils n'y croient pas jusqu'à ce qu'ils se trouvent en face du châtiment douloureux qui les attend. Ce châtiment les frappera au moment où ils s'y attendront le moins. «De grâce, un peu de répit», supplieront-ils. Sont-ils si pressés de vivre? Qu'ils jouissent donc de longues années. Puis surpris par le châtiment annoncé; à quoi leur servira d'avoir joui ainsi? Nous n'avons détruit aucune cité, que nous ne l'ayons auparavant avertie. Qu'on réfléchisse, nous n'avons jamais été injuste.
C'est de cette façon que Dieu fait entrer le scepticisme dans le cœur des négateurs, qui ne croient pas à la vérité et vivent dans le doute et l'incrédulité, jusqu'à ce qu'ils voient le supplice douloureux, où aucune excuse ne sera valable pour les injustes. Ce châtiment surgira devant eux mais ils n'en ont pas conscience. «De grâce ou de répit», supplieront-ils. À la vue du châtiment ils souhaiteraient qu'on leur accorde un répit afin qu'ils suivent les enseignements de Dieu et Lui obéissent. Ainsi sera le cas de tout incrédule, pervers et injuste quand il lui arrivera le supplice à l'improviste, il le regrettera, tout comme Moïse a dit au Seigneur:
Tu as donné à Pharaon et à son peuple le faste et l'abondance dans ce monde (10:86)
Cette invocation eut son effet sur Pharaon qui n'a cru que lorsqu'il se trouva devant le grand châtiment où il s'écria:
Je crois qu'il n'y a pas d'autre Allah que celui qu'adorent les fils d'Israël (10:90)
«Sont-ils si pressés de subir notre châtiment?». Car les mécréants disaient aux Prophètes:
Si vous êtes véridiques, faites qu'Allah nous inflige son châtiment
Puis Dieu s'adresse à Son Prophète:
Les vois-tu jouissant de la vie de longues années, puis surpris par le châtiment annoncé. À quoi leur servira d'avoir joui ainsi?
Même si on leur accorde un répit en les laissant vivre la période qu'ils demandent, puis lorsque notre ordre surviendra, à quoi bon leur aisance leur sera-t-elle profitable? Dieu a dit ailleurs:
Le jour où ils la (l'heure) verront, ils auront le sentiment de n'avoir passé sur terre qu'un soir ou un matin (79:46)
Et pour affirmer cette réalité, Dieu a dit aussi:
Au point qu'il n'est aucun parmi eux qui ne désire vivre mille ans. Mais une pareille longévité ne saurait malgré tout les soustraire au châtiment (2:96)
À ce propos, il est cité dans un hadith authentique, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On amènera l'incrédule et on le plongera une fois dans le feu en lui disant:
As-tu rencontré un certain bien dans ta vie? As-tu jamais goûté des délices?
-Non, répondra-t-il, ô Seigneur. Puis on amènera le plus misérable parmi les hommes et on le plongera dans les délices du Paradis, et on lui dira: «As-tu connu une certaine misère dans ta vie?» Il répondra: «Par Dieu, non, Seigneur».
Dieu montre ensuite aux hommes sa justice qu'il a appliquée aux générations passées en leur envoyant les Prophètes qui les ont mis en garde contre le châtiment de Dieu et en les avertissant pour qu'ils n'aient aucun argument valable ou une excuse. Il a dit:
Nous n'avons détruit aucune cité, que nous ne l'ayons auparavant avertie
Il a dit aussi en confirmation:
Ton Seigneur n'anéantit jamais un pays sans qu'un de ses Prophètes ait auparavant apporté nos avertissements à la ville métropole. Il n'anéantit que les cités dont les habitants sont injustes (28:51)
wa mâ tanazzalat bihi-sh-shayâtînu wa mâ yanbaghî lahum wa mâ yastatî'ûna 'innahum 'ani-s-sam'i lama'zûlûna
Le Coran n'a pas été descendu du ciel par des démons. Cela n'est ni dans leurs attributions, ni dans leur pouvoir. Ils ne sont pas admis à entendre ce qui se passe au ciel.
Certes, le Coran est un Livre précieux. L'erreur ne s'y glisse de nulle part. C'est une révélation d'un Seigneur sage, que l'Esprit fidèle est descendu avec lui sur le cœur du Prophète et appuyé de Dieu, il n'a pas été descendu au ciel par des démons». Cela leur fut impossible pour les trois raisons suivantes :
- Les démons de par leur nature ont la tâche de corrompre les hommes et de les égarer.
- Le Coran, quant à lui, comporte la bonne direction aux hommes et les preuves et signes évidents du Seigneur.
- Les démons ne sont pas admis à entendre ce qui se passe au ciel, et cela n'est plus dans leur pouvoir, car, lors de la révélation du Coran et durant toute la période de sa descente, le ciel fut rempli de gardiens redoutables et de dards flamboyants, et nul d'entre eux n'a pu entendre un seul mot afin que ce ne soit pas un sujet de doute. Cela constitue, en vérité, une miséricorde de la part de Dieu, pour garder Sa loi et un soutien pour Son Messager. Dieu a montré le cas des démons en disant : «Ils ne sont pas admis à entendre ce qui se passe au ciel», et : «Mais aujourd'hui un tison ardent est prêt à frapper quiconque essaie d'entendre» (72:9).
falâ tad'u ma'a-L-Lâhi 'ilâhan 'âkhara fatakûna mina-l-mu'adhabîna wa 'andhir 'ashîrataka-l-'aqrabîna wa-khfid janâhaka limani-ttaba'aka mina-l-mu'minîna fa'in 'aṣawka faqul 'innî barî'un mimmâ ta'malûna wa tawakkal 'alâ-l-'Azîzi-r-Rahîmi alladhî yarâka hîna taqûmu wataqallubaka fî-s-sâjidîna 'innahû huwa-s-Samî'u-l-'Alîmu
N'invoque aucune autre divinité qu'Allah, si tu ne veux pas être au nombre des condamnés. Avertis tes proches. Sois d'un abord facile pour les croyants qui se donnent à toi. S'ils te désobéissent, dis-leur : «Je désavoue votre conduite». Fie-toi au Glorieux et au Clément, qui te voit quand tu te lèves, qui suit tes mouvements dans la foule des adorateurs. Il entend et sait tout.
Entre autres ordres que le Seigneur adresse à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - sont les suivants: de n'adorer que Lui sans rien Lui associer, car quiconque Lui associe d'autres divinités, sera considéré parmi les injustes; d'avertir ses partisans les plus proches et que chacun d'entre eux sache que seul sera sauvé celui qui voue un culte pur et sincère à Dieu; d'être modeste et doux avec les croyants qui l'ont suivi et de désavouer quiconque lui désobéit.
Ce désavouement ne concerne plus les proches, mais plutôt tous les hommes qui se montrent rebelles, car Il lui dit dans un autre verset pour confirmation:
Pour que tu rappelles à un peuple insouciant les avertissements déjà donnés à ses pères (36:6)
Il est cité dans le Sahih de Mouslim, que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit:
Quiconque de cette communauté, ou un juif, ou un chrétien qui entend parler de moi et ne croit pas en moi, entrera à l'Enfer
Plusieurs hadiths ont été cités au sujet de la révélation de ce verset, et nous nous limitons à ces quelques-uns.
- Ibn Abbas rapporte: «Quand ce verset fut révélé: «Avertis tes proches», le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - monta sur le mont As-Safa et s'écria: «O mon matin! (Wasabahah).» Les hommes commencèrent à affluer: Certains arrivèrent personnellement, et d'autres envoyèrent des représentants. Lorsque les hommes furent réunis, il dit: «O Bani Abdul-Mouttaleb! O Bani Fihr! O Bani Lou'ay! Que pensez-vous si je vous dis qu'une cavalerie de l'ennemi se trouve sur le versant de cette montagne et s'apprête à vous attaquer, me croyez-vous?». Ils lui répondirent: «Certes, oui». Il reprit: «Sachez alors que je ne suis en fait qu'un avertisseur pour vous, vous mettant en garde contre de durs châtiments». Abou Lahab se leva et dit: «Que tu sois maudit toute la journée, c'est pour nous dire cela que tu nous as convoqués?». Dieu fit cette révélation à cette occasion: «Maudites soient les mains d'Abou Lahab» (Ahmed, Boukhari, Mouslim, Tirmidzi, Nassaï)
- L'imam Ahmed rapporte que Aicha a dit: «Lorsque ce verset fut descendu: «Avertis tes proches», le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se leva et dit: «O Fatima, fille de Mouhammad, ô Safya fille de Abdul-Mouttaleb, ô Bani Abdul-Mouttaleb, je ne puis rien pour vous auprès de Dieu, mais de ce que je possède, demandez-moi ce que vous voudrez» (Ahmed, Mouslim)
- Abou Hourayra rapporte: «Quand ce verset fut révélé: «Avertis tes proches», le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - appela les Qoraïchites les proches et les éloignés et leur dit: «O Qoraïchites! Sauvez-vous de l'Enfer! O Bani Ka'b, sauvez-vous de l'Enfer! O Bani Hachem, sauvez-vous de l'Enfer! O Bani Abdul-Mouttaleb, sauvez-vous de l'Enfer! O Fatima, la fille de Mouhammad, sauve-toi de l'Enfer! Par Dieu, je ne peux rien pour vous auprès de Dieu, mais vous avez un lien de parenté que je ne couperai jamais» (Mouslim, Ahmed, Tirmidzi)
- D'après Qabissa Ben Moukhareq et Zouhayr Ben Amr, l'imam Ahmed rapporte: «Quand ce verset fut révélé «Avertis tes proches», le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - monta sur une pierre de bâtisse sur une montagne et interpella les gens: «O Bani Abd Manaf, je ne suis qu'un avertisseur! Je ressemble à un homme qui veut soustraire sa famille à un ennemi en la priant de s'esquiver en criant: «O mon matin!» (Mouslim, Nassaï, Ahmed) «Fie-toi au Glorieux et au Clément» dans toutes tes affaires car c'est Lui qui te garde, te secourt et te donne la victoire sur les autres. «Qui te voit quand tu te lèves», c'est à dire Il prend soin de toi, comme Il lui a dit:
Accepte la loi de ton Seigneur. Nous ne te quittons pas des yeux (52:48)
Mais Ibn Abbas l'a commenté en disant: «Quand tu te lèves pour faire la prière», et d'autres aussi dans le même sens.
Qui suit tes mouvements dans la foule des adorateurs
Cela signifie, d'après Qatada, Dieu te voit quand tu t'acquittes de la prière seul ou en commun avec les fidèles. Selon Ibn Abbas, Dieu observe ton évolution dans les reins des Prophètes l'un à la suite de l'autre.
«Il entend et sait tout». Dieu entend les propos de Ses serviteurs, et connaît bien leurs actes et leurs mouvements, comme Il le confirme dans ce verset:
Il n'est pas d'état où vous vous trouviez, de lecture du Coran que vous fassiez, d'actes que vous n'accomplissiez, que nous n'en soyons témoins au moment même (10:61)
hal 'unabbi'ukum 'alâ man tanazzalu-s-sayâtînu tanazzalu 'alâ kulli 'affâkin 'atîmin yulqûna-s-sam'a wa 'aktaruhum kâdibûna wa-s-su'arâ'u yattabi'uhumu-l-gâwûna 'alam tara 'annahum fî kulli wâdin yahîmûna wa 'annahum yaqûlûna mâ lâ yaf'alûna 'illâ-l-ladîna 'âmanû wa 'amilû-s-sâlihâti wa dakarû-L-Lâha katîran wa-n-tasarû mim ba'di mâ zulimû wa saya'lamu-l-ladîna zalamû 'ayya munqalabin yanqalibûna
Voulez-vous que je vous dise avec qui pactisent les démons ? avec les menteurs et les malfaiteurs. Ils cherchent à surprendre les révélations au ciel. La plupart d'entre eux sont menteurs. Les poètes ne sont écoutés que par les inconscients. Ne les vois-tu pas errer sur toutes les routes, se vantant de choses qu'ils n'ont pas faites. Excepté ceux d'entre eux qui croient, pratiquent le bien, proclament à l'envi le nom d'Allah et n'attaquent qu'après avoir été offensés. Les injustes apprendront un jour comment se fera leur retour à Allah
Aux polythéistes qui présumaient que ce que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a apporté n'est plus la Vérité, et qu'il l'a inventé, ou bien que les démons lui ont fait voir, Dieu -à Lui la puissance et la gloire- le purifie de tous ces mensonges, Il affirme que cela ne lui est parvenu que du Seigneur par l'intermédiaire d'un ange noble et digne de confiance, et jamais de la part des démons. Ceux-là n'ont jamais convoité telle révélation ni même ceux qui leur sont semblables parmi les devins.
Dieu s'adresse à tous ces idolâtres: Voulez-vous que Je vous informe de ceux sur qui descendent les démons? Ils descendent sur tout pécheur calomniateur, qui forge des mensonges et qui est pervers de nature. C'est lui qui pactise avec les démons ainsi les devins ou qui leur sont semblables. Les démons cherchent à surprendre les révélations au ciel et ils y ajoutent mille mensonges en les jetant dans les cœurs de leurs partisans parmi les humains. Ces derniers en parlent et les gens les croient, rien que pour avoir entendu une seule parole descendue du ciel.
Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Lorsque Dieu, dans le ciel, a décidé quelque chose, les anges frappent de leurs ailes comme signe de soumission en entendant Ses paroles, qui sont un bruit pareil à celui d'une chaîne sur un roc. Lorsque la frayeur sera bannie de leurs cœurs, on leur demandera: Qu'a dit votre Seigneur?
Ils répondront: «La Vérité! Il est le Très Haut, le Très-Grand». Ceux qui écoutent à la dérobée, étant les uns sur les autres, entendent ces paroles, mais il se peut que le dard flamboyant atteigne l'écouteur avant de les transmettre à son compagnon et il le brûle. D'autre part, il arrive que ce dard le manque, alors il transmet des paroles au suivant, puis à celui qui se trouve au-dessous jusqu'à ce qu'elles arrivent sur la terre, alors on les jettera dans la bouche d'un devin qui les mélange avec cent mensonges de chez lui auxquels les gens croient, en disant:
Ce devin ne nous a-t-il pas informé telle et telle chose qui sont arrivées?
Cela est grâce aux paroles qu'il avait entendues du ciel» (Boukhari, et Mouslim dans une version presque analogue) «Les poètes ne sont écoutés que par les inconscients». Ceci signifie, d'après Ibn Abbas que les incrédules suivent les égarés parmi les hommes et les génies. Mais Ikrima a dit:
Lorsque deux poètes se lançaient dans la polémique, chacun d'eux avait des partisans qui l'appuyaient. Dieu fit descendre ce verset
À ce propos, Abou Sa'id rapporte: «Étant en compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans «Al-'Arj», nous entendîmes un poète réciter ses poésies. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit alors:
Saisissez ce démon! Que le ventre de l'un d'entre vous se remplisse de pus mieux que de retenir des poésies (l'Imam Ahmed)
«Ne les vois-tu pas errer sur toutes les routes» Ibn Abbas et d'autres exégètes ont avancé que les poètes ne disent que des futilités et sont habiles dans l'art de la parole. Qatada l'a commenté par ces termes:
Le poète peut louer des gens par des paroles mensongères et critiquer d'autres par les mêmes paroles
«Se vantant de choses qu'ils n'ont pas faites». Ibn Abbas a dit:
Du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il y avait deux poètes: l'un un Ansarien et l'autre d'une autre tribu qui se livraient à la polémique. Chacun d'eux fut soutenu par des partisans parmi les idiots
En effet, les poètes peuvent se vanter de choses qu'ils n'ont pas faites et se passionnent indifféremment et sans raisonnement pour les tendances les plus diverses et les plus opposées. Dieu, en louant Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, a dit:
Nous n'avons pas enseigné la poésie au Prophète. C'est un divertissement indigne de lui (36:69)
et aussi:
Que le Coran est la parole d'un envoyé sublime, et non d'un simple poète. Ah! que vous avez peu de foi (69:40-41)
Mohammad Ben Ishaq rapporte: «Lorsque ce verset fut révélé:
Les poètes ne sont écoutés que par les inconscients
Hassan Ben Thabet, Abdullah Ben Rawaha et Ka'b Ben Malek se rendirent chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en pleurant. Ils lui dirent:
Dieu a révélé ce verset et Il connaît bien que nous sommes des poètes
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur récita alors le reste des versets:
Excepté ceux d'entre eux qui croient, pratiquent le bien...
Puis il poursuivit:
C'est vous qui invoquez souvent le nom de Dieu et vous vous défendez lorsque vous êtes attaqués injustement
Donc, sont exceptés ceux parmi les poètes qui évoquent abondamment le nom de Dieu et se défendent une fois ayant subi une injustice quelconque, et surtout en répondant aux polythéistes qui critiquaient les fidèles. On a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à Hassan:
Ô Hassan, dénigrez-les -ou suivant une version: attaquez-les-, et sachez que Gabriel est avec vous
Les injustes apprendront un jour comment se fera leur retour à Allah
Ceci est pareil aux paroles divines:
Le jour où les excuses des méchants ne seront plus admises (40:52)
Il est cité dans un hadith authentifié que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Gardez-vous de l'injustice, car elle formera des ténèbres au jour de la résurrection
Cette partie du verset ne concerne pas en particulier les idolâtres de La Mecque comme ont avancé certains ulémas, mais plutôt elle s'applique sur tous les injustes. Ibn Abi Hatem rapporte d'après Aicha qu'elle a dit: Mon père - Abou Bakr As-Siddiq a écrit dans son testament: «Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux. Tel est le testament d'Abou Bakr le fils de Abou Qouhafa lors de sa sortie de ce bas monde, lorsque l'incrédule embrasse l'Islam, le pervers périt et le menteur ne dit que la vérité. Or, j'ai désigné Omar Ben Al-Khattab pour être mon successeur au pouvoir. S'il est juste, il aurait exaucé mon vœu, et s'il en est autrement, je ne saurais connaître l'invisible, car:
Les injustes apprendront un jour comment se fera leur retour à Allah