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21 - Les Prophetes

introduction

  1. SOURATE DES PROPHÈTES

112 versets

Révélée à La Mecque

Révélée à la suite de la sourate d'Abraham

1-6

'qtaraba li-n-nâsi hisâbuhum wahum fî gaflatim mu'ridûna mâ ya'tîhim min dikrim mir-rabbihim muhdatin 'illâ-stama'ûhu wahum yal'abûna lâhiyatan qulûbuhum wa 'asarrû-n-najwâ-l-ladîna zalamû hal hâdâ 'illâ basarun mitlukum 'afata'tûna-s-sihra wa 'antum tubsirûna qâla rabbî ya'lamu-l-qawla fî-s-sama'i wa-l-'ardi wa huwa-s-Samî'u-l- 'Alîmu bal qâlû 'adgâtu 'ahlâmim bali-ftarâhu bal huwa sâ'irun falya'tina bi'âyatin kamâ 'ursilal-'awwalûna mâ 'âmanat qablahum min qaryatin 'ahlaknâha 'afahum yu'minûna

Proche est l'heure des comptes pour les hommes: mais, insouciants, ils ne s'y préparent pas. Chaque fois qu'ils reçoivent un nouvel avertissement de leur Seigneur, ils l'écoutent mais sans s'y arrêter. Leurs cœurs sont indifférents. Les méchants se disent en secret: «Ce Prophète est-il autre chose qu'un homme comme nous? Allez-vous être dupes de ses artifices, bien qu'avertis?» Dis: Mon Maître sait ce qui se dit dans les cieux et sur terre. Il entend et sait tout. « Ce Coran, affirment-ils, n'est qu'un tissu de rêveries. Il n'est qu'une invention de sa part et, lui, n'est qu'un poète. Qu'il nous fasse un miracle comme ses prédécesseurs!» Avant eux, aucune des cités que nous avons détruites n'a cru. Vont-ils croire, eux?

Amer Ben Rabi'a reçut un bédouin arabe, il lui accorda une bonne hospitalité et intercéda en sa faveur auprès du Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - pour une certaine affaire. Cet homme vint plus tard dire à Amer que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - lui avait concédé un morceau de terrain dans une certaine vallée, et il voulut lui donner un morceau de ce terrain pour que la descendance de 'Amer en tirât profit. Amer lui répondit : «Je n'ai plus besoin de cette concession car une sourate venait d'être révélée, elle a rendu les hommes consternés et les a fait oublier le bas monde. Elle est celle-ci :

Proche est l'heure des comptes pour les hommes : mais, insouciants, ils ne s'y préparent pas...

Dans cette sourate, Dieu fait allusion aux idolâtres Qouraïchites et leurs semblables parmi les arabes qui n'écoutaient pas la révélation descendue sur le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - mais ils l'entendaient en s'adonnant à la distraction et à la moquerie. On a rapporté que Ibn Abbas a dit à ses compagnons :

Pourquoi demandez-vous aux gens du Livre au sujet de certains problèmes, eux qui ont altéré, modifié et changé leur Écriture en y ajoutant de chez eux ou en en diminuant, alors que vous avez entre vos mains un Livre de Dieu inchangé que vous lisez ?

Ces impies, en parlant de Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le salue -, tinrent des conciliabules et dirent :

Ce Prophète est-il autre chose qu'un homme comme nous ?

Ils s'étonnèrent comment, seul, il reçoit la révélation. «Allez-vous être dupes de ses artifices, bien qu'avertis ?» En d'autres termes :

Allez-vous suivre un magicien alors que vous êtes sûrs que c'est une pure magie ?

En répondant à leur question, Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de dire :

Mon Maître sait ce qui se dit dans les cieux et sur la terre.

Rien ne lui est caché. C'est Lui qui a révélé ce Coran qui renferme l'histoire des générations passées et que nul ne pourrait faire descendre un livre pareil. «Il entend et sait tout.» Il est au courant de vos propos et connaît parfaitement ce que vous faites. Un verset qui est à la fois avertissement et menace.

Ce Coran, affirment-ils, n'est qu'un tissu de rêveries.

Ceci dénote l'obstination des impies qui, tantôt dirent que le Coran est une magie et de la poésie, et tantôt ils dirent que c'est un amas de rêves, des propos qui n'émanent que des hommes qui se débattent dans leur égarement. Et comme défi ils demandèrent :

Qu'il nous fasse un miracle comme ses prédécesseurs

voulant dire :

Qu'il nous apporte un signe comme celui de la chamelle de Saleh et les miracles de Moïse et Jésus.

Dieu leur a répondu ailleurs :

Si nous ne faisons plus de miracles, c'est que les générations passées n'y ont pas cru (17:59)

Avant eux, aucune des cités que nous avons détruites n'a cru. Vont-ils croire, eux ?

Ibn Jarir rapporte d'après Qatada que les idolâtres Mecquois demandèrent au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - :

Si ce que tu dis est vrai, et si tu veux qu'on croie en ton message, transforme-nous donc le mont As-Safa en une masse d'or !

Gabriel vint à ce moment dire au Prophète :

Si tu le veux bien, Dieu pourra répondre à leur demande. Mais sois sûr que, plus tard, ils ne te croiront plus et Dieu pourra les prendre aussitôt. Si tu veux aussi, on pourra leur accorder un répit (pour qu'ils croient).

Ce verset fut descendu à cette occasion.

Ces hommes-là préfèrent-ils être anéantis comme ceux des générations passées à qui nous avons envoyé des miracles et des signes et pourtant ils les ont reniés ! «Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront, quels que soient les signes qui leur parviendront, que lorsqu'ils éprouveront les tortures de leur châtiment» (10:96-97). À savoir que ces idolâtres de la Mecque ont pu voir de leurs propres yeux des signes évidents mais, malgré tout, ils n'y ont pas cru.

7-9

wama 'arsalnâ qablaka 'illâ rijâlan nûhî 'ilayhim fas'alû 'ahla-d-dikri 'in kuntum lâ ta'lamûna wamâ ja'alnâhum jasadan lâ ya'kulûna-t-ta'âma wamâ kânû hâlidîna tumma sadaqnâhumu-l-wa'da fa'anjaynahum waman nashâ'u wa'ahlakna-l-musrifîna

Avant toi, nous n'avons envoyé que des hommes qui recevaient des révélations. Interrogez là-dessus les hommes d'Écriture si vous ne le savez pas. Nous ne leur avions pas donné un corps qui puisse se passer de nourriture et nous ne leur avions pas conféré l'immortalité Nous avons tenu nos promesses envers eux. Nous les avons sauvés, eux et ceux qu'il nous a plu et nous avons exterminé les rebelles.

Ceux qui ont été chargés des messages n'étaient jamais des anges mais plutôt des mortels, une réalité que Dieu la montre dans d'autres versets quand Il dit:

Avant toi, nous n'avons toujours envoyé que des hommes, choisis parmi les habitants des villes (12:109)

et: «Dis: Je ne suis pas le premier Prophète» (46:9). Les hommes des générations passées s'exclamèrent:

Comment, un homme comme nous nous indiquerait la bonne voie? (64:6)

Comme affirmation aussi, Dieu répond aux idolâtres:

Interrogez là-dessus les hommes d'Écriture si vous ne le savez pas

Demandez donc aux juifs, aux chrétiens et aux autres qui ont reçu le Rappel, leurs Prophètes étaient-ils des anges ou des humains? «Nous ne leur avions pas donné un corps qui puisse se passer de nourriture». Nous n'en avions pas fait des corps qui ne mangeaient aucune nourriture, comme il est confirmé aussi dans ce verset:

Tous les Prophètes qui t'ont précédé se nourrissaient des mêmes aliments que les autres hommes et, comme eux, s'approvisionnaient sur les marchés (25:20)

Ceci n'a, en aucun cas, diminué de leur prestige et de leur mission comme le prétendaient les impies qui ajoutèrent:

Curieux Prophète que cet homme qui mange et circule sur les marchés comme un simple mortel! Que n'est-il assisté d'un ange pour l'accréditer dans sa mission (25:7)

Tous ces Prophètes n'étaient pas immortels, ils vivaient et mouraient, Dieu n'a conféré l'immortalité à nul parmi eux. Il leur envoyait les révélations par l'intermédiaire des anges pour les communiquer aux hommes et les avertir. Car Dieu a réalisé les promesses qu'il a tenues envers eux, Il a anéanti les pervers et ceux qui ont été mécréants et a sauvé les fidèles qui avaient cru. La promesse de Dieu se réalise toujours.

10-15

laqad 'anzalnā 'ilaykum kitāban fīhi dhikrukum 'afalā ta'qilūna wa kam qaṣamnā min qaryatin kānat ẓālimatān wa 'ansha'nā ba'dahā qawman ākharīna falammā 'aḥassū ba'sanā idhā hum minhā masākinikum la'allakum tus'alūna qālū yā waylanā 'innā kunnā ẓālimīna famā zālat tilka da'wāhum ḥattā ja'alnāhum ḥaṣīdan khāmidīna

En vérité, nous vous envoyons un Livre qui doit être votre règle de conduite. Finirez-vous par comprendre? Que de cités rebelles, n'avons-nous pas anéanties et remplacées par d'autres? Quand ils sentirent la rigueur de notre répression, ils s'enfuirent hors de leurs villes. Ne fuyez pas, leur fut-il dit. Revenez à vos plaisirs et à vos demeures; vous avez des comptes à rendre. Malheur à nous! qui avons été coupables, avouèrent-ils. Leurs lamentations ne cessèrent que lorsque nous les eûmes couchés à terre, inanimés.

Dieu exhorte les hommes en général, et en particulier les Mecquois à cette époque, à méditer le Coran où ils trouveront le Rappel afin qu'ils saisissent ce qu'il renferme. Comment ne reconnaissent-ils pas ce grand bienfait qui fut ce Coran! et comment ne l'acceptent-ils pas? comme Dieu a dit ailleurs:

Le Coran constitue une règle pour toi et ton peuple. Vous aurez des comptes à rendre

[Coran

Quant au verset: «Que de cités rebelles n'avons-nous pas anéanties», on trouve dans le Coran d'autres versets qui lui sont semblables tels que: «Que de générations nous avons anéanties après Noé» [Coran XVI 1,17] et:

Que de cités avons-nous détruites en punition de leurs péchés! elles gisent solitaires au milieu de leurs ruines (22:45)

Dieu ensuite créa d'autres qui leur succédèrent.

Quand ils sentirent la rigueur de notre répression

Quand ils sentirent qu'ils subiront notre châtiment inéluctable «ils s'enfuirent hors de leurs villes» avec toute hâte, mais on leur dit:

Ne fuyez pas. Revenez à vos plaisirs et à vos demeures

Dieu se moque d'eux et les avertit en leur disant de revenir vers le luxe dont ils jouissaient et les demeures confortables. Comme vous n'étiez plus reconnaissants envers les bienfaits reçus de Dieu «Vous avez des comptes à rendre» et vous serez

En avouant leurs péchés et leur ingratitude, ils s'écrièrent: «Malheur à nous! qui avons été coupables». Mais leurs regrets ne leur serviront à rien. «Leurs lamentations ne cessèrent que lorsque nous les eûmes couchés à terre, inanimés» Leur clameur ne s'arrêta pas jusqu'à ce que Dieu les ait réduits à l'état de moissons sèches, leurs voix et leurs actions prirent fin.

16-20

wamâ khalaqnâ s-samâ'a wa-l-'arda wamâ baynahumâ lâ'ibîna law 'aradnâ 'an nattakhidha lahwan la-ttakhadhnâhu min ladunnâ 'in kunnâ fâ'ilîna bal naqdhifu bi-l-haqqi 'alâ l-bâtili fayadmaghuhu fa'idhâ huwa zâhiqun walakumu l-waylu mimmâ tasifûna walahu man fî s-samâwâti wa-l-'ardi waman 'indahu lâ yastakbirûna 'an 'ibâdatihî walâ yastahsirûna yusabbihûna l-layla wa-n-nahâra lâ yafturûna

Ce n'est pas par vain jeu que nous ayons créé le ciel et la terre et l'espace qui les sépare. Si nous n'avions recherché qu'un jeu, nous l'aurions trouvé chez nous. Oui, si vraiment nous l'avions recherché. Au contraire, nous dressons la vérité contre l'erreur. Au premier choc, l'erreur s'évanouit. Malheur à vous pour les blasphèmes que vous proférez sur le compte d'Allah. Il est le Maître des cieux et de la terre. Ceux qui l'entourent ne rougissent pas ni ne trouvent pénible de l'adorer. Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser.

Dieu n'a créé les cieux et la terre qu'avec la vérité, afin qu'il rétribue ceux qui ont fait le mal d'après leurs actes, et qu'il rétribue ceux qui ont fait le bien en leur accordant une très belle récompense. Il n'a pas créé par jeu ni l'un ni l'autre, car Il a dit ailleurs :

Nous n'avons pas créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare. Il n'y a que les incrédules pour le penser. Malheur aux incrédules ! Ils seront livrés au Feu. (38:27)

Si Dieu avait désiré un divertissement, Il l'aurait trouvé auprès de

Que signifie ce «jeu» ou ce «divertissement» ? Les opinions s'y sont controversées :

  • D'après Moujahed : Dieu n'aurait créé ni Paradis, ni Enfer, ni mort, ni résurrection, ni rassemblement.
  • D'après Al-Hassan et Qatada : C'est la compagne selon la langue du Yemen, cette interprétation est soutenue par Ibrahim Al-Nakh'i qui a dit qu'il s'agit des houris aux grands yeux.

Enfin selon Ikrima et As-Souddy : C'est l'enfant, et ils ont cité à l'appui ce verset :

Si Allah avait voulu un fils, Il l'aurait créé suivant sa seule inspiration. Sa gloire le place au-dessus d'un tel désir. Il est unique et tout-puissant (39:4)

Qu'Il soit exalté et loin de ce qu'on Lui

Au contraire, nous dressons la vérité contre l'erreur

en montrant la vérité pour faire disparaître l'erreur. Quant à vous qui forgez des mensonges sur le compte d'Allah :

Malheur à vous pour les blasphèmes que vous proférez sur le compte d'Allah

en lui attribuant un fils ou des compagnes parmi les anges. Ces anges ne sont que Ses serviteurs qui n'ont autre tâche que l'adoration du Seigneur et sa glorification jour et nuit. «Ceux qui l'entourent ne rougissent pas ni ne trouvent pénible de l'adorer» Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser.» Ces anges sont assidus à la glorification, à son obéissance, n'exécutant que ses ordres. Ils ne désobéissent pas à l'ordre de Dieu, ils font ce qui leur est commandé.

Al-Hareth Ben Nawfal rapporte : «Étant encore un impubère, je tins une fois compagnie à Ka'b Al-Ahbar et lui dis :

Comment interprètes-tu ce verset : «Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser» ? Ces glorifications ne seraient-elles pas interrompues par d'autres actes tels que les paroles, les messages et l'action ?

Ka'b demanda à ses compagnons : «Qui est ce jeune homme ?» - De Bani Abdul-Muttaleb, lui répondit-on. Alors il m'embrassa sur la tête et me dit :

Ô mon fils, Dieu leur a créé la glorification comme Il a créé pour les hommes la respiration. Ne respires-tu pas en parlant ou en marchant ?

21-23

'am ittakhadhū ālihatam mina-l-'ardi hum yansurūna law kāna fīhimā ālihatun illā-L-Lāhu lafasadatā fasubḥāna-L-Lāhi rabbi-l-'arshi 'ammā yaṣifūna lā yus'alu 'ammā yaf'alu wahum yus'alūna

Les divinités qu'ils ont choisies ont-elles le pouvoir de donner la vie? Si les cieux et la terre n'avaient pas un Allah unique, ce serait l'anarchie. Gloire à Allah, le Maître du trône qui échappe à toute description. Il n'a de comptes à rendre à personne. Mais les hommes auront à Lui en rendre.

Dieu désavoue l'acte des idolâtres qui, de la terre, ont pris des divinités : pourraient-elles donner la vie ou ressusciter les morts ? Si elles sont comme telles, comment donc les prendrait-on pour des divinités en dehors de Dieu en les adorant ? Si elles existaient vraiment, aussi bien les cieux que la terre se seraient corrompus et en désordre. Dieu le confirme dans un autre verset quand Il dit :

Allah n'a pas de fils. Il n'y a aucun autre Allah auprès de Lui. Sinon, chaque Allah s'isolerait avec sa création et chercherait à surpasser l'autre. Gloire à Allah qui est au-dessus de telles inventions (23:91)

Pureté à Lui, qu'Il soit éloigné de ce qu'ils inventent comme enfant ou associé. «Il n'a de comptes à rendre à personne.» Il est le Juge souverain et nul ne s'oppose à ses décrets qui émanent de Sa Majesté et Son équité. Mais les hommes seront interrogés et auront à Lui rendre compte. Dieu a dit ailleurs :

J'en jure par ton Seigneur, nous les interrogerons tous sur leurs actions (15:92-93)

24-25

'am-ittakhadhû min dûnihi âlihatan qul hâtû burhânakum hâdhâ dhikru man ma'iya wa dhikru man qablî bal aktaruhum lâ ya'lamûna-l-haqqa fahum mu'ridhûna wa mâ arsalnâ min qablika mir-rasûlin illâ nûhî ilayhi annahû lâ ilâha illâ ana fa'budûni

Oui, les hommes adorent d'autres divinités qu'Allah ! Dis-leur : justifiez-vous ? Voici les révélations adressées à mes contemporains, voici celles adressées aux générations passées. Malheureusement la plupart des hommes ignorent la vérité. Bien plus, ils lui tournent le dos. Il n'est pas de Prophètes qui t'aient précédé à qui nous n'ayions révélé qu'il n'y a d'autre Allah que moi. Adorez-moi

Si ces idolâtres ont pris des divinités en dehors de Dieu, demande-leur ô Mouhammad d'apporter des preuves décisives. Dis-leur aussi : Ce que je rapporte est une révélation de Dieu (c'est-à-dire le Coran) et celles adressées aux peuples passés, ce qui contrarie vos prétentions. Car à tout Prophète-Envoyé, Dieu a révélé un Livre, et chacun d'eux appelait à adorer Dieu seul sans rien Lui associer. « Malheureusement la plupart des hommes ignorent la vérité » et ils s'en sont détournés. Dieu n'a envoyé aucun Prophète avant Mouhammad — qu'Allah le bénisse et le salue — sans lui révéler qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui. Mais les polythéistes n'ont aucune preuve à présenter et sont incapables de se justifier, c'est pourquoi ils subiront le châtiment le plus douloureux.

26-29

wa qâlû-t-takhadha-r-Rahmânu waladan subhânahû bal 'ibâdum mukramûna lâ yasbiqûnahû bi-l-qawli wahum bi'amrihî ya'malûna ya'lamu mâ bayna 'aydîhim wamâ khalfahum walâ yashfa'ûna 'illâ li-mani-rtadâ wahum min khashyatihî mushfiqûna wa may-yaqul minhum 'innî 'ilâhun min dûnihî fadhâlika najzîhi jahannama kadhâlika najzî-z-zâlimîna

Ils disent: «Le Miséricordieux s'est donné des anges pour enfants». Non. Que sa gloire soit exaltée! Les anges ne sont que ses serviteurs d'élite. Ils ne lui coupent jamais la parole. Ils sont empressés à exécuter ses ordres. Il connaît leur passé et leur avenir. Ils n'intercèdent que pour ceux qui peuvent être agréés de Lui. Ils tremblent de crainte devant Lui. Quiconque prétend être Allah, en dehors de Lui, est puni de l'enfer. C'est la punition des rebelles.

Dans le temps, les arabes disaient que les anges sont les filles de Dieu! Dieu leur répond:

Non. Que Sa gloire soit exaltée. Les anges ne sont que ses serviteurs d'élite

Ils occupent des rangs élevés et distingués auprès de lui pour prix de leur soumission et leur obéissance en actes et paroles. «Ils ne lui coupent jamais la parole» Ils ne devancent jamais la parole et ne la contredisent plus, ils ne font qu'à obéir à Ses ordres et l'exécutent alors que Lui, connaît toute chose et rien ne lui est caché.

Ils n'intercèdent que pour ceux qui peuvent être agréés de Lui

Les versets parlant de cette intercession sont nombreux et nous avons déjà traité une partie. «Ils tremblent de crainte devant Lui» Ils Le redoutent et sont pénétrés de crainte par peur de Lui. Quiconque parmi eux prétend être un dieu en dehors de Lui sera voué à la Géhenne car elle est la rétribution des injustes et rebelles.

30-33

'awa lam yara-l-ladîna kafarû 'anna-s-samâwâti wa-l-'arda kânatâ ratqan fafataqnâhumâ wa ja'alnâ mina-l-mâ'i kulla shay'in hayyin 'afalâ yu'minûna wa ja'alnâ fî-l-'ardi rawâsiya 'an tamîda bihim wa ja'alnâ fîhâ fijâjan subula la'allahum yahtadûna wa ja'alnâ-s-samâ'a saqfan mahfûzan wa hum 'an âyâtihâ mu'ridûna wa huwa-l-ladî halaqa-l-layla wa-n-nahâra wa-s-shamsa wa-l-qamara kullun fî falakin yasbahûna

Les infidèles ne savent-ils pas que les cieux et la terre ne formaient primitivement qu'une masse? Nous les avons séparés et nous avons tiré de l'eau toute la vie. Se décideront-ils à croire? Nous avons doté la terre de montagnes pour la stabiliser. Et nous y avons aménagé de larges voies pour permettre aux hommes de communiquer entre eux. Nous avons conçu le ciel comme une voûte indestructible. Et cependant les hommes sont indifférents à toutes ces preuves. C'est Lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun ayant sa périodicité propre

Ceux qui renient le Seigneur ou ceux qui Lui ont inventé des associés, ne trouvent-ils pas dans cet univers des preuves de son existence et qu'il est le Dieu unique ?

Les incrédules n'ont-ils pas remarqué que les cieux et la terre formaient une masse compacte, à l'origine, puis Dieu les a séparés et ils sont devenus sept cieux et sept terres. Entre ciel et terre Il a créé un espace envahi par l'air, Il a fait descendre, du ciel, de la pluie, grâce à elle la terre a donné les plantations. Donc c'est l'eau qui est à l'origine de tout être vivant. Pourquoi ces infidèles, en constatant un tel phénomène, ne croient-ils pas ? Le poète a dit :

Dans chaque chose se trouve un signe

Qui montre qu'il est le Dieu unique.

On a demandé à Ibn Abbas, comme le rapporte Ikrima :

lequel existait avant l'autre, le jour ou la nuit ?

Il répondit :

Lorsque les cieux et la terre formaient une seule masse compacte, y avait-il entre eux autre que l'obscurité, vous devez donc déduire que la nuit était avant.

D'après les différents avis de certains ulémas, tant les cieux que la terre formaient, primitivement, une seule masse. En les séparant, les cieux donnent de la pluie et la terre la récolte grâce à cette eau.

« Nous avons tiré de l'eau toute la vie » c'est-à-dire que toute chose vivante fut créée à partir de l'eau. À ce propos Abou Houraïra rapporte :

J'ai demandé : "Ô Envoyé de Dieu ! Lorsque je te vois mon âme s'apaise et mon œil se réjouit. Parle-moi de toute la création."

Toute chose fut créée à partir de l'eau, me répondit-il.

Je redemandai :

Montre-moi une œuvre qui, si je la fais, me fera entrer au Paradis.

Il répondit :

Répands le salut, donne à manger, maintiens les liens du sang, prie la nuit alors que les gens dorment, tu entreras au Paradis en paix. (l'imam Ahmed)

« Nous avons doté la terre de montagnes pour la stabiliser. » Dieu a assigné des montagnes à la terre, autrement la terre aurait bougé et les hommes ne connaîtraient aucun moment de stabilité, étant donné que la terre est submergée presque totalement par l'eau sauf son quart qui est exposé au vent et au soleil afin que les hommes puissent observer le ciel et ce qu'il contient comme signes et preuves extraordinaires.

Ces montagnes n'ont jamais constitué un obstacle devant les hommes pour se déplacer, car Dieu y a disposé des défilés comme des sentiers, peut-être les hommes se guideraient-ils.

Nous avons conçu le ciel comme une voûte indestructible.

C'est-à-dire que le ciel paraît comme une voûte — ou un toit — protégée, et dans un autre verset Dieu a dit :

Et le ciel, Nous l'avons solidement construit et nous lui avons donné de vastes proportions. (51:47)

et dans un troisième verset (à titre d'exemple) Il a dit :

Que ne considèrent-ils le ciel qui s'élève au-dessus de leurs têtes ? Ils verraient comment nous l'avons créé et embelli. Ils verraient qu'il est net de toute fissure. (50:6)

Mais malgré ces signes, les incrédules ne font que s'en détourner. Ils ne méditent plus la création harmonieuse de Dieu :

Que de signes sur terre et dans les cieux révèlent l'existence d'Allah ! Mais les hommes les considèrent sans y prêter attention. (12:105)

Le ciel est tellement élevé et Dieu l'a orné par les astres, les planètes et le soleil dont la révolution autour de la terre dure un jour et une nuit qui sont deux phénomènes : l'un est éclairé et l'autre sombre, pour des buts déterminés, tantôt l'un s'allonge, tantôt l'autre selon les saisons.

Quant au soleil et à la lune, deux astres créés aussi par Dieu à l'intention des hommes, dont le premier éclaire l'autre, et chacun d'eux vogue dans son orbite. Tant l'orbite que les étoiles, la lune et le soleil sont dépendants les uns des autres, car aucun astre ne saurait voguer si une orbite ne lui était pas tracée. Dieu a dit ailleurs :

Il fait luire les matins ; Il a institué la nuit pour le repos, le soleil et la lune comme mesure du temps. Tel est l'ordre conçu par le Tout-Puissant et le Docte.

[Coran

34-35

wa mā ja'alnā li-basharin min qablika-l-khulda afa'in mitta fahumu-l-khālidūna kullu nafsin dhā'iqatu-l-mawti wa nablūkum bi-sh-sharri wa-l-khayri fitnatan wa ilaynā turja'ūna

Nous n'avons conféré l'immortalité à aucun homme avant toi. Si tu meurs, l'auront-ils, eux, l'immortalité ? Chaque âme goûtera la mort. Nous vous éprouverons par les revers et par les succès. C'est à nous que vous ferez retour.

Ibn Jouraïj rapporte que, quand on annonça au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sa mort prochaine, il s'écria:

Seigneur, à qui ma communauté sera-t-elle confiée?

Ce verset fut descendu aussitôt:

Nous n'avons conféré l'immortalité à aucun homme avant toi

Pour le rassurer, Il a dit ailleurs:

Tout ce que porte la terre est périssable. Seule demeure la face de ton Seigneur auréolée de majesté et de noblesse (55:26-27)

Donc quiconque aura espéré l'immortalité, qu'il sache qu'il mourra bientôt et nul n'est immortel.

Nous vous éprouverons par les revers et par les succès

Dieu éprouve les hommes par le bien et par le mal, par l'aisance et par l'indigence pour savoir qui croit et qui mécroit, qui patiente et qui se désespère. Quant au commentaire d'Ibn Abbas il est le suivant: Dieu éprouve les hommes par le mal et le bien, par la pauvreté et par la richesse, par la santé et par la maladie, par les moments difficiles et par les moments faciles, par le licite et par l'illicite, par la soumission et par la désobéissance et par la guidée et par l'égarement. C'est à Dieu que les hommes feront retour pour être rétribués selon leurs œuvres.

36-37

wa idhâ ra'âka-lladhîna kafarû iy-yattakhidhûnaka illâ huzuwan ahâdhâ-lladhî yadhkuru âlihatakum wa hum bi-dhikri-r-Rahmâni hum kâfirûna khuliqa-l-insânu min 'ajal sa'urîkum âyâtî falâ tasta'jilûni

Lorsque les infidèles t'aperçoivent, ils te tournent en dérision. Voilà l'homme, disent-ils, qui discrédite nos divinités. La seule évocation du Miséricordieux les jette hors d'eux. L'homme est impatient de nature. Un jour viendra où je vous produirai mes preuves. Ne vous montrez pas impatients

Quand les infidèles de Qoraïch tels que Abou Jahl et ses semblables, rencontrèrent Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, ils se moquèrent de lui et le dénigrèrent. Ils dirent d'un air sarcastique: «Voilà l'homme qui discrédite vos divinités» qui médit d'elles et qui contesta leur religion. Ceux-là, une fois le Miséricordieux ou Son Rappel évoqué devant eux, les jette hors d'eux. Par cela ils commettent deux actes réprouvés: la mécroyance en Dieu et la moquerie de Son Messager. Dieu a dit d'eux ailleurs: «Quand ils te voient, ils te tournent en dérision:

Est-ce là, disent-ils, celui qu'Allah a envoyé comme Prophète? (25:41)

L'homme a été créé d'impatience dans la plupart de ses paroles ou actions. Pourquoi Dieu a mentionné l'impatience de l'homme dans cette sourate? Quand Il a parlé de ceux qui tournent le Prophète en dérision, il vient à l'esprit de quiconque l'idée de la vengeance de ces impies et de les châtier le plus vite possible. Quant à Dieu, Il accorde un répit à l'injuste mais quand Il le saisit, Il ne le lâche point. Il accorde un délai puis hâte Son châtiment du terme voulu, comme Il le retarde mais ne laisse rien échapper. Il affirme cela en disant qu'Il va montrer Ses signes d'abord et les hommes ne doivent pas Lui demander de se hâter. Il montrera sûrement Sa vengeance, Sa sagesse et Son pouvoir absolu sur toutes Ses créatures surtout ceux qui Lui désobéissent.

38-40

wa yaqûlûna matâ hâdâ-l-wa'du 'in kuntum sâdiqîna law ya'lamu-l-ladhîna kafarû hîna lâ yakuffûna 'an wujûhihimu-n-nâra walâ 'an zuhûrihim walâ hum yunsarûna bal ta'tîhim baghtatan fatabhатuhum falâ yastatî'ûna raddahâ walâ hum yunzarûna

ils disent: quand vos menaces se réaliseront-elles? Précisez-les, si vous êtes sincères. Ah! Si les infidèles pouvaient entrevoir le moment où ni leurs visages ni leurs dos n'échapperont aux flammes et où ils n'auront plus aucune aide! Le châtiment les surprendra à l'improviste. Déconcertés, ils ne pourront ni l'éloigner ni en ajourner l'échéance

Poussés par leur incrédulité et leur obstination, pour manifester leur impiété, les mécréants hâtent le châtiment et dirent avec sarcasme :

Quand vos menaces se réaliseront ? Précisez-le, si vous êtes sincères.

Dieu leur répond : si les impies savaient quand ils ne sauront empêcher le feu qui attaquera leurs visages et leurs dos et ne seront non plus secourus. Les flammes les envelopperont de toutes parts. Qu'ils sachent que «le châtiment les surprendra à l'improviste» et ils seront stupéfaits et déconcertés. Alors ils ne pourront le renvoyer et on ne leur accordera aucun délai.

41-43

walaqadi-stuhzi'a birusulin-min qablika fahâqa bi-l-ladhîna sahirû minhum mâ kânû bihî yastahzi'ûna qul man yakla'ukum bi-l-layli wa-n-nahâri mina-r-Rahmâni bal hum 'an dhikri rabbihim mu'ridûna 'am lahum 'âlihatun tamna'uhum min dûninâ lâ yastatî'ûna nasra anfusihim walâ hum minnâ yushabûna

D'autres Prophètes, avant toi, ont été tournés en dérision. Mais les moqueurs vérifièrent à leurs dépens la raison d'être de ce qu'ils avaient raillé. Dis : qui vous protège de jour ou de nuit si ce n'est le Miséricordieux ? Qu'y faire ? ils sont indifférents aux exhortations de leur Seigneur. Ont-ils des divinités capables de les défendre contre nous ? Mais celles-ci ne peuvent rien pour elles-mêmes, n'étant pas agréées par nous.

Pour soulager Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- Dieu lui dit que bien d'autres Prophètes et Messagers avant lui furent le sujet de la raillerie de leurs peuples, arme-toi de la patience car, le châtiment qu'ils n'en crurent pas ou qu'ils le considèrent très éloigné, ne tarderait pas à les atteindre. Dieu ne laisse plus Ses Prophètes seuls sans être secourus, tout comme Il a dit :

Des Prophètes ont été traités d'imposteurs avant toi. Ils supportèrent ces injures et furent même molestés jusqu'au jour où nous leur donnâmes assistance (6:34)

Puis Il rappelle à Ses serviteurs Ses bienfaits, entre autres il y a le fait d'être gardés de nuit et de jour et qui autre que le Miséricordieux en est capable ? Mais, malgré tout, les impies méconnaissent ces bienfaits et se détournent des signes de leur Seigneur. Ces gens-là «ont-ils des divinités capables de les défendre contre nous ?» Un verset qui est à la fois désaveu, réprimande et reproche. Non, ces divinités auxquelles ils se fient ne pourraient plus les secourir ni se défendre contre le châtiment de Dieu.

44-47

bal m atta‘nâ h a ’u la ’i wa ’a b a ’ahum hattâ tâla ‘alayhimu-l-‘umuru afalâ yarawna ’annâ na’tî-l-’arda nanqusuhâ min ’atrâfïha ’afahumu-1gâlibûna qui ’innamâ* ’undirukum bi-l-wahyi walâ yasma‘u-ssummu-d-duta ’a ’idâ mâ yund arûna wa la’im-massathum nafhatum min ‘ad âbi rabbika layaqûlunna yâ waylana ’innâ kunnâ zâlimîna wa nada‘u-l-mawâzîna-l-qista liyawmi-l-qiyâmati falâ tuzlamu nafsun say’an wa ’in kâna mitqâla habbatim-min hardalin ’ataynâ bihâ wa kafâ binâ hâsibîna

La vérité, c'est que nous leur avons longtemps assuré une vie facile ainsi qu'à leurs pères. N'ont-ils pas remarqué que nous faisons disparaître des portions de continent? Sont-ce eux les plus forts? Dis: Ce que je vous annonce m'est révélé. Mais les sourds n'entendent pas les appels qui leur sont adressés. Qu'un châtiment les effleure et les voilà qui crient: «Malheur à nous qui avons été coupables» Nous dresserons des balances d'une sensibilité inégalable au jour du jugement dernier. Aucune âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d'un grain de moutarde entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles

Les incrédules, plongés dans leur égarement, se laissèrent leurrer par les clinquants du bas monde croyant, après une longue vie, qu'ils ont eu le dessus et il n'y aura autre que la vie qu'ils ont vécue.

N'ont-ils pas remarqué que nous faisons parfois disparaître des portions de continent?

Ces paroles divines furent interprétées de différentes manières, mais, comme a dit l'auteur, nous allons adopter la plus logique d'après les dires de Al-Hassan Al-Basri. Dieu a dit ailleurs:

Nous avons anéanti nombre de villes autour de vous. Et pourtant nous avions multiplié les avertissements pour ramener à nous leurs habitants (46:27)

Ces deux versets qui donnent presque le même sens signifient: Ces idolâtres, n'ont-ils pas vu que Dieu intervient dans les pays infidèles pour en diminuer l'étendue et ceci en laissant l'Islam se répandre et en abrogeant les autres religions, en donnant aussi la victoire aux musulmans contre leurs ennemis, ou bien encore en sauvant les fidèles et faisant périr les autres.

Ces idolâtres «sont-ce eux les plus forts», bien au contraire ils sont les vaincus et les perdants.

«Dis: Ce que je vous annonce m'est révélé» Ma mission consiste aussi à vous mettre en garde, ô hommes, contre un châtiment et un supplice atroce. Je vous divulgue ce qui m'a été révélé de la part de mon Seigneur, mais ceci s'avère être inutile pour quiconque Dieu aura aveuglé et scellé sur son ouïe et son cœur. Il a dit à ce sujet:

Mais les sourds n'entendent pas les appels qui leur sont adressés

Les infidèles, une fois atteints par un souffle du châtiment de Dieu, «voilà qui crient: «Malheur à nous qui avons été coupables» en manifestant leurs regrets d'avoir été injustes. «Nous dresserons des balances d'une sensibilité inégalable du jour du jugement dernier» Dieu a mentionné qu'il y aura plusieurs balances pour juger les hommes, mais, en fait, il n'y aura qu'une seule pour peser une multitude et une grande variété des œuvres, c'est pourquoi il semblera aux hommes qu'il y aura tant de balances.

«Aucune âme ne subira le moindre préjudice» Nul homme ne sera lésé pour la plus petite chose ne serait-ce que l'équivalent d'un grain de moutarde qui sera pesé. Dieu est juste et équitable. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:

Il y a deux paroles qui sont légères pour la langue, lourdes dans la balance et très aimées de Dieu. Elles sont: «Gloire et louange à Dieu. Gloire à Dieu l'inaccessible» (Boukhari, Mouslim) Abdullah Ben 'Amr Ben Al-'As rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu -à Lui la puissance et la gloire- choisira un homme de ma communauté et on lui étalera quatre-vingt-dix-neuf registres dont chacun sera étendu à perte de vue. On lui dira: «Renies-tu quelque chose de ce qui est inscrit dans ces registres? Mes anges scribes étaient-ils injustes envers toi?» - Non Seigneur, sera la réponse. On lui demandera: «As-tu une excuse ou une bonne action pour te justifier?». Il répondra: «Non Seigneur!» - Si, lui dira-t-on, tu as une bonne action et tu ne seras plus lésé aujourd'hui». On lui fera sortir une petite carte où c'est écrit: «Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et je témoigne que Mouhammad est l'Envoyé de Dieu». Amène cet homme, sera-t-il ordonné. Une fois présent, l'homme demandera: «Seigneur, pourquoi cette petite carte se trouve-t-elle avec tous ces registres?» - Tu ne seras pas lésé, lui répondra-t-on. On mettra alors les registres dans un plateau et la petite carte dans l'autre, et voilà cette dernière qui fera basculer la balance

Et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- d'ajouter: «Rien ne pèsera plus que:

Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux (Ahmed, Tirmidzi, Ibn Maja)

L'imam Ahmed rapporte dans son Mousnad d'après Aicha qu'un des compagnons du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'assit devant lui. Il lui dit:

Ô Messager de Dieu, j'ai des esclaves qui me mentent, me désobéissent et me trahissent. Je les frappe et ils m'insultent. Quelle sera ma situation vis-à-vis d'eux?

Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répondit:

Dieu tiendra compte de leur trahison, leur désobéissance et leurs mensonges ainsi que de la punition que tu leur infliges. Si cette dernière équivaudra à leurs actes, tu seras quitte. S'il s'avérera être inférieure, tu obtiendras un mérite, mais si elle en sera supérieure, on se vengera de toi pour établir la compensation

L'homme se mit alors à pleurer et à se lamenter. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de s'écrier: «Qu'a-t-il cet homme? Ne lit-il pas ce verset qui se trouve dans le livre de Dieu:

Nous dresserons des balances d'une sensibilité inégalable au jour du jugement dernier. Aucune âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d'un grain de moutarde entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles.

L'homme dit alors:

Ô Messager de Dieu, je ne trouve autre solution que de les affranchir, et je te prends à témoin

48-50

walaqad ’a taynâ Mûsâ wa Hârûna-l-furqâna wa d iy a ’an wa dikra-l-lilmuttaqîna 1-1-ladîna yahsawna rabbahum bi-l-gaybi wa hum minasâ‘ati musfiqûna wa hâdâ dikrun mubârakun ’anzalnâhu ’afa’antum lahû munkirûna

Nous avons donné à Moïse et à Aaron le moyen de distinguer le bien et le mal, une lumière et un enseignement pour ceux qui craignent Allah. Pour ceux qui craignent leur Seigneur en secret et que tourmente l'heure du jugement dernier. Et voilà encore : un livre béni que nous vous envoyons. Allez-vous aussi le renier ?

Tous les Livres célestes tels que la Torah, l'Évangile et le Coran, tant qu'ils sont dans leur texte original, renferment les enseignements qui permettent de discerner la vérité de l'erreur, la guidée de l'égarement, le licite de l'illicite, et contiennent les avertissements et les exhortations qui sèment la crainte dans les cœurs.

Ceux qui se conforment aux prescriptions divines, sont certes ceux qui, dans l'invisible, redoutent leur Seigneur, et qui recevront la plus belle récompense, comme il est affirmé dans ce verset :

Ceux qui craignent leur Seigneur en secret obtiendront le pardon de leurs péchés et une magnifique récompense (67:12)

Ceux-là aussi sont émus et tourmentés en pensant à l'Heure Suprême.

«Et voilà encore : un Livre que nous vous envoyons» Il s'agit du Coran à qui le faux ne parvient ni de devant lui ni de derrière, car il est une descente de la part d'un Sage, d'un digne de louange. «Allez-vous aussi le renier?» et le méconnaître du moment qu'il est une révélation claire

51-56

walaqad 'ataynā 'Ibrāhīma rushdahu min qablu wa kunnā bihi 'ālimīna idh qāla li'abīhi wa qawmihi mā hādhihi-t-tamāthīlu-l-latī 'antum lahā 'ākifūna qālū wajadnā ābā'anā lahā 'ābidīna qāla laqad kuntum 'antum wa ābā'ukum fī dalālim-mubīnin qāla 'aji'tanā bi-l-ḥaqqi 'am 'anta mina-l-lā'ibīna qāla bal rabbukum rabbu-s-samāwāti wa-l-'arḍi-l-ladhī faṭarahunna wa 'anā 'alā dhālikum mina-sh-shāhidīna

Nous avons indiqué auparavant à Abraham sa direction car nous le connaissions bien. Il dit un jour à son peuple : « Que signifient ces statues aux pieds desquelles vous vous prosternez ? ». Ils répondirent : « Nos pères les adoraient déjà ». Vous et vos pères, répliqua Abraham, êtes dans une erreur manifeste. Dis-tu la vérité ou plaisantes-tu ? Votre Seigneur est le Maître des cieux et de la terre. C'est lui qui a créé vos divinités. Je l'atteste.

Depuis son enfance, Dieu a accordé la vérité et l'argument décisif à Abraham :

Telles sont les preuves que nous avons fournies à Abraham contre son peuple (6:83)

Dieu fait connaître aux hommes, avant la circonstance en courant, qu'il avait accordé le bon chemin et la Direction à Abraham, car il le connaissait bien, étant donné qu'il méritait une telle faveur.

«Il dit un jour à son père et à son peuple :

Que signifient ces statues aux pieds desquelles vous vous prosternez ?

On a déduit de cette question qu'elle fut un signe de la direction, étant encore jeune, il désavoua les divinités qu'adoraient son peuple et son père. Ils n'avaient autre argument que de dire : «Nos pères les adoraient déjà» en s'adonnant à leur culte. Et Abraham de juger :

Vous et vos pères, êtes dans une erreur manifeste.

Vous n'êtes plus sur le droit chemin mais dans un égarement évident.

En réfutant leur argumentation et en dénigrant leurs divinités, ses concitoyens s'exclamèrent : «Dis-tu la vérité ou plaisantes-tu ?» Car nous n'avons jamais entendu quelqu'un tenir de tels propos à l'exception de toi, ô Abraham. Il leur répliqua :

Votre Seigneur est le Maître des cieux et de la terre

et de tout ce qu'ils contiennent ainsi que l'espace qui se trouve entre eux. C'est Lui qui a tout créé, et les statues que vous adorez. «Je l'atteste» qu'il n'y a d'autre Dieu en dehors de Lui.

57-63

wa-ta-L-Lāhi la'akīdanna aṣnāmakum ba'da an tuwallū mudbirīna faja'alahum judhādhan illā kabīra-l-lahum la'allahum ilayhi yarji'ūna qālū man fa'ala hādhā bi-ālihatinā innahu lamina-ẓ-ẓālimīna qālū sami'nā fatан yadhkuruhum yuqālu lahū Ibrāhīmu qālū fa'tū bihī 'alā a'yuni-n-nāsi la'allahum yash-hadūna qālū a'anta fa'alta hādhā bi-ālihatinā yā Ibrāhīmu qāla bal fa'alahu kabīruhum hādhā fas'alūhum in kānū yanṭiqūna

J'en jure par Allah, se dit-il en lui-même, je briserai vos statues quand vous ne serez plus là. Il les mit en pièces à l'exception de la plus grande, pensant que peut-être les idolâtres l'interrogeraient Qui a ainsi détruit nos divinités ? Ce ne peut être qu'un criminel. Nous avons entendu un jeune homme en parler. Il s'appelait Abraham Ils dirent : Faites-le comparaître en public. Que témoignage soit pris contre lui. Est-ce toi, interrogèrent-ils, qui a brisé nos dieux ô Abraham ? C'est le plus grand d'entre eux, répondit-il. Interrogez-les, si toutefois ils peuvent répondre.

Ces idolâtres avaient une fête qu'ils célébraient chaque année. Le père d'Abraham lui dit:

Fils, si tu viens avec nous pour célébrer la fête, tu trouveras des choses étonnantes et notre culte te plaira sûrement

Abraham sortit avec son père. En route il fit semblant d'être malade et il tomba par terre. Les hommes passèrent et demandèrent: «Qu'est-ce qu'il a?» - Il est malade, répondit-on. Quand la grande majorité du peuple passa et il n'en resta qu'un petit groupe, quelques-uns l'entendirent dire:

Je briserai vos statues quand vous ne serez plus là

En effet, une fois se trouvant seul avec les statues, Abraham se précipita sur elles et les frappa de sa main droite. Il les mit en pièces à l'exception de la plus grande au cou de laquelle il attacha la hachette, «pensant que peut-être les idolâtres l'interrogeraient». D'après les dires de certains exégètes, Abraham avait attaché la hachette au cou de la plus grande statue pour laisser les hommes penser qu'elle était jalouse que d'autres statues soient adorées avec elle. Alors elle s'est vengée.

Qui a ainsi détruit nos divinités? Ce ne peut être qu'un criminel

En revenant de la fête, les idolâtres virent ce qu'il en fut de leurs dieux et s'écrièrent: Ce n'est qu'un injuste qui a fait cela à nos divinités. Ceux qui avaient entendu Abraham s'en rappelèrent:

Nous avons entendu un jeune homme en parler. Il s'appelait Abraham

Ces témoins affirmèrent l'avoir entendu jurer qu'il allait détruire ces statues, c'était Abraham ce jeune homme.

Ibn Abbas a dit: Dieu n'a envoyé un Prophète qu'à l'état de la jeunesse, et nul n'a reçu la science qu'à l'état jeune. Puis il récita le verset précité.

«Ils dirent: Faites-le comparaître en public» afin qu'il soit jugé devant tout le monde. Tel fut aussi le souhait d'Abraham qui a voulu que, les hommes une fois réunis, sachent que leur adoration est vaine et que ces idoles ne pourraient leur procurer aucun bien ni leur nuire. Comment persévèrent-ils dans leur adoration?

Est-ce toi, interrogèrent-ils, qui a brisé nos dieux, ô Abraham?

Et lui de répondre avec sarcasme: «C'est la plus grande d'entre eux» au cou de laquelle il avait attaché la hachette. «Interrogez-les si toutefois ils peuvent répondre». Abraham voulut par sa réponse laisser les hommes savoir par eux-mêmes que ces statues sont incapables de parler; et ainsi ils constateraient que leur culte n'a aucun sens.

Au sujet des «mensonges» qu'avait proférés Abraham, il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «De toute sa vie, Abraham n'a menti que trois fois dont deux étaient pour la cause de Dieu quand il a dit: «C'est le plus grand d'entre eux» et «Je suis indisposé» (37:89).

Quant au troisième mensonge, il est le suivant:

Tandis qu'Abraham se trouvait avec sa femme Sarah dans un pays gouverné par un roi injuste, il s'installa dans un endroit. On mit ce roi au courant qu'un homme s'est installé dans le pays et accompagné d'une femme d'une grande beauté. Le roi manda Abraham et lui demanda: «Qui est cette femme?» Il lui répondit: «C'est ma sœur». - Va, ordonna le roi, et amène-la à moi.

Abraham rentra chez lui et dit à sa femme Sarah qu'il avait déclaré devant le roi qu'elle est sa sœur et non pas sa femme. Elle ne devrait donc pas le démentir, car, en fait, elle est sa sœur en religion car tous les deux étaient dans ce pays les seuls soumis (musulmans) à Dieu.

On fit entrer Sarah chez le roi, ce dernier, voulant la saisir par la main, fut pris d'une syncope. Il supplia alors Sarah: Invoque Dieu en ma faveur et je ne te toucherai pas. Sarah s'exécuta. Le roi réitéra son geste deux et même trois fois et fut pris de syncope sans pouvoir toutefois faire quoi que ce soit. Il convoqua ses gardes et leur dit:

Vous ne m'avez pas amené une personne mais plutôt un démon

Il la congédia en lui donnant Agar comme servante, en guise de don.

Retournant chez elle, Sarah trouva Abraham en prière. La prière terminée, il lui demanda de lui raconter ce qui s'était passé. Elle lui répondit:

Dieu m'a préservée de la perfidie de ce pervers incrédule et m'a accordé Agar

En rapportant ce hadith, Abou Houraira disait souvent: «C'est (Agar) votre mère, ô fils de «Ma-es-Sama»». (C'était Agar la mère d'Ismaël, à qui Dieu avait envoyé un ange pour faire jaillir la source de Zamzam). (Boukhari, Mouslim)

64-67

faraja'û 'ilâ 'anfusihim faqâlû 'innakum 'antumu-z-zâlimûna tumma nukisû 'alâ ru'ûsihim laqad 'alimta mâ hâ'ulâ'i yantiqûna qâla 'afata'budûna min dûni-l-Lâhi mâ lâ yanfa'ukum shay'an walâ yadurrukum 'uffin lakum wa limâ ta'budûna min dûni-l-Lâhi 'afalâ ta'qilûna

Ils se concertèrent. Ils dirent : « En vérité, nous sommes dans l'erreur » Puis, changeant brusquement d'attitude, ils lui dirent : « Tu sais bien que les statues ne parlent pas » Comment, dit Abraham, vous adorez d'autres divinités qu'Allah, qui ne peuvent ni vous être utiles ni vous nuire ? Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors d'Allah. Finirez-vous par comprendre ?

«Ils se concertèrent» et revinrent à eux-mêmes en disant:

C'est notre faute d'avoir laissé ces statues sans garde

Ils baissèrent la tête ensuite et dirent à Abraham: «Tu sais bien que les statues ne parlent pas». Comment oses-tu nous dire d'interroger la plus grande d'entre elles. A ce moment Abraham s'écria:

Comment vous adorez d'autres divinités qu'Allah, qui ne peuvent ni vous être utiles ni vous nuire?

Donc si ces divinités sont ainsi, pourquoi leur vouez-vous un culte en dehors de Dieu, vraiment vous êtes dans un égarement évident, et vous n'êtes

qu'un peuple ignorant et pervers. Tel est le sens de ces paroles divines:

Telles sont les preuves que nous avons fournies à Abraham contre son peuple (6:83)

68-70

qâlû harriqûhu wa-nsurû 'âlihatakum 'in kuntum fâ'ilîna qulnâ yâ nâru kûnî bardan wa salâman 'alâ 'Ibrâhîma wa 'arâdû bihî kaydan faja'alnâhumu-l-'akhsarîna

«Jetez-le au feu, dirent-ils. Faites respecter vos idoles, si vous avez quelque énergie» Nous dîmes: «O feu, sois inoffensif et ne brûle pas Abraham» Ils voulurent sa perte. C'est eux que nous avons perdus.

Se trouvant incapables de défendre leurs dieux et leurs arguments sans valeur, ils usèrent de leur pouvoir pour punir Abraham. Ils dirent :

Jetez-le au feu. Faites respecter vos idoles, si vous avez quelque énergie

Pour cela, ils ramassèrent une grande quantité de bois. Chacun d'eux s'évertua à participer à cette affaire à tel point que la femme malade fit un vœu que si elle était rétablie, elle ne manquerait plus à apporter du bois, ne serait-ce qu'un petit bâton.

Une fois le bois amoncelé, ils creusèrent un fossé, le remplirent de bois et l'allumèrent. Ils firent un grand feu dont les flammes atteignaient quelques mètres de hauteur. Suivant la proposition d'un homme kurde de Perse, les hommes placèrent Abraham -que la paix soit sur lui- dans le plateau de la catapulte et le lancèrent au feu. Abraham s'écria alors : «Dieu me suffit, Il est le meilleur Protecteur».

Al-Boukhari rapporte qu'Ibn Abbas a dit : «Lorsqu'Abraham fut jeté au feu, il dit : «Dieu me suffit, Il est le meilleur Protecteur». Ces mêmes propos furent répétés aussi par Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- quand on lui dit :

Vos adversaires s'arment contre vous, prenez garde

La foi des fidèles augmenta et ils dirent :

Allah nous suffit, c'est le meilleur des protecteurs (3:173)

Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Quand Abraham fut jeté au feu, il invoqua Dieu par ces mots :

Grand Dieu ! Tu es l'Unique au ciel, et moi, je suis le seul sur la terre qui T'adore

On a rapporté aussi qu'en le ligotant, il disait :

Il n'y a de Dieu que Toi ! Gloire à Toi. À Toi les louanges et la Royauté, Tu n'as pas d'associé

Abraham avait à cette époque seize ans.

Il est cité dans les traditions que lorsqu'Abraham fut en l'air, une fois lancé par la catapulte, Gabriel lui demanda : «As-tu besoin de quelque chose ?» Il lui répondit : «De toi non, mais de Dieu, oui». D'après Ibn Abbas, lorsqu'Abraham fut lancé, l'ange dépositaire de la pluie se demanda :

Quand est-ce que je reçois l'ordre pour envoyer l'ondée ?

Mais l'ordre de Dieu fut plus prompt car Il a dit : «Ô feu, sois inoffensif et ne brûle pas Abraham». On a dit aussi que tous les feux qui existaient à cette époque furent éteints à ce moment-là. Quant à Ka'b Al-Ahbar, il a dit que le feu n'a brûlé que le lien d'Abraham.

Abou Houraira raconte : Lorsqu'on fit sortir Abraham du fossé, son front ruisselait de sueur. Son père lui dit alors : «Quel merveilleux Seigneur est le tien, ô Abraham».

Qatada a dit que, en ce jour-là, toutes les bêtes de la terre participaient à éteindre le feu, à l'exception du margouillat ou l'agame (sorte de reptiles). À ce propos, Aïcha -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a ordonné de tuer le margouillat pour cette raison.

Ils voulurent sa perte. C'est eux que nous avons perdus

Les idolâtres voulurent dresser des embûches contre Abraham, et Dieu de sa part les rendit les plus malheureux des perdants.

71-75

wa najjaynâhu wa Lûtan 'ila-l-'ardi-l-latî bâraknâ fîhâ li-l-'âlamîna wa wahabnâ lahû 'Ishâqa wa Ya'qûba nâfilatan wa kullan ja'alnâ sâlihîna wa ja'alnâhum 'a'immatan yahdûna bi'amrina wa 'awhaynâ 'ilayhim fi'la-l-hayrâti wa 'iqâma-s-salâti wa 'îtâ'a-z-zakâti wa kânû lanâ 'âbidîna wa Lûtan 'âtaynâhu hukman wa 'ilman wa najjaynâhu mina-l-qaryati-l-latî kânat ta'malu-l-habâ'ita 'innahum kânû qawma saw'in fâsiqîna wa 'adkhalnâhu fî rahmatinâ 'innahû mina-s-sâlihîna

Nous le sauvâmes, ainsi que Loth, en leur donnant pour asile une terre bénie. Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroît, Jacob. Nous en fîmes des hommes vertueux. Nous en fîmes des vicaires chargés de mettre les hommes sur la bonne voie, nous leur apprîmes à pratiquer le bien, à dire la prière et à faire l'aumône. Ce furent pour nous des fidèles dévoués. Nous avons donné à Loth le pouvoir et la science. Nous l'arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses habitants étaient une lie de méchanceté et de perversion. Nous l'admîmes dans le sein de notre miséricorde. Il fut un homme pur

Nous le sauvâmes, ainsi que Loth, en leur donnant pour asile une terre bénie. (71) Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroît, Jacob. Nous en fîmes des hommes vertueux. (72) Nous en fîmes des vicaires chargés de mettre les hommes sur la bonne voie, nous leur apprîmes à pratiquer le bien, à dire la prière et à faire l'aumône. Ce furent pour nous des fidèles dévoués. (73) Nous avons donné à Loth le pouvoir et la science. Nous l'arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses habitants étaient une lie de méchanceté et de perversion. (74) Nous l'admîmes dans le sein de notre miséricorde. Il fut un homme pur Après avoir sauvé Abraham des incrédules et Loth des habitants de la cité qui commettaient la débauche et la perversité, Dieu les conduisit dans le pays de Châm, le pays béni. Oubay Ben Ka'b a dit à son sujet : C'est le pays où l'eau jaillit du dessous de chaque rocher. Quant à Qatada, il a dit qu'Abraham était en Iraq et Dieu le sauva en le conduisant vers le Châm ; ce pays qu'on appelait la meilleure demeure de l'émigration. On a dit aussi que ce pays est le lieu de la résurrection et du rassemblement, où Jésus — que Dieu le bénisse — descendra vers la fin des temps et tuera l'Antéchrist.

Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroît, Jacob

C'est-à-dire que Isaac engendrera Jacob comme Il l'a montré dans ce verset :

Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à Isaac et qu'Isaac aurait lui-même un fils, Jacob (11:71)

Ils furent tous des hommes de bien et vertueux. Dieu en fit d'eux des chefs et imams qui dirigent les autres et les mettent sur la voie droite.

En appelant à Dieu avec Sa permission, Il leur a inspiré des œuvres bonnes, l'accomplissement des prières et l'acquittement de l'aumône. Ils furent soumis totalement à Dieu, exécutèrent ce qu'ils ordonnèrent aux hommes de faire.

Loth (le neveu d'Abraham) crut en Abraham et émigra avec lui. Dieu lui accorda la science et la sagesse, et fit de lui un Prophète en l'envoyant à Sadoum (Sodome). Mais les habitants de ce pays le traitèrent de menteur et se rebellèrent contre lui, Dieu les extermina. Il a dit de lui :

Nous l'arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses habitants étaient une lie de méchanceté et de perversion. Nous l'admîmes dans le sein de notre miséricorde. Il fut un homme pur

et juste, à l'inverse de tous ses concitoyens.

76-77

wa-Nûhân id nâdâ min qablu fastajabnâ lahû fanajjaynâhu wa 'ahlahû mina-l-karbi-l-'azîmi wa nasarnâhu mina-l-qawmi-l-ladhîna kadhdhabû bi'âyâtinâ 'innahum kânû qawma sû'in fa'aghraqnâhum 'ajma'îna

Noé nous appela à son secours. Nous répondîmes à son appel et le sauvâmes, lui et les siens, du déluge. Nous l'avons défendu contre son peuple qui traitait nos signes de mensonges. C'était un peuple de gens pervers. Nous les avons tous noyés.

Noé appela son Seigneur pour le sauver de son peuple incrédule :

« Je suis à bout, viens à mon secours » (54:10) et formula aussi cette prière :

Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle (71:26)

Dieu le sauva ainsi que ceux qui ont cru en lui dans l'arche, bien que ces derniers fussent peu nombreux.

Selon d'autres interprétations, Dieu n'a pas sauvé Noé du déluge mais de « la grande angoisse » qu'il ressentait durant une période qui dépassait neuf siècles en appelant son peuple à Dieu et à n'adorer que

Lui. Mais eux, cet appel ne faisait qu'accroître leur rébellion et leur impiété. Ce peuple mauvais, Dieu les a totalement engloutis.

78-82

wa Dāwūda wa Sulaymāna 'id yahkumāni fī-l-harthī 'id nafashat fīhi ganamu-l-qawmi wa kunnā lihukmihim shāhidīna fafahhamnāhā Sulaymāna wa kullan 'ātaynā hukman wa 'ilman wa sakhkharnā ma'a Dāwūda-l-jibāla yusabbihna wa-t-tayra wa kunnā fā'ilīna wa 'allamnāhu san'ata labūsi-l-lakum lituhsinakum min ba'sikum fahal antum shākirūna wa li-Sulaymāna-r-rīha 'āsifatan tajrī bi'amrihī 'ila-l-'ardi-l-latī bāraknā fīhā wa kunnā bikulli shay'in 'ālimīna wa mina-sh-shayāṭīni man yaghūsūna lahū wa ya'malūna 'amalan dūna dhālika wa kunnā lahum hāfiẓīna

Lorsque David et Salomon jugèrent le différend suscité par un délit de pacage, nous étions présents au prononcé de la sentence. Nous inspirâmes la bonne solution à Salomon. À tous deux, nous avions donné un pouvoir et une science distincts. Nous assujettîmes les montagnes et les oiseaux à prier avec David. Voilà de quoi nous sommes capables. Nous initiâmes David à l'art de fabriquer des cuirasses pour vous protéger contre vos propres violences. Finirez-vous par reconnaître ces bienfaits ? Nous assujettîmes à Salomon le vent impétueux. Suivant son ordre, il soufflait sur la Terre que nous avons bénie. Notre science embrasse tout. Nous assujettîmes certains génies à explorer les mers pour lui et à exécuter d'autres entreprises encore. Nous les surveillons nous-mêmes.

Des moutons appartenant à des gens avaient erré la nuit dans un jardin planté de vignes appartenant à d'autres et l'avaient ravagé. Les propriétaires de ce jardin portèrent plainte auprès de David qui leur donna gain de cause et ordonna qu'on donne le troupeau comme dédommagement (à savoir que le prix du mouton équivalait à celui du jardin).

Salomon, entendant cette sentence, intervint et dit à son père David :

Le verdict devait être donné autrement, ô Prophète de Dieu

En l'interrogeant, il reprit : « Tu devais confier le jardin au propriétaire du troupeau pour qu'il en prenne soin et l'amende afin qu'il devienne comme autrefois, et le troupeau au propriétaire du jardin pour en tirer profit jusqu'au jour où son jardin deviendra comme il était auparavant, et alors il rendra le troupeau à son propriétaire. Tel est le sens des paroles divines : « Nous inspirâmes la bonne solution à Salomon » comme l'a avancé Ibn Mass'oud.

Ibn Abi Hatem raconte : « Lorsque Iyas Ben Mou'awiah fut nommé juge, Al-Hassan vint le trouver et pleura. En lui demandant pourquoi il pleurait, il répondit :

O Abou Sa'id, on m'a dit que les juges sont de trois catégories : Le premier qui prononce un verdict d'après ses propres lumières en commettant une injustice et sera précipité en Enfer. Un deuxième, qui connaît la réalité des choses mais suit ses penchants, il sera aussi précipité en Enfer. Enfin un troisième qui prononce une sentence en observant les droits des deux parties adversaires, et sera admis au Paradis

Al-Hassan Al-Basri dit : « Dieu, en racontant dans Son Livre l'histoire de David et de Salomon — que Dieu les salue — a avancé des propos qui réfutent les dires des gens. Il a dit :

Lorsque David et Salomon jugèrent le différend suscité par un délit de pacage, nous étions présents au prononcé de la sentence

Dieu a loué Salomon pour son jugement mais Il n'a pas blâmé David. Puis Al-Hassan poursuivit : « Dieu a posé trois conditions que doit remplir quiconque aspire au poste de la magistrature : Il ne doit pas troquer les signes de Dieu à vil prix, ni suivre ses penchants, ni craindre personne. Puis il récita à l'appui :

O David, nous avons fait de toi notre lieutenant sur terre. Juge entre les hommes avec équité. Ne suis pas tes penchants, si tu veux rester dans la voie d'Allah (38:26)

Il est cité dans les Sunans ce qui suit :

Il y a trois genres de juges dont un seul entrera au Paradis et les autres en Enfer : Le premier est celui qui connaît la vérité et donne son jugement d'après elle, il sera admis au Paradis. Les deux qui seront précipités en Enfer sont : un juge ignorant qui tranche les différends entre les gens, et un autre qui connaît les droits de chaque partie adverse mais ne juge pas d'après la vérité

On trouve aussi dans la tradition cette anecdote : « Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit : « Tandis que deux femmes accompagnées chacune de son enfant se trouvaient ensemble, un loup survint et prit l'un de ces enfants. Comme chacune d'elles prétendit que l'enfant enlevé était le fils de l'autre, elles portèrent leur différend devant David. Celui-ci donna gain de cause à l'aînée. En sortant de chez David, Salomon les convoqua et leur dit :

Apportez-moi un couteau afin que je fende l'enfant — survivant — en deux pour donner une partie à chacune d'entre vous.

La femme moins âgée objecta : Non, que Dieu te fasse miséricorde, il est le sien. Et Salomon de donner l'enfant à la femme la plus jeune qui était sa mère.

N.B. En l'absence de toute évidence, le jugement de David ne fut pas erroné car, d'après ses propres lumières, il pensa que la femme la plus jeune aurait une chance de porter plus que l'autre qui la dépassait en âge. Plusieurs exégètes ont avancé cette opinion.

(Le traducteur)

Nous assujettîmes les montagnes et les oiseaux à prier avec David

Car David avait une voix mélodieuse. Quand il récitait les Psaumes, les oiseaux dans l'air s'arrêtaient pour lui répondre ainsi que les montagnes. On a rapporté à ce propos que le Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — passa une nuit près de la maison d'Abou Moussa Al-Ach'ari qui lisait du Coran, et qui avait une voix très mélodieuse. Il s'arrêta pour écouter sa récitation et dit :

Abou Moussa possède un des Psaumes de la famille de David

Abou Moussa dit, plus tard, au Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — :

Si je savais que tu m'écoutais, j'aurais embelli encore ma voix

Nous initiâmes David à l'art de fabriquer les cuirasses

Dieu a appris à David la fabrication des cottes de mailles qui jusqu'alors, d'après Qatada, furent faites en des plaques. David fut le premier à les fabriquer en mailles. À ces fins Dieu a dit ailleurs : « Nous avons rendu le fer ductile entre ses mains. Nous lui dîmes :

Fabrique des cuirasses et ajuste bien les mailles

qui protègent contre les coups durant les batailles. Pour ces bienfaits, les hommes sont-ils reconnaissants envers Dieu !

« Nous assujettîmes à Salomon le vent impétueux » qui, à son ordre, souffle pour le porter vers la terre bénie, le pays du Châm. À ce propos, on a raconté que Salomon avait un tapis fait en bois où on mettait tout ce dont il aurait besoin pour se déplacer : les tentes, les chevaux, les chameaux et les soldats. Il ordonnait au vent de le porter en soufflant en-dessous. Les oiseaux, de leur part, protégeaient Salomon et sa suite contre les rayons solaires en étalant leurs ailes. Dieu a dit dans un autre verset :

Nous lui soumîmes le vent qui, docilement, sur son ordre, souffle là où il veut (38:36)

Sa'id Ben Joubayr a dit :

On plaçait derrière Salomon des centaines de milles de chaises sur lesquelles s'asseyaient d'abord les croyants parmi les humains puis ceux des djinns. Il ordonnait au vent de les soulever et aux oiseaux de les ombrager

Parmi les démons qui étaient assujettis au service de Salomon, il y avait ceux qui plongeaient pour lui dans la mer pour extraire les perles et les pierres précieuses, et ceux qui lui accomplissaient d'autres travaux.

« Nous les surveillions nous-mêmes » Dieu gardait Salomon contre les démons et les génies et le préservait contre leur nuisance. Ils étaient sous son autorité et nul parmi eux n'osait s'approcher de lui ou lui désobéir. « D'autres étaient enchaînés les uns aux autres » (38:38). Salomon avait le choix de libérer certains ou de les lier.

83-84

wa 'Ayyûba 'idh nâdâ rabbahû 'annî massaniya-d-durru wa 'anta 'arhamu-r-râhimîna fastajabnâ lahû fakashafnâ mâ bihî min durrin wa 'ataynâhu 'ahlahû wa mithlahum ma'ahum rahmatan min 'indinâ wa dhik râ li-l-'âbidîna

Job adressa cette prière à son Seigneur: «La maladie m'accable, ô le plus miséricordieux des plus miséricordieux» Nous fûmes touchés par son appel. Nous le délivrâmes de son mal et nous lui rendîmes sa famille accrue au double. Ce fut là, de notre part, un geste de pitié et un encouragement pour nos serviteurs

Le Prophète Job (Ayoub) -que Dieu le salue- vivait dans l'aisance, il possédait tant de troupeaux, de terrains et d'enfants. Dieu l'éprouva par la maladie et il perdit toutes ses richesses. On a dit que sa maladie dura dix-huit ans et à cause d'elle (tant il était répugnant à l'approcher) nul ne resta comme proches et amis sauf deux hommes qui venaient lui rendre visite matin et soir.

L'un de ces deux individus dit à son compagnon :

Par Dieu, Job a commis un certain péché qu'aucun n'a commis avant lui

L'autre de demander : «Quel est ce péché ?» Il répondit :

Depuis dix-huit ans Dieu ne lui fit miséricorde ni le guérit de cette maladie

Se rendant chez Job, ils le mirent au courant de leurs propos. Et Job de répliquer :

Je ne sais pas à quoi tu fais allusion. Dieu, à lui la puissance et la gloire, sait que je passais par deux hommes qui se disputaient, puis ils revenaient à Dieu et l'invoquaient. Quant à moi, je me rendais chez moi et je dépensais de mes biens pour expier les fautes des hommes, de peur qu'ils ne L'eussent invoqué par autre que la vérité

Ibn Abbas a dit :

Dieu, plus tard, lui a rendu au double ce qu'il possédait comme richesses

Wahb Ben Mounabbah rapporte :

Dieu révéla à Job qu'il allait lui rendre tout ce qu'il avait perdu comme richesses et enfants, et une fois autant. Il lui ordonna : Va vers cette source d'eau et lave-toi, tu seras guéri. Présente au nom de tes compagnons des offrandes et implore pour eux Mon pardon car ils venaient de Me désobéir à cause de ton état

«... nous lui rendîmes sa famille accrue au double». Ibn Abbas, en commentant ce verset, a dit que toute sa famille lui a été rendue telle qu'elle était avant son épreuve. Certains ont avancé que sa femme s'appelait Rahma, ou Léa selon d'autres, et qu'elle était la fille de Jacob -que Dieu le salue-.

Quant à Moujahed, il l'a commenté de la façon suivante : On a dit à Job :

Les tiens sont au Paradis. Si tu le désires nous pouvons les amener à toi, ou préfères-tu qu'on les y laisse en te les remplaçant par d'autres tels quels.

Job répondit :

Je préfère les laisser où ils se trouvent, au Paradis.

Dieu lui accorda d'autres en échange.

Ce fut là, de notre part, un geste de piété et un encouragement pour nos serviteurs

Dieu explique : Ce que nous avons fait fut par un effet de notre miséricorde, et afin que les hommes éprouvés ne croient pas que nous les avons affligés par manque d'égard ; non, mais plutôt qu'ils sachent que la patience est leur meilleur secours, et nous n'éprouvons certains que d'après notre sagesse.

85-86

wa 'Ismâ'îla wa 'Idrîsa wa Dâ-l-Kifli kullum-mina-s-sâbirîna wa adkhalnâhum fî rahmatinâ 'innahum mina-s-sâlihîna

Ismaël, Idris et Zoul-Kifl étaient des modèles de patience. Nous les reçûmes dans le sein de notre miséricorde car ils étaient vertueux.

Nous avons déjà parlé, en commentant la sourate de Marie, des deux Prophètes Idriss et Ismaël le fils d'Abraham - que Dieu les salue. Quant à Zoul-Kifl, étant mentionné avec d'autres Prophètes, il est comme tel, mais certains ont dit qu'il n'était pas un Prophète mais un homme vertueux, un roi équitable et un gouverneur juste. Moujahed a soutenu cette dernière opinion et a avancé qu'il était un homme vertueux qui prenait charge des affaires de ses concitoyens, jugeait entre eux avec équité.

87-88

wa dha-n-nūni idh dhahaba mughāḍiban faẓanna 'an-lan-naqdira 'alayhi fanādā fī-ẓulumāti 'an-lā 'ilāha 'illā 'anta subḥānaka 'innī kuntu mina-ẓ-ẓālimīna fastajabnā lahu wa najjaynāhu mina-l-ghammi wa ka- dhālika nunji-l-mu'minīna

Jonas quitta son peuple dans un moment de colère, doutant même de l'aide d'Allah. Il adressa cette prière du fond des ténèbres : « Il n'y a de dieu qu'Allah. Gloire à Toi. J'avoue être du nombre des coupables. » Nous entendîmes son appel. Nous le délivrâmes de ses angoisses. C'est ainsi que nous secourons les fidèles.

L'histoire de Jonas (Younos ou Zoun-Noun) est mentionnée dans ces sourates: Les Prophètes, Les rangs (37) et la Plume (68).

Il s'agit de Jonas le fils de Mathieu, (Younos Ben Matta) que Dieu a envoyé aux habitants de Ninive, un village de la région de Moussol en Iraq. Il appela ses habitants à l'adoration de Dieu mais ils refusèrent et persévérèrent dans leur incrédulité. Il les quitta courroucé en les avertissant qu'ils subiront un châtiment céleste dans trois jours.

Constatant que Jonas était, en vérité, un Prophète qui ne ment pas, les habitants de Ninive quittèrent leur village en accompagnant leurs enfants et leurs troupeaux, et commencèrent à implorer Dieu afin qu'il leur épargne Son châtiment. Dieu a dit d'eux dans un autre verset:

Que n'ont-elles cru les cités d'autrefois? La foi leur eût été profitable. Seul, le peuple de Jonas s'est converti. En récompense, nous l'avons soustrait à un châtiment ignominieux dans ce monde et nous l'avons laissé jouir de la vie pendant un certain temps (10:98)

Jonas, de sa part, s'embarqua dans un navire avec d'autres gens. Se trouvant en pleine mer, le navire commença à s'agiter et les hommes faillirent trouver la mort. Ils firent un tirage au sort pour jeter dans l'eau l'un des passagers et alléger la cargaison. A deux reprises le sort le désigna. «On tira au sort. Il fut parmi les perdants» [Coran].

Alors Jonas se leva, se dévêtit et se jeta dans l'eau. A ce moment Dieu — à lui la puissance et la gloire — envoya une baleine qui l'avala, en l'inspirant de le laisser sans rien dévorer de son corps, car Jonas ne fut pas désigné comme une nourriture pour la baleine, mais le ventre de celle-ci fut comme une prison pour lui.

A l'intérieur de la baleine, Jonas invoqua Dieu:

Il n'y a de Allah que Toi, Gloire à Toi — J'avoue être du nombre des coupables

Il adressa cette prière du fond des ténèbres: la ténèbre du ventre de la baleine, celle de la mer, et celle de la nuit. La baleine l'emporta au fond de la mer et là Jonas entendit les galets qui glorifiaient le Seigneur.

Quant à son séjour dans le ventre de la baleine, on a dit qu'il a duré quarante jours. Puis Dieu entendit son appel. «Nous le délivrâmes de ses angoisses», en le sauvant de ces trois ténèbres. «C'est ainsi que nous secourons les fidèles». A ce propos, on a rapporté que le Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit: «Tout musulman qui formule la prière de Zoun-Noun (Jonas), Dieu l'exauce. Cette prière est la suivante:

En vérité, il n'y a de Dieu que Toi. Gloire à Toi. Oui, j'étais au nombre des injustes

Concernant cette même prière, Sa'd Ben Abi Waqas rapporte avoir entendu le Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — dire que le nom Sublime de Dieu se trouve dans cette prière. Il lui demanda:

Est-ce cela pour Jonas ou pour le commun des musulmans?

Il lui répondit: «Pour le commun des musulmans quand ils la formulent en s'adressant à Dieu. N'as-tu pas entendu les paroles divines:

Il adressa cette prière au fond des ténèbres: «Il n'y a de Allah que Toi — Gloire à Toi. J'avoue être du nombre des coupables. Nous entendîmes son appel. Nous le délivrâmes de ses angoisses. C'est ainsi que nous secourons les fidèles.» C'est une promesse de Dieu comme le montre clairement le verset

89-90

wa zakariyyâ idh nâdâ rabbahû rabbi lâ tadh'arnî fardan wa anta khayru-l-wâritîna fastajabnâ lahû wa wahabnâ lahû Yahyâ wa aslalnâ lahû zawjahû innahum kânû yusâri'ûna fi-l-khayrâti wa yad'ûnanâ raghaban wa rahaban wa kânû lanâ khâshi'îna

Zacharie adressa cette prière à son Seigneur: «Seigneur, ne me laisse pas sans descendance, bien que tu sois le plus désirable des héritiers. Nous entendîmes son appel. Nous lui donnâmes Jean pour fils et nous fîmes de son épouse une femme modèle. Tous trois étaient empressés à faire le bien. Ils nous priaient avec persuasion et crainte. Ils s'humiliaient devant nous.

Zacharie implora Dieu pour qu'il lui donne un héritier Prophète, en lui adressant cette invocation secrète:

Mon Seigneur, ne me laisse pas seul. Tu es le meilleur des héritiers

Dieu l'exauça, lui donna Jean (Yahia) et améliora la situation de son épouse. D'après Ibn Abbas, Moujahed et Ibn Joubayr: La femme était stérile et devint féconde en engendrant Jean. Mais, selon 'Ata', la femme de Zacharie avait la langue très longue et Dieu la lui améliora, ou encore, suivant une troisième interprétation, elle avait un mauvais caractère et Dieu le lui substitua par un autre meilleur. Mais il s'avère que la première opinion est la plus correcte.

Ces trois: Zacharie, son épouse et Jean «étaient empressés à faire le bien» en accomplissant les œuvres pies et en s'acquittant des pratiques obligatoires. Ils étaient de vrais croyants qui appelaient Dieu et L'invoquaient avec amour et avec crainte. «Ils s'humiliaient devant nous».

Abdullah Ben Hakim a rapporté: «Abou Bakr, dans un de ses prêches, a dit: «Je vous recommande de craindre Dieu et de faire ses louanges, de mélanger le désir avec la crainte et d'invoquer Dieu avec insistance. Car Dieu a fait l'éloge de Zacharie et de ses siens en disant d'eux:

Tous trois étaient empressés à faire le bien. Ils nous priaient avec ferveur et crainte. Ils s'humiliaient devant nous

91

wa-llatî 'ahsanat farjahâ fanafahnâ fîhâ min rûhinâ wa ja'alnâhâ wa-bnahâ 'âyatan li-l-'âlamîna

Nous insufflâmes Notre esprit à celle qui sut demeurer chaste, Nous fîmes d'elle et de son fils un symbole pour l'humanité.

Dieu mentionne à la fois l'histoire de Marie et son fils Jésus -que Dieu le salue- et celle de Zacharie et son fils Jean (Yahia) -que Dieu les salue-, car toutes les deux sont liées par un miracle venu de Dieu :

«celle qui sut demeurer chaste» et vierge sans approcher un homme. Dieu l'a aussi mentionnée dans cet autre verset:

Il propose aussi en exemple Marie, fille d'Imran, qui vécut chaste. Nous lui insufflâmes une parcelle de notre vie (66:12)

Dieu a voulu faire d'elle et de son fils un signe pour les mondes, et montrer Son omnipotence en créant qui Il veut, Son ordre consiste à dire à n'importe quoi : «Sois» et

92-94

'inna hādhihi 'ummatukum 'ummatan wāḥidatan wa 'anā rabbukum fa'budūni wa taqaṭṭa'ū 'amrahum baynahum kullun 'ilaynā rāji'ūna faman ya'mal mina-ṣ-ṣāliḥāti wahuwa mu'minun falā kufrāna lisa'yihī wa 'innā lahu kātibūna

Hommes, vous ne formez qu'une seule communauté. Je suis votre Maître. Adorez-moi. Mais vous avez brisé les liens qui vous unissent. Vous nous ferez tous retour. Quiconque pratiquera les bonnes œuvres dans la foi, ses efforts ne seront pas vains. Ils seront inscrits à son actif.

L'expression «une seule communauté» signifie, d'après Ibn Abbas que la religion de tous les hommes est unique, et il a cité à l'appui ce hadith dans lequel le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nous, les Prophètes, sommes engendrés par différentes mères, mais notre religion est une (la même). Cette religion consiste à adorer Dieu seul sans rien Lui associer, malgré que plusieurs lois furent révélées pour son application, comme Dieu le montre en disant:

A chaque peuple nous avons donné une loi et une voie (5:48)

«Mais vous avez brisé les liens qui vous unissent» car parmi les hommes il y a ceux qui ont eu la foi et d'autres qui ont mécru. Chacun retournera vers Dieu au jour de la résurrection pour le rétribuer selon ses œuvres dans le bas monde. «Quiconque pratiquera les bonnes œuvres dans la foi» avec zèle et certitude «ses efforts ne seront pas vains» et ne sera plus lésé car Dieu le récompensera ne serait-ce que pour le poids d'un atome de bien et les bonnes actions que les anges avaient inscrites durant toute sa vie.

95-97

wa-harâmu 'alâ qaryatin 'ahlaknâhâ 'annahum lâ yarji'ûna hattâ 'idhâ futihat ya'jûju wa ma'jûju wa hum min kulli hadabin yansilûna wa-qtaraba l-wa'du l-haqqu fa-'idhâ hiya shâkhisatun 'absâru l-ladhîna kafarû yâ waylanâ qad kunnâ fî ghaflatin min hâdhâ bal kunnâ zâlimîna

Nous ne nous autorisons à anéantir une cité que lorsque nous désespérons de rallier ses habitants. Lorsque Gog et Magog seront lâchés en liberté, ils dévaleront en masse de chaque crête. L'échéance fatale sera proche. Les yeux hagards, les infidèles s'écrieront alors : « Malheur à nous qui ne pensions pas à une telle issue ! Nous étions vraiment coupables. »

Il est interdit aux habitants d'une cité que Dieu a détruite de revenir au bas monde jusqu'au jour de la résurrection, d'après les dires.

«Lorsque Gog et Magog seront lâchés en liberté» Nous avons montré auparavant que Gog et Magog (Ya'jouj et Ma'jouj) font partie de la descendance d'Adam, et plus précisément de la progéniture de Yafeth fils de Noé, dont les Turcs en forment une partie.

Les Gog et Magog, vers la fin des temps, se précipiteront de chaque hauteur pour corrompre la terre. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait raconté plusieurs hadiths concernant leur sortie : «Ils dévaleront en masse de chaque crête» en fréquentant les hommes. Les musulmans, en ce moment-là, se retireront dans des places inexpugnables avec leurs troupeaux.

Ils passeront par les courants d'eau et boiront toute l'eau sans laisser une seule goutte, de sorte que certains parmi eux - les derniers - passeront par le même endroit et diront :

Il y avait dans le temps un cours d'eau qui passait par ici

En chassant les habitants de la terre et les contraignant à s'isoler, les Gog et Magog diront : «Il ne nous reste que les habitants des deux». L'un d'eux agitera sa lance vers le ciel et elle retournera tachée de sang comme signe de séditions et de troubles.

Agissant de la sorte, Dieu leur enverra des vers qui attaqueront leurs cous et les rendront raides morts. Le lendemain matin, n'entendant plus le vacarme de ce peuple, les musulmans diront :

Qui se porte volontaire pour descendre et voir ce qu'il est advenu des Gog et Magog ?

Alors ils sortiront de leurs abris et forteresses conduisant leurs troupeaux qui n'auront d'autre nourriture que ces cadavres qu'ils trouveraient plus délicieux que les herbes.

Dans le hadith relatif à l'Antéchrist on trouve cet ajout :

Étant ainsi, Dieu - à Lui la puissance et la gloire - révélera à Jésus - que la paix soit sur lui - : «J'ai fait sortir certains de Mes serviteurs dont personne n'est capable de les battre. Ramène-les à la montagne Tor». Dieu enverra ensuite Yajouj et Majouj qui se précipiteront de tous côtés. Jésus et ses compagnons imploreront alors le secours de Dieu - à Lui la puissance et la gloire - qui enverra au peuple Yajouj et Majouj des vers qui les attaqueront aux cous et ils mourront comme une seule âme. Jésus et ses compagnons descendront ensuite et ne trouveront une maison sans qu'elle ne soit remplie de leur graisse et leur pourriture. Ils se porteront ardemment vers Dieu - à Lui la puissance et la gloire - qui leur enverra des oiseaux dont les cous ressembleront à ceux des chameaux, ils les porteront et les jetteront là où Dieu voudra

Dieu fera descendre ensuite une pluie qui durera quarante jours et emportera toutes les tentes et les maisons construites en terre dure et lavera la terre de sorte qu'elle la laisse lisse comme un miroir. On dira alors à la terre :

Fais pousser tes fruits et tes plantations et rends (aux hommes) tes biens abondants.

En ce jour-là une foule d'hommes mangeront d'une seule grenade et se protégeront sous son écorce (comme une voûte). Dieu bénira Ses bienfaits de sorte qu'une chamelle suffira à un peuple - ou une tribu -, une vache à l'âge de copulation suffira à une phratrie et une brebis suffira à toute une famille.

Étant dans cet état, Dieu - à Lui la puissance et la gloire - enverra un bon vent qui les prendra par leurs aisselles et recueillera l'âme de tout musulman - ou tout croyant - et il ne restera en vie que les méchants de la terre qui s'y accoupleront sans pudeur à la façon des ânes». C'est à cette époque que l'Heure se dressera» (Muslim, Ahmed, les auteurs des Sunan)

Il est dit aussi dans un hadith que, après la sortie des Gog et Magog (Ya'jouj et Ma'jouj), Jésus accomplira le pèlerinage à la Maison Sacrée et la 'Oumra (visite pieuse).

«L'échéance fatale sera proche» Il s'agit du jour du jugement dernier qui aura lieu après ces tremblements de terre, ces troubles et ces séditions. Avec l'avènement de ce jour difficile les fidèles s'écrieront : «C'est un jour très difficile». «Les yeux hagards» des incrédules se figent à cause de ce qu'ils verront comme affres. Ils regretteront d'avoir été insouciants à l'égard de ce jour et avoueront qu'ils étaient

98-103

'innakum wamâ ta'budûna min dûni-l-lâhi hasabu jahannama 'antum lahâ wâridûna law kâna hâ'ulâ'i âlihatam-mâ waradûhâ wa kullun fîhâ hâlidûna lahum fîhâ zafîrun wa hum fîhâ lâ yasma'ûna 'inna-l-ladîna sabaqat lahum minnâ-l-husnâ 'ûlâ'ika 'anhâ mub'adûna lâ yasma'ûna hasîsahâ wa hum fî-ma-shtahât 'anfusuhum hâlidûna lâ yahzunuhumu-l-faza'u-l-'akbaru wa tatalaqqâhumu-l-malâ'ikatu hâdâ yawmukumu-l-ladî kuntum tû'adûna

Vous et les divinités que vous avez adorées en dehors d'Allah, serez la proie des flammes. C'est le supplice qui vous est réservé. Si vos divinités étaient de vrais dieux, elles ne seraient pas précipitées dans l'enfer. Vous tous y séjournerez éternellement. Vous vous y lamenterez sans entendre aucun bruit du dehors. Ceux qui auront reçu auparavant des marques de notre faveur seront à l'abri d'un tel sort. Les vacarmes de la géhenne leur seront épargnés, ils jouiront de délices éternelles. L'épouvante du jour dernier ne les accablera pas. Les anges les accueilleront par ces mots : «Le voilà venu votre jour, ce jour qui vous a été promis»

Dieu s'adresse aux idolâtres Qoraïchites de La Mecque:

Vous et les idoles que vous adorez en dehors de Dieu, serez le combustible de la Géhenne et vous y serez précipités sûrement. Si vraiment ces divinités étaient de vrais dieux, elles n'y seraient pas conduites. Vous tous y séjournerez pour l'éternité.

En commentant ce verset:

Vous vous y lamenterez sans entendre aucun bruit du dehors

Ibn Mass'oud a dit:

Les damnés voués au feu éternel seront mis dans des linceuls en feu munis de clous en feu, de sorte qu'ils ressentiront qu'ils sont les seuls à subir ce châtiment

Ceux qui ont commis les bonnes œuvres dans le bas monde et qui ont déjà reçu la très belle récompense, seront écartés du Feu et seront rétribués d'une récompense incommensurable, car Dieu ne rétribue le bien que par un bien meilleur encore. «Les vacarmes de la Géhenne leur seront épargnés» et ils jouiront, pour toujours, de ce qu'ils désirent.

Au sujet des versets précités, Ibn Abbas a ajouté que les divinités adorées en dehors de Dieu seront précipitées dans l'enfer, à l'exclusion de 'Ouzaïr et Jésus —que Dieu le salue—. D'autres y ont exclu aussi les anges, le soleil et la lune.

«L'épouvante du jour dernier ne les accablera pas». Cette épouvante signifie la mort d'après 'Ata, ou le souffle dans la trompette selon Ibn Abbas et Ibn Jarir. Quant à Al-Hassan Al-Basri, il a avancé que ceci aura lieu quand le Feu sera refermé sur les damnés. Les fidèles seront reçus par les anges, une fois ressuscités de leurs tombes, pour leur annoncer le joyeux sort que Dieu leur a promis.

104

yawma natwi-s-samâ'a katayyi-s-sijilli lil-kutubi kamâ bada'nâ 'awwala khalqin nu'îduhû wa'dan 'alaynâ 'innâ kunnâ fâ'ilîna

Ce jour-là, nous fermerons les deux, comme un secrétaire ferme son livre. Avec la même facilité que nous avons créé l'univers, nous le recréerons. Nous nous le sommes promis à nous-mêmes. Nous le ferons.

Ce verset est pareil aux dires de Dieu:

Les hommes ne donnent pas à Allah le rang qu'il mérite. Et, pourtant, Il appréhendera toute la terre dans sa main au jour du jugement dernier et supprimera les cieux d'un seul geste. Gloire à Allah! Il est au-dessus des associés qu'on lui donne

[Coran]

Ibn Omar rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:

Au jour de la résurrection, Dieu saisira les sept terres et les cieux seront pliés dans sa main droite

«Comme un secrétaire tenant un livre». Il s'agit, d'après Ibn Abbas,

du sommier de l'univers où toute chose y a été inscrite. Puis Dieu affirme qu'il procédera à la re-création des hommes comme Il l'a fait en les créant pour la première fois, une chose qu'il Lui sera très facile. A ce propos Ibn Abbas rapporte: «Un jour, le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- nous prêcha et dit:

Hommes! Vous serez rassemblés devant Dieu -à Lui la puissance et la gloire- sans vêtements, nus-pieds et incirconcis

Puis il récita:

Avec la même facilité que nous avons créé l'univers, nous le recréerons. Nous nous le sommes promis à nous-même. Nous le ferons

(Rapporté par Boukhari, Muslim et

105-107

wa laqad katabnâ fî-z-zabûri mim ba'di-dh-dhikri 'anna-l-'arda yarituhâ 'ibâdiya-s-sâlihûna 'inna fî hâdhâ labalâghan li-qawmin 'âbidîna wa mâ 'arsalnâka 'illâ rahmatan li-l-'âlamîna

Nous avons dit dans les Écritures Saintes, et nous l'avons répété dans le Coran, que la terre serait l'héritage de nos bons serviteurs. Il y a là un sujet de méditation pour les gens pieux. Nous ne t'avons envoyé sur terre que par commisération pour le monde.

Comme Dieu a promis à Ses saints serviteurs qu'ils auront le bonheur dans le bas monde et l'au-delà, Il affirme qu'il leur donnera la terre en héritage dans les deux mondes. D'ailleurs, Il a mentionné cela dans d'autres versets tels que les deux suivants :

  • «La terre est à Allah. Il y fait succéder qui Il veut. L'avantage restera aux croyants» (7:128).
  • «Allah affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien, comme Il a affermi leurs prédécesseurs. Il assurera le respect de la religion qu'il leur a choisie» (24:55).

Tout cela est mentionné dans les livres célestes, dans les Psaumes après le Rappel. Ce dernier signifie le Pentateuque d'après Ibn Abbas et Al-Hassan, ou la «Tablette Gardée» d'après Al-Thawri, ou enfin selon Ibn Aslam, il est la «Mère des Écritures» où toute chose fut prédestinée et mentionnée. Quant à la terre qui sera héritée par les saints serviteurs, c'est celle du Paradis comme Ibn Abbas l'a avancé.

Il y a là un sujet de méditation pour les gens pieux.

C'est-à-dire que les gens trouvent dans le Coran révélé à Mouhammad — qu'Allah le bénisse et le salue — une communication aux hommes qui ont adoré Dieu, Lui ont obéi et se sont conformés à Ses prescriptions sans suivre le démon et leurs penchants.

Nous ne t'avons envoyé sur terre que par commisération pour le monde.

Le Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — n'a pas été envoyé vers son peuple, mais plutôt comme une miséricorde pour les mondes. Quiconque accepte cette miséricorde et reconnaît cette faveur divine aura trouvé le bonheur dans les deux mondes. Quiconque la rejette aura perdu le bas monde et la vie future. Dieu affirme cette réalité quand Il a dit :

Songe à ces hommes qui ont répondu par des blasphèmes aux bienfaits d'Allah et qui ont causé la perdition de leurs peuples. Ils brûleront dans l'enfer, l'horrible demeure (14:28)

Au sujet des caractères et mérites du Coran, Dieu a dit :

Réponds : Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la surdité et à l'aveuglement des incrédules. Ceux-ci sont comme des gens qu'on appelle de loin (41:44)

Mouslim rapporte d'après Abou Houraira qu'on a demandé au Messager de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — d'appeler la malédiction sur les impies. Il a répondu :

Je n'ai pas été envoyé pour maudire mais plutôt comme une miséricorde

Dans le hadith rapporté par At-Tabarani, le Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit :

Je suis envoyé comme une miséricorde de la part de Dieu qui ne me rappelle à Lui qu'après avoir fait triompher Sa religion. J'ai cinq noms — ou épithètes — : Je suis Mouhammad, Ahmed, Al-Mahi celui dont Dieu efface l'incrédulité, Al-Hacher celui aux pieds duquel les gens seront rassemblés et Al-'Aqeb celui après qui aucun Prophète ne viendra.

Si Mouhammad — qu'Allah le bénisse et le salue — est une miséricorde pour les mondes, qu'en sera-t-il de celui qui l'aura renié ? La réponse fut donnée par Ibn Abbas qui a dit :

Quiconque croit en Dieu et au jour dernier aura acquis la miséricorde dans les deux mondes. Quant à celui qui mécroit, celui-là subira le supplice qu'ont subi les générations passées : l'engloutissement par la terre et le châtiment céleste (un ouragan de pierres).

108-112

qui 'innamâ yûhâ 'ilayya 'annamâ 'ilâhukum 'ilâhun wâhidun fahal antum muslimûna fa'in tawallaw faqul 'âdhantukum 'alâ sawâ'in wa 'in 'adrî 'aqarîbun 'am ba'îdun mâ tû'adûna 'innahû ya'lamu l-jahra mina l-qawli wa ya'lamu mâ taktumûna wa 'in adrî la'allahû fitnatun lakum wa matâ'un 'ilâ hînin qâla rabbi hkum bi l-haqqi wa rabbunâ r-Rahmânu l-musta'ânu 'alâ mâ tasifûna

Dis: «Il m'a été expressément révélé que votre Allah est unique. Êtes-vous soumis à cette vérité?» Si vous n'y êtes pas soumis, reconnaissez que je vous ai tous prévenus également. J'ignore si le jour annoncé est proche ou non. Allah sait ce que vous dites en public et ce que vous dissimulez. L'échéance incertaine du jour constitue-t-elle une épreuve ou un sursis à vos plaisirs? Je ne sais. Dis: Seigneur, juge avec équité. Notre Seigneur miséricordieux est notre soutien contre vos machinations.

Dieu ordonne à Son Messager de communiquer aux gens qu'il est le Dieu Unique. Sont-ils prêts à reconnaître cela et à se soumettre ? S'ils s'en détournent, qu'ils soient avertis et s'ils se montrent hostiles à Dieu et à Son Messager, on les désavouera, comme Dieu a dit ailleurs : «S'ils te traitent d'imposteur, dis :

Je suis responsable de mes actes et vous des vôtres. Ce que je fais ne vous regarde pas et ce que vous faites ne me regarde pas (10:41)

Il fut ordonné de leur dire aussi :

J'ignore si ce qui vous est promis est proche ou lointain, mais il arrivera inéluctablement. Dieu connaît parfaitement aussi bien les actes que les paroles faits et dits en public ou dissimulés, même Il pénètre dans le tréfonds des cœurs.

L'échéance incertaine du jour constitue-t-elle une épreuve ou un sursis à vos plaisirs ? Je ne sais.

Cela peut être pour les hommes une tentation ou une jouissance provisoire. «Dis : Seigneur, juge avec équité» entre les fidèles et ceux qui renient la vérité. Les Prophètes disaient autrefois :

Seigneur, tranche entre nous et notre peuple. Tu es le meilleur des arbitres (7:89)

Notre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut ordonné également de tenir les mêmes propos.

Notre Seigneur miséricordieux est notre soutien contre vos machinations

Dieu jugera certainement selon la vérité, et Il est le soutien des fidèles contre ce que les incrédules inventent comme