59 - L'Exode
- SOURATE DE L'EXODE
- versets Révélée tout entière à Médine à la suite de la sourate de la Preuve
sabbaha li-L-Lâhi mâ fî-s-samâwâti wa mâ fî-l-'ardi wa huwa-l-'Azîzu-l-Hakîmu huwa-l-ladî 'ahraja-l-ladîna kafarû min 'ahli-l-kitâbi min diyârihim li-'awwali-l-hasri mâ zanantum 'ay-yahrujû wa zannu '- annahum mâni'atuhum husûnuhum mina-L-Lâhi fa'atâhumu-L-Lâhu min haytu lam yahtasibû wa qadafa fî qulûbihimu-r-ru'ba yuharribûna buyûtahum bi'aydîhim wa 'aydi-l-mu'minîna fa'tabirû yâ 'ulî-l-'absâri wa lawlâ 'an kataba-L-Lâhu 'alayhimu-l-jalâ'a la'adhdhabahum fî-d-dunyâ wa lahum fî-l-'âhirati 'adhâbu-n-nâri dhâlika bi'annahum shâqqû-L-Lâha wa rasûlahû wa man yushâqqi-L-Lâha fa'inna-L-Lâha shadîdu-l- 'iqâbi mâ qata'tum mil-lînatin 'aw taraktumûhâ qâ'imatan 'alâ 'usûlihâ fa-bi'idhni-L-Lâhi wa liyuhziya-l-fâsiqîna
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux. Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre glorifie Allah. Il est le Puissant et le Sage. C'est Lui qui a chassé de leurs demeures les gens d'Écriture infidèles. Ce fut un premier exode. Vous n'auriez pas cru possible un tel événement, de même qu'eux se croyaient inexpugnables dans leurs forteresses. Allah les attaqua à l'endroit qu'ils n'avaient pas prévu. Il jeta l'effroi dans leurs cœurs au point qu'ils démolissaient leurs demeures en même temps que les assaillants. Méditez cette leçon, ô vous qui raisonnez. Si Allah n'avait pas décrété contre eux un pareil exode, Il leur aurait infligé un autre châtiment en ce monde. Le supplice du feu leur sera infligé dans l'autre. Cette peine leur fut appliquée pour les punir de s'être dressés contre Allah et Son Prophète. Les représailles d'Allah sont impitoyables contre ceux qui le combattent. Vous n'avez pas coupé ou laissé debout un seul palmier, que ce ne fût avec l'assentiment d'Allah et pour consterner les méchants.
Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre glorifie Dieu, le loue et le sanctifie. Même les cieux, la terre et tout ce qu'on y trouve célèbrent les louanges de Dieu mais les hommes ne comprennent pas leurs louanges. Il est le Tout-Puissant et nul ne s'oppose à Ses décrets, et le Sage dans tout ce qu'Il a décrété et prédestiné.
C'est Lui qui a chassé de leurs demeures les gens d'Écriture infidèles
Il s'agit de Bani An-Nadir, (les juifs). En arrivant à Médine, après son émigration de La Mecque, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait conclu avec eux un traité de non-agression en leur donnant un engagement de protection s'ils respecteraient les clauses du traité. Mais ils ne tardèrent pas à violer le traité et il dut, par la suite, les chasser de leurs forteresses supposées être inexpugnables contre la puissance de Dieu. Toutes leurs précautions ne purent les sauvegarder du supplice divin. Une partie d'eux se dirigea vers «Adzrou'at» dans les hauteurs du pays de Châm qui seront le lieu du rassemblement. Une autre s'installa à Khaybar. Il ne leur permit de porter avec eux que ce que leurs chameaux pouvaient transporter. Devant ce fait, ils préférèrent détruire tout ce qu'ils possédaient chez eux. C'est le sens de ce verset :
... Et Dieu d'exhorter les gens : Tirez donc une leçon de cela, ô gens doués d'intelligence, car ce sera la fin désastreuse de quiconque songe à s'opposer à Dieu et à Son Prophète, à renier le Livre de Dieu. Il subira l'humiliation en ce monde et dans l'autre un châtiment terrible. au point qu'ils démolissaient leurs demeures en même temps que les assaillants
Abou Daoud rapporte, d'après Abdul Rahman Ibn Ka'b Ben Malek, qu'un des compagnons du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
«À l'époque où le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- était à Médine, les idolâtres Qoraïchites envoyèrent une lettre à Ibn Oubay et à ceux qui adoraient les idoles parmi les deux tribus Al-Aws et Al-Khazraj, dans laquelle ils leur reprochèrent d'avoir bien accueilli le Prophète en les menaçant :
Par Dieu, nous allons vous combattre, ou vous chasser du pays, ou marcherons d'emblée contre vous pour exterminer vos guerriers et nous emparer de vos familles
Recevant cette lettre, Abdullah Ben Oubay fit réunir les idolâtres (de Médine) et décidèrent de déclarer la guerre contre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Mis au courant de cette affaire, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les rencontra et leur dit :
Les menaces des Qoraïchites ont eu leurs effets sur vous. Leur ruse ne pourra vous nuire plus que celle que vous tramez contre vous-mêmes. Ils veulent tuer vos fils et vos frères
Entendant cela, ils revinrent sur leur décision. Lorsque les idolâtres Qoraïchites eurent vent de cela, ils envoyèrent une lettre aux juifs de Médine, après la bataille de Badr, qui avaient des demeures fortifiées et des forteresses inexpugnables, les menaçant de combattre le Prophète, sinon, ils feraient d'eux telle et telle chose, et rien ne les empêcherait de réduire leurs femmes à l'esclavage.
Les juifs de Bani An-Nadir, constatant que le contenu de la lettre était parvenu au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et que les Qoraïchites les trahiraient, demandèrent à celui-ci de tenir une réunion commune de sorte que chaque partie soit formée de trente hommes de musulmans et un nombre égal de doctes juifs, en lui fixant le lieu de rencontre, et de cette façon chaque partie avancerait son point de vue. Si les doctes croyaient au Prophète après avoir entendu ses paroles, tous les juifs croiraient en lui.
Le lendemain matin, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit vers les juifs à la tête d'un groupe de combattants, les assaillit et leur dit :
Par Dieu, je n'ai confiance en vous que si vous vous engagez envers moi à respecter vos paroles
Comme ils refusèrent de lui donner un tel engagement, il les attaqua toute la journée. Le surlendemain, il se dirigea vers les Bani Qora'idha, en laissant momentanément les Bani An-Nadir, et les premiers s'engagèrent vis-à-vis de lui, ce qui lui permit de poursuivre son attaque contre les Bani An-Nadir. Ceux-ci ne trouvèrent autre moyen que d'accepter l'exode en portant avec eux ce que leurs chameaux pouvaient transporter, même les portes et le bois de leurs demeures. Les palmeraies qu'avaient laissées les Bani An-Nadir furent un don divin à Son Prophète exclusivement car Dieu dit qu'il s'agit d'un butin acquis sans combat. Mais il répartit la plupart de ces palmiers aux Mouhajirine Mecquois et une petite partie à deux hommes Médinois qui étaient les plus nécessiteux en dehors des autres. Enfin, une partie fut une aumône de la part du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à Bani Fatima.
Le butin qu'Allah a accordé à Son Prophète n'a coûté ni un cheval ni un chameau
«Vous n'auriez pas cru possible un tel événement» : il s'agit de l'état de siège qui n'avait duré que six jours malgré l'inaccessibilité de leurs forteresses, «de même qu'eux se croyaient inexpugnables dans leurs forteresses. Allah les attaqua à l'endroit qu'ils n'avaient pas prévu» : en d'autres termes, lorsque l'ordre de Dieu fut décrété, Il les a saisis par où ils ne s'y attendaient pas. «Il jeta l'effroi dans leurs cœurs» et comment une telle chose ne leur arriverait-elle pas alors qu'ils étaient assaillis par le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à qui Dieu accordait la victoire sur ses ennemis en semant la peur dans leurs cœurs à une distance d'un mois de marche ?
Au point qu'ils démolissaient leurs demeures en même temps que les assaillants
en démontant leurs maisons et en apportant avec eux les meilleures portes et les planches de bois. Moqatel Ben Hayyan a dit à cet égard :
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les combattait de sorte que chaque fois qu'il se trouvait dans un endroit où une maison constituait une entrave, il la détruisait pour dégager cet endroit et faciliter leur attaque. Et les juifs, de leur part, quand ils se trouvaient dans une position dominante, ils fortifiaient leurs demeures pour les rendre inaccessibles aux fidèles
Méditez cette leçon, ô vous qui raisonnez. Si Allah n'avait pas décrété contre eux un pareil exode, Il leur aurait infligé un autre châtiment en ce monde
: si les juifs n'avaient pas subi ce bannissement de leur propre pays en y laissant toutes leurs richesses, ce qui constituait un châtiment très humiliant, Dieu les aurait châtiés en ce monde par un autre supplice qui pouvait être le massacre de leurs guerriers et la captivité de leurs femmes et enfants. Donc le châtiment que Dieu leur avait préparé fut exécuté et dans l'au-delà, ils subiront encore un supplice plus atroce en les précipitant dans la Géhenne. Ourwa Ben Az-Zoubayr a commenté cet événement et dit :
Ceci est arrivé à Bani An-Nadir, une des tribus de juifs qui habitaient Médine, après six mois de la bataille de Badr. Leurs demeures se trouvaient dans une des extrémités de Médine. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les a assaillis et les a contraints à capituler en acceptant d'être bannis du pays en apportant avec eux tout ce que leurs chameaux pouvaient transporter sauf les armes. Ils quittèrent Médine pour aller s'installer dans une région de Châm. Cet exode leur avait été annoncé déjà dans un des versets de la Torah. Ils étaient jusqu'alors de ceux qui n'avaient pas encore subi le châtiment de l'exode sous la contrainte du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Dieu a révélé à leur sujet les cinq premiers versets de cette sourate.
Ibn Abbas, de sa part, raconte :
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les a assaillis durant quelques jours au point qu'ils acceptèrent son verdict prononcé à leur égard. Ils lui ont donné tout ce qu'il a voulu contre le salut de leurs âmes. Et lui de leur imposer de quitter la ville vers le nord jusqu'au pays de Châm en donnant à chacun d'eux un chameau et une outre d'eau.
Dans l'autre monde, ils seront infligés d'un supplice plus atroce encore car ils avaient mécru à Mohammed -qu'Allah le bénisse et le salue- sachant, d'après leur Écriture, qu'il allait venir un jour. Dieu est terrible dans Son châtiment envers quiconque s'oppose à Lui.
Cette peine leur fut appliquée pour les punir de s'être dressés contre Allah et Son Prophète
Vous n'avez pas coupé ou laissé debout un seul palmier, que ce ne fût avec l'assentiment d'Allah et pour consterner les méchants
Durant l'état de siège, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna aux fidèles de couper les palmiers appartenant aux juifs pour les humilier et jeter la frayeur dans leurs cœurs. Les autres juifs de Bani Qoraidha lui envoyèrent dire :
Du moment que tu interdis la perversité, pourquoi donc coupes-tu ces palmiers ?
Dieu, à cette occasion, fit descendre ce verset qui montre que tout est soumis à la volonté de Dieu, s'agît-il de couper un palmier ou de le laisser debout. Tout cela n'est fait qu'avec Sa permission.
Ibn Omar rapporte :
Les Bani An-Nadir et Bani Qoraidha étaient très hostiles au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il chassa les premiers du pays et laissa les derniers jusqu'à ce qu'ils lui déclarèrent la guerre et le combattirent. Il dut alors tuer leurs hommes et capturer leurs femmes. Il partagea ensuite le butin : les femmes et les biens entre les musulmans. Un petit nombre parmi les Bani Qoraidha se convertit. Plus tard, il bannit aussi les autres juifs de Bani Qaynouqa', la tribu de Abdullah Ben Salam, les Bani Haritha, bref tous les juifs de Médine furent chassés.
wamâ 'afâ'a-L-Lâhu 'alâ rasûlihî minhum fama 'awjaftum 'alayhi min haylin walâ rikâbin wa lâkinna-L-Lâha yusallitu rusulahû 'alâ man yasâ'u wa-L-Lâhu 'alâ kulli say'in qadîrun mâ 'afâ'a-L-Lâhu 'alâ rasûlihî min 'ahli-l-qurâ fa-li-L-Lâhi wa li-r-rasûli wa li-dî-l-qurbâ wa-l-yatâmâ wa-l-masâkîni wa-bni-s-sabîli kay-lâ yakûna dûlatan bayna-l- 'agniâ'i minkum wamâ 'âtâkumu-r-rasûlu faḫudûhu wamâ nahâkum 'anhu fantahû wa-t-taqû-L-Lâha 'inna-L-Lâha sadîdu-l-'iqâbi
Le butin qu'Allah a accordé à Son Prophète n'a coûté ni un cheval ni un chameau. Allah fait triompher Son Prophète contre qui Il veut. Il est tout-puissant. Le butin qu'Allah a accordé à Son Prophète aux dépens des habitants des cités appartient à Allah, au Prophète, à ses proches, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs. Il n'a pas voulu que les riches soient seuls à le partager. Acceptez ce que vous donne le Prophète et ne prenez pas ce qu'il vous interdit. Craignez Allah. Sa répression est implacable.
Le butin est, en principe, tout ce qu'on s'empare des biens des infidèles sans forcer ni cheval ni chameau, bref sans combat, comme il en fut des biens de Bani An-Nadir, qui, pris de panique, ont tout cédé pour sauvegarder leurs âmes. Dieu a accordé ce butin acquis pacifiquement à Son Messager pour en disposer à sa guise. Il l'a réparti entre les musulmans et l'a dépensé pour ce qui pouvait assurer leur intérêt et pour les actes de charité. Comme il n'y a eu ni affrontement ni combat, Dieu est toujours capable de donner pouvoir à Ses Prophètes sur qui Il veut car Il est puissant sur toute chose.
Le butin qu'Allah a accordé à Son Prophète aux dépens des habitants des cités...
c'est-à-dire tous les biens acquis après la conquête de tous les pays «appartient à Allah, au Prophète, à ses proches, aux orphelins et aux voyageurs». Tels sont les ayants-droit auxquels ces butins devront être partagés. Mais, comme a avancé Omar -que Dieu l'agrée- le butin de Bani An-Nadir fut donné en particulier au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- afin d'en disposer comme bon lui semblait. Il a consacré une partie à sa famille pour lui assurer les provisions d'une année entière et l'autre pour acheter les montures et les armes destinées au combat dans le chemin de Dieu. Ce butin n'a été partagé, comme de coutume, que pour qu'il ne soit pas attribué aux riches aussi pour le dépenser comme bon leur semble et pour en priver les nécessiteux.
Acceptez ce que vous donne le Prophète et ne prenez pas ce qu'il vous interdit
C'est une exhortation à se conformer aux ordres du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui ne veut pour sa communauté que le bien. Masrouq rapporte qu'une femme vint trouver Ibn Mass'oud et lui dit :
Il m'est parvenu que tu es contre la femme qui se fait tatouer et celle qui porte de fausse chevelure. Y a-t-il dans le Livre de Dieu un verset qui interdit l'un et l'autre ? ou bien une recommandation du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ? - Certes oui, je l'ai trouvé mentionné dans le Livre de Dieu et d'après le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
Et la femme de répliquer :
Par Dieu, j'ai lu tout le Coran sans y trouver une telle interdiction
Ibn Mass'oud lui dit alors : «N'y as-tu pas trouvé ce verset ?» - Oui, répondit-elle. Et lui de poursuivre :
J'ai entendu le Messager de Dieu interdire le tatouage, le port de fausses chevelures et l'épilage
Elle rétorqua : «Peut-être je trouve une des tiennes faire cela !» - Entre voir, lui dit-il. Elle entra pour regarder ses filles et ses femmes, puis elle sortit lui dire : «Je n'y ai rien trouvé sur elles». Il rétorqua : «N'as-tu pas retenu la recommandation de l'un des pieux serviteurs de Dieu (le Prophète Chou'aïb) qui a dit à son peuple : (11:88). Un autre récit fut rapporté par l'imam Ahmed et qui est pareil au précédent, concernant Ibn Mass'oud et une femme de Bani Asad.
Acceptez ce que vous donne le Prophète et ne prenez pas ce qu'il vous interdit
Loin de moi l'intention de faire ce que je vous défends
Il est cité dans un hadith authentique que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Lorsque je vous ordonne une chose, faites-la dans la mesure de votre capacité et abstenez-vous de ce que je vous défends (Boukhari, Muslim)
Puis Dieu a averti les hommes d'enfreindre ses lois car Sa répression est implacable.
li-l-fuqarā'i-l-muhājirīna-l-ladhīna 'ukhrijū min diyārihim wa 'amwālihim yabtagūna faḍlam mina-l-lāhi wa riḍwānan wa yanṣurūna-l-lāha wa rasūlahu 'ulā'ika humu-ṣ-ṣādiqūna wa-l-ladhīna tabawwa'ū-d-dāra wa-l-'īmāna min qablihim yuḥibbūna man hājara 'ilayhim wa lā yajidūna fī ṣudūrihim ḥājatan mimmā 'ūtū wa yu'thirūna 'alā 'anfusihim wa law kāna bihim khaṣāṣatun wa may-yūqa shuḥḥa nafsihī fa'ulā'ika humu-l-mufliḥūna wa-l-ladhīna jā'ū mim ba'dihim yaqūlūna rabbanā-ghfir lanā wa li'ikhwāninā-l-ladhīna sabaqūnā bi-l-'īmāni wa lā taj'al fī qulūbinā ghillan li-l-ladhīna 'āmanū rabbanā 'innaka Ra'ūfu-r-Raḥīmun
Une partie en revient aux pauvres qui seront exilés et ont quitté leurs demeures et leurs biens pour gagner la grâce et l'amour d'Allah et faire triompher Allah et Son Prophète. Voilà les hommes sincères. Les gens de Médine, qui n'avaient pas quitté leurs foyers et s'étaient convertis, accueillirent avec effusion les émigrés. Ils n'étaient pas envieux de ce que ceux-ci recevaient. Bien au contraire. Ils allaient jusqu'à les préférer à eux-mêmes malgré leur propre indigence. Heureux ceux qui évitent l'avarice. Ceux qui sont convertis après eux disent: «Seigneur, pardonne-nous et pardonne à nos frères qui nous ont précédés dans la foi. Fais que nos cœurs n'aient jamais de haine contre les croyants. Ô notre Maître, Tu es clément et compatissant».
Dieu parle dans ces versets des pauvres besogneux qui méritent les biens du butin. Ils sont ceux : Ils sont les premiers convertis de La Mecque qui, sous la contrainte des idolâtres Qoraïchites, avaient quitté leur ville, leurs biens et leurs familles pour émigrer à Médine à la recherche de la satisfaction de Dieu et pour sauver leur foi.
qui seront exilés et ont quitté leurs demeures et leurs biens pour gagner la grâce et l'amour d'Allah
«Voilà les hommes sincères».
«et faire triompher Allah et Son Prophète.»
Ils ont joint la parole à l'acte et été sincères envers Dieu en obtempérant à Ses ordres. Ils sont les Mouhajirins (Les émigrés).
Puis Dieu fait l'éloge des Médinois (les Ansars) en montrant leur mérite, leur honneur, leur générosité et leur altruisme. En d'autres termes : Les Médinois qui habitaient déjà la «demeure de l'émigration» avant les émigrés et avaient embrassé l'Islam même avant certains Mecquois fidèles. À ce propos, Omar a dit :
Je recommande au calife qui me succède d'être bienveillant à l'égard des Mouhajirins, de respecter leurs droits et de garder leur honneur. Je lui recommande aussi de bien traiter les Médinois qui s'étaient établis dans la demeure de l'Exil avant les premiers ainsi que dans la foi. Il devra accepter l'acte de leur bienfaiteur et pardonner à leur pécheur
Les gens de Médine qui n'avaient pas quitté leurs foyers et s'étaient convertis...
Ces Médinois «accueillirent avec effusion les émigrés». Une vertu qui émane de la noblesse de leur âme et de leur générosité. Ils reçurent les émigrés Mecquois à bras ouverts en leur offrant de leurs propres biens pour les soulager. L'imam Ahmed rapporte d'après Anas que les émigrés dirent :
Ô Messager de Dieu, nous n'avons rencontré de notre vivant des gens comme les Médinois qui nous ont réservé un accueil chaleureux et été très généreux envers nous. Ils nous ont assuré la subsistance et partagé avec nous les moments heureux. Nous redoutons qu'ils n'emportent toute la récompense
Il leur répondit :
Non, tant que vous faites leur éloge en leur invoquant Dieu
Le Prophète —qu'Allah le bénisse et le salue— avait voulu concéder du terrain à Bahraïn aux Ansars, mais ils lui répondirent :
Non, à moins que tu ne donnes une chose pareille aux Mouhajirin
Alors il leur dit :
Si c'est non, attendez donc pour être favorisés à la première occasion (Boukhari)
Dans un autre hadith rapporté par Abou Houraira, les Ansars demandèrent au Messager de Dieu —qu'Allah le bénisse et le salue— de partager les palmeraies entre eux et les Mouhajirins. Comme il refusa, ils s'adressèrent à ces derniers :
Entretenez donc ces palmiers et vous aurez la moitié de la récolte
Ils acceptèrent.
Ils n'étaient pas envieux de ce que ceux-ci recevaient
Les Médinois ne ressentirent dans leurs cœurs aucun sentiment d'envie pour ce qui a été donné aux Mecquois de la part du Seigneur comme un rang distingué, un honneur et une préférence aux autres pour prix de leur foi et leur endurance.
Après le bannissement de Bani An-Nadir de Médine, les Ansars évoquèrent le butin acquis facilement, peut-être pour en avoir une part, mais Dieu les blâma en disant :
Le butin qu'Allah a accordé à Son Prophète n'a coûté ni un cheval ni un chameau. Allah fait triompher Son Prophète contre qui Il veut. Il est tout-puissant
Et le Prophète leur dit :
Vos frères sont venus chez vous en laissant derrière eux (à La Mecque) leurs biens et leurs familles
Ils lui répondirent alors : «Donc nos biens seront partagés entre eux et nous». Il leur demanda : «Et autre chose ?» En lui demandant de quoi il s'agissait, il répliqua :
Ce sont des gens qui ignorent le travail dans les terrains, êtes-vous prêts à leur épargner ce travail et à leur donner la moitié des fruits ?
— Certes oui, ô Messager de Dieu, répondirent-ils.
Ils allaient jusqu'à les préférer à eux-mêmes malgré leur indigence
C'est-à-dire ils comblent les besoins des autres —des émigrés— avant de combler les leurs, malgré que la plupart des Médinois n'étaient pas aisés. Et à ce propos, il est cité dans un hadith que le Messager de Dieu —qu'Allah le bénisse et le salue— a dit :
La meilleure aumône est celle faite par un homme indigent
Partant de ce principe, Abou Bakr As-Siddiq a fait aumône de tout ce qu'il possédait. Le Messager de Dieu —qu'Allah le bénisse et le salue— lui dit alors : «Qu'as-tu laissé pour ta famille ?» — Dieu et Son Messager, répondit-il.
En voilà encore un exemple remarquable dans l'histoire des musulmans lors de la bataille «Al-Yarmouk». On a présenté de l'eau à Ikrima et à ses compagnons les guerriers qui étaient blessés. Chacun d'eux ordonna de donner l'eau à son compagnon par un effet d'altruisme. Ainsi l'eau passa de l'un à l'autre sans qu'ils en boivent, jusqu'à ce qu'à la fin ils trépassèrent tous.
Abou Houraira rapporte aussi ce récit :
Un homme vint trouver le Messager de Dieu —qu'Allah le bénisse et le salue— et lui dit : «Je suis épuisé et très besogneux». Le Prophète envoya à ses femmes, l'une après l'autre, demander de la nourriture sans en rien trouver. Il dit alors à ses compagnons : «Qui donc veut être l'hospitalier cette nuit à cet homme ?» Un Ansarien se leva et dit : «Moi, ô Envoyé de Dieu». Il l'emmena chez lui et dit à sa femme : «Honore l'hôte de l'Envoyé de Dieu». Elle lui répondit : «Je n'ai que le repas des enfants !» Il lui dit : «Quand ils veulent souper, endors-les, puis éteins la lampe et viens nous rejoindre quand notre hôte entre. Nous ferons semblant que nous prenons le souper avec lui. De toute façon nous pouvons supporter la faim pour cette nuit». La femme s'exécuta. Le lendemain matin cet homme se rendit chez le Prophète —qu'Allah le bénisse et le salue— qui lui dit : «Dieu a été étonné de la manière dont vous avez traité votre hôte cette nuit». Dieu à cette occasion fit cette révélation. D'après Mouslim, cet homme était Abou Talha l'Ansarien. (Boukhari, Mouslim, Tirmidzi, An-Nassaï suivant des versions différentes)
Ils allaient jusqu'à les préférer à eux-mêmes malgré leur propre indigence
«Heureux ceux qui évitent l'avarice». Ceux qui ne se montrent pas avares vis-à-vis des autres réussiront et seront récompensés. Abdullah Ben Amr rapporte que le Messager de Dieu —qu'Allah le bénisse et le salue— a dit :
Redoutez l'injustice car elle formera des ténèbres au jour de la résurrection. Redoutez l'obscénité car Dieu n'aime ni l'obscénité ni les paroles inconvenantes. Méfiez-vous de l'avarice car elle a entraîné la perte de ceux qui vous ont précédés. Elle les a portés à l'injustice et ils l'ont pratiquée, à la perversité et ils ont été pervers, et à rompre le lien de parenté et ils l'ont rompu.
«Rapporté par Mouslim et Ahmed» [1].
Ceux qui se sont convertis après eux disent : «Seigneur, pardonne-nous et pardonne à nos frères qui nous ont précédés dans la foi. Fais que nos cœurs n'aient jamais de haine contre les croyants. Ô notre Maître, Tu es clément et compatissant».
Ces gens-là forment le troisième groupe dont leurs pauvres méritent une part du butin, à commencer par les Mouhajirins, puis les Ansars, ensuite ceux qui les ont suivis dans le bien, d'après ce verset :
Les premiers qui accompagnèrent le Prophète, les premiers qui l'accueillirent à Médine et ceux qui se joignirent à eux d'un élan sincère, Allah se félicitera d'eux comme ils se féliciteront de Lui. (9:100)
Ces suivants dans le bien sont ceux qui suivent les traces des premiers ainsi que leurs bonnes œuvres et leur comportement, et qui leur invoquent Dieu en secret et en public. Ils demandent à Dieu de leur pardonner et de ne plus mettre dans leurs cœurs une rancune envers les croyants.
Ibn Jarir rapporte que Omar Ben Al-Khattab, en lisant les versets précédents et celui qui est cité dans la sourate du Repentir (9:60) concernant les ayants-droit des biens des aumônes, a déclaré :
Ces versets ont englobé tous les musulmans et chacun a le droit d'avoir une part du butin. Tant que je suis en vie, même un pâtre à la tête d'une caravane d'ânes qui vient à moi revendiquer sa part, je lui en donnerai, même s'il n'a pas pris part à un combat
'alam tara 'ilâ-l-ladîna nâfaqû yaqûlûna li 'ihwânihimu-l-ladîna kafarû min 'ahli-l-kitâbi la 'in 'uhrijtum lanahrujanna ma'akum walâ nuti'u fîkum 'ahadan 'abadan wa 'in qutiltum lanansuranakum wa-L-Lâhu yashadu 'innahum la kâdibûna la 'in 'uhrijû lâ yahrujûna ma'ahum wa la 'in qûtilû lâ yansurûnahum wa la 'in nasarûhum layuwallunna-l-'a- dbâra tumma lâ yunsarûna la 'antum 'asaddu rahbatan fî sudûrihim mina-L-Lâhi dâlika bi 'annahum qawmul-lâ yafqahûna lâ yuqâtilûnakum jamî'an 'illâ fî quran muhassanatin 'aw min warâ'i judûrin ba'suhum baynahum sadîdun tahsabuhum jamî'an wa qulûbuhum shattâ dâlika bi 'annahum qawmul-lâ ya'qilûna kamatali-l-ladîna min qablihim qarîban dâqû wabâla 'amrihim wa lahum 'adâbun 'alîmun kamatalî-s-saytâni 'id qâla li-l-'insâni-kfur falammâ kafara qâla 'innî barî'un minka 'innî 'ahâfu-L-Lâha rabba-l-'âlamîna fakâna 'âqibatahumâ 'annahumâ fî-n-nâri hâlidîna fîhâ wa dâlika jazâ'u-z-zâlimîna
N'avez-vous jamais entendu les propos que tiennent les hypocrites à leurs frères infidèles parmi les gens d'Écriture: «Si l'on vous exile, nous vous suivrons, nous ne croirons pas aux médisances tenues sur votre compte, si on vous combat, nous vous assisterons». Allah est témoin qu'ils mentent. Mensonge! si on les exile, ils ne les suivront pas, si on les attaque, ils ne les soutiendront pas. S'ils les soutiennent, ce sera pour tourner le dos aussitôt. Et ainsi les infidèles resteront sans appui. Vous, musulmans, ils vous craignent plus qu'Allah Lui-même, parce qu'ils manquent de perspicacité. Eux et les juifs n'acceptent le combat qu'à l'abri de leurs cités et derrière des fortifications. Ils sont sans pitié les uns à l'égard des autres. Ils vous paraissent unis alors qu'ils sont divisés. C'est un peuple déraisonnable. Comme leurs proches prédécesseurs, eux aussi ont éprouvé les funestes suites de leurs actes. Ils subiront un supplice douloureux. Ils rappellent Satan disant à l'homme: «Ne crois pas», puis s'écriant quand l'homme a perdu la foi: «Je ne suis pas responsable de ton incrédulité. Quant à moi, je crains Allah le Maître de l'univers». Ils finiront tous deux dans la géhenne. Peine éternelle réservée aux méchants.
Dieu parle des hypocrites, de leur chef Abdullah Ben Oubay et ses semblables, quand ils firent savoir par écrit aux Bani An-Nadir qu'ils les soutiendront s'ils combattent le Prophète et les fidèles à Médine. (Nous en avons déjà mentionné cela, à savoir que Ibn Oubay était un juif). Dieu est témoin qu'ils étaient des menteurs en leur promettant de les aider. Ceci est une bonne nouvelle annoncée aux fidèles tout à fait indépendante.
Si on les attaque, ils ne les soutiendront pas. S'ils les soutiennent, ce sera pour tourner le dos aussitôt
«Ils vous craignent plus qu'Allah Lui-même»
car vous, les musulmans, leur inspirez plus de crainte que Dieu parce que ce sont des gens qui ne comprennent pas, comme Dieu a dit ailleurs :
Un certain nombre d'entre eux montrèrent en face de l'ennemi une crainte qu'ils en avaient pour Allah (4:77)
À cause de leur effroi et leur timidité, ils ne vous combattent que derrière les murailles et des cités fortifiées sans avoir le courage d'affronter l'armée fidèle et être en face de vous, et ils ne le font que si la nécessité l'exige. Mais leur vaillance est grande entre eux ainsi que l'animosité qui les sépare et les divise, et la discorde règne entre eux. Ils ressemblent à ceux qui les ont précédés, il y a peu de temps. Il s'agit, comme ont avancé Moujahed et As-Souddy, des idolâtres qui ont essuyé un grand échec à Badr. Mais, d'après Ibn Abbas, ils sont les Bani Qaïnouqa', les autres juifs que le Prophète —qu'Allah le bénisse et le salue— avait exilés avant eux.
Ils vous paraissent unis alors qu'ils sont divisés
«Ils rappellent Satan disant à l'homme : «Ne crois pas» puis s'écriant quand l'homme a perdu la foi : «Je ne suis pas responsable de ton incrédulité». Ces juifs-là qui ont été trompés par leurs ennemis les hypocrites sont semblables à un homme dont le démon l'a trompé puis il désavoue son incrédulité en lui disant : Je crains Dieu le Seigneur des mondes. En commentant le verset précité, et comme a rapporté Ibn Jarir, Abdullah Ben Massoud a raconté qu'une femme, qui avait quatre frères, menait son troupeau au pâturage le jour, et la nuit elle allait la passer dans l'ermitage d'un moine. Celui-ci, une certaine nuit, eut des rapports avec elle et elle tomba enceinte. Satan vint suggérer au moine :
Tue-la et enterre-la. Tu es un homme dont les gens croient en tes paroles
Et le moine s'exécuta.
La nuit Satan vint en rêve chez les frères de cette femme leur dire :
Ce moine a eu des rapports avec votre sœur. Comme il l'a rendu enceinte (et craignant le scandale) il l'a tuée et l'a enterrée dans tel endroit
Le matin l'un d'entre eux dit à ses frères :
Cette nuit j'ai fait un rêve, pourrai-je vous le raconter ?
En lui répondant par l'affirmative, il leur conta le rêve et ses frères lui contèrent le même rêve. Ils se rendirent alors chez le roi et l'incitèrent contre le moine et ils décidèrent tous d'aller le voir. Ils le firent descendre de son ermitage et se dirigèrent vers l'endroit où la femme fut enterrée. Chemin faisant, Satan se présenta au moine et lui dit :
C'est moi qui t'ai fait tomber dans ce pétrin et nul autre que moi ne pourra te sauver, à condition que tu te prosternes devant moi
Et le moine se prosterna. Quand les hommes emmenèrent le moine chez le roi, Satan le dénonça, et le roi ordonna d'exécuter le moine.
Ils finiront tous deux dans la géhenne. Peine éternelle réservée aux méchants
Tel est le sort funeste de tout prévaricateur et de tout
yâ 'ayyuhâ-l-ladîna 'âmanû ttaqû-L-Lâha wa-l-tanzur nafsum-mâ qaddamat lighadin wa-ttaqû-L-Lâha 'inna-L-Lâha Khabîrum bimâ ta'malûna walâ takûnû ka-l-ladîna nasû-L-Lâha fa'ansâhum anfusahum 'ûlâ'ika humu-l-fâsiqûna lâ yastawî 'ashâbu-n-nâri wa 'ashâbu-l-jannati 'ashâbu-l-jannati humu-l-fâ'izûna
Ô croyants, craignez Allah. Que chaque âme songe à assurer son salut. Craignez Allah. Allah connaît toutes vos actions. N'imitez pas ceux qui ont oublié Allah. Allah leur a fait perdre jusqu'au sentiment d'eux-mêmes. Ils sont impies. Les élus du Paradis ne sauraient être comparés aux damnés de l'enfer. Bienheureux les élus du Paradis.
Jarir Ben Abdullah rapporte:
Nous étions au début de la journée chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- quand un groupe d'hommes nu-pieds, portant des tuniques élimées en laine rayée, l'épée ceinte du côté, se présenta chez lui. La majorité était de la tribu Moudar, plutôt ils étaient tous de Moudar. Le visage du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se renfrogna à cause de leur état d'indigence. Il entra dans son appartement puis sortit et ordonna à Bilal d'appeler à la prière. La prière achevée, il fit un prône et récita ce verset: jusqu'à la fin (4:1)
ensuite ce verset:
O hommes, craignez Allah qui vous a créés d'un seul être... chaque âme songe à assurer son salut...
Il dit:
Que chacun fasse l'aumône avec ses dinars, ses dirhams, ses habits, d'une mesure de Sa' de blé, un Sa' de dattes, voire une demi datte
Un homme des Ansars apporta un paquet qu'il pouvait à peine tenir dans sa main, puis les hommes se succédèrent (pour apporter à leur tour ce qu'ils avaient) en sorte que je vis à la fin deux tas de vêtements et de nourriture. Le visage du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'illumina et brilla comme de l'or. Il dit alors:
Celui qui introduit dans l'Islam une sunna (une pratique) louable, aura deux récompenses: La première pour l'avoir introduite, et la seconde des récompenses de ceux qui l'auront mise en application, sans toutefois que la part de ces hommes soit diminuée. Et celui qui introduit dans l'Islam une mauvaise sunna, se verra pénalisé de la faute provenant de cette pratique et de celles des hommes qui l'auront imité sans toutefois que cela diminue leurs propres fautes» (Mouslim, Ahmed)
Dieu ordonne aux hommes de Le craindre en obtempérant à ses ordres et s'abstenant de ses interdictions, en la jugeant avoir à être jugée au jour dernier. Que chacun considère ce qu'il a fait pour lui-même des œuvres pies comme provision pour le jour de la résurrection avant de comparaître devant le Seigneur. Puis Il réitère Son ordre de le craindre encore une fois car Il connaît parfaitement ce que les hommes font des actions bonnes ou mauvaises et rien ne lui est caché si minime soit-il.
«Que chaque âme songe à assurer son salut»
Il leur recommande ensuite de ne plus imiter «ceux qui ont oublié Allah. Allah leur a fait perdre jusqu'au sentiment d'eux-mêmes». Cela signifie: N'oubliez pas de mentionner Dieu pour qu'il ne vous fasse pas oublier, ou négliger, les bonnes actions qui vous apportent le bien car la récompense est fonction des actions. Ceux qui oublient ou négligent une telle recommandation sont les pervers qui auront désobéi à Ses ordres et qui seront les perdants au jour du jugement dernier. Dieu a fait aussi de telles recommandations dans d'autres versets, en voici un à titre d'exemple:
O croyants, que le souci de vos richesses et de vos enfants ne vous détournent pas d'Allah. Ils sont perdus ceux qui agissent ainsi (63:9)
En s'adressant aux hommes, Abou Bakr As-Siddiq a dit: «Ne connaissez-vous pas que vous passez les jours et les nuits jusqu'à un terme fixé pour vous. Que celui qui est capable d'exécuter les ordres de Dieu -à Lui la puissance et la gloire- avant que ne vienne le terme de sa vie, le fasse. Vous ne saurez obtenir cela qu'en pensant toujours à Dieu. Il en est des gens qui ont consacré leur vie pour d'autres que Lui et Dieu vous interdit de les imiter quand Il vous dit:
N'imitez pas ceux qui ont oublié Allah. Allah leur a fait perdre jusqu'au sentiment d'eux-mêmes
et vous êtes déjà au courant de leurs actions.
Ils ont fait ce qu'ils ont fait et se sont procuré soit le bonheur, soit le malheur.
Où sont les premiers tyrans qui ont construit les cités et les ont fortifiées par les murailles? Ils gisent actuellement sous les pierres et le sable. Voici un livre dont les miracles sont inépuisables. Prenez-en de la lumière pour le jour des ténèbres et que ses versets et ses enseignements soient pour vous une lumière. Dieu en a fait l'éloge de Zacharie et de sa famille quand Il a dit: «Tous trois étaient empressés à faire le bien. Ils nous priaient avec persuasion et crainte. Ils s'humiliaient devant nous» (21:90). Toute parole qui ne vise pas à obtenir la satisfaction de Dieu est vaine et n'apporte aucun bien
Les élus du paradis ne sauraient être comparés aux damnés de l'enfer
quand Dieu prononcera Son jugement à leur égard au jour de la résurrection. Il a averti les uns et les autres en disant:
Ceux qui font le mal croient-ils que nous les traiterons comme ceux qui croient et font le bien? Croient-ils que, morts, ils auront le même traitement que pendant la vie? Erreur (45:21)
Ainsi Dieu ne traite pas les hommes qui auront cru et fait les œuvres pies comme il traite ceux qui auront corrompu la terre. Certes les élus du Paradis seront seuls ceux qui échapperont au supplice de Dieu - à Lui la puissance et la gloire -
law 'anzalnâ hâdâ-l-Qur'âna 'alâ jabali-l-la ra'aytahû khâshi'am mutasaddi'am min khashyati-L-Lâhi wa tilka-l-'amthâlu nadribuhâ li-n-nâsi la'allahum yatafakkarûna huwa-L-Lâhu-l-ladhî lâ 'ilâha 'illâ huwa 'âlimu-l-ghaybi wa-sh-shahâdati huwa-r-Rahmânu-r-Rahîmu huwa-L-Lâhu-l-ladhî lâ 'ilâha 'illâ huwa-l-Maliku-l-Quddûsu-s-Salâmu-l-Mu'minu-l-Muhayminu-l-'Azîzu-l-Jabbâru-l-Mutakabbiru subhâna-L-Lâhi 'ammâ yushrikûna huwa-L-Lâhu-l-Khâliqu-l-Bâri'u-l-Musawwiru lahu-l-'asmâ'u-l-husnâ yusabbihu lahû mâ fî-s-samâwâti wa-l-'ardi wa huwa-l-'Azîzu-l-Hakîmu
nous avions fait descendre le Coran sur une montagne, elle serait affaissée et fendue par respect d'Allah. Nous donnons de telles comparaisons aux hommes pour les faire réfléchir. Il est Allah en dehors de qui il n'y a pas d'autre dieu. Il connaît le visible et l'invisible. Il est le Clément qui manifeste sa clémence. Il est Allah en dehors de qui il n'y a pas d'autre Dieu. Il est le souverain, le Saint, le Maître de la paix, le protecteur, l'Arbitre suprême, le fort, le Puissant, le Très Grand. Gloire à Allah ! Loin de Lui ce qu'on Lui associe. Il est Allah, le Créateur, l'Animateur et le Sculpteur. Il a droit aux plus nobles épithètes. Tout ce qui est dans les cieux et sur terre Le glorifie. Il est le Puissant et le Sage.
Dieu parle de la grandeur et du caractère magnifique du Coran et, en récitant ou le lisant, les cœurs doivent être recueillis et humiliés, et les oreilles doivent bien concevoir ses menaces et ses avertissements car ils sont la vérité même.
Si nous avions fait descendre le Coran sur une montagne, elle se serait affaissée et fendue par respect d'Allah
En d'autres termes, si la montagne, malgré son aspérité et sa dureté, avait compris le contenu du Coran, elle se serait humiliée et fendue sous l'effet de la crainte de Dieu -à Lui la puissance et la gloire-. Comment vous, ô hommes, vos cœurs ne s'adoucissent pas et votre peau n'en frissonne pas par crainte de votre Seigneur alors que vous avez médité sur le sens de ses versets et bien conçu les enseignements ? De telles paraboles Dieu propose aux hommes afin qu'ils réfléchissent. Dans le même sens Dieu a dit ailleurs :
Le Coran aurait beau soulever les montagnes, disloquer les continents et faire parler les morts, qu'ils ne croiraient pas (13:31)
Puis Dieu parle de Ses épithètes et de Ses plus beaux noms : Il est Dieu. Il n'y a de Dieu que Lui. Aucun Seigneur n'existe en dehors de Lui. Tout ce qu'on adore en dehors de Lui est fausseté.
- Il connaît le visible et l'invisible, ce qui est caché et ce qui est apparent. Rien ne Lui est caché ni dans les cieux ni sur la terre, infime soit-il.
- Il est le Miséricordieux et le Très Miséricordieux dont Sa miséricorde embrasse tout dans les deux mondes. Il a dit ailleurs : (6:13) et aussi : «s'est imposé lui-même la clémence» ; la grâce et la bénédiction d'Allah devraient être pour eux des biens plus précieux que toutes les richesses qu'ils peuvent amasser» (10:58).
- Il est le Souverain qui possède tout ce qu'il a créé sans aucune restriction.
- Il est le Saint, ou le pur comme l'a interprété Wahb Ben Mounabah, ou, d'après Ibn Jouraïj, celui que les nobles anges glorifient.
- Il est le Maître de la paix : qui est exempt de tout vice ou défaut, le parfait dans Sa personne, Ses qualités et Ses actes.
- Il est le Protecteur : qui assure Ses serviteurs de toute injustice d'après Ibn Abbas, ou selon Abou Zaïd : qui croit en la foi de Ses serviteurs.
- Il est l'Arbitre Suprême ou d'après Ibn Abbas : Il est le témoin des actions de tous les hommes.
- Il est le Fort et le Puissant, l'invincible qui domine tous ses sujets par Sa force, Sa puissance et Son orgueil.
- Il est le Très Grand. Il est cité dans le Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Dieu dit : La Magnificence est mon manteau et la Grandeur est mon izar. Je précipiterai dans le Feu quiconque essaie de participer à l'une d'elles» (Rapporté par...).
- Il est le Créateur, l'Animateur : C'est-à-dire : c'est Lui qui procède à créer une certaine chose et le seul à l'exécuter en lui donnant la vie ou l'existence, et le Sculpteur qui lui donne la forme qu'Il veut.
«Il a droit aux plus nobles épithètes».
À ce propos Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Dieu a quatre-vingt-dix-neuf noms (ou épithètes), cent moins un. Quiconque les dénombre (et les retient) entrera au Paradis. Il est impair et aime l'impair
Dans ce hadith il mentionne ces épithètes dont nous allons les citer ci-après, et en même temps parler des différentes interprétations d'après les exégètes.
Il est Allah en dehors de qui il n'y a pas d'autre dieu.
- Le Miséricordieux : (AR-RAHMÂN).
- Le Très Miséricordieux : (AR-RAHÎM).
- Le Roi : (AL-MALIK).
- Le Saint : (AL-QODDOUSSE).
- La Paix : (AS-SALÂM).
- Le Protecteur : (AL-MO'MIN) ou celui qui témoigne de Sa propre véridicité.
- Le Vigilant : (AL-MOHAÏMIN) ou le Prédominant.
- Le Tout-Puissant : (AL-'AZIZ).
- Le Contraignant : (AL-JABBÂR) ou le Puissant.
- Le Tyran : (AL-MOTAKABBIR) ou l'Orgueilleux.
- Le Créateur : (AL-KHALÎQ).
- L'Animateur : (AL-BÂRI').
- Le Formateur : (AL-MOSSAWWIR).
- Le Grand Pardonneur : (AL-GHAFFÂR).
- Le Dominateur suprême : (AL-QAHHÂR).
- Le Suprême Donateur : (AL-WAHHÂB).
- Le Dispensateur : (AR-RAZZÂQ).
- Celui qui décide : (AL-FATTÂH) ou le Trancheur.
- Celui qui tient tout : (AL-QÂBID).
- Celui qui donne largement : (AL-BASSÎT).
- Celui qui abaisse : (AL-KHAFID).
- Celui qui élève : (AL-RÂFI').
- Celui qui honore : (AL-MO'IZZ).
- Celui qui humilie : (AL-MODZILL).
- Celui qui entend tout : (AS-SAMÎ').
- Celui qui voit tout : (AL-BAÇIR).
- L'Arbitre : (AL-HAKAM).
- Le Subtil : (AL-LATÎF).
- Le Bien-Informé : (AL-KHABIR).
- Le Patient : (AL-HALÎM).
- L'Inaccessible : (AL-'ADHÎM) ou le Magnifique.
- Le Pardonneur : (AL-GHAFOUR) qui ne cesse de pardonner.
- Le Reconnaissant : (ACH-CHAKOUR).
- Le Très-Haut : (AL-'ALIY).
- Le Gardien par excellence : (AL-HAFÎDH).
- Le Nourricier par excellence : (AL-MOUQÎT).
- Le Demandeur des comptes : (AL-HASSÎB).
- Le Majestueux : (AL-JALÎL).
- Le Généreux : (AL-KARÎM).
- Le Veilleur : (AR-RAQÎB).
- Celui qui exauce : (AL-MOJÎB).
- L'Immense : (AL-WASSÎ').
- L'Aimant : (AL-WADOUD) ou le Tendre.
- Le Glorieux : (AL-MAJID).
- Celui qui ressuscite : (AL-BA'ITH).
- L'Omniscient : (ACH-CHAHÎD).
- La Vérité : (AL-HAQ).
- Le Protecteur : (AL-WAKÎL) à qui on confie tout.
- Le Très Fort : (AL-QAWIY).
- L'Inébranlable : (AL-MATÎN).
- Le Maître : (AL-WALIY).
- Le Digne de louange : (AL-HAMÎD) ou le Louable.
- Celui qui fait le compte exact : (AL-MOHÇÎ).
- Celui qui donne un commencement : (AL-MOBDI').
- Celui qui recommence : (AL-MO'ÎD).
- Celui qui donne la vie : (AL-MOHYÎ).
- Celui qui fait mourir : (AL-MOUMÎT).
- Celui qui subsiste par Lui-même : (AL-QAYYOUM).
- Celui qui crée toute chose : (AL-WAJID).
- Le Noble par excellence : (AL-MAJED) ou le Glorieux.
- L'Unique : (AL-WAHID).
- L'Impénétrable : (AS-SAMAD) ou l'Absolu.
- Le Capable par excellence : (AL-QADIR).
- L'Omnipotent : (AL-MOQTADIR).
- Celui qui avance : (AL-MOQADIM).
- Celui qui retarde : (AL-MOU'AKHIR).
- Le Premier : (AL-AWWAL).
- Le Dernier : (AL-AKHIR).
- L'Apparent : (ADH-DHAHIR) ou l'Exotérique.
- Le Caché : (AL-BATIN) ou l'Ésotérique.
- Le Défenseur par excellence : (AL-WALI) ou le Gouverneur.
- Le Sublime : (AL-MOUTA'ALI) ou le Très-Haut.
- Le Pardonnant par excellence : (AT-TAWWÂB) ou celui qui accepte le repentir.
- Le Vengeur : (AL-MONTAQÎM).
- Celui qui efface les péchés : (AL-'AFOW).
- Le Bon : (AR-RA'OUF) ou le Compatissant.
- Le Souverain des royaumes : (MALIK AL-MOLK).
- Celui qui est plein de Majesté et de Munificence : (ZOUL JALAL WAL-IKRAM) ou Celui qui est digne de respect et de vénération.
- L'Équitable : (AL-MOUQSIT).
- Celui qui rassemble : (AL-JÂMI').
- Celui qui se suffit à Lui-même : (AL-GHANIY).
- Celui qui enrichit : (AL-MOUGHNI).
- Le Pourvoyeur : (AL-MOTI').
- L'Empêcheur : (AL-MÂNI').
- Le Pernicieux : (AD-DARR).
- La Lumière : (AN-NOUR).
- Celui qui dirige : (AL-HADI).
- L'Inventeur : (AL-BADI').
- L'Éternel : (AL-BÂQI).
- L'Héritier Suprême : (AL-WÂRETH).
- Le Guide Suprême : (AR-RACHÎD).
- Le Patient : (AÇ-ÇABOUR).
Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre proclame la gloire de Dieu, mais les hommes ne comprennent pas cette glorification. Il est le Puissant qui domine toutes Ses créatures et le Sage dans Ses lois et Sa prédestination.
Ma'qel Ben Yassar rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Celui qui, chaque matin, dit : «Je cherche refuge auprès de Celui qui entend et sait tout contre Satan le maudit (ou le lapidé)» et récite les trois derniers versets de la sourate de l'Exode, celui-là, Dieu lui confie soixante-dix mille anges qui prient pour lui jusqu'au soir. S'il meurt en ce jour-là, il mourra en martyr. Ainsi sera le cas de celui qui dit cela quand il est au soir (Tirmidzi, Ahmed)