3 - La Famille d'Imran
- Sûratu-Âl-'Imrân
Bismi-L-Lâhi-R-Rahmâni-R-Rahîm
- Sourate de la Famille d'Imran
Révélée à Médine après la sourate du Butin
Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux.
'Alef-Lâm-mîm 'Al-Lâhu lâ 'ilâha 'illâ huwa-l-hayyu-l-qayyûm nazzala 'alayka-l-kitâba bi-l-haqqi musaddiqal-limâ bayna yadayhi wa 'anzala-t-tawrâta wa-l-'injîl min qablu hudal-linnâsi wa 'anzala-l-furqâna 'inna-l-ladîna kafarû bi'âyâti-l-Lâhi lahum 'adâbun sadîdun wa-l-Lâhu 'azîzun dû-n-tiqâm
Alif. Lam. Mim. Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah, le Vivant, l'animateur de l'Univers. Il t'a révélé le Livre, somme des vérités, qui confirme ce qui l'a précédé. Il avait révélé le Pentateuque et l'Évangile auparavant. Pour servir de direction aux hommes. Et Il a révélé le critérium du bien et du mal. Ceux qui renient les signes d'Allah subiront un châtiment terrible. Allah est puissant et réprime.
Nous avons déjà montré que le nom Sublime de Dieu se trouve dans ce verset :
Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah, le Vivant, l'animateur de l'Univers
en commentant le verset du Trône (voir n° 255 de la sourate).
« Il t'a révélé le Livre, somme des vérités » : il s'agit du Coran révélé à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- en toute vérité et sans aucun doute. Il l'a révélé avec Sa Science, les anges en témoignent. Dieu suffit comme témoin. Ce livre déclare véridique ce qui était avant lui et révélé aux autres Prophètes et Messagers en corroborant les enseignements, les événements déjà racontés et confirme l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la révélation du Coran qui abroge par sa teneur et sa véracité tous les autres Livres.
Dieu a fait descendre la Torah -ou le Pentateuque- sur Moïse Ben 'Imran et l'Évangile sur Jésus fils de Marie -que Dieu salue tous les deux. Ces livres constituaient auparavant une direction pour les hommes. Il les suivit par le Coran qui est une distinction entre la bonne voie et l'égarement, et entre l'erreur et la vérité. Car le Coran contient les arguments, les signes clairs et les preuves évidentes.
Ceux qui ne croient pas aux signes de Dieu, un châtiment douloureux leur est destiné pour prix de leur reniement et de leur incrédulité. Dieu est puissant et se venge de ceux qui traitent Ses signes de mensonges et s'opposent à Ses Prophètes et Messagers.
'inna-L-Lâha lâ yahfâ 'alayhi shay'un fî-l-'ardi walâ fî-s-samâ'i huwa-l-ladhî yusawwirukum fî-l-'arhâmi kayfa yashâ'u lâ 'ilâha 'illâ huwa-l-'azîzu-l-hakîm
Allah sait tout ce qui passe dans les cieux et sur la terre. C'est Lui qui vous façonne à Sa guise dans le sein de vos mères. Il n'y a d'autre Allah que Lui, le Puissant, le Sage.
Dieu, certes, connaît le visible et l'invisible et rien ne Lui est caché dans les cieux et sur la terre. «C'est Lui qui vous façonne à sa guise dans le sein de vos mères» c'est à dire Il accorde la beauté comme Il accorde la laideur, crée le mâle et la femelle, le bienheureux et le malheureux.
Il n'y a d'autre Allah que Lui, le puissant, le sage
une attestation de Son unicité, Il n'a pas d'associés, le puissant sur toute chose dont nul ne peut disputer Sa puissance, le sage dont Sa science embrasse tout. On trouve dans ce verset une allusion même une déclaration que Jésus le fils de Marie n'est qu'un serviteur créé comme les autres. Comment donc pourra-t-il être un Dieu comme prétendent les chrétiens alors que c'est Dieu qui l'a façonné comme Il l'a voulu dans le sein de sa mère où il a subi des transformations successives comme toutes les autres créatures? Dieu montre également ces phases de la création dans ce verset:
Il vous a créés dans les entrailles de vos mères: création après création dans trois ténèbres (39:6)
huwa-l-laḏî 'anzala 'alayka-l-kitāba minhu 'āyātum-muḥkamātun hunna 'ummu-l-kitābi wa-'uḫaru mutašābihātun fa-'ammā-l-laḏīna fī qulūbihim zayġun fayattabi'ūna mā tašābaha minhu-btiġā'a-l-fitnati wa-btiġā'a ta'wīlihī wa-mā ya'lamu ta'wīlahū 'illā-l-Lāhu wa-r-rāsiḫūna fī-l-'ilmi yaqūlūna 'āmannā bihī kullum-min 'indi rabbinā wa-mā yaddakkaru 'illā 'ulū-l-'albāb rabbanā lā tuzigh qulūbanā ba'da 'iḏ hadaytanā wa-hab lanā mil-ladunka raḥmatan 'innaka 'anta-l-wahhāb rabbanā 'innaka jāmi'u-n-nāsi li-yawmi-l-lā rayba fīhi 'inna-l-Lāha lā yuḫlifu-l-mī'ād
C'est Lui qui t'a révélé le Livre. Il se compose de versets fondamentaux, qui sont la base du Livre, et d'autres qui constituent des développements. Les malveillants ne s'en tiennent qu'à ces derniers versets dont les ressemblances prêtent à confusion pour créer le désordre et satisfaire leur goût de discussion. Et les rapports qu'il y a entre ces deux sortes de versets, Allah seul les connaît ainsi que les vrais savants. Ces derniers diront : Nous croyons dans ce Livre, tout ce qu'il renferme vient de notre Seigneur. Mais, seuls, les gens sensés tirent parti des enseignements. Seigneur, ne détourne pas nos cœurs de la voie droite après que Tu nous l'as montrée. Étends sur nous Ta miséricorde, car Tu es le vrai dispensateur. Seigneur, Tu rassembleras les gens au jour inéluctable. Allah ne manque pas aux rendez-vous qu'Il a donnés.
Dieu veut dire que dans le Coran il y a des versets clairs qui ne suscitent aucune ambiguité, et d'autres qui peuvent prêter au doute. Quiconque renvoie ces derniers aux premiers en les traitant comme découlant d'eux et s'attache aux versets clairs, aura trouvé le chemin droit, et si c'est le contraire, il sera égaré et perdant. C'est pourquoi Dieu les appelle «La prescription-mère» c'est-à-dire son fondement, et les autres «figuratifs» quant à la prononciation et à la structure et jamais à cause de leur sens.
Les docteurs musulmans les ont commentés comme suit :
- Ibn Abbas : Les versets fondamentaux abrogent les autres, ils constituent le licite, l'illicite, les devoirs, les prescriptions et les interdictions.
- Sa'id ben Joubaïr : Ils forment la mère du Livre parce qu'on les trouve dans d'autres Livres.
- Mouqatel : Nul parmi les hommes qui professent une autre religion que l'islam ne s'y confonde.
Quant aux versets figuratifs ou qui prêtent au doute, ils sont les versets abrogés (à savoir que dans le Coran il y a des versets abrogeants et d'autres abrogés), ceux qui parlent du passé ou de l'avenir, les exemples, en quoi on croit mais on ne les suit pas. Mais Ibn Abbas précise qu'ils sont les lettres détachées qu'on trouve au début de certaines sourates.
Pour Mouqatel et Moujahed, les versets figuratifs qu'on rencontre au fil du discours donnent le même sens, ou ils donnent les caractéristiques et les qualités des deux choses contradictoires telles : le Paradis et l'Enfer, la situation des croyants et celle des incrédules (dans la vie future) etc...
Mais la meilleure interprétation, selon l'auteur de cet ouvrage, est celle donnée par Ibn Yassar qui a dit :
Les versets fondamentaux constituent les arguments du Seigneur, qui préservent les hommes, et qui repoussent l'erreur. On ne peut ni les décliner ni les altérer en leur donnant un autre sens. Quant aux figuratifs ou qui prêtent au doute, ils sont une épreuve pour les hommes, comme ils sont le licite et l'illicite, afin qu'ils se maintiennent sur la voie droite sans être égarés
C'est pourquoi Dieu a dit :
les malveillants ne s'en tiennent qu'à ces derniers
pour se dévier du chemin droit et suivre l'égarement «pour créer le désordre» en s'attachant à ce qui prête au doute en l'interprétant à leur guise ne cherchant qu'à satisfaire leur penchant, car ils sont incapables de traiter de la sorte les versets fondamentaux. On donne à titre d'exemple les chrétiens qui s'appuient sur ce qui est mentionné dans le Coran au sujet de Jésus fils de Marie comme étant un Esprit émanant de Dieu et une Parole jetée en Marie, et ils rejettent le verset qui dit :
Lui n'était qu'un serviteur auquel nous avions accordé notre grâce (43:59)
et cet autre :
Oui, il en est de Jésus comme d'Adam auprès de Dieu : Dieu l'a créé de terre puis Il lui a dit : «Sois» et il est (3:59)
et d'autres versets aussi.
«... et satisfaire leur goût de discussion» c'est-à-dire, d'après Mouqatel et As-Souddy :
Ils cherchent à savoir ce qu'il y aura lieu en le recherchant dans le Coran
Aïcha - que Dieu l'agrée - a rapporté : «Après avoir récité ce verset :
C'est Lui qui t'a révélé le Livre... jusqu'à ... seuls les gens sensés tirent parti des enseignements
l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit aux fidèles :
Si vous rencontrez des hommes qui discutent ces choses-là, ils sont ceux que Dieu a désignés, méfiez-vous d'eux (Boukhari, Muslim, Abou Daoud)
Abou Oumama a rapporté qu'en commentant ce verset :
Les malveillants s'en tiennent à ces derniers versets...
le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - dit : «Ce sont les Khawarejs», ainsi quand il interpréta ce verset :
Le jour où certains visages s'éclaireront tandis que d'autres visages seront noirs (3:106)
Bien que ce hadith soit arrêté chez ce compagnon sans le remonter, son sens est vrai. En effet la première innovation qui a eu lieu dans l'islam était celle des «Khawarejs» qui demeurait leur principe à cause de leur amour pour ce bas monde lorsque le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait partagé le butin de Hounaïn en constatant qu'il n'avait pas été équitable dans cette répartition et en le jugeant ainsi, mus par leur faux raisonnement.
Un de ces Khawarejs appelé «Dzoul-Khowaisira» dit au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - : «Sois équitable !» Il lui répondit :
Tu es perdant et humilié ! Si je n'étais pas équitable, Dieu m'aurait-Il confié les habitants de la terre et vous non ?
Après le départ de cet homme, Omar demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - l'autorisation de le tuer, mais il lui dit :
Non, laisse-le. De la postérité de cet homme, naîtront des gens qui réciteront le Livre de Dieu avec nonchalance, leur voix ne dépasseront pas leur gosier et chacun d'entre vous répugnera de faire la prière avec eux. Ils sortiront de la religion (en tant que rebelles) comme une flèche qui perce un gibier. Là où vous les trouverez, tuez-les, car quiconque tuera l'un d'eux sera récompensé
Ces Khawarejs firent leur apparition du temps du Califat Ali ben Abi Taleb qui les tua à «An-Nahrawan». Mais au fil des jours plusieurs sectes issues d'eux se répandirent dans différentes régions et eurent leur propre dogme et leurs opinions. D'autres sectes aussi firent leur apparition tels que les Kadariya, les Mou'tazila, les Jahamiya et d'autres qui créaient des innovations en matière religieuse, une chose que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait prédite quand il a dit :
Cette communauté sera répartie en soixante-treize sectes qui seront précipitées dans le feu à l'exception d'une seule
On lui demanda :
Ô Envoyé de Dieu, laquelle de ces sectes sera sauvée ?
Il répondit : «Celle qui me suivra ainsi que mes compagnons». (Al-Hakem)
«Allah seul les connaît» c'est-à-dire les versets figuratifs. Mais quatre commentaires ont été dits à ce sujet :
- Un commentaire dit que les hommes ne sont pas tenus de le connaître.
- Un autre dit que les Arabes le connaissent déjà à cause de leur éloquence et leur langue.
- Un troisième : seuls les hommes versés le connaissent.
- Un quatrième : seul Dieu le connaît.
En effet pour bien diriger les hommes, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - leur dit :
Le Coran n'a pas été révélé pour que certains versets contredisent les autres. Ce que vous comprenez et saisissez, mettez-le en pratique, mais ce qui prête au doute, croyez-y tout simplement
«... ainsi que les vrais savants» mais qui sont ces savants ?
- Nous le sommes, comme a déclaré Ibn Abbas, et nous connaissons très bien l'interprétation de ces versets.
- Ils sont les hommes versés dans la religion qui connaissent l'interprétation et y croient, selon les dires de Moujahed.
- Dieu seul et ceux qui sont enracinés dans la Science qui disent : «Nous y croyons» d'après Mouhammad ben Ja'far ben Az-Zoubaïr.
Les docteurs musulmans rattachent l'interprétation des versets figuratifs à celle des versets fondamentaux qui ne comportent qu'une seule interprétation. Ainsi chaque verset confirme un autre et par la suite on ne trouve aucune fêlure dans le Coran, et il n'y a aucune place à une contradiction ou une erreur. À ce propos on cite ce hadith où le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait invoqué Dieu en faveur d'Ibn Abbas en disant :
Mon Dieu, instruis-le dans la religion et enseigne-lui l'interprétation
Par ailleurs et d'après les opinions des ulémas, l'interprétation du Coran comporte deux branches :
- La première : elle est une explication d'une chose et à quoi elle aboutit, on donne à titre d'exemple les dires de Joseph à son père : «Ô mon père, voici l'explication de mon ancienne vision» (12:100), ainsi que ces dires de Dieu concernant le jour de la résurrection : «Qu'attendent-ils sinon son accomplissement. Le jour où viendra son accomplissement» (7:53). Si on admet cela, on doit donc, en récitant le verset, s'arrêter là : «Allah seul les connaît» étant donné qu'Il est le seul à connaître la vérité des choses et leur nature, et la phrase : «ainsi que les vrais savants» sera indépendante et portera sur la croyance en ces versets.
- La deuxième : qui consiste à interpréter et expliciter le sens, on donne à titre d'exemple les deux hommes qui se trouvaient en prison avec Joseph et ayant fait des songes, lui dirent : «Fais-nous connaître la signification de tout ceci» (12:36). Dans ce cas on doit coordonner les deux phrases car les hommes sensés saisissent bien le sens des paroles de Dieu même s'ils ne connaissent pas à la perfection la réalité des choses qui dépend de Dieu seul, mais ils y croient et connaissent le but.
Dans tous les cas, les gens sensés croient aussi bien aux versets fondamentaux qu'aux figuratifs en disant :
Nous croyons dans ce Livre, tout ce qu'il renferme vient de notre Seigneur
et on n'y trouve aucune contradiction, plutôt une corroboration que Dieu confirme dans ce verset :
Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Si celui-ci venait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient de nombreuses contradictions (4:82)
Oubaidallah ben Yazid, qui vivait du temps de Anas, Abou Oumama et Abou Ad-Darda', a rapporté qu'on demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - au sujet des hommes qui sont enracinés dans la Science, il répondit :
Ils sont ceux qui tiennent leur serment, ne disent que la vérité, ont le cœur droit, ne mangent que le licite et sont...
L'imam Ahmed rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ayant entendu des hommes discuter au sujet du Coran et de ses versets, leur dit :
Des hommes qui vous ont précédés n'ont péri qu'à cause de cela, ils ne faisaient que rechercher ce qu'il y a de contradiction dans le Livre de Dieu (selon leur présomption). Or le Livre n'a été descendu que pour qu'une partie des versets corrobore et confirme l'autre. Dites ce que vous en connaissez, et ce que vous ignorez, confiez-le à vos savants (Ahmed)
Quant à Nafé ben Yazid, il a dit :
Les vrais savants sont les soumis à Dieu et qui s'humilient devant Lui pour acquérir Sa satisfaction. Ils ne s'enorgueillissent pas sur ceux qui leur sont supérieurs et ne dédaignent pas ceux qui leur sont inférieurs
Puis Dieu montre la conduite de ces savants qui l'implorent par ces mots :
Seigneur, ne détourne pas nos cœurs de la voie droite après que Tu nous l'as montrée
qui signifient : Ne dévie pas nos cœurs de la bonne direction après nous avoir dirigés, ne fais pas que nous penchions vers l'erreur à la façon de ceux qui s'attachent à ce qui prête au doute, plutôt affermis-nous sur la voie droite, et «Étends sur nous Ta miséricorde» par laquelle Tu affermis nos cœurs, Tu établis la concorde entre nous et Tu augmentes notre foi, car Tu es le Dispensateur par excellence.
Oum Salama rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - disait souvent :
Ô Toi qui tournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion
puis il récitait :
Seigneur, ne détourne pas nos cœurs de la voie droite après que Tu nous l'as montrée. Étends sur nous Ta miséricorde, car Tu es le vrai Dispensateur
Suivant une autre version, Oum Salama raconta qu'elle entendait souvent l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - invoquer Dieu par ces mots :
Mon Dieu, Toi qui tournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion
Elle lui demanda : «Ô Envoyé de Dieu, le cœur sera-t-il tourné ?» Il lui répondit :
Oui. Dieu n'a créé un homme sans que son cœur ne soit entre deux des doigts de Dieu, à Lui la puissance et la gloire. S'il le veut, Il l'établit sur la voie droite, et s'il le veut, Il l'en détourne
Oum Salama lui dit alors :
Enseigne-moi donc une invocation pour que je la formule en ma faveur
Il répliqua :
Dis : "Mon Dieu, le Seigneur de Mouhammad, absous mes péchés, dissipe la colère de mon cœur et préserve-moi du mal des tentations" (Ibn Mardaweih, Ibn Jarir)
Un autre hadith dans le même sens a été rapporté par Aïcha - que Dieu l'agrée -. Elle a rapporté aussi que, quand le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - s'éveillait la nuit, il disait :
Il n'y a de Dieu que Toi, gloire à Toi. Je Te demande de me pardonner, d'étendre sur moi Ta miséricorde, d'augmenter ma science, de ne plus détourner mon cœur après m'avoir dirigé. Accorde-moi une miséricorde venant de Toi, Tu es le Suprême Donateur (Abou Daoud, Nassaï)
Seigneur, Tu rassembleras les gens au jour inéluctable
c'est-à-dire que les fidèles disent dans leur invocation : Seigneur, Tu réuniras les hommes le jour de la résurrection. Tu trancheras leurs différends. Tu rétribueras chacun selon ses œuvres qu'il a accomplies dans le bas monde.
'inna-l-ladîna kafarû lan tughniya 'anhum 'amwâluhum walâ 'awlâduhum mina-L-Lâhi shay'an wa 'ulâ'ika hum waqûdu-n-nâr kada'bi 'âli fir'awna wa-l-ladîna min qablihim kadhdhabû bi'âyâtinâ fa'akhadhaumu-L-Lâhu bidhunûbihim wa-L-Lâhu shadîdu-l-'iqâb
Quant aux infidèles, leurs richesses ou leurs enfants ne leur seront d'aucune utilité auprès d'Allah. Ils seront la proie du feu. Comme les gens de Pharaon et ceux qui les ont précédés. Pour avoir traité nos signes de mensonges, Allah ne leur a pas fait grâce de leurs péchés. Et Allah est terrible dans ses châtiments.
Ces versets montrent le sort des incrédules au jour de la résurrection et qu'ils seront l'aliment du Feu, comme le montre également ce verset :
Le jour où les excuses présentées par les injustes leur seront inutiles. Ils seront alors maudits. La pire des demeures leur est destinée (40:52)
Ce que les infidèles avaient amassé comme richesses dans le bas monde et la postérité qu'ils avaient engendrée ne les mettront aucunement au large vis-à-vis de Dieu, ne les sauveront pas du châtiment du Feu et ils subiront des supplices très douloureux. Leur cas est présenté aussi dans ces deux versets :
Que leurs richesses et leurs enfants ne t'émerveillent pas ; Dieu ne veut par là que les châtier en cette vie et qu'ils meurent incrédules (9:55)
et :
Que l'agitation des incrédules habitant ce pays ne te trouble pas * Piètre jouissance éphémère ! La géhenne sera ensuite leur demeure : quel détestable lit de repos (3:196-197)
Oum Al-Fadl a raconté : «L'envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, dans une nuit à La Mecque, répéta par trois fois : «Ai-je transmis le message ?» Omar Ben Al-Khattab, qui était très compatissant, répondit :
Certes oui, je jure par Dieu. Tu l'as fait avec un désir ardent, tu as déployé tes efforts et tu as prodigué des conseils. Sois patient.
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répliqua :
La foi l'emportera et l'incrédulité sera repoussée jusqu'à ses sources. Des hommes prendront le large pour répandre l'islam. Il arrivera un jour où les hommes réciteront le Coran et l'enseigneront. Ils diront : Nous avons lu et enseigné, qui donc pourra être mieux que nous ? De ceux-là on n'attendra aucun bien.
Les fidèles lui demandèrent : «Qui sont ces gens ô Envoyé de Dieu ?» Il rétorqua :
Ils sont des vôtres. Ceux-là seront l'aliment du feu. (Ibn Abi Hatem, Ibn Mardawihy)
L'exemple de ces incrédules est Pharaon et sa cour qui ont traité les signes de Dieu de mensonge et se sont opposés aux Messagers de Dieu. Dieu certes est terrible dans Ses châtiments.
qui li-l-laðîna kafarû satuglabûna wa tuh¹arûna 'ilâ jahannama wa bi'sal-mihâd qad kâna lakum 'âyatun fî fi'atayni-l-taqatâ fi'atun tuqâtilu fî sabîli-L-Lâhi wa 'uhrâ kâfiratun yarawnahum mitlayhim ra'ya-l-'ayni wa-L-Lâhu yu'ayyidu binasrihi may-yasâ'u 'inna fî ðâlika la 'ibrata-li'ûlî-l-'absâr
Dis aux infidèles: «Vous serez défaits puis précipités en foule dans l'Enfer. Quel triste séjour. Vous avez l'exemple de ces deux armées qui se sont affrontées, l'une en combattant pour la cause d'Allah, l'autre incrédule. Cette dernière paraissait à vos yeux deux fois plus nombreuse que l'autre. Mais Allah donne la victoire à qui Il veut. C'est une leçon pour ceux qui méditent.
Dieu ordonne à Son Prophète: Ô Mouhammad, dis aux incrédules: Vous serez vaincus, dans le bas monde, et au jour de la résurrection, vous serez rassemblés dans la Géhenne. Quel détestable lit de repos.
Mouhammad Ben Ishaq raconte: «Après sa victoire à Badr sur les polythéistes Qorachites, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- revint à Médine, rassembla les juifs dans le marché de Bani Qanouqa'. Il leur dit:
Ô peuple juif. Embrassez l'Islam avant que Dieu ne vous inflige la défaite qu'ont subie les Qoraïchites.
Ils lui répondirent:
Ô Mouhammad! Que cette bataille où tu as eu le pas sur cette troupe de Qoraïchites ne te trouble pas. Ils n'étaient que des gens inexpérimentés dans les combats. Par Dieu, si tu nous déclares la guerre, tu sauras que nous sommes les vrais guerriers à qui tu n'as pas encore fait face.
Dieu, à cette occasion, fit cette révélation:
Dis aux infidèles: Vous serez défaits puis précipités en foule dans l'enfer
jusqu'à «c'est une leçon pour ceux qui méditent.» (Ibn Ishaq)
C'est pourquoi Dieu avertit les juifs qu'un signe leur a été donné prouvant qu'Il fortifie Sa religion, donne la victoire à Son Prophète sur ses ennemis, afin que Sa Parole soit la plus élevée. Ce signe se manifesta lorsque deux troupes se rencontrèrent pour se battre: les uns combattaient pour la cause de Dieu, et les autres étaient les incrédules parmi les Qoraïchites, et ce combat avait lieu à Badr.
Cette dernière paraissait à vos yeux deux fois plus nombreuse que l'autre.
Ce verset était un sujet de controverse entre les ulémas:
- Les uns ont dit: Les polythéistes voyaient de leurs propres yeux les musulmans, le jour de Badr, en nombre deux fois supérieur au leur. En d'autres termes, Dieu faisait apparaître le nombre de croyants comme étant deux fois supérieur à celui des incrédules afin d'accorder la victoire aux musulmans. Mais en fait, les polythéistes avaient envoyé Omar Ben Sa'd pour guetter les musulmans et évaluer leur nombre avant le combat. Il leur dit qu'ils étaient trois cents et quelques hommes. En réalité ils étaient 313 hommes mais, lors du combat, Dieu leur avait envoyé un renfort de mille anges.
- Les autres ont dit: «Les musulmans, de leurs propres yeux, voyaient les polythéistes en nombre deux fois supérieur au leur, et pourtant Dieu leur a accordé la victoire, bien que certains ont rapporté que le nombre des incrédules variait entre neuf cent et mille, ce qui constituait le triple.»
Une question se pose: Quel est le point commun entre les deux opinions sus-mentionnées, et ce verset où Dieu avait raconté l'histoire de la bataille de Badr et dit:
Lorsque vous rencontrâtes vos ennemis, Allah les fit apparaître à vos yeux moins nombreux qu'ils n'étaient, de même qu'Il vous fit apparaître à leurs yeux moins nombreux. Allah exécuta ainsi l'ordre qu'il avait décrété. (8:44)
? On trouve la réponse dans les dires suivants:
- Ibn Mass'oud rapporte: Le jour de Badr, nous regardâmes les polythéistes, pour la première fois, et constatâmes que leur nombre était le double du nôtre. Nous les regardâmes, pour la deuxième fois, nous trouvâmes que leur nombre était équivalent au nôtre. Tel est le sens.
- Ibn Mass'oud rapporte également: «Leur nombre était tellement inférieur au nôtre quand nous les regardâmes, au point que j'ai dit à un fidèle qui se trouvait à mes côtés: Penses-tu que leur nombre dépasse les 70?» Il me répondit: «Je crois qu'ils sont au nombre de 100.» Mais en capturant un des leurs et lui demandant leur nombre, il nous dit qu'ils étaient 1000 hommes. Ainsi quand les musulmans regardaient les polythéistes, ils les trouvèrent deux fois plus qu'eux afin qu'ils se confient à Dieu et demandent Son secours.
Par contre, quand les polythéistes regardaient les musulmans, ils les trouvèrent deux fois plus qu'eux pour être pris de panique. Mais quand les deux armées s'affrontèrent et que le combat fit rage, Dieu fit diminuer chaque armée aux yeux de l'autre afin que chacune d'elles fonde sur l'autre, et Dieu exécuta ainsi l'ordre qu'il avait décrété pour distinguer entre la vérité et l'erreur, et afin que Sa Parole soit la plus élevée. Il a voulu rendre les croyants très puissants et humilier les incrédules comme Il a dit:
Dieu vous a cependant secourus à Badr, alors que vous étiez humiliés. (3:123)
Il termina ces versets par:
Allah donne la victoire à qui Il veut. C'est une leçon pour ceux qui méditent.
qui signifie un enseignement pour ceux qui sont doués de clairvoyance afin qu'ils constatent que Dieu réalise toujours Ses décisions en accordant le secours aux fidèles dans le bas monde et dans l'au-delà.
zuyyina li-n-nâsi hubbu-s-shahawâti mina-n-nisâ'i wa-l-banîna wa-l-qanâtîri-l-muqantarati mina-d-dahabi wa-l-fidhdati wa-l-hayli-l-musawwamati wa-l-an'âmi wa-l-harthi dhâlika matâ'u-l-hayâti-d-dunyâ wa-L-Lâhu 'indahû husnu-l-ma'âb qul 'a'unnabbi'ukum bihayrin min dhâlikum li-l-ladhîna-t-taqaw 'inda rabbihim jannâtun tajrî min tahtihâ-l-anhâru khâlidîna fîhâ wa 'azwâjun mutahharatun wa ridwânun mina-L-Lâhi wa-L-Lâhu basîrun bi-l-'ibâd
Les hommes sont attirés par tout ce qui a de l'attrait, les femmes, les enfants, les amoncellements d'or et d'argent, les chevaux de prix, les troupeaux, les champs de culture... éphémères jouissances dans ce bas monde. Mais le plus beau séjour est auprès d'Allah, Dis-leur: «Désirez-vous connaître quelque chose de préférable à toutes ces jouissances?». Ceux qui craignent Allah trouveront auprès de leur Seigneur des jardins arrosés d'eau vive, où ils demeureront éternellement, des épouses sans impureté, et les grâces d'Allah. Allah observe Ses serviteurs.
Dieu montre dans ces versets que les hommes dans la vie présente sont attirés par ses clinquants et ses jouissances en citant les femmes et les enfants. Il a commencé par les femmes car leur sédition est pire que les autres jouissances. Une réalité qui est confirmée aussi par ces paroles du Prophète :
Je ne laisse après moi une sédition plus funeste à l'homme que les femmes
Mais si on cherche la femme pour garder la chasteté et fonder un foyer dans le but d'avoir une postérité, ceci constitue un acte recommandé voire obligatoire. Plusieurs hadiths ont été rapportés à cet égard dans lesquels l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait déclaré que la meilleure des nations est celle où le nombre des femmes dépasse celui des hommes. Il a dit :
- On m'a fait aimer les femmes et le parfum. Mais la prière est la joie de mes yeux.
- Ce bas monde n'est que jouissances éphémères, or la meilleure jouissance est la femme vertueuse qui, si tu la regardes, te plaît. Si tu lui ordonnes, elle obéit. Si tu t'absentes d'elle, elle garde sa chasteté et tes biens. (Nasaï, Muslim)
L'amour des enfants peut être pour la parure dans le bas monde et l'orgueil, et aussi pour la progéniture et la multiplication de la communauté de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- où il y aura des hommes qui n'adoreront que Dieu seul sans rien Lui associer. Il incitait au mariage pour réaliser ce but quand il a dit :
Épousez les femmes affectueuses et fécondes car je m'enorgueillirai de votre multitude sur les autres nations le jour de la résurrection.
Quant à l'amour des richesses, tantôt il vise l'orgueil, l'ostentation et l'arrogance sur les pauvres, ce qui est méprisable ; et tantôt pour dépenser en aumône afin de se rapprocher de Dieu, ou pour les proches parents, les actes de charité, ce qui est loué et recommandé.
L'amour des chevaux est de trois sortes :
- Pour les consacrer au combat dans la voie de Dieu et les mettre au service de ces guerriers quand ils en auront besoin.
- Pour être une charge à leurs propriétaires.
- Pour être une portière à celui qui les possède pour en profiter et ne néglige pas ses devoirs envers Dieu en versant la zakat à leur sujet ou pour la copulation. (Nous en parlerons plus loin en commentant la sourate du Butin).
Entre autres biens convoités figurent les troupeaux du bétail, les terres cultivées. Souwaïd ben Houbaïra a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Les meilleurs biens que puisse avoir un homme : une jument poulinière et une palmeraie fécondée
Tout cela constitue pour l'homme une jouissance éphémère dans la vie présente, mais le meilleur retour sera auprès de Dieu. On a rapporté qu'après la révélation de ce verset, Omar Ben Al-Khattab s'écria :
Seigneur, serait-ce après nous avoir embelli ce bas monde ?
L'autre verset fut aussitôt révélé :
Dis-leur : "Désirez-vous connaître quelque chose préférable à toutes ces jouissances ?"
Dieu ordonne à Mouhammad de dire aux hommes que ceux qui Le craignent trouveront pour toujours auprès de Lui des jardins où coulent les ruisseaux de différentes boissons ; du miel, du lait, du vin non enivrant et d'eau pure et limpide, ce qu'un œil n'a vu, oreille n'a entendu et esprit humain n'a imaginé. Ils y demeureront éternellement sans désirer aucun changement.
Ils y trouveront également des épouses toujours pures sans subir ni menstruations ni lochies qu'ont les femmes dans ce bas monde. Et la meilleure de toutes ces jouissances sera sans doute la satisfaction de Dieu, une grâce qui dépassera toutes les autres. Dieu, en observant les hommes œuvrer, rétribuera à chacun la récompense qu'il méritera selon ses actions.
'al-laḏīna yaqūlūna rabbanā 'innanā 'āmannā faġfir lanā ḏunūbanā wa-qinā 'aḏāba-n-nār 'aṣ-ṣābirīna wa-ṣ-ṣādiqīna wa-l-qānitīna wa-l-munfiqīna wa-l-mustaġfirīna bi-l-'asmār
Ceux qui craignent Allah sont ceux qui disent : « Ô Seigneur, nous croyons, pardonne-nous nos péchés et préserve-nous du châtiment du feu » Ce sont ceux aussi qui sont sincères, patients, dociles, charitables et implorent le pardon d'Allah au lever de l'aurore.
Dieu promet à Ses serviteurs croyants la plus belle récompense,
ceux qui croient en Lui, en Ses Livres et en Ses Prophètes. Ils implorent Son pardon et l'absolution de leurs péchés, et qui sont :
- Patients ; en s'acquittant de leurs obligations et s'abstenant des choses interdites et répréhensibles.
- Sincères ; dont leur foi les porte à accomplir leurs devoirs avec zèle et assiduité.
- Dociles ; pieux et soumis à Dieu.
- Qui dépensent de ce que Dieu leur a accordé ; en aumône, pour les proches parents, les pauvres et les nécessiteux.
- Qui implorent, dès l'aube, le pardon de Dieu. Ceci montre sans doute le mérite de l'imploration du pardon à ce moment-là.
À ce propos, il a été rapporté que, lorsque Jacob -que Dieu le salue- avait dit à ses enfants :
Je vais, pour vous, demander le pardon de mon Seigneur (12:98)
il avait retardé cette imploration jusqu'au lever de l'aurore. Et dans un hadith authentifié, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Notre Seigneur descend chaque nuit dans le ciel le plus proche, lorsqu'il ne reste qu'un tiers de la nuit et dit : "Qui M'invoque, que Je puisse exaucer sa prière ? Qui Me demande quelque chose, que Je puisse la lui donner ? Qui implore Mon pardon, que Je le lui accorde ?" (Boukhari, Muslim)
'Aicha -que Dieu l'agrée- a dit :
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait la prière impaire (witr) au début de la nuit, à son milieu, ou à sa fin et même juste avant le lever de l'aube
Abdullah Ben Omar priait souvent la nuit et demandait à son domestique : « Ô Nafe' ! L'aube s'est-il levé ? » Si la réponse était affirmative, il multipliait ses invocations jusqu'au matin.
Ibrahim Ben Hateb a rapporté d'après son père qu'il a entendu un homme dans un endroit de la mosquée dire :
Ô Seigneur ! Tu m'as ordonné et je T'ai obéi. Puisque c'est le lever de l'aurore, pardonne-moi
Il constata que cet homme n'était qu'Ibn Mas'oud -que Dieu
sahida-L-Lâhu 'annahû lâ 'ilâha 'illâ huwa wa-l-malâ'ikatu wa 'ulû-l-'ilmi qâ'iman bi-l-qisti lâ 'ilâha 'illâ huwa-l-'azîzu-l-hakîm 'inna-d-dîna 'inda-L-Lâhi-l-'islâmu wa-mâ htalafa-l-ladîna 'utû-l-kitâba 'illâ min ba'di mâ jâ'ahumu-l-'ilmu baghyan baynahum wa man yakfur bi-'âyâti-L-Lâhi fa'inna-L-Lâha sarî'u-l-hisâb fa'in hâjjûka faqul 'aslamtu wajhiya li-L-Lâhi wa man-ittaba'anî wa qul li-l-ladîna 'utû-l-kitâba wa-l-'ummiyyîna 'a'aslamtum fa'in aslamû faqadi-htadaw wa'in tawallaw fa'innamâ 'alayka-l-balâgu wa-L-Lâhu basîrun bi-l-'ibâd
Allah proclame et avec Lui les anges et les hommes de science, qu'il n'y a d'autre Allah que Lui et qu'il règne par la justice. Il n'y a d'autre Allah que Lui, le puissant et le juste. La religion d'Allah est l'Islam. Les gens du Livre ne se sont divisés entre eux qu'après avoir reçu la vérité, poussés par la jalousie. Celui qui repousse les enseignements d'Allah, Allah est prompt à régler son cas. A ceux qui contrediront, dis leur : «Moi, je me suis soumis à Allah ainsi que ceux qui me suivent. Demande à ceux qui ont reçu le Livre et aux illettrés: «Vous soumettez-vous?» S'ils se soumettent, ils seront dans la bonne voie. S'ils s'insurgent, rappelle-toi que ton rôle se borne à les avertir. Allah observe Ses serviteurs.
Dieu est le plus sincère et le plus véridique des témoins quand Il atteste et déclare qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, l'Unique, le créateur, et que tous les hommes sont Ses serviteurs qui ont toujours besoin de Lui, mais Lui, se suffit des autres, puis Il joint le témoignage des anges et des hommes versés et savants au Sien, ce qui montre le mérite de ces hommes.
Il maintient la justice. Il ne lèse personne et réprime l'injustice voire l'interdit. Il est le puissant et le sage. Al-Zoubair Ben Al-'Awam a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, alors qu'il se trouvait à 'Arafa, réciter ce verset et dire à la fin :
«Et moi aussi je témoigne ô mon Seigneur».
Ghaleb Al-Qattan raconte : «Je vins à Koufa pour faire le commerce et j'habitai tout près de Al-'A'mach. Une nuit, voulant quitter ma demeure, je le vis faire sa prière nocturne et l'entendis réciter ce verset : «Allah proclame et avec Lui les anges...» Il dit à la fin :
Et moi aussi je témoigne avec Dieu en lui confiant ce témoignage afin qu'il me soit un dépôt auprès de Lui.
Puis il répéta à plusieurs reprises : «la religion d'Allah est l'Islam.» Je me suis dit : «Il y a là un certain secret que j'aime savoir».
Au matin, voulant lui faire mes adieux, je lui dis :
Ô Abou Mouhammad, je t'ai entendu répéter ce verset !
Il s'écria : «N'as-tu pas idée de son mérite ?» Je lui répondis :
Ça fait un mois que j'habite près de toi et tu ne m'en as jamais parlé.
Il répliqua :
Par Dieu, je ne te le dirai pas avant l'écoulement d'un an.
Je passai ainsi un an qu'à sa fin il me dit : «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Au jour de la résurrection, on amènera quiconque aura témoigné cela, et Dieu dira : «Mon serviteur que voici s'est engagé vis-à-vis de Moi dans le bas monde, et il est de mon devoir de respecter mon engagement vis-à-vis de lui. Faites entrer mon serviteur au Paradis.» (Tabari)
«la religion d'Allah est l'Islam» : On entend par là que l'Islam, qui signifie la soumission à Dieu, aucune autre religion ne sera acceptée auprès de Lui. Cette religion qui consiste à suivre les Messagers et ce qu'ils ont apporté, mais comme Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- fut leur dernier ainsi que son message qui abrogea tous les précédents, quiconque ne suivra pas l'Islam, la religion qu'il aura suivie ne sera plus acceptée, comme Dieu le confirme dans un autre verset :
Le culte de celui qui recherche une religion en dehors de l'Islam n'est pas accepté. Cet homme sera, dans la vie future, au nombre de ceux qui ont tout perdu. (3:85)
Quant à ceux auxquels le Livre a été donné, une fois reçue la science, les uns se sont opposés aux autres par jalousie, haine et inimitié, et se sont divisés entre eux. Que ceux qui mécroient sachent que Dieu est prompt dans ses comptes.
Dieu dit à Son Prophète : si ces gens-là argumentent contre toi au sujet de l'unicité, réponds-leur :
Moi, je me suis soumis à Allah ainsi que ceux qui me suivent
ne reconnaissant qu'un seul Seigneur à qui nous vouons un culte pur. Dans le même sens, Dieu dit dans un autre verset :
Dis : «Voici mon chemin, j'en appelle à Dieu, moi et ceux qui me suivent.» (12:108)
Puis Il lui ordonne d'appeler les hommes à se soumettre à Lui et d'embrasser l'Islam, surtout ceux auxquels le Livre a été donné et les illettrés parmi les polythéistes. S'ils sont soumis, ils sont bien dirigés, mais s'ils se détournent, ta mission s'arrête là et Dieu réglera leur compte et les jugera car Il observe parfaitement ce qu'ils font, ils seront interrogés.
Le dernier verset sus-mentionné et d'autres qui lui sont pareils qu'on rencontre dans le Coran, montrent que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a été envoyé vers tous les hommes, et cela est confirmé par ce verset :
Dis : «Ô vous les hommes, je suis, en vérité, envoyé vers vous tous.» (7:158)
Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Par celui qui tient mon âme en Sa main, tout homme qui entend parler de mon message, qu'il soit de cette nation ou un chrétien ou un juif, n'y croit pas et meurt, il sera l'un des damnés de l'Enfer.
Il a dit également : «J'ai été envoyé vers le rouge et le noir» (une expression qui signifie tous les hommes). Il a dit aussi :
Tout Prophète avant moi était envoyé vers son peuple. Quant à moi, je suis envoyé vers tout le monde. (Boukhari, Mouslim)
Anas Ben Malek raconte qu'un jeune homme juif était au service du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, tomba malade et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- alla le visiter alors que son père se trouvait chez lui. Il lui dit :
Ô untel ! Dis : il n'y a d'autre divinité que Dieu.
Le jeune homme regarda son père mais celui-ci garda le silence. Comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- réitéra sa demande, il regarda à nouveau son père qui lui dit : «Obéis à Aboul-Qassem.» Le jeune homme dit alors :
Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, et je témoigne que tu es l'Envoyé de Dieu.
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit en disant : «Louange à Dieu qui l'a sauvé du feu grâce à moi.» (Boukhari, Mouslim)
'inna-l-ladîna yakfurûna bi'âyâti-L-Lâhi wa yaqtulûna-n-nabiyyîna bigayri Ḥaqq wa yaqtulûna-l-laḏîna ya'murûna bi-l-qisṭi mina-n-nâsi fabašširhum bi'aḏâbin alîm 'ulâ'ika-l-laḏîna ḥabiṭat 'a'mâluhum fî-d-dunyâ wa-l-'âḫirati wamâ lahum min nâṣirîn
À ceux qui nient les enseignements d'Allah, mettent à mort ignominieusement les Prophètes et ceux qui prêchent le bien, annonce un châtiment douloureux. Ils perdront le bénéfice de leurs actions dans ce monde et dans l'autre et ne recevront aucun secours
Dieu réprimande les gens du Livre qui ont commis tant de péchés en transgressant les lois de Dieu, niant les signes de Dieu que leurs Prophètes leur ont transmis en les traitant de mensonges, en se montrant rebelles aux enseignements de Dieu, en choisissant autre que le chemin droit tracé par leurs Prophètes, et en tuant une partie d'eux rien que parce qu'ils les appelaient à Dieu, à suivre la Vérité et leur ordonnaient la justice.
Abou Oubaida ben Al-Jarrah -que Dieu l'agrée- rapporte : «Je demandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- :
Qui, parmi les hommes, subira le châtiment le plus douloureux au jour de la résurrection ?
Il me répondit :
Un homme qui a tué un Prophète ou un autre qui ordonnait le bien et déconseillait le répréhensible
Puis il récita ce verset :
À ceux qui nient les enseignements d'Allah, mettent à mort ignominieusement les Prophètes et ceux qui prêchent le bien, annonce un châtiment douloureux
Ensuite il me dit :
Ô Abou Oubaida ! Les fils d'Israël ont tué 43 Prophètes au début de la journée dans une même heure, et 170 hommes parmi eux ont tué aussi à la fin de la journée ceux qui leur ordonnaient le bien et déconseillaient le répréhensible. Ils sont ceux que Dieu mentionne dans ce verset (Ibn Abi Hatem, Ibn Jarir)
Quant à Abdullah Ben Mass'oud, il a rapporté qu'ils ont tué 300 Prophètes. Ces gens-là ne trouveront aucun défenseur au jour de la résurrection et leurs actions sont vaines en ce monde et dans l'au-delà.
'alam tara 'ilâ-l-ladîna 'utû nasîbam mina-l-kitâbi yud'awna 'ilâ kitâbi-LLâhi liyahkuma baynahum tumma yatawalla farîqum minhum wahum mu'ridûn dâlika bi'annahum qâlû lan tamassanâ-n-nâru 'illâ 'ayyâmam ma'dûdâtin wa garrahum fî dînihim mâ kânû yaftarûn fakayfa 'idâ jama'nâhum liyawmi-l-lâ rayba fîhi wa wuffiyat kullu nafsim mâ kasabat wa hum lâ yuzlamûn
Ne vois-tu pas ces gens à qui une partie du Livre est parvenue et qui, lorsqu'on les convie à faire arbitrer leurs différends par le Livre, s'y refusent avec dédain ? Et cela parce qu'ils croient qu'ils ne subiront la peine du feu que peu de jours. C'est leur fausse compréhension de la religion qui les jette ainsi dans l'erreur. Qu'est-ce qu'il adviendra d'eux le jour inéluctable où nous les réunirons, le jour où toute âme sera rétribuée selon ses œuvres et où personne ne sera lésé.
Dieu désavoue le comportement des juifs et des chrétiens qui s'attachent fortement à leurs Livres présumés : la Torah et l'Évangile, en les appelant à la soumission à Lui, à prendre le Coran comme un juge et à suivre Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ils s'en détournèrent avec dédain et s'éloignèrent poussés par leur obstination et leur insoumission. Ils prétendirent que le feu ne les touchera que durant un temps limité, disant :
Nous subirons le châtiment du feu un seul jour pour chaque mille ans de la vie présente, ce qui fera en tout et pour tout sept jours (présumant que la durée de ce bas monde est de 7000 ans). Et ceci parce qu'ils se sont laissés égarer dans leur religion par tout ce qu'ils ont inventé. Dieu les a laissés leurrer par leur fausse religion, ce à quoi nul pouvoir n'a été concédé. Dieu les menace en disant : «Qu'est-ce qu'il adviendra d'eux le jour inéluctable où nous les réunirons». Comment sera leur sort après avoir nié les enseignements de Dieu, traité leurs Prophètes d'imposteurs en les tuant avec ceux qui prêchaient le bien et déconseillaient le répréhensible ?
Certes Dieu les interrogera sur tout ce qu'ils auront accompli dans le bas monde et chacun d'eux recevra la rétribution de ses actions.
quli-l-Allâhumma mâlika-l-mulki tu'tî-l-mulka man tasâ'u wa tanzi'u-l-mulka mimman tasâ'u wa tu'izzu man tasâ'u wa tudillu man tasâ'u biyadika-l-hayru 'innaka 'alâ kulli say'in qadîr tûliju-l-layla fî-n-nahâri wa tûliju-n-nahâra fî-l-layli wa tuhriju-l-hayya mina-l-mayyiti wa tuhriju-l-mayyita mina-l-hayyi wa tarzuku man tasâ'u bigayri hisâb
Dis : Ô mon Allah, Toi le Maître souverain. Toi qui confères et retires le pouvoir à qui Tu veux, qui élèves et rabaisses qui Tu veux. Toi dont tout le bonheur est entre Tes mains. Tu es tout-Puissant. Toi qui fais succéder la nuit au jour et le jour à la nuit, qui tires la vie de la mort et la mort de la vie et qui distribues les richesses comme il Te plaît et sans compter.
Dieu ordonne à Son Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- de Le louer, de Le glorifier, de Lui être reconnaissant, de se fier à Lui, et de déclarer: «O Souverain du Royaume!» à qui appartient tout ce qu'il se trouve dans les cieux et sur la terre. Il est le Donateur par excellence, comme Il peut refuser à qui Il veut».
Il y a dans ce verset une exhortation à reconnaître les faveurs et les grâces de Dieu, surtout quand Il a confié le Message à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la prophétie à un Qoraïchite arabe après l'avoir enlevée aux fils d'Israël. Il l'a envoyé vers les hommes et les génies en lui accordant des qualités qui ont dépassé celles conférées à d'autres Prophètes auparavant. Il lui a ordonné de professer l'Islam qui fut répandu dans les quatre coins du monde.
Dieu dispose de Ses créatures à Sa guise. Il honore qui Il veut et abaisse qui Il veut. Nul n'a le droit de critiquer les décisions de Dieu vers qui tout fera retour. A ceux qui ont objecté en disant:
Si seulement on avait fait descendre ce Coran sur un personnage important de l'une de ces deux cités?
Dieu répondit:
Sont-ils les dispensateurs de la miséricorde de ton Seigneur? (43:31-32)
C'est à Lui qu'appartient la Sagesse persuasive et Il accorde la prophétie à qui Il veut, en le confirmant dans ce verset: «Dieu sait où placer Son message» (6:124) en préférant les uns aux autres.
Dieu fait pénétrer la nuit dans le jour et le jour dans la nuit, en allongeant l'un et raccourcissant l'autre, ou bien en leur donnant une durée égale, qui sont des phénomènes qu'on remarque dans les quatre saisons durant l'année.
... qui tires la vie de la mort et la mort de la vie
qui signifie: Il fend le grain pour faire pousser les plantations, comme Il fait produire des grains de ces dernières, ainsi un dattier d'un noyau et un noyau d'un dattier, comme Il peut faire un croyant d'un impie et vice versa, et créer une poule d'un œuf et un œuf d'une poule.
Il accorde largement les richesses à qui Il veut sans compter et donne à d'autres en mesurant ses dons, tout dépend de Sa volonté et de Sa sagesse.
Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le nom Sublime de Dieu se trouve dans ce verset», et il récita: «Dis: O mon Allah, Toi le Maître souverain...» jusqu'à la fin du verset.
lā yattakhidhi-l-mu'minūna-l-kāfirīna 'awliyā'a min dūni-l-mu'minīna wa man yaf'al dhālika falaysa mina-L-Lāhi fī shay'in 'illā 'an tattaqū minhum tuqātan wa yuḥadhdhirukumu-L-Lāhu nafsahū wa 'ilā-L-Lāhi-l-maṣīr
Les croyants ne doivent prendre pour alliés que des croyants et non des infidèles. Ceux qui le feraient perdraient tout appui auprès d'Allah à moins que ce ne soit pour parer à un danger. Allah vous met en garde contre sa colère. C'est devant lui que vous devez comparaître.
Dieu à Lui la puissance et la gloire défend à Ses serviteurs croyants de prendre les impies pour alliés et de leur manifester leur amitié en dehors des fidèles, tout en menaçant de désavouer quiconque aura outrepassé Ses ordres et il n'aurait rien à attendre de Dieu. C'est un ordre qui a été aussi confirmé par ce verset :
O croyants, ne vous alliez pas à mes ennemis et aux vôtres. Vous leur offrez votre amitié... jusqu'à Ceux d'entre vous qui s'allient à mes ennemis prennent une mauvaise voie (60:1)
Il a dit également :
O vous qui croyez, ne prenez pas les incrédules pour amis, de préférence aux croyants. Voudriez-vous donner à Allah une raison certaine de vous condamner ? (4:144)
et :
O vous qui croyez, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens, ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs (5:51)
«À moins que ce ne soit pour parer à un danger» Il y a donc exception quand ces gens-là constituent un danger pour les croyants, il est donc permis d'éviter leur mal en leur manifestant l'amitié en apparence. Al-Boukhari rapporte à ce propos que Abou Ad-Darda' a dit :
Parfois nous sourions à des gens, mais au fond, nos cœurs les maudissaient
Cette appréhension, comme a dit Ibn Abbas, ne doit pas être traduite en actes, plutôt elle ne s'exprime qu'en paroles, ce que Dieu le confirme par ce verset :
... non pas celui qui subit une contrainte et dont le cœur reste paisible dans la foi (16:106)
Dieu enfin met les hommes en garde contre Lui-même, c'est-à-dire contre Son courroux, Sa vengeance et Son châtiment que subira quiconque enfreint Ses enseignements, car le retour final sera vers
qui 'in tukhfû mâ fî sudûrikum 'aw tubdûhu ya'lamhu-L-Lâhu wa ya'lamu mâ fî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ard wa-L-Lâhu 'alâ kulli shay'in qadîr yawma tajidu kullu nafsin mâ 'amilat min khayrin muhd^aran wamâ 'amilat min sû'in tawaddu law 'anna baynahâ wa baynahû 'amadan ba'îdan wa yuhad^dirukumu-L-Lâhu nafsahu wa-L-Lâhu ra'ûfum-bi-l-'ibâd
Dis-leur: Que vous cachiez vos pensées ou que vous les divulguiez, Allah le sait. Il sait aussi ce qui se passe dans les cieux et sur la terre. Il est tout-puissant. Un jour viendra où toute âme sera mise en présence du bien qu'elle aura fait. Mise en présence du mal qu'elle aura fait, elle souhaitera mettre entre elle et lui un immense espace. Allah vous met en garde contre sa colère. Il est plein de bonté pour les hommes.
Le poids d'un atome n'échappe au Seigneur, ni dans les cieux, ni sur la terre. Il connaît ce que les hommes font en apparence et ce que recèlent leurs cœurs. Il connaît le visible et l'invisible, Sa science embrasse tout à tout moment et en tout lieu. Il est puissant sur toute chose et réalise ce qu'il veut. Les hommes doivent donc l'appréhender afin de ne pas commettre ce qui suscite son courroux. S'il accorde un certain délai au pécheur, Il est capable de le saisir quand Il voudra comme peut le faire un puissant, un omnipotent.
C'est pourquoi Il a dit ensuite :
Un jour viendra où toute âme sera en présence du bien qu'elle aura fait.
Il s'agit du jour de la résurrection où l'homme sera informé de tout ce qu'il aura fait ; il sera réjoui du bien qu'il aura fait, et regrettera tout mal qu'il aura commis en éprouvant une grande détresse, souhaitant ainsi qu'un long intervalle le sépare.
Comme Dieu menace les hommes et qu'ils doivent redouter Son châtiment, Il leur assure qu'Il est clément et indulgent ; ils ne doivent pas désespérer de Sa miséricorde qu'Il accordera sans doute à ceux qui auront suivi Ses enseignements.
qui 'in kuntum tuHibbûna-L-Lâha fat-tabi'ûnî yuHbibkumu-L-Lâhu wa yagfir lakum dunûbakum wa-L-Lâhu gafûru-r-raHîm qui 'atî'û-L-Lâha wa-r-rasûla fa'in tawallaw fa'inna-L-Lâha lâ yuHibbu-l-kâfirîn
Dis-leur: Si vous aimez Allah, suivez-moi. Il vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Il est miséricordieux et clément. Dis-leur: Obéissez à Allah et au Prophète. S'ils se montrent réfractaires, qu'ils sachent qu'Allah n'aime pas les insoumis
Quiconque présume aimer Dieu sans suivre le chemin tracé par Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, est menteur. Voilà ce qu'on peut déduire de ce verset, car il est tenu tout d'abord de se convertir et croire à tout ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a apporté. Ceci est confirmé par ce hadith prophétique:
Celui qui introduit dans notre tradition ce qui lui est étranger, verra rejeter (ses innovations) (Boukhari)
Dieu dit par la langue de Son Prophète: «Si vous aimez Allah, suivez-moi, Il vous aimera», donc ce qui est recherché est cet amour mutuel de part et d'autre qui est une conséquence normale. Un sage a dit à cet égard:
Ce qui importe le plus c'est d'être aimé et ne plus se contenter d'aimer
Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La religion est-elle autre que l'amour en vue de Dieu et la haine en vue de Dieu? Dieu a dit: «Si vous aimez Dieu, suivez-moi» (Ibn Abi Hatem)
Quelle sera la récompense qui suit ces enseignements, sinon l'absolution de ses péchés et l'obtention de la miséricorde de Dieu? La soumission et l'obéissance à Dieu puis à Son Messager sont donc les conditions requises pour obtenir la grâce divine. Quant aux incrédules et rebelles, ils ne seront jamais aimés de Dieu car ils se sont détournés de Ses enseignements. Nul ne pourrait donc prétendre aimer Dieu s'il ne suit pas Son Messager qui, si les autres Prophètes et Messagers vivaient à son époque, l'auraient suivi.
'inna-L-Lâha-stafâ 'Âdama wa Nûḥan wa 'âla 'Ibrâhîma wa 'âla 'Imrâna 'alâ-l-'âlamîn dhurriyatam ba'ḍuhâ mim ba'ḍin wa-L-Lâhu samî'un
Allah a élu parmi les hommes Adam, Noé, la descendance d'Abraham et celle d'Imran. Ces élus forment une seule et même lignée et Allah entend et sait tout.
Dieu a choisi, de préférence aux mondes :
- Adam en le créant de sa main, lui insufflant de Son esprit, demandant aux anges de se prosterner devant lui, lui enseignant les noms de toutes les créatures, lui donnant le paradis comme demeure, enfin le faisant descendre sur la terre comme Sa sagesse l'exigeait.
- Noé en faisant de lui le premier Messager vers les habitants de la terre, lorsque ceux-ci commençaient à adorer les idoles et les statues, à Lui associer d'autres divinités qui n'avaient aucun pouvoir. Comme Noé avait passé une longue durée avec son peuple les appelant à un Dieu unique, jour et nuit, en public et en secret, et son appel ne faisait que les éloigner, il invoqua alors Dieu pour qu'il se venge d'eux. Ils furent tous noyés sauf ceux qui avaient suivi Noé et monté sur l'arche avec lui.
- La descendance d'Abraham dont le maître des hommes et le dernier Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- était l'un.
- La descendance de 'Imran : Cet Imran était le père de Marie la mère de Jésus -que Dieu le salue-. Donc Jésus était de la descendance d'Abraham comme nous allons en parler en interprétant la sourate « Les troupeaux ».
'idh qâlati-m ra'atu 'Imrâna rabbi 'innî nadhartu laka mâ fî batni muharrraran fataqabbal minnî 'innaka 'anta-s-samî'u-l-'alîm falammâ wada'athâ qâlat rabbi 'innî wada'tuhâ 'unthâ wa-l-Lâhu 'alamu bimâ wada'at wa laysa-d-dhakaru kal'unthâ wa 'innî sammaytuhâ maryama wa 'innî 'u'îdhuhâ bika wa dhurriyyatahâ mina-sh-shaytâni-r-rajîm
La femme d'Imran dit un jour : « Seigneur, je voue à ton culte l'enfant que je porte dans mon sein. Agrée-le, car Tu entends et sais tout. » Lorsqu'elle l'eut mis au monde, elle s'écria : « Seigneur, j'ai donné le jour à une fille. » Et Allah savait ce qu'elle avait enfanté. Il n'y a pas de différence entre un garçon et une fille. « Je l'ai appelée Marie. Je la mets sous Ta sauvegarde, elle et sa postérité, pour que Tu la défendes contre les maléfices de Satan le maudit. »
La femme de 'Imran, la mère de Marie -que Dieu la salue- s'appelait : Hanna Bent Faqoud. Mouhammad Ben Ishaq rapporte :
Elle était une femme stérile. Un jour, elle vit un oiseau becquer son petit et eut tellement envie d'avoir un enfant. Elle implora le Seigneur qui l'exauça. La nuit elle eut un rapport avec son époux et tomba enceinte.
Constatant sa grossesse, elle fit un vœu de consacrer cet enfant au service du temple. Elle s'adressa au Seigneur :
Je voue à ton culte l'enfant que je porte dans mon sein. Agrée-le car Tu entends et sais tout.
Elle ne savait pas encore ce qu'elle portait ; un garçon ou une fille. Lorsqu'elle le mit au monde et sut qu'elle était une fille, elle s'écria : «J'ai mis au monde une fille». Dieu savait ce qu'elle avait enfanté. «Je l'ai appelée Marie. Mais un garçon n'est pas semblable à une fille dans sa robustesse et sa capacité pour servir le temple.»
De ce fait on peut conclure qu'il est toléré de donner un nom à l'enfant le jour de sa naissance, car une telle règle qui était suivie auparavant, pourrait encore être appliquée chez nous, une chose qui a été confirmée d'après un hadith authentifié dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Cette nuit j'ai eu un garçon et je lui ai donné le nom de mon ancêtre Ibrahim (Boukhari, Mouslim)
Al-Boukhari a cité dans son Sahih qu'un homme informa l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de la naissance d'un garçon et lui demanda quel nom devait-il lui donner ? Il lui répondit : «Donne-lui le nom Abdul-Rahman.»
Samoura Ben Jondob rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
À la naissance de l'enfant et au septième jour, on doit présenter une aqiqa (une bête à sacrifier), en donnant un nom à l'enfant et en lui rasant la tête. (Ahmed, les auteurs des Sunan)
La mère de Marie pria le Seigneur :
Je la mets sous Ta sauvegarde, elle et sa postérité, pour que Tu la défendes contre les maléfices de satan le maudit.
Elle mit donc sa fille ainsi que sa postérité, qui ne serait autre que Jésus -que Dieu le salue- sous la protection de Dieu, et Dieu l'exauça. À ce propos, Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Aucun enfant n'a été mis au monde sans avoir été, au moment de sa naissance, touché par le démon, il sort en vagissant à cause de cet attouchement, à l'exception de Marie et de son fils.
Et Abou Houraira d'ajouter : «Récitez si vous voulez :
Je la mets sous Ta sauvegarde, elle et sa postérité, pour que Tu la défendes contre les maléfices de satan le maudit.
fataqabbalahâ rabbuhâ biqabûlin hasanin wa 'ambatahâ nabâtan hasanan wa kaffalahâ Zakariyyâ kullamâ dahala 'alayhâ Zakariyyâ-l-mihrâba wajada 'indahâ rizqan qâla yâ Maryamu 'annâ laki hâdhâ qâlat huwa min 'indi-L-Lâhi 'inna-L-Lâha yarzuqu man yashâ'u bighayri hisâb
Allah réserva un charmant accueil à cette enfant, lui assura une croissance magnifique et en confia la garde à Zacharie. Toutes les fois que Zacharie allait la voir au Temple, il trouvait des aliments auprès d'elle. Il lui dit un jour: «Marie, d'où te viennent ces aliments?» Elle répondit: «Cela me vient d'Allah, car Allah distribue ses biens à qui Il veut sans compter
Dieu accueillit la petite fille, étant un vœu de sa mère, en lui réservant une belle réception, la fit croître d'une belle croissance en lui accordant un joli visage et une belle forme, et Il la réunit avec les hommes vertueux dans le but d'apprendre le culte et les actes du bien.
Étant une orpheline, comme raconte Ibn Ishaq, on confia sa garde à Zacharie. D'autres ont dit qu'à cette époque, les fils d'Israël avaient subi une année de disette et Zacharie la prit à sa charge. Que ce soit l'une ou l'autre des deux raisons, Zacharie s'occupa d'elle par la grâce du Seigneur, afin d'apprendre et de s'instruire. Certains ont prétendu que Zacharie était le mari de sa tante maternelle, comme Ibn Ishaq et Ibn Jarir, mais l'opinion correcte est qu'il était l'époux de sa sœur, et ceci a été confirmé par un hadith cité dans les deux Sahihs (qu'on trouve dans le récit d'un voyage nocturne et de l'ascension).... «où je trouvai les deux cousins maternels Yahia (Jean) et Jésus...» Ce qu'on doit retenir des deux opinions consiste à savoir que Marie était sous la garde de la femme de Zacharie, car selon un hadith prophétique : «La tante tient lieu d'une mère».
Ce que Zacharie avait vu de son cas exceptionnel l'étonna. Car :
Toutes les fois que Zacharie allait la voir au temple, il trouvait des aliments auprès d'elle
Moujahed, Ikrima et As-Souddy ont dit qu'il trouvait chez elle les fruits de l'été pendant la saison d'hiver, et les fruits d'hiver pendant la saison d'été, bien que Moujahed avait ajouté qu'il s'agit de la science. Mais la première opinion est la plus correcte étant donné que Dieu honore Ses élus par Ses grâces. Elle lui répondait toujours que ces aliments lui venaient de Dieu.
À ce propos, Jaber a raconté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait passé des jours sans rien goûter. Éprouvant une faim de loup, il se déplaça entre les appartements de ses femmes pour chercher de la nourriture mais vainement car il n'a rien trouvé. Il alla voir sa fille Fatima :
As-tu quelque chose à manger car j'ai tellement faim ?
Non, lui répondit-elle, par Dieu je n'ai rien à te donner.
En sortant de chez Fatima, celle-ci reçut de la part d'une de ses voisines deux pains et un morceau de viande. Elle les mit dans une écuelle en disant :
Par Dieu, je ne les mangerai pas tant que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aura faim
alors qu'ils éprouvaient tous une faim de loup. Elle envoya son fils Al-Hassan - ou Al-Hussein suivant une variante - chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour le convier. À son arrivée chez elle, elle lui dit :
Père, je viens de recevoir du mets et je l'ai caché pour toi
- Apporte-le, lui dit-il. Fatima apporta l'écuelle et en la découvrant, elle la trouva débordante de viande et de pain. Elle s'aperçut alors que c'était une bénédiction et une faveur de Dieu. Elle loua Dieu et la présenta à son père qui loua le Seigneur à son tour.
Il lui dit : «Ô fille, d'où cela te vient-il ?» Et Fatima de répondre :
Cela vient de Dieu. Dieu donne, sans compter, sa subsistance à qui Il veut
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria alors : «Louange à Dieu qui a fait de ma fille une dame pareille à l'une des femmes des fils d'Israël qui, quand elle recevait des aliments de la part du Seigneur et en la lui demandant, répondait :
Cela me vient de Dieu. Dieu distribue ses biens à qui Il veut sans compter
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, ses épouses, sa fille Fatima, son mari Ali et ses enfants en mangèrent à satiété et l'écuelle resta toujours pleine du mets qu'ils distribuèrent aux voisins.
Jlî A j j Lj-é=ÿ Ic’J xJ^-ULjb 'îii Aillj hunâklika da‘â Zakariyyâ rabbahû qâla rabbi hab lî mil-ladunka durriyatan tayyibatan ’innaka samî‘u-d-du‘â’i fanâdathu-l-malâ’ikatu wahuwa qâ’imun yusallî fî-l-mihrâbi ’anna-L-Lâha yubassiruka bi yahya musaddiqam bi kalimatim mina-L-Lâhi wa sayyidan wa ^ sû ra n wa nabayyan mina-s-sâliMn qâla rabbi ’annâ yakunu lî gulâmun waqad balaganiya-l-kibaru wa-mra’atî ‘âqirum qâla kadâlika-L-Lâhu yafalu mâ yasâ’ qâla rabbi-j‘al-lî ’âyatan qâla ’âyatuka ’alla tukallima-n-nâsa t alâtata ’ayyâmin ’illâ ramzan wadkur rabbaka katîran wa sabbih bi-1- ‘asiyyi wa-1 ’ibkâr
A cette occasion, Zacharie adressa à son Seigneur la prière suivante: «Seigneur, donne-moi une belle postérité. Tu entends mes prières» Des anges l'interpellèrent pendant qu'il priait, debout, dans le sanctuaire: «Allah t'annonce la naissance de Jean. Il croira à la parole d'Allah, sera noble, saura dompter ses passions et sera un Prophète d'entre les justes» Il dit: «Ô Seigneur, comment puis-je être le père d'un garçon, moi qu'accablent les ans et dont la femme est stérile?» Les anges lui répondirent: «C'est ainsi. Allah fait ce qu'il veut.» Zacharie dit: «Seigneur, donne-moi un signe» Le Seigneur répondit: «Le signe que je t'envoie est que tu ne pourras parler aux hommes pendant trois jours que par gestes. Répète sans lassitude le nom de ton Seigneur et prie-le, matin et soir»
Zacharie -que Dieu le salue-, voyant toujours les fruits auprès de Marie en dehors de leur saison, souhaita avoir un enfant malgré sa vieillesse, sa décrépitude et sa canitie. Il savait aussi que sa femme était stérile, mais malgré tout cela, il implora le Seigneur de lui donner un enfant, avec une invocation secrète:
Seigneur, donne-moi une belle postérité. Tu entends ma prière
c'est à dire une belle descendance, un enfant qui sera un homme juste et vertueux. Tandis qu'il priait debout dans le Temple, les anges lui crièrent d'une voix audible: «Allah t'annonce la naissance de Jean (Yahia)» un garçon de ton sein dont le cœur sera rempli de foi».
«Il croira à la parole d'Allah» c'est à dire il croira en Jésus fils de Marie qui est le Verbe de Dieu d'après l'interprétation d'Ibn Abbas. Une opinion qui fut soutenue par Al-Rabi' Ben Anas qui a dit que Jean (Yahia) était le premier à croire en Jésus. Et Ibn Abbas d'ajouter:
Yahia et Jésus étaient deux cousins maternels, la mère de Jean (Yahia) disait à Marie: «Je sens que l'enfant que je porte dans mon ventre se prosterne devant celui que tu portes dans le tien». Voilà comment Jean était le premier à croire en Jésus, le Verbe de Dieu, à savoir que la conception de Jean était avant celle de Jésus
Quant aux termes: «Sera noble», Qatada l'a commenté en disant qu'il sera maître grâce à sa science et à sa piété. D'autres ont dit que le mot noble signifie le clément et le pieux, ou le savant ou qui jouit d'un bon caractère.
Les opinions ont été controversées en interprétant le terme «saura dompter ses passions»:
- Celui qui s'abstient des femmes, d'après Ibn Mass'oud et Ibn Abbas.
- C'est le stérile qui n'éjacule pas, d'après Abou-'Alia et Al-Rabi' Ben Anas.
- Tout homme rencontrera Dieu avec tant de péchés à l'exception de Yahia Ben Zacharie, selon Abdullah Ben Amr Ben Al-'As.
- Sa'id, quant à lui, récita ce verset, prit avec la main quelques grains de sable et dit: sa verge ressemble à ces grains de sable, c'est à dire impuissant sexuellement.
- Le juge 'Ayad a dit dans son livre «Ach-Chifa'»: «Sache que lorsque Dieu a fait l'éloge de Yahia et qu'il était chaste et saura dompter ses passions, il ne faut pas entendre par là qu'il était démuni d'une verge. Commentateurs et docteurs ont critiqué cette interprétation et ont dit que c'est un défaut qui ne sied pas aux Prophètes. Cela signifie qu'il était préservé de tout péché que peut commettre un mortel.
Bref on peut conclure que l'impuissance sexuelle, étant un défaut, le pouvoir de se dompter au moment où on peut avoir des rapports et de s'en abstenir, constitue un grand faste: fut-ce à la façon de Jésus qui n'a eu de sa vie aucun rapport, ou par la grâce que Dieu avait accordée à Yahia ben Zacharie.
Mais celui qui se marie et a de tels rapports avec les femmes sans que cela le détourne de l'adoration de son Seigneur, bien au contraire il aura accompli ses pratiques cultuelles à la perfection, celui-là aura acquis un degré très élevé, ce degré qu'avait atteint notre maître et Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui, malgré ses nombreuses épouses, n'avait jamais négligé ses obligations envers Dieu. Quant à ses femmes, il les avait bien dirigées, bien traitées et bien entretenues dans la mesure de sa capacité. Il savait parfaitement qu'elles n'étaient du tout son but dans le bas monde à la façon d'autres hommes.
«... et un Prophète d'entre les justes» si la naissance d'un garçon était la première annonce des anges, celle-ci est la deuxième qui est meilleure que l'autre car il s'agit là de la prophétie.
Constatant la réalisation de son souhait, Zacharie s'étonna comment il pouvait avoir un garçon dans un âge tellement avancé? Il s'écria:
Seigneur, comment puis-je être le père d'un garçon, moi qu'accablent les ans et dont la femme est stérile?
L'ange lui répondit: «Il en sera ainsi. Dieu fait ce qu'il veut». Zacharie demanda d'avoir un signe par lequel il s'assurera de la naissance d'un garçon, et l'ange de lui transmettre:
... Tu ne pourras parler aux hommes pendant trois jours que par des gestes
Puis il lui ordonna d'invoquer le Seigneur souvent et sans lassitude, en le glorifiant au crépuscule et à l'aube.
wa'id qâlati-l-malâ'ikatu yâ Maryamu 'inna-L-Lâha-stafâki wa tahharaki wa-stafâki 'alâ nisâ'i-l-'âlamîn yâ Maryamu-qnutî li rabbiki wa-sjudî wa-rka'î ma'a-r-râki'în ðâlika min 'anbâ'i-l-gaybi nûhîhi 'ilayka wamâ kunta ladayhim 'id yulqûna 'aqlâmahum 'ayyuhum yakfulu Maryama wamâ kunta ladayhim 'id yahtasimûn
De même, les anges dirent à Marie: «O Marie, Allah t'a choisie. Il t'a purifiée. Il t'a élue parmi toutes les femmes de l'univers». O Marie, sois dévouée à ton Seigneur, prosterne-toi devant Lui et courbe la tête avec ceux qui la courbent. Ce sont là des choses du temps passé que nous te divulguons. Tu n'étais pas parmi eux lorsqu'ils tiraient du sort avec des flèches pour savoir qui élèverait Marie. Tu n'étais pas non plus parmi eux lorsqu'ils se disputaient.
Dieu fait connaître à Son Prophète ce que les anges avaient dit à Marie -que Dieu la salue- en lui rapportant que Dieu l'a choisie de préférence à cause de son adoration, sa piété, sa chasteté et sa pureté. Il l'a élue encore une fois après une autre pour sa haute considération, à toutes les femmes de l'univers.
l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
La meilleure des femmes est Marie la fille de 'Imran, et la meilleure d'entre elles est également Khadija Bent Khouailed
D'après Al-Boukhari, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Beaucoup d'hommes ont atteint le degré de la perfection. Quant aux femmes, deux seules d'entre elles ont atteint ce degré: Asia la femme de Pharaon et Marie la fille de 'Imran. La supériorité de 'Aicha sur les autres femmes est pareille à la supériorité du «Tharid» sur les autres mets
Puis Dieu ordonna à Marie par l'intermédiaire des anges d'être plus fervente dans ses adorations, de multiplier ses inclinaisons et ses prosternations, d'être assidue à ses pratiques cultuelles et de ne cesser d'invoquer Dieu, car elle occupera un rang élevé dans les deux mondes. Elle a été sujet à un des miracles de Dieu en la faisant engendrer un enfant sans être touchée par un homme. Et Marie s'exécuta en obtempérant aux ordres de son Seigneur.
Dieu, en mentionnant le récit de Marie dans ces versets, et dans d'autres, a voulu faire connaître à Son Prophète une partie des événements concernant le mystère et ce qu'il en ignorait en lui disant qu'il n'était pas parmi eux lorsqu'ils se disputaient au sujet de Marie, maintenant il est devenu comme un témoin.
'Ikrima rapporte:
Marie porta sa fille dans sa layette et se rendit chez les Bani Al-Kahen Ben Haroun (Aaron) le frère de Moïse -que Dieu les salue- alors qu'ils étaient chargés du Temple, à l'instar de la garde de la Ka'ba, et leur dit: «Voilà l'enfant que j'ai consacrée à Dieu, occupez-vous d'elle car je ne la reprendrai pas et une fille n'entre pas au Temple». Ils s'écrièrent: «C'est la fille de notre imam 'Imran, qui est chargé de l'Eucharistie! à savoir que 'Imran dirigeait leur prière». Zacharie leur dit: «Confiez-la à moi car ma femme est sa tante maternelle» - Non, lui répondirent-ils, nous ne le ferons pas de notre propre gré
Alors ils firent un tirage au sort et jetèrent leurs roseaux avec quoi ils transcrivaient la Torah. Zacharie l'emporta sur eux et prit Marie à sa charge».
'Ikrima, As-Souddy et Qatada ont ajouté:
Ils sont allés à la rivière du Jourdain et ils se sont convenus d'y jeter leurs roseaux, le propriétaire du roseau qui résisterait au courant d'eau, aurait la garde de Marie. Ce fut fait, le roseau de Zacharie résista, même il fendit l'eau en allant contre le sens du courant. Zacharie était, malgré tout, leur maître, leur imam et leur Prophète -que Dieu le salue-
'id qâlati-l-malâ'ikatu yâ Maryamu 'inna-L-Lâha yubassiruki bikalimatim-minhu-smuhu-l-masîhu 'Isâ bnu Maryama wajîhan fî-d-dunyâ wa-l- 'âhirati wa mina-l-muqarrabîn wa yukallimu-n-nâsa fî-l-mahdi wa kahlan wa mina-s-sâlihîn qâlat rabbi 'annâ yakûna lî waladun walam yamsasnî basarun qâla kadâlika-L-Lâhu yahluqu mâ yashâ'u 'idhâ qadâ 'amran fa'innamâ yaqûlu lahû kun fayakûn
Voici que les anges dirent: «O Marie, Allah t'envoie le message suivant: Il se nommera le Messie, Jésus, fils de Marie, sera intercesseur dans ce monde et dans l'autre et un des familiers d'Allah. Dès le berceau, puis adulte, il parlera aux hommes. Il sera parmi les justes». Marie dit: «O Seigneur, comment pourrais-je avoir un fils, moi qui n'ai jamais eu de contact avec les hommes?» Les anges répondirent: «C'est ainsi, Allah crée comme Il lui plaît». Quand Il décide une chose, Il dit: «Qu'elle soit et elle est».
C'est une annonce que portent les anges à Marie qu'elle engendrera un enfant d'une grande importance, la bonne nouvelle d'un verbe émanant du Seigneur qui dit à une chose «Sois» et elle est. Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie, et sera connu sous ce nom de tous les hommes.
Dieu l'a attribué à sa mère car il est né sans père comme naissent tous les gens. Il est illustre en ce monde, jouit d'une grande considération auprès de Dieu en lui inspirant Ses enseignements, en lui révélant le Livre et en lui accordant d'autres faveurs. Dans l'autre monde, il intercédera en faveur des hommes que Dieu voudrait gratifier, comme sera le cas d'autres Prophètes qui étaient doués d'une ferme résolution.
Dès le berceau, il parlera aux hommes en les appelant à l'adoration d'un Dieu unique qui n'a pas d'associés, et ce sera un miracle, vu son bas âge, et aussi il leur parlera comme un vieillard dans sa jeunesse grâce à l'inspiration de Dieu. Il sera parmi les justes par ses actes et paroles.
Abou Houraira a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Trois nourrissons ont parlé dès le berceau. Jésus, un autre du temps de Jouraij et un troisième
Entendant la bonne nouvelle transmise par les anges, Marie s'exclama en soi-même :
Ô Seigneur, comment pourrais-je avoir un fils moi, qui n'ai jamais eu de contact avec les hommes ?
Elle s'étonna de comment elle aurait un enfant. Nul homme ne l'a touchée, elle n'avait pas l'intention de se marier et en plus elle n'était pas une femme de mauvaise conduite. L'ange ne tarda pas à lui répondre : «C'est ainsi, Allah crée comme Il veut.» Rien ne pourra rendre Dieu impuissant ; Il affirme dans ce verset qu'il fera naître un garçon. Quand Il décide une chose, Il l'exécute sans aucun retard, une chose qui est plus que confirmée dans ce verset :
Notre ordre est une seule parole, il est prompt comme un clin d'œil (54:50)
wa yu'allimuhu-l-kitâba wa-l-hikmata wa-t-tawrâta wa-l-'injîl wa rasulan 'ilâ banî 'isrâ'îla 'annî qad ji'tukum bi'âyatin mir-rabbikum 'annî 'ahluqu lakum mina-t-tîni kahay'ati-t-tayri fa'anfuhu fîhi fayakûnu tayran bi'idni-L-Lâhi wa 'ubri'u-l-'akmaha wa-l-'abrasa wa 'uhyi-l-maw- tâ bi'idni-L-Lâhi wa 'unabbi'ukum bimâ ta'kulûna wa mâ taddahirûna fî buyûtikum 'inna fî dâlika la'âyatal-lakum 'in kuntum mu'minîna wa musaddiqal-limâ bayna yadayya mina-t-tawrâti wa li'uhilla lakum ba'da l-ladî hurrima 'alaykum wa ji'tukum bi'âyatin mir-rabbikum fattaqû-L-Lâha wa 'ati'ûn 'inna-L-Lâha rabbî wa rabbukum fa'budûhu hâdâ sirâtun-mustaqîm
Allah lui enseignera le Livre, la sagesse, le Pentateuque et l'Évangile. Il sera envoyé auprès des fils d'Israël. Il leur dira: «Je viens à vous avec des signes de votre Maître. Je façonne avec de l'argile des corps d'oiseaux. Je souffle sur eux et ils s'envolent avec l'autorisation d'Allah. Je guéris les aveugles de naissance et les lépreux. Je ressuscite les morts avec l'autorisation d'Allah. Je devine ce que vous mangez et ce que vous celez dans vos maisons. Ce sont là autant de signes si vous êtes crédules. Je vous confirme ce que le Pentateuque vous a révélé avant moi. Je lève une partie des défenses qui vous ont été faites jusqu'ici. Je vous ai apporté des signes de votre Seigneur. Craignez Allah et obéissez-moi». Allah est votre Maître et le mien. Adorez-Le. C'est là la voie droite».
Pour confirmer la bonne nouvelle de la naissance de Jésus -que Dieu le salue- les anges informent Marie que Dieu lui enseignera le Livre- c'est à dire l'écriture- la sagesse, le Pentateuque qui a été révélé à Moïse et l'Évangile qui lui sera révélé. Dieu l'appuyera aussi par des signes et des miracles en l'envoyant en tant que Messager aux fils d'Israël : il crée d'argile comme une forme d'oiseau, souffle en lui et il s'envole ; il guérit l'aveugle de naissance et le lépreux, il ressuscite les morts. Tout cela avec la permission de Dieu.
Les ulémas et exégètes ont commenté ces faits en disant : Dieu a envoyé les Prophètes avec des signes et miracles qui convenaient avec ce qui était répandu à leur époque. Du temps de Moïse, il y avait la magie. Dieu l'a envoyé avec des miracles qui ont rendu impuissants tous les sorciers et les ont obligés à se soumettre et même à croire en lui.
Du temps de Jésus, la médecine et la physique étaient à leur apogée. Il leur a apporté des miracles qui les ont rendus stupéfaits malgré leur degré très élevé de science : comment pouvaient-ils par exemple donner une âme à une chose inerte ? ou rendre la vue à un aveugle de naissance ? ou guérir un lépreux ? ou rappeler à la vie un mort qui ne sera ressuscité qu'au jour du Jugement ?
Quant à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, Dieu l'a envoyé vers un peuple à une époque où la poésie et l'éloquence étaient de leur nature innée et avaient atteint le summum. Il leur a présenté de la part du Seigneur, à Lui la puissance et la gloire, le Coran qui, si les hommes et les Djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, ou dix de ses sourates, et même s'ils s'aidaient mutuellement.
Jésus dit aussi aux fils d'Israël qu'il était capable de les informer de ce qu'ils mangent et cachent dans leurs demeures, avec l'inspiration de Dieu sans doute, pour leur montrer la véracité de son message, pour leur rendre licite une partie de ce qui leur était interdit et pour confirmer ce qui existait avant lui de la Torah.
On peut en conclure que Jésus, par ce fait, avait abrogé une partie du Pentateuque. Mais certains docteurs ont objecté en disant qu'il n'a rien abrogé mais qu'il n'a fait que trancher leurs différends. Enfin il les a conviés à croire aux signes qu'il leur a rapportés de la part du Seigneur, à se soumettre à lui et à lui obéir car eux et lui ne sont que des serviteurs de Dieu qui sont appelés à suivre le chemin droit qu'il leur a tracé.
falammâ 'aḥassa 'Îsâ minhumu-l-kufra qâla man 'anṣârî 'ilâ-L-Lâhi qâla-l-ḥawâriyyûna naḥnu 'anṣâru-L-Lâhi 'âmannâ bi-L-Lâhi wa-shhadû bi'annâ muslimûn rabbanâ 'âmannâ bimâ 'anzalta wa-ttaba'nâ-r-rasûla faktubnâ ma'a-sh-shâhidîn wa makarû wa makara-L-Lâhu wa-L-Lâhu khayru-l-mâkirîn
Lorsque Jésus s'aperçut de leur infidélité, il dit: «Quels sont ceux qui me suivent dans la voie d'Allah?». «Nous, répondirent les apôtres. Nous croyons en Allah et témoignons que nous sommes soumis». «Seigneur, ajoutèrent-ils, nous croyons à ce que Tu as révélé. Nous suivons Ton Prophète. Inscris-nous parmi ceux qui témoigneront au jour du jugement dernier». Les juifs complotèrent contre Jésus. Allah complota contre eux. Et Allah est plus fort que ceux qui complotent.
Constatant l'incrédulité des juifs et leur obstination, Jésus s'écria:
Quels sont ceux qui me suivent dans la voie d'Allah?
c'est à dire qui sont mes auxiliaires et qui m'appuient dans la voie de Dieu, tout comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui demandait aux hommes pendant la saison du pèlerinage:
Qui me donne asile et me protège afin de faire parvenir les paroles de Dieu aux gens car les Qoraïchites m'ont empêché de le faire
Les Médinois (Ansars) répondirent à son appel, l'abritèrent, le secoururent et il émigra vers Médine pour y être en sécurité parmi ses partisans.
Ainsi Jésus a trouvé une foule parmi les fils d'Israël qui l'ont soutenu, cru en lui et suivi la lumière qu'il leur a apportée. C'est pourquoi Dieu a dit:
Nous, répondirent les apôtres, nous croyons en Allah et témoignons que nous sommes soumis
Il a été dit que ces apôtres étaient des blanchisseurs ou des pêcheurs, mais ce qui est le plus correct, ils étaient des partisans et souteneurs comme le montre ce hadith cité dans le Sahih: «Le jour de la bataille des coalisés, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- convoqua les gens: seul Al-Zoubaïr se présenta. Les convoquant une deuxième fois et seul Al-Zoubaïr se présenta. Il dit alors:
Chaque Prophète a un apôtre, et mon apôtre est Al-Zoubaïr (Boukhari, Muslim)
Inscris-nous parmi ceux qui témoigneront au jour du jugement dernier
Ibn Abbas a commenté cela en disant:
Parmi la communauté de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-
Quant au comportement des fils d'Israël, Dieu raconte que lorsqu'ils voulurent attaquer Jésus -que Dieu le salue- le torturer et le crucifier, ils médirent de lui auprès d'un des rois à cette époque, disant qu'il y a là un homme qui égare les hommes et les incite à lui être rebelles, qu'il corrompt les gens, sépare entre le père et son fils et sème la discorde. En plus, il est un bâtard. Le roi, emporté par sa colère, envoya des soldats pour le torturer et le crucifier. En entourant la maison où Jésus était avec ses disciples, ces soldats crurent l'avoir capturé. Mais Dieu l'éleva vers Lui à travers une lucarne de la maison, jeta sa ressemblance à un autre homme parmi ceux qui se trouvaient avec lui. Comme il faisait nuit, les soldats prirent cet homme, l'humilièrent, mirent sur sa tête une couronne d'épines et le crucifièrent. Voilà comment Dieu a comploté contre eux en sauvegardant Son Prophète et les laissant comme aveugles dans les ténèbres de leur égarement. Il jette dans leurs cœurs la dureté et l'obstination contre la vérité, les laissant ainsi humiliés jusqu'au jour du rassemblement.
'idh qāla-L-Lāhu yā 'Īsā 'innī mutawaffīka wa rāfi'uka 'ilayya wa mutahhiruka mina-l-ladhīna kafarū wa jā'ilu-l-ladhīna ttaba'ūka fawqa-l-ladh īna kafarū 'ilā yawmi-l-qiyāmati thumma 'ilayya marji'ukum fa'aḥkumu baynakum fīmā kuntum fīhi takhtalifūn fa'ammā-l-ladhīna kafarū fa'u'adhdhibuhum 'adhāban shadīdan fī-d-dunyā wa-l-'ākhirati wa mā lahum min nāṣirīn wa 'ammā-l-ladhīna 'āmanū wa 'amilū-ṣ-ṣāliḥāti fayuwaffīhim 'ujūrahum wa-L-Lāhu lā yuḥibbu-ẓ-ẓālimīn dhālika natlūhu 'alayka mina-l-'āyāti wa-dh-dhikri-l-ḥakīm
Allah dit alors à Jésus: «C'est moi qui mettrai fin à ta mission et te rappellerai à Moi. Je t'arracherai aux Infidèles. J'élèverai tes partisans au-dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier. A la fin, tous retournerez tous à Moi et je vous départagerai alors sur ce qui vous divise» J'infligerai aux infidèles un châtiment sévère dans ce monde et dans l'autre. Et ils ne recevront aucun secours. A ceux qui croient et font le bien, Allah réserve une splendide récompense, car Allah n'aime pas les pervers Tels sont les signes que nous faisons se succéder à ton intention et tels sont les sages enseignements.
Il y a eu une divergence dans les opinions en commentant les termes :
C'est moi qui mettrai fin à ta mission et te rappellerai à Moi
- D'après Qatada : Je vais t'élever à moi et te faire mourir.
- D'après Ibn Abbas : Je vais te faire périr et t'élever.
- D'après Wahb Ben Mounabbeh : Dieu a fait mourir Jésus trois heures au début de la journée quand Il l'a élevé vers Lui.
- D'après Matar Al-Warraq et Ibn Jarir : Sa mort en ce bas monde n'a pas été une mort réelle mais il s'agit de son ascension au ciel.
Mais la majorité ont jugé que ce n'était pas une mort effective mais plutôt un genre de sommeil en se basant sur le sens de ces deux versets :
- C'est Lui qui vous rappelle durant la nuit) (6:60).
- Dieu accueille les âmes au moment de leur mort : Il reçoit aussi celles qui dorment, sans être mortes) (39:42).
Cette opinion est encore confirmée en nous référant à ce hadith prophétique : «Au moment de son réveil, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- disait :
Louange à Dieu qui nous a rendu la vie après nous avoir fait périr
Dieu dit ensuite :
Je t'arracherai aux infidèles. J'élèverai tes partisans au-dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier
En effet, après que Dieu ait élevé Jésus vers Lui, ses compagnons se divisèrent en plusieurs sectes : il en est ceux qui ont cru en son message et qu'il est le serviteur de Dieu, Son Messager et le fils de Sa servante. Il en est d'autres qui ont été fanatiques en religion et l'ont pris pour le fils de Dieu. D'autres ont dit qu'il est Dieu et enfin ceux qui ont prétendu qu'il était l'un des trinités. Le Coran a raconté beaucoup à leur sujet, car ils persévéraient dans leurs suppositions 300 ans environ.
Un des rois grecs appelé Constantin surgit, et se convertit au christianisme. Sa conversion, comme on a dit : ou bien pour corrompre cette religion, ou parce qu'il était un philosophe, ou par ignorance. Mais ce qu'il a fait plus tard est qu'il a altéré le christianisme en y ajoutant ou ôtant une partie de ses enseignements. Plusieurs lois ont été établies à son sujet mais le grand dépôt devint la pire perfidie. Il leur a rendu licite la consommation de la chair du porc. À cette époque aussi, ils ont prié en se dirigeant vers l'Orient, ils ont orné et embelli les églises et les ermitages ; ils ont ajouté un jeûne de dix jours à cause d'un péché qu'il avait commis comme on a prétendu. Le christianisme est devenu «La religion de Constantin». De sa part, Constantin leur a bâti plus de 12000 églises et temples et la ville qui a porté son nom : Constantinople (Istanbul actuellement). Une partie des chrétiens l'ont suivi et ont été appelés : Les melchites. Constantin avait agi ainsi pour vaincre et humilier les juifs, et Dieu l'avait secouru contre eux parce qu'il était plus près de la vérité qu'eux, mais les uns et les autres n'étaient que des infidèles.
Lorsque Dieu envoya Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, ceux qui ont cru en son Message, ont cru aussi à Dieu, à ses anges, à Ses Livres et à Ses Prophètes en suivant ainsi le chemin droit et la Vérité. Ils ont été considérés comme les adeptes de tous les Prophètes car ils ont cru en Mouhammad, le Prophète Arabe, illettré, le dernier des Messagers et Prophètes et le maître de tous les hommes sans contestation.
Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- les a appelés à croire à la vérité. Ils étaient ainsi plus proches de leur propre Prophète que ceux qui prétendaient le suivre après avoir altéré et falsifié sa religion. Si cela n'existait pas, Dieu aurait abrogé toutes les religions de Ses Prophètes par le Message qu'il a confié à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la vraie religion qui ne sera ni changée ni altérée jusqu'au jour de la résurrection. C'est pourquoi l'Islam demeure la religion dominante grâce à laquelle les musulmans ont pu conquérir les royaumes et les pays tant à l'Orient qu'à l'Occident ; ils ont pu vaincre Cosroès et César et pillé leurs richesses et trésors en les dépensant pour la cause de Dieu. Dieu leur avait promis tout cela par la bouche de Son Prophète :
Dieu a promis à ceux d'entre vous qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes d'en faire ses lieutenants sur la terre, comme il le fit pour ceux qui vécurent avant eux. Il leur a promis aussi d'établir fermement leur religion qu'il lui a plu de leur donner et de changer, ensuite, leur inquiétude en sécurité. Ils m'adoreront et ils ne m'associeront rien ) (24:55)
Comme ceux-là étaient vraiment ceux qui avaient cru en Jésus, ils ont pu chasser les chrétiens du pays de Cham et les obliger à se réfugier à Constantinople, où l'Islam ne cessera d'être la religion dominante jusqu'au jour de la résurrection.
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur fit connaître au début de l'ère islamique, qu'ils allaient conquérir Constantinople, s'emparer de tous ses trésors et richesses, commettre un grand carnage en tuant les Byzantins de sorte que les hommes ne verraient plus un carnage pareil dans l'histoire. C'est pourquoi Dieu a dit :
J'élèverai tes partisans au-dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier. À la fin, vous retournerez tous à Moi et Je vous départagerai alors sur ce qui vous divise. J'infligerai aux infidèles un châtiment sévère dans ce monde et dans l'autre. Et ils ne recevront aucun secours
Ainsi Dieu a fait subir un châtiment implacable à ceux parmi les juifs qui ont mécru en Jésus et ceux qui ont dépassé la mesure dans leur croyance en le prenant pour un Dieu ou un fils de Dieu. Ils étaient sujets à un grand massacre, à la captivité, à la privation de leurs richesses et leur éloignement du pouvoir, et dans l'autre monde, ils subiront un supplice plus atroce encore.
Tels sont les signes que nous faisons se succéder à ton intention et tels sont les sages enseignements
Dieu a raconté à Son Prophète l'histoire de Jésus dès sa naissance et sa vie parmi les hommes, en lui communiquant tout cela par révélation et de ce qui est inscrit dans la Tablette Gardée qu'il ne faut pas mettre en doute. Dieu a aussi montré le cas de Jésus dans la sourate «Marie» où Il dit : «Celui-ci est Jésus, fils de Marie. Parole de Vérité dont ils doutent encore. Il ne convient pas que Dieu se donne un fils ; mais gloire à Lui. Lorsqu'il a décrété une chose, Il lui dit : «Sois» et elle est) (19:34-35).
’inna matala ‘Isâ ‘inda-L-Lâhi kamatali ’Âdama halaqahû xnin turâbin t umma qâla lahû kun fayakûn ’al-haqqu mir-rabbika falâ takum-mina-l-mmntann faman hâjjjaka fîhi mim ba‘di mâ jâ’aka mina-1- ‘ihni faqul ta‘âlû nad‘u ’abnâ’anâ wa ’abnâ’akum wa nisâ’anâ wa nisâ’akum wa ’anfusanâ wa ’anfusakum tumma nabtahil fanaj‘al-la‘nata-L-Lâhi ‘alâ-l-kâdîbîn ’inna hâdâ lahuwa-l-qasasu-l-toqqu wamâ min ’ilâhin ’illâ-L-Lâhu wa ’inna-L-Lâha lahuwa-l-‘aazu-l-Mkîm fa’in tawallaw fa’iima-L-Lâha ‘alîmum bi-l-mufsidîn
Pour Dieu, l'origine de Jésus est la même que celle d'Adam. Il l'a créé de l'argile, puis Il lui a dit : « Sois » et il a été. La vérité vient de ton Seigneur. Évite d'être parmi les sceptiques. À ceux qui te contrediront au sujet de Jésus, maintenant que tu es informé, propose-leur ceci : « Réunissons nos enfants et les vôtres, nos femmes et les vôtres, joignons-nous à eux, puis adjurons Dieu de maudire ceux d'entre nous qui sont de mauvaise foi. » C'est là l'histoire authentique. Il n'y a de Dieu qu'Allah. Et Lui seul est tout-puissant et sage. S'ils persistent à douter, certes Allah découvre les méchants.
Dieu, exalté soit-il, montre Son pouvoir dans la création, comme Il a créé Adam de terre, sans père ni mère, Il a aussi créé Jésus d'une mère sans père. Donc la création de Jésus lui était plus facile. Si vraiment on avait le droit de considérer Jésus comme étant le fils de Dieu, on aurait plus de droit de considérer Adam comme tel, mais cette présomption est fausse, erronée et rejetée totalement.
Dieu, exalté soit-il, a voulu montrer Son pouvoir en créant Adam sans père ni mère, Ève également, Jésus d'une femelle sans mâle et tous les hommes des mâles et des femelles. Il a dit de Jésus : «Nous ferons de lui un signe pour les hommes» (19:21) et a dit dans cette sourate :
La vérité vient de ton Seigneur. Évite d'être parmi les sceptiques
qui signifie que c'est la vérité qu'il faut admettre sans en détourner et après cette vérité il n'y a que l'erreur.
Dieu ordonne ensuite à Son Prophète que, après cette vérité éclatante, si quelqu'un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science, réponds-lui : «Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les
La raison pour laquelle ces versets du début de cette sourate jusqu'ici furent révélés, était pour répondre à la députation des chrétiens de Najran. En effet, Ibn Ishaq a raconté le récit suivant :
Une députation des chrétiens de Najran vint trouver l'Envoyé de Dieu. Elle était formée de soixante cavaliers dont quatorze parmi leurs notables et maîtres. Ils entrèrent chez lui après la prière de l'asr, portant des habits somptueux ayant la beauté des hommes de Bani Al-Hareth Ben Ka'b. Ceux qui les avaient vus disaient : «Nous n'avons jamais rencontré auparavant une députation plus élégante.» Comme le temps de leur prière eut lieu, ils voulurent l'accomplir dans la mosquée de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui s'adressa à ses compagnons : «Laissez-les faire». Ils firent la prière en se dirigeant vers l'orient. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'entretint avec Abou Haritha Ben 'Alqama, Al-'Aqeb Abdul-Massih et Al-Ayham, tous des chrétiens selon le rite du roi malgré leurs différends : l'un d'eux dit : Jésus est Dieu ; l'autre : le fils de Dieu, et le troisième : l'une des trois hypostases. Que Dieu, exalté soit-il, soit élevé au-dessus de ce qu'ils Mais tous les chrétiens prétendent que Jésus est Dieu disant qu'il donnait la vie et la mort, guérissait le lépreux et l'aveugle, connaissait l'invisible et le mystère, créait de terre une forme d'oiseau, et y soufflait et il s'envolait, en fait tous ces miracles avaient lieu avec la permission de Dieu. Ceux qui prétendaient qu'il est le fils de Dieu, disaient qu'il n'avait pas un père connu, il parlait dès le berceau, un miracle dont nul parmi les mortels n'avait fait une chose pareille. Ceux qui prétendaient qu'il était l'une des trois hypostases, lui attribuaient les propos divins tels : nous avons fait, ordonné, créé, décrété, car s'il était un homme semblable à nous, il aurait dit : J'ai fait, ordonné, créé et décrété, mais il n'est que Jésus fils de Marie. Gloire à Dieu, qu'il soit exalté. Il est au-dessus d'un tel blasphème. Après son entretien avec les deux docteurs, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit : «Convertissez-vous». Ils lui répondirent : «Nous nous sommes déjà convertis». - Non, répliqua-t-il, vous ne vous êtes pas convertis. - Mais certes oui, rétorquèrent-ils, et même avant toi
Il reprit :
Vous mentez ! Ce qui vous empêche d'embrasser l'Islam est votre prétention que Dieu s'est donné un enfant, votre adoration de la croix et la consommation de la chair du porc
Ils lui demandèrent alors : «Qui est donc son père ô Mouhammad ?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le silence. Dieu alors lui révéla quatre-vingt et quelques versets qui sont les premiers de la sourate «La famille d'Imran». Et Ibn Ishaq d'ajouter : «Après cette révélation qui a tranché cette question et qui a ordonné à Mouhammad de les appeler à une exécration réciproque s'ils s'obstinent, il les convoqua. Ils lui répondirent :
Ô Abou Al-Qassem ! Donne-nous le temps d'y réfléchir et nous viendrons plus tard pour répondre à ton appel
Ils allèrent joindre Al-'Aqeb, l'un des meilleurs parmi eux et le plus perspicace, qui n'était pas avec eux lors de leur entretien avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ils lui demandèrent : «Que penses-tu ô Abdul Massih ?» Il leur répondit :
Par Dieu ô chrétiens, vous savez bien que Mouhammad est un Prophète envoyé de Dieu. Il vous a raconté toute la vérité au sujet de Jésus. Vous savez aussi que tout peuple qui a fait une exécration réciproque avec un Prophète, aucun de ses âgés n'a survécu ni un jeune a grandi, et si vous persistez vous ne chercherez que votre perte. Si vous refusez de répondre à son appel pour garder votre propre dogme, faites la paix avec cet homme-là et retournez à votre pays
Les deux notables chrétiens revinrent chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent :
Nous nous sommes décidés à ne plus faire avec toi une telle exécration, nous te laissons prêcher ta religion, quant à nous, nous gardons la nôtre. Demande à l'un de tes compagnons pour retourner avec nous à notre pays afin qu'il tranche nos différends au sujet de nos biens, car nous nous contenterons de ton jugement
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur répondit :
Revenez me voir le soir et j'enverrai avec vous un homme digne de confiance
À ce propos, Omar ben Al-Khattab disait : «De toute ma vie je n'ai jamais convoité le commandement qu'en ce jour-là, espérant être l'homme qu'il va désigner. En effet, je me rendis tôt à la mosquée pour faire la prière du midi. La prière achevée, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- regarda à droite et à gauche et je tendis le cou afin qu'il me voie. Mais il ne cessa de regarder les hommes qu'à la fin il aperçut Abou 'Oubaida Ben Al-Jarrah, l'appela et lui dit : «Va avec eux et tranche leurs différends». Omar dit à la fin : «Abou Oubaida s'exécuta».
Un récit pareil est cité dans le Sahih de Boukhari d'après Houdzaifa -que Dieu l'agrée-. Quant à Ibn Abbas, il a raconté : «Abou Jahl -que Dieu le maudisse- a dit :
Si je vois Mouhammad prier auprès de la Ka'ba, je piétine son cou
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ayant eu vent des propos d'Abou Jahl répondit :
S'il l'avait fait, les anges l'auraient fait périr devant tous les hommes. Si les juifs avaient demandé la mort, ils auraient péri et vu leurs places à l'Enfer. Enfin si ceux qui voulaient faire une exécration avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avaient fait, ils se seraient retournés chez eux sans trouver ni familles ni biens
L'arrivée de la députation de Najran à Médine eut lieu en l'an 9 de l'Hégire comme l'a précisé Al-Zouhari. Les habitants de Najran étaient les premiers à payer la capitation à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Le verset concernant cette capitation a été révélé après la conquête de La Mecque, et qui est le suivant :
Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier (9:29)
Abou Bakr Ben Mardaweih raconte : «Al-'Aqeb et Al-Tayeb vinrent trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui les appela à faire une exécration réciproque. Ils lui promirent de le faire le lendemain. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- arriva au rendez-vous amenant avec lui Ali, Fatima, Al-Hassan et Al-Hussein et envoya chercher les deux hommes, mais ils refusèrent de le faire et consentirent à payer le tribut. Il dit alors :
Par celui qui m'a envoyé avec la vérité, s'ils s'obstinaient, cette vallée leur aurait accablé une pluie de feu
C'est à leur sujet que fut révélé ce verset : «... propose-leur ceci :
Réunissons nos enfants et les vôtres, nos femmes et les vôtres... (Ibn Mardaweih, Al-Hakem, At-Tayalisi)
qul yâ 'ahla-l-kitâbi ta'âlaw 'ilâ kalimatin sawâ'in baynanâ wa baynakum 'allâ na'buda 'illâ-L-Lâha walâ nusrika bihî šay'an walâ yattahida ba'dunâ ba'dan 'arbâbam min dûni-L-Lâhi fa'in tawallaw faqûlû-šhadû bi'annâ muslimûn
Dis: «O gens d'Écriture, adhérez à une formule qui nous soit commune aux uns et aux autres, à savoir, nous n'adorerons qu'Allah, nous ne l'associerons à rien et nous ne nous prendrons point les uns les autres pour maîtres en dehors d'Allah». S'ils s'y refusent, dites-leur: «Prenez témoignage que quant à nous, nous nous soumettons»
Cette demande est adressée à tous les gens du Livre : juifs, chrétiens et tous ceux qui se trouvent dans une situation pareille. Cette formule unique est équitable envers tout le monde et consiste à adorer Dieu sans rien Lui associer, c'est-à-dire : s'abstenir d'adorer les idoles, la croix, les statues, le Taghout, le feu et autre. D'ailleurs, c'est ce qui était le message de tous les prophètes à leurs peuples, car Dieu a dit à ce propos :
Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler : "Il n'y a de Dieu que Moi, adorez-Moi" (21:25)
comme Il a dit aussi :
Oui, nous avons envoyé un Prophète à chaque communauté : "Adorez Dieu ! Fuyez les Taghout" (16:36)
Puis Dieu ordonne à Son Prophète de dire à ces gens-là : que nul parmi nous ne se donne de Seigneur en dehors de Dieu. S'ils se détournent, dites-leur : «Attestez que nous sommes vraiment soumis».
Al-Boukhari a raconté dans son Sahih l'entrevue entre Abou Soufian et Héraclius qui lui avait demandé au sujet de l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — quant à : sa lignée, ses caractères, son message, etc. Puis on apporta la lettre que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — lui avait adressée, dans laquelle il a été écrit :
Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux
De Mouhammad le serviteur de Dieu et Son Envoyé
À Héraclius le grand chef des Romains
Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite je t'appelle à la foi musulmane, embrasse donc l'Islam, tu seras sauvé et Dieu t'accordera une part double de la récompense. Si tu te détournes, tu seras responsable des péchés des laboureurs :
Ô gens du Livre ! Venez à une parole commune entre nous et vous : nous n'adorons que Dieu sans rien Lui associer, nous ne prenons point les uns les autres comme Seigneur en dehors de Dieu. S'ils se détournent, dites-leur : Soyez témoins que nous sommes soumis (des musulmans)
yā 'ahla-l-kitābi lima tuḥājjūna fī 'Ibrāhīma wa-mā 'unzilati-t-tawrātu wa-l-'injīlu 'illā min ba'dihī 'a-fa-lā ta'qilūn hā'antum hā'ulā'i ḥājjajtum fī-mā lakum bihī 'ilmun fa-li-ma tuḥājjūna fī-mā laysa lakum bihī 'ilmun wa-l-Lāhu ya'lamu wa 'antum lā ta'lamūn mā kāna 'Ibrāhīmu yahūdiyyan wa-lā naṣrāniyyan wa-lākin kāna ḥanīfan musliman wa-mā kāna mina-l-mušrikīn 'inna 'awla-n-nāsi bi-'Ibrāhīma la-l-laḏīna-t-taba'ūhu wa hādā-n-nabiyyu wa-l-laḏīna 'āmanū wa-l-Lāhu waliyyu-l-mu'minīn
Ô gens d'Écriture, pourquoi discutez-vous au sujet d'Abraham, puisque le Pentateuque et l'Évangile n'ont été révélés qu'après lui. Êtes-vous dépourvus de jugement ? Passe encore que vous discutiez sur des choses que vous reconnaissez. Mais pourquoi discutez-vous sur ce que vous ne savez pas. Dieu sait et vous ne savez pas. Abraham n'était ni juif, ni chrétien, mais il était droit et soumis. Ce n'était pas un idolâtre. Les vrais adeptes d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi et qui me suivront, moi et mes fidèles. Dieu est le patron des croyants.
Dieu béni soit-il le Très-Haut, blâme les juifs et les chrétiens d'avoir discuté au sujet d'Abraham -que Dieu le salue- prétendant qu'il était des leurs. À ce propos, Ibn Abbas raconte que les chrétiens de Najran et des docteurs juifs furent réunis chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et se disputèrent au sujet d'Abraham. Les juifs prétendirent: «Abraham n'était qu'un juif», et les chrétiens de leur répondre: «non il était un chrétien». Dieu à ce moment fit cette révélation:
O gens d'Écriture, pourquoi discutez-vous au sujet d'Abraham...
qui signifie: O juifs comment prétendez-vous qu'Abraham était un juif alors que le Pentateuque ne fut révélé de la part de Dieu qu'à Moïse? Et vous chrétiens sur quoi vous vous êtes basés pour dire qu'il était chrétien et que le christianisme n'a fait apparition que bien longtemps après lui? Dieu les réprimande en leur disant: «Êtes-vous dépourvus de jugement?» Il les blâme aussi d'avoir discuté sur des choses dont ils n'avaient aucune connaissance. S'ils avaient discuté en se référant à ce qu'ils avaient comme Écriture concernant leurs propres religions qui leur étaient révélées jusqu'à l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, cela leur aurait été plus bénéfique, mais ils discutaient sur des choses qu'ils ignoraient, il leur ordonne de rendre tout cela à Lui qui connaît les choses apparentes et cachées en leur disant:
«Dieu sait et vous ne savez pas».
Puis Dieu leur affirme qu'Abraham n'était ni juif, ni chrétien mais un vrai croyant soumis à Dieu et jamais un polythéiste. Ce verset est, dans son sens, pareil à l'autre qui est cité dans la sourate «La vache»: «Ils ont dit:
Soyez juifs, ou soyez chrétiens, vous serez bien dirigés
Il leur montre ensuite que les plus proches d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que Mouhammad et ceux qui ont eu la foi. Car Dieu est le Maître des croyants.
Donc ceux qui prétendent suivre la religion d'Abraham, doivent suivre également Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et ceux qui l'ont suivi parmi les Ansars, les Mouhajirins et leurs pareils.
Abdullah Ben Mass'oud a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Chaque Prophète avait un patron parmi les autres Prophètes. Quant au mien, il est mon père, le confident de Dieu, Abraham -que Dieu le salue-. Puis il récita:
Les vrais adeptes d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi et qui me suivent
Et Dieu termine ces versets en disant qu'il est le Maître de ceux qui ont cru en Ses Prophètes.
waddat tâ'ifatum-min 'ahli-l-kitâbi law yuḍillûnakum wamâ yuḍillûna 'illâ 'anfusahum wamâ yaš'urûn yâ 'ahla-l-kitâbi lima takfurûna bi 'âyâti-L-Lâhi wa 'antum tašhadûn yâ 'ahla-l-kitâbi lima talbisûna-l-ḥaqqa bi-l-bâṭili wa taktumûna-l-ḥaqqa wa 'antum ta'lamûn wa qâlat tâ'ifatum-min 'ahli-l-kitâbi 'âminû bi-l-laḏî 'unzila 'alâ-l-laḏîna 'âmanû wajha-n-nahâri wakfurû 'âḫirahû la'allahum yarji'ûn walâ tu'minû 'illâ liman tabi'a dînakum qul 'inna-l-hudâ huda-L-Lâhi 'an yu'tâ 'aḥadun miṯla mâ 'utîtum 'aw yuḥâjjûkum 'inda rabbikum qul 'inna-l-faḍla biyadi-L-Lâhi yu'tîhi may-yašâ'u wa-L-Lâhu wâsi'un 'alîm yaḫtassu bi-raḥmatihî may-yašâ'u wa-L-Lâhu ḏû-l-faḍli-l-'aẓîm
Une partie des gens d'Ecriture cherchent à vous égarer. Ils n'égarent qu'eux-mêmes sans s'en rendre compte. O gens d'Ecriture, pourquoi reniez-vous les révélations de Dieu alors que vous en êtes les témoins? O gens d'Ecriture, pourquoi mêlez-vous le mensonge à la vérité? Pourquoi dissimulez-vous sciemment la vérité? Une partie des gens d'Ecriture dit: «Croyez à ce qui a été révélé aux croyants quand le jour pointe et, le soir, reniez-le. Peut-être les détournerons-nous de leur religion? Ne vous fiez qu'à vos coreligionnaires». Dis-leur: La vraie direction vient de Dieu. Comme Il vous a donné, Il peut donner à d'autres. S'ils vous récusent auprès de Dieu, réponds-leur: «La grâce est entre les mains de Dieu qui en dispose comme Il Lui plaît». Dieu est incommensurable et omniscient. Il manifeste Sa clémence à qui Il veut, car Il dispose d'une grâce infinie.
Dieu montre dans ces versets la jalousie des juifs et leur intention d'égarer les croyants poussés par leur haine, du moment que leur agissement ne leur rapporte que les conséquences néfastes sans s'en apercevoir. Dieu désavoue leur acte en leur disant:
O gens d'Écritures, pourquoi reniez-vous les révélations de Dieu, alors que vous en êtes les témoins?
Dieu blâme et réprimande encore les gens du Livre pour avoir dissimulé la vérité sous le mensonge, surtout ce qui se rapporte au Message du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui est mentionné dans leurs Livres. Une partie d'eux dit:
Au début du jour, croyez à ce qui a été révélé aux croyants, à son déclin, retournez infidèles
C'était une machination de leur part pour embrouiller les faibles parmi les hommes. Ils leur proposèrent de manifester leur foi au début du jour en accomplissant la prière de l'aube avec les musulmans, et à sa fin ils pourraient revenir à leur propre religion dans le but que les gens disent: Certes il y a des défauts dans cette religion et ils la dénigrent. Plusieurs commentaires ont été dits à ce sujet et qui donnent tous le même sens.
Dieu met en garde les fidèles contre les incrédules; «Ne vous fiez qu'à vos coreligionnaires» qui signifie ne divulguez rien de votre religion ni de vos secrets et propres affaires qu'à ceux qui suivent votre religion car, une fois cela montré aux musulmans, ils pourraient le prendre comme argument contre vous. Mais Dieu est certes celui qui met les hommes dans la voie droite. Il dirige les fidèles vers ce qui perfectionne leur foi, ce qui a été en effet révélé à son serviteur et Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- comme signes évidents et arguments tranchants, même si, ô peuple juif, vous dissimulez tout ce qui se trouve dans le Pentateuque à son sujet.
La grâce est dans la main de Dieu. Il la donne à qui Il veut. Car Il est celui qui donne et qui refuse, Il accorde la foi, la science et toutes les autres faveurs à qui Il veut, comme Il égare qui Il veut en le rendant sourd et aveugle, et en mettant un sceau sur son cœur et un voile sur ses yeux. Dieu est présent partout et Il sait tout.
wa min 'ahli-l-kitâbi man 'in ta'manhu biqintârin yu'addihî 'ilayka wa minhum man 'in ta'manhu bidînâril-lâ yu'addihî 'ilayka 'illâ mâ dumta 'alayhi qâ'iman dhâlika bi 'annahum qâlû laysa 'alaynâ fî-l-'ummiyyîna sabîlun wa yaqûlûna 'alâ-l-Lâhi-l-kadhiba wa hum ya'lamûn balâ man 'awfâ bi'ahdihî wattaqâ fa'inna-l-Lâha yuhibbu-l-muttaqîn
Parmi les gens d'Écriture, il en est qui, quand bien même on leur confierait un talent, le rendraient ; il en est d'autres qui, si on leur confiait seulement un dinar, ne le rendraient qu'harcelés et contraints. Et cela parce qu'ils pensent : « Nous n'avons aucun égard à avoir envers les ignorants ». Ils prêtent ainsi sciemment un mensonge à Dieu. Loin de là, quiconque est fidèle à ses engagements et craint Dieu, éprouvera que Dieu aime les gens soumis.
Dieu fait connaître aux fidèles que parmi les juifs, il en est ceux qui sont perfides et les met en garde contre eux en leur donnant cet exemple :
quand bien même on leur confierait un talent (d'or ou d'argent), le rendraient, il en est d'autres qui, si on leur confiait seulement un dinar, ne le rendraient qu'harcelés et contraints
c'est-à-dire en usant de tous les moyens de contrainte et d'insistance pour pouvoir récupérer ce droit. Car ils pensent :
Nous n'avons aucun égard à avoir envers les ignorants
c'est-à-dire ils présument que les infidèles, qui sont pour eux les arabes, n'ont plus le droit de récupérer leurs biens qu'ils estiment être les leurs pour ainsi renier les droits des autres, prétendant aussi que Dieu leur a rendu cela licite. Ils ne font que proférer des mensonges contre Dieu, alors qu'ils le savent.
Abou Sa'sa'a Ben Yazid a raconté qu'un homme demanda à Ibn Abbas :
Dans nos expéditions, il arrive que nous gagnons les biens des gens qui vivent dans les pays des musulmans et sous leur protection, même le butin pourrait être une poule ou un mouton
Ibn Abbas de lui répliquer : «Que pensez-vous alors de ce butin ?» Et l'homme de rétorquer : «On ne trouve aucun mal à s'en emparer». Ibn Abbas dit alors :
C'est bien ce que les gens du Livre disaient : "Nous n'avons aucun égard à avoir envers les ignorants", mais sache que s'ils payent le tribut, vous n'aurez aucun droit à leurs biens à moins qu'ils ne vous les donnent de bon gré
Sa'id Ben Joubaïr a rapporté :
Lorsque les gens du Livre ont dit que les ignorants - ou les infidèles -, n'ont aucun moyen de nous contraindre, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria : "Ces ennemis de Dieu ont menti. Rien de ce qui a été du temps de la Jahilia sans qu'il ne soit sous mes pieds, à l'exception du dépôt qui doit être restitué à son propriétaire, qu'il soit pieux ou pervers." (Ibn Abi Hatim)
Dieu dit ensuite que celui qui remplit ses engagements et qui craint Dieu, parmi les gens d'Écriture, qu'il sache que Dieu aime les soumis qui obtempèrent à Ses ordres et suivent le dernier des Prophètes.
'inna-l-laḏîna yaštarûna bi-'ahdi-L-Lāhi wa-'īmānihim ṯamanan qalīlan 'ulā'ika lā ḫalāqa lahum fī-l-'āḫirati wa-lā yukallimuhum-u-L-Lāhu wa-lā yanẓuru 'ilayhim yawma-l-qiyāmati wa-lā yuzakkīhim wa-lahum 'aḏābun 'alīm
Ceux qui vendent à vil prix leurs pactes avec Dieu et leurs serments, ceux-là seront déconsidérés dans l'autre monde. Allah ne leur adressera pas la parole, détournera Ses yeux d'eux et leur refusera Son pardon. Un châtiment douloureux les attend
Ceux qui avaient conclu un pacte avec Dieu parmi ceux qui ont suivi Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et avaient dissimulé ses qualités et son avènement au monde, et qui vendaient leurs serments mensongers à un vil prix en échangeant la vie future contre des biens éphémères de ce monde, ceux-là n'auront aucune part dans la vie de l'au-delà. Dieu ne leur parlera pas, ne les regardera pas au jour de la résurrection, c'est dire Il ne leur accordera aucune clémence et ne les purifiera pas de leurs péchés et de leurs souillures. Ils seront précipités dans l'Enfer.
Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos dont nous allons citer quelques-uns:
- Abou Dzarr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne leur adressera pas la parole au jour de la résurrection, ne les regardera pas, ne les purifiera pas et ils subiront un châtiment terrible» Je lui demandai: «Quels sont ces hommes, ô Envoyé de Dieu? Ils sont sans doutes perdants et humiliés» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me répondit à trois reprises: «Celui qui laisse traîner ses vêtements par ostentation, qui fait écouler sa marchandise par des serments mensongers et qui joint à son aumône de propos désobligeants» (Ahmed, Mouslim, les auteurs des sunans)
- 'Ady Ben 'Omayra Al-Kindi raconte: «Un conflit surgit entre un homme de la tribu kinda appelé Oumrou'l Qais Ben Amer et un homme de Hadramout au sujet d'un morceau de terrain. Ils portèrent plainte auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui demanda à l'homme de Hadramout de présenter une évidence et à Oumrou'l Qais de faire un serment. Le premier s'écria alors: «Tu lui as demandé de jurer ô Envoyé de Dieu? Par le Seigneur de la Ka'ba j'ai perdu mon terrain!» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répliqua: «Celui qui fait un faux serment pour s'emparer injustement d'un bien d'un autre rencontrera Dieu à Lui la puissance et à la gloire, irrité contre lui». Puis il récita: «Ceux qui vendent à vil prix leurs pactes avec Allah et leurs serments...» Oumrou'l Qais lui demanda alors: «Quelle sera la récompense de celui qui ne fait pas un tel serment, ô Envoyé de Dieu?» - Le Paradis, lui répondit-il. Il répliqua: «Je te prends à témoin que je lui cède ce terrain!» (Ahmed, Nassaï)
- Mou'adh Ben Anas rapporte d'après son père que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a des serviteurs qui ne leur parlera pas au jour de la résurrection, ne les purifiera pas et ne les regardera pas.» On lui demanda: «Qui sont-ils ô Envoyé de Dieu?» Il répondit: «Celui qui désavoue ses père et mère et se détourne d'eux; celui qui désavoue son propre fils, et un homme qui méconnaît les biens que d'autres lui ont accordés et les désavoue». (Ahmed)
- Abdullah Ben Abi Awfa raconte qu'un homme, voulant écouler une marchandise et la vendre à un autre, jura par Dieu - en mentant - qu'on lui a donné un prix supérieur. Dieu alors fit cette révélation: «Ceux qui vendent à vil prix...».
- Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne les regardera pas au jour de la résurrection, ne les purifiera pas, et ils subiront un châtiment douloureux: un homme, ayant un superflu d'eau, l'interdit à un voyageur; un homme qui prête un serment de fidélité à un imam (gouverneur) ne le faisant que dans le but d'obtenir des biens de ce monde, qui, lorsqu'il les lui donne, sera satisfait, et quand il les lui refuse, sera courroucé contre lui; et un homme qui présente sa marchandise (devant un acheteur) après la prière de l'asr, jure (en mentant) qu'on lui a donné un tel prix, l'acheteur le croit» Puis il récita ce verset: «Ceux qui vendent à vil prix...». (Ibn Abi Hatem, Boukhari)
wa 'inna minhum lafarîqan yalwûna 'alsinatahum bi-l-kitâbi litaḥsabûhu mina-l-kitâbi wamâ huwa mina-l-kitâbi wa yaqûlûna huwa min 'indi-L-Lâhi wamâ huwa min 'indi-L-Lâhi wa yaqûlûna 'alâ-L-Lâhi-l-kadhiba wa hum ya'lamûn
Certains d'entre eux dénaturent les paroles du Livre en le lisant pour donner le change sur ce qu'il contient. Mais ce qu'ils lisent n'est pas dans le Livre. Ils disent : «Ceci vient de Dieu». Or, ceci ne vient pas de Dieu. Ils prêtent sciemment à Dieu des «mensonges»
Dieu dans ce verset dénonce une partie des juifs qui altèrent le Livre, en roulant leurs langues, en changeant quelque prescription dans le but de détourner les hommes ignorants leur inspirant que cela fait partie du Livre, mais en fait, il lui est étranger. Ils profèrent des mensonges contre Dieu alors qu'ils savent. Ils prétendent que cela vient de Dieu, mais cela ne vient pas de Dieu.
mâ kâna libasarin 'an yu'tiyahu-L-Lâhu-l-kitâba wa-l-hukma wa-n-nubuwwata tumma yaqûla li-n-nâsi kûnû 'ibâdan lî min dûni-L-Lâhi walâkin kûnû rabbâniyyîna bimâ kuntum tu'allimûna-l-kitâba wabimâ kuntum tadrusûn walâ ya'murakum 'an tattakhidhû-l-malâ'ikata wa-n-nabiyyîna 'arbâban 'aya'murukum bi-l-kufri ba'da 'idh 'antum muslimûn
Il n'est pas admissible qu'un homme à qui Dieu a donné le Livre, la Sagesse et le don de prophétie, dise à ses semblables: «Adorez-moi à l'exclusion d'Allah». Il devra leur dire au contraire: «Soyez les serviteurs d'Allah, vous qui connaissez le Livre et qui l'enseignez» Il est non moins admissible qu'il leur prescrive de prendre les anges et les Prophètes pour des divinités. Va-t-il vous inciter à redevenir infidèles après avoir été soumis?»
Ibn Abbas a raconté :
Lorsque les docteurs parmi les juifs et les chrétiens de Najran furent réunis chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il les appela à embrasser l'Islam. Abou Rafé Al-Qouradhi lui répondit : «Mouhamed ! Veux-tu que nous t'adorions comme les chrétiens adorent Jésus fils de Marie ?» Un chrétien de Najran appelé Al-Ra'is (le chef) dit aussi : «C'est bien à quoi tu nous appelles ô Mouhammad ?» L'Envoyé de Dieu répondit : «Que Dieu me protège de n'adorer que Lui, ou d'ordonner à adorer un autre que Lui. Ce n'est point dans ce but qu'il m'a envoyé ou m'a ordonné». Dieu fit cette révélation à cette occasion : «Il n'est pas admissible qu'un homme à qui Dieu a donné...» qui signifie qu'il n'appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la sagesse et la prophétie de dire ensuite aux gens : «Adorez-moi en dehors de Dieu» c'est-à-dire avec Dieu. Si cela ne convient pas à un Messager ou à un Prophète, à plus forte raison ne conviendra jamais à un autre. Al-Hassan Al-Basri a raconté à cet égard que certains juifs adoraient leurs docteurs et leurs moines comme Dieu le montre dans ce verset : «Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie, comme Seigneurs, au lieu de Dieu» (9:31). Dans le Mousnad, il a été cité que 'Ady Ben Hatem avait dit : «Ô Envoyé de Dieu ! Ils ne les ont pas adorés ?» - Certes oui, répondit-il, ils leur ont rendu licite ce qui est interdit et leur ont interdit ce qui est licite. Ils les ont suivis, voilà ce que signifie leur adoration
À savoir que les ignorants parmi les docteurs, les moines et les chefs de l'égarement rentrent dans cette catégorie et sont sujets à la réprimande et au blâme, à l'inverse des Messagers et leurs disciples parmi les oulémas qui enseignent la religion.
Les Messagers - que Dieu les bénisse et les salue - sont les ambassadeurs de Dieu auprès des hommes en tant que porteurs de messages et chargés de missions. Ils ont été tous fidèles et ont transmis les messages et prodigué de bons conseils aux hommes en les appelant :
Soyez les serviteurs de Dieu, vous qui connaissez le Livre et qui l'enseignez
Ibn Abbas a commenté ce verset de la façon suivante :
Le Messager disait aux hommes : "Soyez des sages, docteurs et cléments"
De sa part, Al-Dahhak a dit que celui qui apprend le Coran doit être un jurisconsulte en matière religieuse.
Dieu dit ensuite : conviendrait-il à un Prophète d'agir autrement après que les hommes aient été soumis ? Si c'est le cas, il n'aurait appelé qu'à l'incrédulité. Car les Prophètes ont été tous ordonnés d'appeler à la foi et à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui associer, comme le confirme ce verset :
Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler : "Il n'y a de Dieu que moi, adorez-moi" (21:25)
et aussi ce verset :
Interroge ceux de nos prophètes que nous avons envoyés avant toi. Avons-nous établi, à côté du Miséricordieux, une divinité qu'ils devraient adorer ? (43:45)
Au sujet des anges, Il a dit :
Nous rétribuerions par la Géhenne quiconque d'entre eux dirait : "Je suis un dieu en dehors de Lui". C'est ainsi que nous rétribuons les injustes
[Coran XXI,
wa'id 'ahada-L-Lâhu mîṯâqa-n-nabiyyîna lamâ 'âtaytukum min kitâbin wa ḥikmatin ṯumma jâ'akum rasûlum muṣaddiqu-l-limâ ma'akum latu'minunna bihî wa latanṣurunnahu qâla 'a'aqartum wa 'ahadtum 'alâ d âlikum 'isrî qâlû 'aqrarnâ qâla fašhadû wa'anâ ma'akum mina-š-šâhidîn faman tawallâ ba'da ḏâlika fa'ûlâ'ika humu-l-fâsiqûn
Dieu reçut des Prophètes l'engagement suivant sous la foi du Livre et de la sagesse qui leur avaient été révélés: «Si un nouveau Prophète apparaît et vous confirme ce que vous savez déjà, faites-lui confiance et prêtez-lui votre entier concours». «Acquiescez-vous à cela, insista-t-il? En assumez-vous la responsabilité?» Ils répondirent: «Nous y acquiesçons». Il conclut: «Prenez-en témoignage et moi aussi j'en témoigne» Ils sont perdus ceux qui, après un engagement aussi solennel, ne se soumettraient pas.
Dieu raconte qu'il a reçu un pacte de chaque Prophète, depuis Adam jusqu'à Jésus -que Dieu les salue- en leur accordant quelque chose du Livre ou de la sagesse, que chacun d'eux devait croire à celui qui viendra après lui et le secourir sans que pour autant son Livre ou sa sagesse ne l'empêchent de le faire. Il les a défiés:
Êtes-vous résolus et acceptez-vous mon alliance à cette condition?
et eux de répondre: «Nous y consentons.» Après cet engagement les uns furent les témoins contre les autres et Dieu aussi a témoigné avec eux. Quant à celui qui se détourne ensuite il ne sera qu'un pervers.
À ce propos Ali et Ibn Abbas ont dit:
Dieu n'a envoyé un Prophète sans recevoir de lui un engagement. Si Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- vivait du temps de l'un d'eux, ce dernier devrait croire en son message et l'aider. Dieu d'autre part a ordonné à Son Prophète de recevoir un tel engagement de sa communauté
L'imam Ahmed rapporte que 'Omar vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit:
Ô Envoyé de Dieu! On m'avait conseillé d'aller voir un juif qui m'a écrit quelques enseignements de la Torah. Puis-je te les montrer?
Le visage de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fut contrarié. Abdullah Ben Thabet qui était présent dit: «Ô Omar, n'as-tu pas vu son visage assombri?» Omar s'écria alors:
Je me contente de prendre Dieu comme Seigneur, l'Islam comme religion et Mouhammad comme Envoyé.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fut soulagé et dit:
Par celui qui tient mon âme dans Sa main, si Moïse vivait parmi vous et vous le suiviez en me laissant, vous seriez égarés. Sachez que vous êtes ma communauté et que je suis votre Prophète (Ahmed)
Jaber a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
N'interrogez les gens du Livre sur rien car ils ne vous montrent plus le chemin droit du moment qu'ils sont égarés. Si vous le faisiez, vous auriez cru à l'erreur ou renié une Vérité. Par Dieu, si Moïse vivait à cette époque parmi vous, il devrait me suivre (Al-Hafedh Abou You'la)
Il faut donc retenir que Mouhammad, étant le dernier des Prophètes et Envoyés jusqu'au jour de la résurrection et le grand guide, s'il vivait à n'importe quelle époque, il serait d'obligation pour tous les autres Prophètes de le suivre. C'est pourquoi quand il a fait le voyage nocturne à Jérusalem, il a dirigé la prière avec eux. Il est aussi l'intercesseur au jour du rassemblement où Dieu demandera compte aux hommes. Il y occupera le poste glorieux qui ne conviendra qu'à lui dont les Prophètes de ferme résolution en seront écartés jusqu'à ce que tous les hommes s'adressent à lui pour intercéder en leur faveur. Que Dieu lui accorde Son salut et Ses bénédictions.
'afagayra dīni-L-Lāhi yabġūna wa-lahū 'aslama man fī-s-samāwāti wa-l- 'arḍi ṭaw'an wa-karhan wa-'ilayhi yurja'ūn qul 'āmannā bi-L-Lāhi wa-mā 'unzila 'alaynā wa-mā 'unzila 'alā 'Ibrāhīma wa-'Ismā'īla wa- 'Isḥāqa wa-Ya'qūba wa-l-'asbāṭi wa-mā 'ūtiya Mūsā wa-'Īsā wa-n-nabiyyūna min rabbihim lā nufarriqu bayna 'aḥadin minhum wa-naḥnu lahū muslimūn wa-man yabtagī ġayra-l-'islāmi dīnan fa-lan yuqbala minhu wa-huwa fī-l-'āḫirati mina-l-ḫāsirīn
Êtes-vous attirés par une autre religion que celle de votre Allah, Lui à qui est soumis de gré ou de force tout l'univers et à qui tout retourne?» Dites: «Nous croyons en Allah, à ce qu'il nous a révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et sa postérité. Nous croyons à ce que Moïse, Jésus et les Prophètes ont reçu de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune différence entre eux et nous nous soumettons à Allah. Celui qui adoptera une autre religion que celle de l'Islam sera désavoué par Allah et il sera au nombre des réprouvés dans l'autre monde.
Dieu désavoue tous ceux qui désirent une autre religion que la Sienne par laquelle Il a révélé les Livres et envoyé les Prophètes, qui consiste à n'adorer que Lui sans Lui reconnaître un égal. C'est à Lui que se sont soumis ceux qui sont dans les cieux et sur la terre de gré ou de force comme Il l'affirme dans ce verset :
Ceux qui sont dans les cieux et ceux qui sont sur la terre se prosternent devant Dieu (13:15)
et aussi dans ce verset :
Tout être vivant, dans les cieux et sur la terre, se prosterne devant Dieu ainsi que les anges qui ne s'enorgueillissent pas. Ils craignent leur Seigneur au-dessus d'eux et ils font ce qui leur est ordonné (16:49-50)
Ainsi le croyant est soumis corps et âme au Seigneur de bon gré, tandis que l'incrédule ne l'est que contraint et de force car il ne peut rien contre le pouvoir absolu et irrésistible de Dieu.
Puis Il ordonne aux hommes de dire :
Nous croyons en Dieu, ce qui nous a été révélé - c.-à-d. le Coran - à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux «Asbats» qui constituent les différentes phratries des tribus juives, ce qui a été donné à Moïse - le Pentateuque - à Jésus - l'Évangile - aux Prophètes de la part de leur Seigneur. Nous n'avons pas de différence pour l'un d'entre eux, nous sommes soumis à Dieu
Car les croyants parmi la communauté musulmane croient à tout Prophète envoyé, à tout ce qui lui a été révélé, et tiennent pour véridique tout ce que Dieu a révélé.
Dieu termine ces versets en disant que le culte de celui qui recherche une religion en dehors de l'Islam, qui signifie la soumission totale à Dieu, n'est pas accepté. Certes cet homme-là sera au nombre de ceux qui ont perdu toutes leurs œuvres dans le bas monde. Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à cet égard :
Celui qui introduit dans notre religion des choses qui lui sont étrangères, elles seront rejetées (Boukhari)
kayfa yahdî-L-Lâhu qawman kafarû ba'da 'îmânihim wa shahidû 'anna-r-rasûla ḥaqqun wa jâ'ahumu-l-bayyinâtu wa-L-Lâhu lâ yahdî-l-qawma-ẓ-ẓâlimîn 'ûlâ'ika jazâ'uhum 'anna 'alayhim la'nata-L-Lâhi wa-l-malâ'ikati wa-n-nâsi 'ajma'în khâlidîna fîhâ lâ yukhaffafu 'anhumu-l-'a dhâbu wa lâ hum yunẓarûn 'illâ-l-ladhîna tâbû min ba'di dhâlika wa 'aṣlaḥû fa'inna-L-Lâha ghafûrun raḥîm
Comment concevoir qu'Allah ramène dans la bonne voie ceux qui l'ont renié après l'avoir cru, qui ont reconnu l'authenticité du Prophète et ont reçu tant de preuves de sa mission ? Allah ne dirige pas dans la bonne voie les pervers. Ceux-là, leur récompense sera la malédiction d'Allah, des anges et de tous les hommes. C'est pour l'éternité qu'ils seront maudits et leur châtiment n'aura ni adoucissement ni répit. Échapperont à ce sort ceux qui se rachèteront par leur repentir et de bonnes œuvres, car Allah est miséricordieux et clément.
Ibn Abbas a rapporté qu'un homme des Ansars qui s'était converti, a apostasié puis, regrettant son acte, chargea ses concitoyens de demander à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- si son repentir serait accepté. Dieu à cette occasion fit descendre ces versets :
Comment concevoir qu'Allah ramène dans la bonne voie ceux qui l'ont renié... jusqu'à Allah est miséricordieux et clément
Ses concitoyens lui transmirent ces propos divins et l'homme redevint musulman.
«... et ont reçu tant de preuves de sa mission» c'est-à-dire après avoir été témoins de la véracité du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et des preuves irréfutables qui leur sont parvenues. Comment ces gens-là pourraient être dirigés à nouveau après leur apostasie et leur retour aux ténèbres du polythéisme ? C'est pourquoi Dieu dit :
Allah ne dirige pas dans la bonne voie les pervers
Puis Il montre leur cas et qu'ils auront la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes, ils demeureront dans l'Enfer immortels et leur châtiment ne sera pas allégé même pas pour une heure. Mais ceux qui s'étaient repentis et faisaient de bonnes œuvres, échapperont à ce sort car Dieu est celui qui pardonne, Il est miséricordieux.
'inna-l-ladîna kafarû ba'da 'imânihim tumma-z-dâdû kufral-lan tuqbala tawbatuhum wa 'ulâ'ika humu-d-dâllûn 'inna-l-ladîna kafarû wa mâtû wa hum kuffârun falay-yuqbala min 'ahadihim mil'u-l-'ardi dahaban wa law-iftadâ bihî 'ûlâ'ika lahum 'adâbun 'alîmun wa mâ lahum min nâsirîn
Ceux qui perdront la foi, après l'avoir eue, et se complairont dans l'impiété, leur repentir ne sera pas accepté et leur égarement n'aura pas de fin. Ceux qui vivent et meurent en infidèles, tout l'or de la terre ne suffirait pas à les racheter. Un châtiment douloureux leur est réservé et ils ne peuvent compter sur aucune aide.
Dieu menace ceux qui auront été incrédules après avoir cru, et croissent en incrédulité jusqu'à leur mort, et fait connaître que leur repentir ne sera accepté, comme Il le montre dans ce verset:
Mais il n'y a pas de pardon pour ceux qui font le mal jusqu'au moment où la mort se présentant à l'un d'entre eux, il dit: «Oui, je me repens maintenant» (4:18)
Ceux-là sont les égarés qui se sont détournés de la voie droite. Ibn Abbas a raconté que ce verset fut révélé au sujet des gens qui s'étaient convertis puis avaient apostasié une fois après l'autre et à maintes reprises. Ayant chargé leurs concitoyens de demander à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet de leur repentir, Dieu alors fit cette révélation.
Ces infidèles qui meurent dans leur incrédulité, leur repentir ne sera pas accepté car ils n'étaient que des égarés, s'ils donnaient tout l'or de la terre croyant que cela leur serait un rachat, cela ne leur servirait à rien. A cet égard on rapporte que 'Abdullah Ben Jad'an était un homme qui hébergeait les hôtes, payait les rançons des captifs et donnait à manger aux pauvres. On demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- si ces bonnes œuvres lui seraient utiles? - Non, répondit-il, car il n'a jamais dit un jour:
Seigneur pardonne mes péchés au jour du jugement dernier
ainsi s'il avait donné tout l'or de la terre pour se racheter, cela ne serait accepté, comme Dieu l'affirme dans ce verset:
... où nulle compensation ne sera admise, où nulle intercession ne sera utile (2:123)
et:
... avant que vienne le jour où il n'y aura plus ni rachat, ni amitié (14:31)
Anas Ben Malek a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Au jour de la résurrection on dira au damné du Feu: «Que penses-tu si tu possédais tout ce que la terre contient, le dépenserais-tu pour te racheter?» - Certes oui, répondra-t-il. Dieu lui dira alors: «Je t'ai demandé une chose qui est plus simple que cela alors que tu te trouvais dans les reins d'Adam, de ne rien M'associer, mais tu n'as voulu que reconnaître un égal à Moi» (Boukhari, Mouslim)
Anas a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
On amènera un bienheureux du Paradis et on lui demandera: «Ô fils d'Adam! Comment tu as trouvé ta demeure?». Il n'y a pas de plus belle ô Seigneur, répondra-t-il. On lui dira: «Demande et souhaite». Il répliquera: «Je ne demande ni souhaite que d'être rendu au bas monde pour être tué dix fois pour ta cause ô Seigneur». Cela à cause de ce qu'il verra comme mérites d'être martyrisé dans la voie de Dieu. Par contre, on amènera un des réprouvés de l'Enfer et on lui demandera: «Comment as-tu trouvé ta demeure?» - La pire, ô Seigneur, répondra-t-il. On lui dira alors: «Si tu possédais tout l'or de la terre, le dépenserais-tu pour te racheter?» - Certes oui, ô Seigneur, répliquera-t-il. On lui dira: «Tu mens, je t'ai demandé une chose plus simple que cela mais tu ne l'as pas faite» et on le rendra à l'Enfer (Ahmad)
C'est pourquoi Dieu a dit:
Un châtiment douloureux leur est réservé et ils ne peuvent compter sur aucune aide
lan tanâlû-l-birra hattâ tunfiqû mimmâ tuhibbûna wamâ tunfiqû min shay'in fa'inna-L-Lâha bihî 'alîm
On ne peut acquérir la piété qu'en donnant sur ses biens les plus chers. « Quelle que soit la charité que vous fassiez, Dieu la connaîtra »
On a dit que cette piété n'est autre que le Paradis.
Anas Ben Malek raconte :
Abou Talha était des Ansars qui jouissait de la plus grande propriété des palmiers. Parmi ces palmeraies qu'il préférait le plus, était celle de «Bairoha» qui se trouvait en face de la mosquée. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait l'habitude de venir boire de son eau douce. Quand ce verset du Coran : «On ne peut acquérir la piété qu'en donnant sur ses biens les plus chers» fut révélé, Abou Talha se leva et dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- : «Ô Envoyé de Dieu ! Dieu t'a révélé ce verset, et comme cette propriété de Bairoha m'est la plus chère, j'en fais aumône à Dieu, espérant que cela me vaudra un bien, et qu'il me réservera en revanche de Ses faveurs. Emploie-la donc ô Envoyé de Dieu comme Dieu t'indiquera». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'exclama : «Comme c'est merveilleux ! C'est un bien fructueux, j'ai bien entendu ce que tu viens de dire, mais je vois qu'il est préférable de la donner à tes proches». Abou Talha répliqua : «Puis-je le faire ?» Ainsi Abou Talha la partagea entre ses proches et ses cousins. (Boukhari, Mouslim)
Il a été cité dans les deux Sahihs que 'Omar a dit :
Ô Envoyé de Dieu, je n'ai jamais possédé dans ma vie des biens meilleur que mon terrain qui se trouve à Khaibar. Que m'ordonnes-tu d'en faire ?
Il lui répondit :
Garde les arbres pour toi et donne leur fruit en aumônes.
kullu-t-ta'âmi kâna ḥillan libanî 'isrâ'îla 'illâ mâ ḥarrama 'isrâ'îlu 'alâ nafsihi min qabli 'an tunazzala-t-tawrâtu qul fa'tû bi-t-tawrâti fatlûhâ 'in kuntum sâdiqîn famani-ftarâ 'ala-L-Lâhi-l-kadhiba mim ba'di dhâlika fa'ulâ'ika humu-z-zâlimûn qul sadaqa-L-Lâhu fat-tabi'û millata 'Ibrâhîma ḥanîfan wamâ kâna mina-l-mushrikîn
Tous les aliments étaient permis aux fils d'Israël, à l'exception de ceux qu'Israël lui-même s'était interdits, avant que ne fût révélé le Pentateuque. Dis-leur: Apportez le Pentateuque et lisez-le si vous êtes sincères. Quiconque, après cela, mentira à propos d'Allah, sera vraiment coupable. Dis-leur: «Allah est la sincérité même». Suivez le culte d'Abraham, le modèle de la droiture, qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres.
Certains juifs vinrent auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent:
Parle-nous au sujet des choses que seul un Prophète puisse en donner la réponse.
Il leur répondit:
Demandez-moi ce que vous voulez mais donnez-moi un engagement comme celui que Jacob avait pris de ses fils, dont vous respectez et qui consiste à me suivre si je vous donne les réponses exactes.
- Soit, dirent-ils, en voici les quatre questions: Quel aliment Israël (Jacob) s'était interdit? Quelles différences y a-t-il entre les spermes de l'homme et ceux de la femme, et pourquoi une fois il y aura un garçon et une autre fois une fille? Informe-nous au sujet de ce Prophète illettré et qui est son patron parmi les anges?
En lui donnant leur engagement de le suivre, il leur répondit:
Je vous adjure par celui qui a révélé la Torah à Moïse, ne savez-vous pas qu'Israël tomba grièvement malade, et comme sa maladie dura longtemps, il fit un vœu si Dieu le guérit, il s'interdirait des aliments qu'il préférait, à savoir que c'étaient la viande de chameaux et leur lait?
- Certes oui, répondirent-ils. Il répliqua: «Mon Dieu sois témoin», puis il dit:
Je vous adjure par celui qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, qui a révélé la Torah à Moïse, savez-vous que le sperme de l'homme est épais et blanc, tandis que celui de la femme est jaune et fin, lequel de ces deux spermes domine donnera la ressemblance à l'enfant: si celui de l'homme domine, un garçon naîtra avec la permission de Dieu, et si celui de la femme domine, il y aura une fille avec la permission de Dieu.
- C'est vrai, répondirent-ils. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre: «Mon Dieu sois témoin contre eux», puis il poursuivit:
Je vous adjure par celui qui a révélé la Torah à Moïse, savez-vous que les yeux de ce Prophète analphabète dorment tandis que son cœur ne dort pas!
- Seigneur, certes oui, dirent-ils. - Dieu sois témoin, répliqua-t-il. Quant à mon patron, il est Gabriel, et Dieu n'a envoyé un Prophète sans que Gabriel ne soit son patron.» Ils s'écrièrent alors:
À ce point nous nous séparons de toi, car si tu avais un autre patron que lui, nous t'aurions suivi
Dieu à cette occasion fit cette révélation:
Dis à qui se déclare l'adversaire de Gabriel... jusqu'à la fin du verset (2:97) (Ahmad)
Ibn Abbas raconte: Israël (Jacob) - que Dieu le salue- souffrait souvent la nuit du nerf sciatique qui lui causait une douleur et une insomnie, mais le jour il n'éprouvait rien. Il fit un vœu pour Dieu s'il le guérit, il ne mangerait plus de la viande collée aux os, et ses fils firent de même pour le suivre. C'était avant que la Torah ne fût révélée, c'est-à-dire que Jacob s'interdisait d'après sa propre décision sans se conformer à un enseignement. Et pour confirmer cela, Dieu demande aux fils d'Israël de lire la Torah -ou le Pentateuque- s'ils étaient sincères. Dieu les met en garde de forger de tels mensonges sur Lui en leur disant:
Quiconque, après cela, mentira à propos d'Allah, sera vraiment coupable.
Entre autres mensonges, il y a aussi la question du Sabbat dont nous parlerons plus loin, et leur prétention que Dieu n'a pas envoyé un autre Prophète qui appelle à Dieu fortifié par les arguments et les signes évidents.
Dieu ordonne à Muhammad de dire: «Allah est la sincérité même» en ce qu'il raconte et ce qu'il a fait descendre dans le Coran comme enseignements. «Suivez le culte d'Abraham le modèle de la droiture, qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres» car aucun Prophète n'a apporté une religion qui soit claire et parfaite comme la sienne, comme Il l'a dit aussi dans un autre verset:
Dis: mon Seigneur m'a mis dans la voie droite, m'a mis dans la vraie religion, le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres (6:161)
'inna 'awwala baytin wudi'a li-n-nâsi lallaðî bibakkata mubârakan wa hudal-lil'âlamîn fîhi 'âyâtum bayyinâtum maqâmu 'Ibrâhîma waman dahalahû kâna 'âminan wa li-L-Lâhi 'alâ-n-nâsi hijju-l-bayti mani-statâ'a 'ilayhi sabîlan waman kafara fa'inna-L-Lâha ganiyyun 'ani-l-'âlamîn
Le premier temple élevé pour les hommes est celui de Bekka. C'est une bénédiction et une lumière pour l'humanité. Terre de miracles et de signes sacrés, c'est en même temps l'oratoire d'Abraham. Quiconque y pénètre, éprouvera une sécurité parfaite. En faire le pèlerinage est une obligation envers Allah pour quiconque en a la possibilité. Quant aux infidèles, qu'importe? Allah peut se passer de l'univers.
La Ka'ba qui se trouve à Bekka (un des noms de La Mecque) est en vérité le premier temple qui ait été fondé pour les hommes. Ils y accomplissent la prière, font leurs rites, vers laquelle ils s'orientent en priant et y font la retraite spirituelle. Elle fut bâtie par Abraham dont juifs et chrétiens prétendent suivre sa religion. C'est aussi le lieu de pèlerinage. Ce temple est béni et sert de direction aux hommes.
Abou Dzarr -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Je demandai:
Ô Envoyé de Dieu, quelle est la première mosquée qui fut élevée sur la terre?
Il me répondit:
La mosquée Sacrée - Et après? - La mosquée Al-Aqsa (Jérusalem) - Combien d'années se sont écoulées entre les deux? - Quarante ans. Là où la prière te surviendra fais-la, car où que tu te trouveras sera un lieu de prière (Ahmed, Boukhari, Mouslim)
Ali, de sa part, a dit que tant de temples existaient avant la Ka'ba mais celle-ci fut établie pour l'adoration de Dieu. Ces dires sont plus corrects que ceux d'Al-Souddy qu'aucun Temple n'existait avant la Ka'ba.
«... est celui de Bekka» Bekka est un des noms de La Mecque. Mais Ibrahim précise que Bekka est le nom donné à la Ka'ba et à la Mosquée, et Ikrima de dire: Bekka est la Ka'ba et son entourage, en dehors de ces limites c'est La Mecque, une opinion soutenue aussi par Mouqatel Ben Hayyan. À savoir qu'on a donné à La Mecque plusieurs noms tels que: La Maison Antique, La Maison Sacrée, la Cité sûre, la Mère des cités...
«Terre de miracles et de signes sacrés» en effet on y trouve des signes évidents que ce Temple a été bâti par Abraham et Dieu l'a honoré. Or, à l'intérieur on y trouve aussi la station d'Abraham, c'est-à-dire l'endroit où il se tenait pour achever la construction une fois les murs avaient atteint une certaine hauteur alors que son fils Ismaël lui donnait les pierres. Cet endroit était attenant au mur du Temple, Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée- l'avait reculé pendant son califat, vers l'est, afin de faciliter la circumambulation de sorte que ceux qui la font n'embrouillent pas ceux qui prient, car le Seigneur nous a recommandé de faire une prière tout près de la station d'Abraham; «Prenez donc la station d'Abraham comme lieu de prière» (2:125). On a dit que les traces des pieds d'Abraham sur la pierre existent toujours.
Quiconque y pénètre, éprouvera une sécurité parfaite
Il s'agit de l'Enceinte de La Mecque où tout homme effrayé y trouve la sécurité. Ainsi était le cas du temps de la Jahiliyya, l'homme qui commettait un meurtre, entrait dans cette enceinte mettant autour de son cou un morceau de laine, comme a raconté Al-Hassan Al-Basri. Il arrivait que le fils de la victime y rencontrait l'assassin de son père sans pour autant pouvoir se venger qu'en dehors de cette enceinte.
Ibn Abbas a dit: «Quiconque cherche un lieu de protection le trouve à l'intérieur de l'enceinte, mais, s'il est coupable, on l'y laisse demeurer sans lui donner ni à manger ni à boire. En quittant ce lieu, on l'appréhende pour le juger. Dieu a bien montré le caractère de cette enceinte où règne la sécurité dans ces deux versets; «Ne voient-ils pas que nous avons établi une enceinte sacrée et sûre, alors que tout autour des gens sont enlevés?» (29:67) et:
Qu'ils adorent le Seigneur de cette Maison: Il les a nourris; Il les a préservés de la famine; Il les a délivrés de la peur (106:3-4)
Ibn Abbas a rapporté que, le jour où La Mecque fut conquise, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Plus d'émigration (de cette ville) mais plutôt un combat et une intention (d'acquérir le bien). Et si l'on vous invite à combattre, prenez-y part. Ce territoire, Dieu l'a rendu sacré le jour où Il a créé les cieux et la terre. Il est donc sacré à l'égard de Dieu jusqu'au jour de la résurrection. On ne doit pas y livrer combat après moi; et ce combat ne m'a été autorisé qu'une seule heure, d'une certaine journée, il sera donc interdit à l'égard de Dieu jusqu'au jour de la résurrection. On ne doit pas couper les épines, ni poursuivre un gibier, ni ramasser une chose trouvée à moins de la remettre à son propriétaire qui la reconnaîtra, ni cueillir ses dattes
Al-Abbas s'interrogea:
Ô Envoyé de Dieu, à l'exception de l'«izkhir» (plante à odeur aromatique) qu'on emploie dans les maisons et dans certaines industries
Il lui répondit: «À l'exception de l'Izkhir» (Boukhari, Mouslim)
Abdullah Ben Al-Hamra' Al-Zouhari a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire, alors qu'il se trouvait au marché de La Mecque:
Par Dieu, tu es le meilleur territoire et le plus préféré à Dieu. Si on ne m'avait pas contraint à te quitter, je ne t'aurais jamais quitté (Ahmed, Tirmidzi, Nassaï, Ibn Maja)
À savoir que plusieurs hadiths et versions ont été rapportés à ce propos.
En faire le pèlerinage est une obligation envers Allah pour quiconque en a la possibilité
D'après l'opinion unanime, c'est le premier verset qui prescrit le pèlerinage, malgré qu'une minorité ait dit que le verset suivant était plutôt le premier:
Acquittez-vous du pèlerinage et de la visite des lieux Saints en hommage à Allah (2:196)
On peut déduire de plusieurs hadiths rapportés à cet égard, que le pèlerinage est l'un des cinq piliers de l'Islam et une obligation qu'on doit s'en acquitter une fois au moins dans la vie en se référant à ce hadith rapporté par Abou Houraira: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous prêcha et dit:
Ô gens! Dieu vous a prescrit le pèlerinage, accomplissez-le donc
Un homme demanda: «Doit-on le faire chaque année, ô Envoyé de Dieu?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le silence, mais à la troisième fois il lui répondit:
Si je dis: oui, cette obligation devra être remplie et vous ne pourrez plus la faire
Puis il ajouta:
Laissez-moi tranquille (sans poser trop de questions) tant que je vous laisse tranquille, car ce qui causa la perte de ceux qui vous ont précédés, ce fut l'excès de questions et leurs divergences envers leurs Prophètes. Ce que je vous ordonne de faire, faites-le dans la mesure de votre capacité, et ce que je vous interdis de faire, laissez-le (Ahmed, Mouslim)
L'homme doit accomplir le pèlerinage lui-même, et s'il est incapable de le faire, peut charger quelqu'un de le faire à sa place (en lui assurant les frais).
Ibn Omar raconte:
Un homme demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Qui est, à ton avis, le vrai pèlerin?» Il lui répondit: «Il est l'homme à la tête ébouriffée et au corps puant (à cause du long voyage)». Un autre se leva et demanda: «Quel est le meilleur pèlerinage?» Il lui répondit: «C'est celui où l'on prononce la talbiya à haute voix et on présente les offrandes». Un troisième de demander aussi: «En quoi consiste la possibilité?» - La monture et le viatique, répliqua-t-il
Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Hâtez-vous à accomplir le pèlerinage prescrit parce que l'un d'entre vous ne saura ce qu'il lui adviendra (Ahmed)
Quant aux incrédules, qu'importe? Allah peut se passer de l'univers
Plusieurs interprétations ont été faites à ce sujet:
- D'après Ibn Abbas: quiconque renie l'obligation du pèlerinage, aura mécru et Dieu n'a pas besoin de lui.
- Ikrima rapporte: «Quand fut révélé ce verset: «Celui qui adoptera une autre religion que celle de l'Islam sera désavoué par Allah» les juifs s'écrièrent: «Mais nous sommes des musulmans» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit alors: «Dieu a prescrit le pèlerinage aux musulmans à qui en a la capacité». Ils répliquèrent: «Il ne nous l'a pas prescrit» et refusèrent toute discussion à ce sujet. Dieu alors fit cette révélation: «Allah peut se passer de l'univers».
Ali -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Quiconque possède la monture et le viatique et ne s'acquitte pas du pèlerinage à la Maison de Dieu, peu lui importe s'il mourra comme un juif ou un chrétien
Al-Hassan Al-Basri rapporte ces propos de Omar Ben Al-Khattab:
J'ai pensé envoyer des hommes à toutes les régions pour s'enquérir de ceux qui possèdent les moyens et n'accomplissent pas le pèlerinage, pour leur imposer un tribut car ils ne sont pas de vrais musulmans
Qul yā ahlal-kitābi lima takfurūna bi'āyāti-L-Lāhi wa-L-Lāhu shahīdun 'alā mā ta'malūn Qul yā ahlal-kitābi lima taṣuddūna 'an sabīli-L-Lāhi man āmana tabghūnahā 'iwajan wa antum shuhadā'u wa mā-L-Lāhu bighāfilin 'ammā ta'malūn
Dis: O gens d'Écriture, pourquoi repoussez-vous les signes d'Allah alors qu'Il est témoin de toutes vos actions. Dis: O gens d'Écriture, pourquoi détournez-vous de la voie d'Allah ceux qui ont la foi? Préférez-vous les voies tortueuses? vous qui êtes en état de témoigner. Mais Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites.
Dieu, par ces versets, réprimande les gens du Livre infidèles qui se sont obstinés en reniant les signes de Dieu et détournant les croyants de la voie de Dieu, qui savent bien la véracité de ce que l'Envoyé de Dieu a apporté. Il les menace en les avertissant qu'il est témoin de toutes leurs œuvres, car ils ont contredit les enseignements de leurs Prophètes et maltraité le Messager qui les met en garde contre ce reniement, cette ingratitude et cette obstination. Certes Il les jugera le jour «où ni les richesses, ni les enfants ne seront utiles» [Coran
yā 'ayyuhā-l-ladhīna 'āmanū 'in tuṭī'ū farīqan mina-l-ladhīna 'ūtū-l-kitāba yaruddūkum ba'da 'īmānikum kāfirīn wa kayfa takfurūna wa 'antum tutlā 'alaykum 'āyātu-L-Lāhi wa fīkum rasūluhū wa man ya'taṣim bi-L-Lāhi faqad hudiya 'ilā ṣirāṭin mustaqīm
Ô croyants, si vous écoutez certains adeptes du Livre, ils vous rendront mécréants après que vous avez eu la foi. Et comment pourriez-vous perdre la foi, alors que vous entendez la lecture du Livre, alors que l'Envoyé d'Allah est parmi vous ? Celui qui se réfugie en Allah, celui-là est dans la voie droite.
Dieu met en garde les croyants parmi Ses serviteurs d'obéir à une partie des gens du Livre, qui sont jaloux d'eux à cause des bienfaits que Dieu leur a accordés, et à cause du Prophète qu'il leur a envoyé, comme Dieu le montre dans ce verset:
Beaucoup de gens du Livre, par envie, souhaiteraient de vous faire perdre la foi après que vous l'avez eue, après que la vérité s'est manifestée à eux-mêmes (2:109)
et aussi dans ce verset:
O croyants, si vous écoutez certains adeptes du Livre, ils vous rendront mécréants après que vous avez eu la foi
Puis Dieu avertit les croyants en leur disant:
Et comment pourriez-vous perdre la foi, alors que vous entendez la lecture du Livre (le Coran), alors que l'Envoyé d'Allah est parmi vous?
c'est à dire vous êtes loin de mécroire du moment que les versets de Dieu descendent nuit et jour sur votre Prophète qui vous les récite en vous communiquant les enseignements. Ce verset est pareil à celui-ci:
Pourquoi ne croyez-vous pas en Dieu, alors que le Prophète vous appelle à croire en votre Seigneur? Il a vraiment conclu une alliance avec vous, si vous êtes croyants
[Coran
Dans un hadith authentifié, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit un jour à ses compagnons: «Quels croyants ont la foi la plus parfaite?» Ils répondirent: «Les anges». Il répliqua:
Et comment ne pas l'avoir alors que la révélation descend sur eux
Ils rétorquèrent: «Alors c'est nous». Et lui de répondre:
Comment n'êtes-vous pas croyants alors que je suis parmi vous
Ils lui demandèrent: «Qui a donc la foi la plus parfaite?» Il répondit:
Ce sont des gens qui viendront après vous, liront les Livres et croiront en leur contenu
Puis il récita:
Celui qui se réfugie en Allah, celui-là est dans la voie droite
Cela signifie que s'attacher fortement à Dieu et se fier à Lui, sont à la base de toute bonne direction. Ce qui compte ensuite consiste à s'éloigner de toute aberration, rechercher toujours la voie droite pour arriver au but.
yâ 'ayyuhâ-l-ladhîna 'âmanû-t-taqû-l-Lâha haqqa tuqâtihî walâ tamûtunna 'illâ wa 'antum muslimûn wa'tasimû bibabli-l-Lâhi jamî'an walâ tafarraqû wadhkurû ni'mata-l-Lâhi 'alaykum 'idh kuntum 'a'dâ'an fa 'allafa bayna qulûbikum fa'asbahtum bi ni'matihî 'ihwânan wa kuntum 'alâ shafâ hufratim mina-n-nâri fa'anqadhakum minhâ kadhâlika yubayyinu-l-Lâhu lakum 'âyâtihî la'allakum tahtadûn
O croyants, craignez Allah en mesure de Sa puissance et ne mourez que musulmans. Restez tous attachés au lien d'Allah et ne vous divisez pas. Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour vous, Lui qui d'ennemis que vous étiez, a fait l'union entre vous, Lui qui, par Sa grâce, vous a rendus frères, Lui qui, alors que vous étiez au bord du gouffre de l'enfer, vous a mis en lieu sûr. C'est ainsi qu'Allah vous montre Ses signes. Peut-être vous maintiendra-t-on dans la voie droite.
Abdullah rapporté que l'Envoyé de Dieu a dit : «Craignez Dieu de la crainte qu'il mérite» consiste à Le mentionner toujours sans L'oublier, se soumettre à Lui sans Lui désobéir et à Lui être reconnaissant sans être ingrat». D'après Anas, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «L'homme ne craint pas Dieu de la crainte qu'il mérite s'il ne contient pas
Sa'id Ben Joubaïr et Abou 'Alya ont dit que le verset précité a été abrogé par celui-ci : «Craignez Dieu autant que vous le pouvez» (64:16), mais Ali Ben Abi Talha a rapporté d'après Ibn Abbas que ce verset n'a pas été abrogé mais la crainte de Dieu en mesure de sa puissance, se rapporte au combat pour la cause de Dieu sans craindre le blâme de celui qui blâme, et agir avec équité même s'il est au détriment d'eux-mêmes, de leurs pères et de leurs enfants.
«Ne mourez que musulmans» qui signifie : suivez toujours les préceptes de l'Islam lorsque vous vous portez bien, et vivez en sécurité ne mourant qu'en observant la religion, car un généreux et noble n'agit que selon ses bons caractères, et celui qui vit dans le vrai ou l'erreur, mourra croyant ou infidèle. Celui qui meurt croyant ou infidèle sera ressuscité tel qu'il était dans le bas monde.
Moujahed a raconté : «Les hommes faisaient leurs tournées processionnelles au moment où Ibn Abbas était assis portant à la main un bâton à la tête courbe. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit :
Hommes ! Craignez Dieu de la crainte qui Il mérite et ne mourez que soumis musulmans. Sachez que si une goutte du Zaqoum était versée dans ce bas monde, elle aurait gâté toute leur subsistance. Pensez-y, comment sera le cas de celui qui ne se nourrirait que du Zaqoum ? (Tirmidzi, Nassaï, Ibn Maja)
Abdullah Ben Amr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Celui qui aime être éloigné de l'Enfer et entrer au Paradis, ne meurt qu'en croyant en Dieu et au Jour Dernier. Qu'il se comporte envers les hommes comme il aime qu'ils se comportent envers lui.
Dans un hadith authentifié, Jaber rapporte qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire :
Que l'un d'entre vous ne meure qu'en formant une bonne idée de Dieu
Anas raconte : «Un homme des Ansars était malade. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- voulant lui rendre visite, le rencontra au marché. Il le salua et lui demanda au sujet de sa santé. Il lui répondit :
Je me porte bien maintenant ô Envoyé de Dieu, mais j'espère que Dieu me pardonne car j'ai trop péché
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- répliqua :
Deux choses ne se réunissent dans le cœur d'un malade sans que Dieu ne lui accorde ce qu'il demande : l'espoir du pardon et la délivrance de la peur (Al-Bazzar, Tirmidzi, Ibn Maja)
«Restez tous attachés au lien d'Allah» ce lien est l'alliance avec Dieu comme Il le montre dans ce verset :
L'humiliation les a frappés, là où ils se trouvaient, à l'exception de ceux qui étaient protégés par une alliance de Dieu et une alliance des hommes (3:112)
D'autres l'ont interprété qu'il s'agit du Coran en se référant à ce hadith concernant le Coran : «Il est le lien solide avec Dieu et la voie droite».
«ne vous divisez pas» est un ordre d'être toujours avec la communauté sans se séparer d'elle, comme on le trouve également dans ce hadith cité dans le Sahih de Mouslim et rapporté par Abou Houraira. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Dieu agrée pour vous trois choses et méprise trois autres. Celles qu'il agrée : L'adorer seul sans rien Lui associer, de s'attacher fortement au pacte de Dieu sans se diviser et de prodiguer de bons conseils à ceux qui sont au pouvoir. Celles qu'il méprise : Les commérages, l'excès de questions et le gaspillage des biens.
Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour vous, Lui qui, d'ennemis que vous étiez, a fait l'union entre vos cœurs. Lui qui, par Sa grâce, vous a rendus frères
jusqu'à la fin du verset. Cette partie du verset fut révélée au sujet des deux tribus : Aws et Khazraj qu'une guerre permanente avait éclaté entre elles du temps de la Jahilia (période pré-islamique). Une animosité, des rancunes et des troubles avaient lieu de part et d'autre à cause de cette guerre. Lorsque l'Islam fit son apparition, une grande partie de ces tribus se convertit et les hommes devinrent comme frères s'aimant en vue de Dieu, liés les uns aux autres en vue de Dieu et s'encourageant mutuellement à la piété et à la crainte révérencielle de Dieu. Dieu dit à leur égard :
C'est Lui qui t'assiste de son secours et par l'intermédiaire des croyants. Il a uni leurs cœurs par une affection réciproque. Si tu avais dépensé tout ce que la terre contient, tu n'aurais pas uni leurs cœurs par une affection réciproque ; mais Dieu a suscité entre eux cette affection (8:62-63)
Les hommes des Aws et Khazraj étaient au bord d'un abîme de feu à cause de leur incrédulité mais Il les a sauvés après les avoir dirigés vers la foi.
Dieu a rappelé aussi Ses bienfaits à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lors de la répartition du butin de Honein. Certains des fidèles manifestaient leur mécontentement du partage qui n'était pas juste à leur regard ; mais Dieu l'avait voulu. Alors l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit :
Ô gens des Ansars ! Ne vous ai-je pas trouvés égarés et Dieu vous a dirigés par moi ? N'étiez-vous pas divisés et Dieu vous a réunis par mon intermédiaire ? N'étiez-vous pas pauvres et Il vous a enrichis grâce à moi ?
Chaque fois qu'il leur rappelait une faveur, ils dirent :
Nous sommes reconnaissants envers Dieu et Son Envoyé
Mouhammad Ben Ishaq a rapporté d'après Yassar et d'autres, que ce verset fut révélé au sujet des Aws et des Khazraj : Un homme juif passa près d'une foule des Aws et Khazraj et fut très mécontent de les voir réconciliés. Il demanda à un homme qui l'accompagnait d'aller s'asseoir avec eux et de leur rappeler ce qui avait eu lieu entre eux le jour de Bou'ath durant leur ancienne guerre. L'homme s'exécuta et une grande haine fit alors son apparition, le sentiment tribal surgit à nouveau, et les hommes commencèrent à se soulever les uns contre les autres et ils se donnèrent un rendez-vous à un endroit appelé Al-Harra pour se battre. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- eut vent de leur dispute et vint auprès d'eux pour les calmer en leur disant :
Retournez-vous à votre animosité au temps de la Jahilia du moment que je suis parmi vous ?
Et il leur récita le verset déjà mentionné. Les hommes regrettèrent leur comportement, se réconcilièrent, s'embrassèrent et jetèrent leurs armes.
wa-l-takum minkum 'ummatun yad'ūna 'ilā-l-ḫayri wa ya'murūna bi-l-ma'rūfi wa yanhawna 'ani-l-munkari wa 'ūlā'ika humu-l-mufliḥūn wa-lā takūnū ka-l-laḏīna tafarraqū wa-ḫtalafū min ba'di mā jā'ahumu-l-bayyinātu wa 'ūlā'ika lahum 'aḏābun 'aẓīm yawma tabyaddu wujūhun wa taswaddu wujūhun fa-'ammā-l-laḏīna-swaddat wujūhuhum 'a-kafartum ba'da 'īmānikum fa-ḏūqū-l-'aḏāba bi-mā kuntum takfurūn wa 'ammā-l-laḏīna-byaddat wujūhuhum fa-fī raḥmati-l-Lāhi hum fīhā ḫālidūn tilka 'āyātu-l-Lāhi natlūhā 'alayka bi-l-ḥaqqi wa-mā-l-Lāhu yurīdu ẓulman li-l-'ālamīn wa li-l-Lāhi mā fī-s-samāwāti wa-mā fī-l-'arḍi wa 'ilā-l-Lāhi turja'u-l-'umūr
Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne commande que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là un peuple de bienheureux. N'imitez pas ceux qui, après avoir reçu les enseignements d'Allah, se sont divisés et ont glissé dans les luttes politiques. Ceux-là subiront un châtiment exemplaire. Un Jour viendra où certains visages s'illumineront de blancheur et où d'autres s'assombriront. A ces derniers Allah dira: «Ah! Vous avez versé dans l'incrédulité après avoir cru? Endurez maintenant les supplices qui sont réservés aux incrédules» Quant à ceux dont le visage rayonnera de blancheur, ils seront appelés dans la grâce d'Allah et cela pour l'éternité C'est par amour de la vérité que nous te lisons ces versets d'Allah. Allah ne souhaite aucun mal aux hommes. Allah n'est-il pas le Maître, en effet, des cieux et de la terre et n'est-ce pas à Lui que tout fait retour?
Dieu exhorte les fidèles à former une communauté dont les membres obtempèrent aux ordres divins en appelant au bien, ordonnant les autres à faire de bonnes actions et déconseillant les mauvaises. Ceux-là seront les bienheureux. Abou Ja'far Al-Baqer rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, après avoir récité le verset : «Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien» dit :
Le bien consiste à suivre les prescriptions du Coran et ma sunna
Le but donc de ce verset est que parmi les fidèles naisse un groupe d'hommes qui n'aura pour mission que d'exécuter ces ordres bien que cela est un devoir pour tout fidèle. Dans un hadith authentifié, Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Que celui d'entre vous qui voit une chose répréhensible, la change par sa main, s'il ne peut pas que ce soit par sa langue, et s'il ne peut pas encore, que ce soit par son cœur, voilà le minimum de la foi
Suivant une variante :
En dehors de ça il n'y aura plus de la foi fut-ce de la grandeur d'un grain de moutarde (Muslim)
Houdzaifa Ben Al-Yaman rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Par celui qui tient mon âme dans Sa main, vous devez ordonner à faire le bien et interdire le répréhensible, sinon Dieu vous enverra un châtiment puis vous l'invoquerez mais Il ne vous exaucera pas (Ahmed, Tirmidzi, Ibn Maja)
Puis Dieu exhorte les fidèles en leur disant :
N'imitez pas ceux qui, après avoir reçu les enseignements d'Allah, se sont divisés
pour ne plus être comme ceux qui les ont précédés parmi les autres générations qui se sont divisés, se sont opposés les uns aux autres, et ceci parce qu'ils ont cessé d'ordonner le bien et de déconseiller le répréhensible.
Abou Amer, Abdullah Ben Yahia, raconte : «Nous avons accompli le pèlerinage en compagnie de Mou'awia Ben Abi Soufian. Arrivés à la Mecque et après avoir terminé la prière du midi, Mou'awia dit :
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Les gens du Livre se sont divisés, au sujet de leur religion, en soixante-douze sectes. Cette communauté (musulmane) sera divisée en soixante-treize sectes dont une seule échappera au Feu et les autres y seront précipitées à cause de leur divergence dans l'application de la religion. De ma communauté naîtront des hommes dont leurs instincts les domineront comme la rage qui attaque le corps en n'y laissant aucune partie indemne». Ô Arabes ! si vous n'assumez pas la tâche que votre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- vous a confiée en guidant les autres, il vaut mieux à l'un d'entre vous qu'il ne le fasse envers lui-même (Ahmed, Abou Daoud)
Un jour viendra où certains visages s'illumineront de blancheur et où d'autres s'assombriront
: il s'agit du jour du Jugement Final où les visages des hommes qui avaient suivi la sunna et ne s'étaient pas séparés de la communauté s'éclaireraient et jouiraient de la miséricorde de Dieu. Mais ceux qui avaient suivi d'autres sectes qui avaient introduit des innovations à la religion auraient les visages noirs. Bien que certains exégètes aient précisé qu'il s'agit des hypocrites, l'étendue du verset s'étale sur tous les impies et polythéistes.
Dieu rappelle enfin aux hommes que tout ce qu'il y a dans les cieux et sur la terre Lui appartient et Il en dispose selon sa volonté et c'est vers Lui que tout fera retour.
Kuntum khayra 'ummatin 'uhrijat li-n-nâsi ta'murûna bi-l-ma'rûfi wa tanhawna 'ani-l-munkari wa tu'minûna bi-L-Lâhi walaw 'âmana 'ahlu-l-kitâbi lakâna khayral-lahum minhumu-l-mu'minûna wa 'aktaruhumu-l-fâsiqûn lay-yadurrûkum 'illâ 'adhan wa 'in yuqâtilûkum yuwallûkumu-l-'adbâra tumma lâ yunsarûn duribat 'alayhimu-dh-dhillatu 'ayna mâ tuqifû 'illâ bihablim mina-L-Lâhi wa hablim mina-n-nâsi wa bâ'û bighaghabin mina-L-Lâhi wa duribat 'alayhimu-l-maskanatu dhâlika bi'annahum kânû yakfurûna bi'âyâti-L-Lâhi wa yaqtulûna-l-'anbiyâ'a bighayri haqqin dhâlika bimâ 'asaw wa kânû ya'tadûn
Je vous ai distingué parmi les peuples comme étant le meilleur. En effet, vous prescrivez le bien, vous défendez le mal et vous croyez en Allah. Si les gens de l'Écriture avaient la foi, il n'en vaudrait que mieux pour eux. S'ils comptent quelques croyants, la majorité est impie. Ils ne peuvent vous causer aucun mal, tout au plus quelques tracasseries. S'ils entrent en lutte avec vous, ils auront tôt fait de lâcher pied. Ils ne seront jamais vainqueurs. L'opprobre les couvrira partout où vous les rencontrerez à moins qu'ils ne se soumettent à la loi d'Allah ou à celle des autres hommes. Ils se sont attiré la colère d'Allah et le mépris les couvre. Et cela parce qu'ils ont nié les signes d'Allah et mis ignominieusement à mort ses Prophètes. Et cela parce qu'ils se sont endurcis dans la désobéissance et dans l'injustice.
La communauté musulmane est certes la meilleure parmi les autres comme Dieu l'affirme dans le verset sus-mentionné. En quoi consiste cette supériorité ?
Abou Houraira a dit : Parce que les musulmans amènent les autres hommes, les carcans aux cous, afin qu'ils embrassent l'Islam, c'est-à-dire qu'ils sont les plus utiles aux autres, en ordonnant le bien et défendant le mal.
Quant à l'imam Ahmed, il rapporte qu'un homme demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il se trouvait sur sa chaire :
Ô Envoyé de Dieu ! Quel est le meilleur parmi les hommes ?
Il lui répondit :
Il est celui qui leur donne hospitalité, craint Dieu le plus, ordonne à faire le bien et interdit le répréhensible et qui maintient le mieux le lien de parenté
Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de ceux qui ont émigré à Médine avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Mais ce qui est le plus correct est que ce verset concerne tout homme parmi toutes les générations qui observe de tels enseignements, bien que les meilleurs étaient sans doute les compagnons, viendront après eux ceux qui les avaient suivis et les suivront. Car lorsque Dieu a dit :
Nous avons fait de vous une communauté éloignée des extrêmes
c'est-à-dire l'élite « Pour que vous soyez témoins contre les hommes ».
Dans le Mousnad de l'imam Ahmed, il est cité que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Vous êtes venus après soixante-dix communautés mais vous êtes les plus nobles et les meilleurs auprès de Dieu
Cette communauté n'a été élue ainsi que grâce à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui était le plus noble des autres Prophètes auprès de Dieu. Et ceci parce qu'il l'a envoyé apportant la religion la plus parfaite qu'il n'a donnée à aucun des autres Prophètes et Messagers. Car quelque peu de ses pratiques qu'on fasse, apportera plus de récompenses et de mérites que tant d'autres des autres religions ne les apportent. Il convient de mentionner à cet égard quelques hadiths que nous avons choisis entre autres :
Abou Bakr As-Siddiq rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Dieu m'a accordé la faveur de faire entrer au Paradis soixante-dix mille membres de ma communauté sans aucun compte à rendre, leurs visages aussi clairs que la pleine lune, leurs cœurs formant comme un seul cœur. J'ai demandé davantage et Dieu m'a donné avec chacun d'eux soixante-dix mille hommes (Ahmed)
Et Abou Bakr de commenter cela en disant :
J'ai vu que cela englobera les habitants de toutes les cités et atteindra ceux qui habitent dans les vallées
Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Les différentes communautés me furent présentées, et je vis un Prophète ou deux passer accompagnés d'un groupe d'hommes, un Prophète qui n'avait aucun compagnon. Puis une grande multitude m'apparut, je demandai : "Qu'est-ce ci ? Est-ce ma communauté ?" On me répondit : "C'est Moïse et sa communauté. Regarde plutôt à l'horizon." Je vis alors une grande foule. Puis on dit : "Regarde de l'autre côté de l'horizon, regarde ici et là et à tout l'horizon." Et je vis une foule innombrable. On me dit alors : "C'est ta communauté. Soixante-dix mille d'entre eux entreront au Paradis sans qu'on leur demande compte."
Certains disaient :
Est-ce de nous qu'il s'agit, nous qui avons cru en Dieu, qui avons suivi le messager ? Ou s'agit-il de ceux qui sont nés en Islam, tandis que nous sommes nés au temps de la Jahiliyya (l'ignorance) ?
Faisant part de ces propos au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il sortit de chez lui et dit :
Ce sont ceux qui n'emploient pas la magie, ni l'ornithomancie, n'utilisent pas les pointes du fer, mais placent leur confiance en Dieu
Oukhacha Ben Mohsen se leva et dit : « Serai-je l'un de ceux-là ? » Il lui répondit : « Oui ». Puis un autre se leva à son tour et demanda : « Serai-je l'un d'eux ? » Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répliqua : « Oukacha t'a devancé » (Muslim)
'Outba Ben Abdul-Salami a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire :
Mon Seigneur, à Lui la puissance et la gloire, m'a promis de faire entrer au Paradis soixante-dix mille sans leur demander compte, et chacun d'eux intercédera en faveur de soixante-dix mille. Puis mon Seigneur prendra dans le creux de Ses deux mains à trois reprises d'autres hommes (pour les faire entrer au Paradis)
Omar alors proclama la grandeur de Dieu et dit :
Les soixante-dix mille premiers intercèderont en faveur de leurs pères, mères, enfants et tribus. J'espère être parmi ceux que Dieu prendra dans le creux de Ses mains (Tabarani)
Anas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Mon Seigneur m'a promis de faire entrer quatre-cent mille de ma communauté
Abou Bakr s'écria alors :
Ô Envoyé de Dieu, invoque Dieu afin d'augmenter ce nombre
Il lui répondit : « C'est bien cela qu'il m'a promis ». Omar dit alors à Abou Bakr : « Ça te suffit, ô Abou Bakr ». Celui-ci répliqua :
Laisse-moi, qu'importe que Dieu nous fasse entrer tous au Paradis
Et Omar de répondre :
Dieu, s'il voudra, pourra faire entrer toutes Ses créatures au Paradis dans une seule poignée
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors : « Omar a raison ».
Parmi les autres hadiths qui montrent l'honneur de cette communauté, et la haute considération que Dieu lui a réservée, et qu'elle est la meilleure de toutes les autres tant en ce bas monde que dans l'autre, il est cité dans les deux Sahihs d'après Abdullah Ben Mass'oud que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ses compagnons :
Ne seriez-vous pas satisfaits de former le quart des bienheureux du Paradis ?
Comme nous proclamâmes la grandeur de Dieu, il poursuivit : « Ou bien le tiers ? », en faisant le Takbir, il dit enfin :
J'espère que vous formiez la moitié des habitants du Paradis (Boukhari, Muslim)
Abou Houraira a rapporté :
Après la révélation de ce verset : "Il y aura une multitude d'élus parmi les premiers arrivés et une multitude parmi les derniers" (56:39-40), l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit : "Vous formerez le quart des élus du Paradis, ou le tiers, ou la moitié, ou plutôt les deux tiers."
Abou Houraira a rapporté aussi qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire :
Nous, venus les derniers, serons les premiers au jour de la résurrection. Néanmoins ils ont reçu le Livre avant nous. Ce jour (le vendredi) que Dieu leur avait prescrit, ils se sont divisés à son sujet, mais Il nous a guidés vers ce jour, et les gens viennent par la suite : les juifs, le lendemain, et les chrétiens le surlendemain
Tous ces hadiths et d'autres encore se rapportent à ce verset :
Je vous ai distingué parmi les peuples comme étant le meilleur. En effet, vous prescrivez le bien, vous défendez le mal et vous croyez en Dieu
Quiconque agit de même sera l'un d'eux. À cet égard Qatada rapporte qu'Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée- vit dans un de ses pèlerinages des gens appliquer ces préceptes, il récita le verset et dit :
Que celui qui veut être de cette communauté observe ces prescriptions divines
Quant à celui qui est loin de ces préceptes, sera l'un des gens du Livre que Dieu dénigre dans ce verset :
Ils ne s'interdisaient pas mutuellement les actions blâmables qu'ils commettaient (5:79)
Faisant l'éloge des fidèles et critiquant les gens du Livre, Dieu a dit : « Si les gens d'Écriture avaient la foi » c'est-à-dire avaient cru en ce qui a été révélé à Mouhammad, « il n'en vaudrait que mieux pour eux. S'ils comptent quelques croyants, la majorité est impie » qui signifie que peu d'entre eux avaient cru à ce qui vous a été révélé et à ce qui leur a été révélé, mais la plupart demeuraient des égarés, pervers et rebelles.
Pour rassurer les fidèles croyants et leur annoncer la victoire sur le peuple impie, Dieu dit :
Ils ne peuvent vous causer aucun mal, tout au plus quelques tracasseries. S'ils entrent en lutte avec vous, ils auront tôt fait de lâcher pied. Ils ne seront jamais vainqueurs
Ainsi était le sort des gens du Livre le jour de Khaibar, et avant eux les juifs de Médine des Bani Qainouqa', An-Nadir et Qouraïdha, les chrétiens du pays de Cham où les musulmans l'avaient emporté sur eux dans plusieurs combats et s'emparèrent de leurs royaumes pour toujours. Les musulmans demeureront au pays de Cham (actuellement Syrie) jusqu'à la descente de Jésus fils de Marie où il appliquera la religion de l'Islam et la loi que Mouhammad avait apportée, il brisera la croix, tuera le cochon et remettra le tribut. Aucune autre religion que l'Islam ne sera acceptée après cela.
Puis Dieu montre le sort de ces impies dans le verset suivant :
L'opprobre les couvrira partout où vous les rencontrerez à moins qu'ils ne se soumettent à la loi d'Allah
c'est-à-dire l'humiliation les a frappés là où ils se trouvaient à l'exception de ceux qui étaient protégés par une alliance de Dieu et une alliance des hommes. Ils étaient aussi soumis au tribut et obligés à se conformer à la loi islamique. Ils vivaient sous la protection des musulmans tout comme ceux qui avaient conclu un pacte ou une trêve avec eux, fût-ce avec une femme musulmane. Ils ont subi tout cela à cause de leurs méfaits car ils tuaient injustement les Prophètes et ne croyaient pas aux signes de Dieu, poussés par leur jalousie, leur orgueil et leur haine. Une humiliation les a frappés dans ce bas monde et les frappera aussi dans l'autre.
laysû sawâ'an min 'ahli-l-kitâbi 'ummatun qâ'imatun yatlûna 'âyâti-L-Lâhi 'ânâ'a-l-layli wa hum yasjudûn yu'minûna bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-'âkhiri wa ya'murûna bi-l-ma'rûfi wa yanhawna 'ani-l-munkari wa yusâri'ûna fî-l-khayrâti wa 'ulâ'ika mina-ṣ-ṣâliḥîn wa mâ yaf'alû min khayrin falan yukfarûhu wa-L-Lâhu 'alîmun bi-l-muttaqîn 'inna-l-ladhîna kafarû lan tughniya 'anhum 'amwâluhum wa lâ 'awlâduhum mina- L-Lâhi shay'an wa 'ûlâ'ika 'aṣḥâbu-n-nâri hum fîhâ khâlidûn matalu mâ yunfiqûna fî hâdhihi-l-ḥayâti-d-dunyâ kamatali rîḥin fîhâ ṣirrun 'aṣâbat ḥartha qawmin ẓalamû 'anfusahum fa'ahlakathu wa mâ ẓalamahumu-L-Lâhu wa lâkin 'anfusahum yaẓlimûn
Les gens d'Écriture ne sont pas tous semblables. Il y en a parmi eux qui ont le cœur ferme, qui passent leurs nuits à lire les versets d'Allah et à se prosterner. Ils croient en Allah et au jour du jugement dernier. Ils prescrivent le bien, réprouvent le mal et s'adonnent avec empressement aux bonnes œuvres. Ils sont au nombre des gens de bien. Quelque bien qu'ils fassent, il leur en sera tenu compte. Allah sait qui le craint. Quant aux infidèles, leurs richesses et leurs enfants n'entreront pas en ligne de compte auprès d'Allah. Ils seront voués au feu éternel. Leurs aumônes en ce bas monde ne leur vaudront aucune récompense, elles sont semblables à ces champs cultivés par des injustes, qu'un vent chargé de gel anéantit. Ce n'est pas Allah qui les a maltraités ; ce sont eux qui se sont nuis à eux-mêmes.
Ce qui est admis par la plupart des commentateurs, est que ces versets furent révélés au sujet des docteurs des gens du Livre qui ont embrassé l'islam tels que : Abdullah Ben Salam, Assad Ben 'Oubaïd, Tha'laba Ben Chou'ba et autres.
Ces versets signifient que tous ceux qui ont été le sujet des versets précédents parmi les incrédules des gens d'Écriture et ceux-là ne sont pas semblables, étant donné que les uns sont devenus croyants et les autres restés infidèles. C'est pourquoi Dieu a dit qu'il en est parmi eux une communauté droite qui est soumise aux ordres divins, dont les membres récitent, durant la nuit, les versets de Dieu, en faisant la prière nocturne, invoquant Dieu et récitant le Coran dans leurs prières. Ils croient en Dieu, au jour dernier, ordonnent le bien, déconseillent le blâmable et s'empressent de faire le bien, ils sont ainsi au nombre des justes. Ceux-là aussi ont été mentionnés à la fin de cette sourate :
Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce qu'Il vous a révélé et à ce qu'Il leur a révélé... (3:199)
Dieu fait connaître que quelque bien que ces gens-là accomplissent, il ne leur sera pas dénié, car toute bonne œuvre sera rétribuée par Dieu qui connaît ceux qui Le craignent.
Quant aux polythéistes incrédules, ni leurs biens, ni leurs enfants ne leur seront utiles contre Dieu. Ils mériteront le châtiment qui leur est réservé pour l'éternité.
Puis Dieu donne l'exemple des aumônes qu'ils font en ce bas monde à un vent chargé de grêle qui est pareil à un vent de feu qui brûle et détruit la récolte sans en rien laisser, de ceux qui se sont fait tort à eux-mêmes. Leurs récoltes et fruits ont été anéantis au moment où ces impies en ont besoin. Ainsi toutes les œuvres des incrédules seront vaines et aucune récompense ne leur sera accordée par Dieu. Dieu certes ne les a pas lésés, et ne lèse personne, mais eux, ils se sont nui à eux-mêmes.
yâ 'ayyuhâ-l-laḏîna 'âmanû lâ tattaḫiḏû biṭânatan min dûnikum lâ ya'lûnakum ḫabâlan waddû mâ 'anittum qad badati-l-baġḍâ'u min 'afwâhihim wamâ tuḫfî ṣudûruhum 'akbaru qad bayyannâ lakumu-l-'âyâti 'in kuntum ta'qilûn hâ 'antum 'ûlâ'i tuḥibbûnahum walâ yuḥibbûnakum wa tu'minûna bi-l-kitâbi kullihî wa 'iḏâ laqûkum qâlû 'âmannâ wa 'iḏâ ḫalaw 'aḍḍû 'alaykumu-l-'anâmila mina-l-ġayẓi qul mûtû biġayẓikum 'inna-l-Lâha 'alîmun biḏâti-ṣ-ṣudûr 'in tamsaskum ḥasanatun tasu'hum wa 'in tuṣibkum sayyi'atun yafraḥû bihâ wa 'in taṣbirû wa tattaqû lâ yaḍurrukum kayduhum šay'an 'inna-l-Lâha bimâ ya'malûna muḥîṭ
O croyants, ne choisissez vos hommes de confiance que parmi vous. Les infidèles mettront tout en œuvre pour embrouiller vos affaires. Rien ne les enchante plus que de vous savoir dans la peine. La haine s'échappe de leurs bouches et ce que leur cœur dérobe est pire encore. Vous voilà avertis, si vous savez comprendre. Où en êtes-vous avec ces gens-là ? Vous les aimez et ils ne vous aiment pas. Vous croyez à tous les Livres révélés. Lorsqu'ils vous rencontrent, ils disent : Nous croyons. Mais dès qu'ils sont seuls, ils se mordent les doigts de rage. Dis-leur : Mourez de rage. Car Allah connaît le tréfonds de vos cœurs. Le moindre de vos succès les atterre. Si vous éprouvez un revers, ils se réjouissent. Soyez fermes et craignez Allah et leur hostilité restera vaine. Allah sait tout ce qu'ils font.
Dieu interdit à Ses serviteurs croyants d'établir des liens d'amitié avec les hypocrites en leur révélant tous leurs secrets et dévoilant leurs propres affaires. Ces hypocrites ne manquent pas de faire tort aux croyants à tout moment et de leur nuire en usant de la tromperie et des machinations. Pour cela, Il met en garde les fidèles contre eux et leur ordonne de n'avoir comme conseillers et amis autres que leurs coreligionnaires. A cet égard Abou Sa'id Al-Khouddri rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Dieu n'a envoyé un Prophète ni institué après lui un successeur sans que chacun d'eux n'ait deux genres de conseillers : les premiers leur ordonnent à faire du bien et les incitent à le faire, et les deuxièmes leur ordonnent à faire le mal et les incitent à le faire. Seuls seront préservés (de l'égarement) ceux que Dieu aura préservés (Boukhari, Nassaï)
Ibn Abi Hatem rapporte qu'on a dit à Omar Ben Al-Khattab qu'un jeune homme de Hira qui est digne de confiance et un scribe se trouve là, si tu le prends pour un secrétaire ? Il répondit :
J'aurais donc par ce faire un conseiller en dehors des croyants
Cela sans doute montre qu'il n'est pas permis de prendre de tels hommes qui ne sont pas musulmans mais qui vivent parmi eux, comme secrétaires et conseillers car ils pourraient connaître tous les secrets des musulmans, se mêler à leurs affaires personnelles et les communiquer à leurs ennemis.
Dieu les démasque en disant :
La haine s'échappe de leurs bouches et ce que leur cœur dérobe est pire encore
et cela en avertissant les fidèles de les prendre pour amis, en leur montrant Ses signes peut-être réfléchiront-ils avant d'établir des liens d'amitié avec eux. Il leur dit : «Vous les aimez et ils ne vous aiment pas» même s'ils manifestent leur affection car les cœurs des infidèles ne recèlent que le mal aux musulmans. Vous, croyants, croyez aux Livres célestes, les leurs et le vôtre, mais eux mécroient en votre Livre et c'est vous qui devez leur garder rancune.
«Ils se mordent les doigts de rage» cela montre sans doute le degré maximal de leur haine et leur jalousie. Mais Il ordonne aux fidèles de leur dire : «Mourez de rage» car quelque soit leur rage, Dieu ne cessera plus de parachever Ses bienfaits et grâces sur Ses serviteurs croyants en faisant triompher Sa religion. Il connaît parfaitement le contenu des cœurs. Il réserve la belle récompense aux fidèles et infligera le plus douloureux châtiment aux incrédules.
Pour mettre au clair la grande hostilité que les infidèles gardent aux croyants, et leur haine, Il a dit : «Le moindre de vos succès les atterre» qui signifie que si un bien arrive aux fidèles les impies s'en affligent car ils ne souhaitent aucun bien pour les croyants. Mais : «Si vous éprouvez un revers, ils se réjouissent» voilà comment ils se comportent envers les fidèles comme ce qui était arrivé aux musulmans à la bataille de Ouhod, la défaite qui réjouissait les hypocrites.
Dieu enfin exhorte les croyants et les dirige :
Soyez fermes et craignez Allah et leur hostilité restera vaine
c'est-à-dire pour repousser leur mal, soyez patients, craignez Dieu et mettez votre confiance en Lui, Lui qui cerne les impies et les ennemis de toute part, car il n'y a ni force ni puissance qu'en Lui, et sachez que rien n'arrive en dehors de ce qu'Il a décrété et prédestiné.
wa'iḏ ġadawta min 'ahlika tubawwi'u-l-mu'minîna maqâ'ida li-l-qitâli wa-L-Lâhu samî'un 'alîm 'iḏ hammat tâ'ifatâni minkum 'an tafsalâ wa-L-Lâhu waliyyuhumâ wa 'alâ-L-Lâhi falyatawakkali-l-mu'minûn walaqad nasarakumu-L-Lâhu bi badrin wa 'antum 'aḏillatun fattaqû-L-Lâha la'allakum taskurûn
Souviens-toi du matin où tu quittas les tiens pour ranger tes fidèles en ordre de bataille ? Allah entendait et savait tout. Deux groupes de soldats étaient sur le point de faire défection. Mais Allah raffermit leur courage. C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance. Allah vous a accordé la victoire à Bedr, malgré votre infériorité. Observez les enseignements d'Allah si vous voulez qu'il vous traite en hommes reconnaissants.
Il s'agit de la bataille de Ouhod d'après l'unanimité, sauf Al-Hassan Al-Basri qui a précisé que c'était la bataille des coalisés.
La bataille de Ouhod eut lieu le samedi au troisième jour du mois de Chawal en l'an 3 de l'Hégire, bien que d'autres aient donné une date différente.
La raison pour laquelle cette bataille se déclencha est que les polythéistes voulurent se venger après la défaite qu'ils avaient subie le jour de Badr, où un bon nombre de leurs notables furent tués, et où les musulmans s'emparèrent de la caravane à la tête de laquelle se trouvait Abou Soufian. Les fils de ces hommes tués ainsi que les chefs des Qoraïchites qui restaient en vie dirent à Abou Soufian :
Prends tout cet argent et dépense-le pour la lutte contre Mouhammad.
En effet, ils purent préparer une armée formée de 3000 combattants et marchèrent pour camper près du mont Ouhod en face de Médine.
À Médine, après la prière du vendredi, l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — consulta les fidèles : devait-il sortir pour affronter l'ennemi ou rester à Médine ? Abdullah Ben Oubay lui répondit qu'il valait mieux rester à Médine ; si les polythéistes restaient où ils étaient, ils leur épargneraient leur mal, mais s'ils voulaient entrer à Médine, les hommes les battraient et les jeunes et les femmes leur jetteraient une volée de pierres. Enfin, s'ils retournaient, ils seraient déçus.
Les fidèles qui n'avaient pas pris part au combat le jour de Badr lui proposèrent de sortir à leur rencontre. L'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — entra chez lui, puis sortit en portant le heaume sur la tête. Quelques-uns des fidèles regrettèrent d'avoir proposé la guerre et lui dirent :
Peut-être t'avons-nous contraint au combat ? Ô Envoyé de Dieu, si tu veux, nous restons à Médine.
Il leur répondit :
Il ne sied plus à un Prophète qui a porté son armure de reculer jusqu'à ce que Dieu lui donne un gain de cause.
Le Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — quitta Médine à la tête d'une armée formée de mille combattants. Arrivés à Al-Chawt, Abdullah Ben Oubay rebroussa chemin avec le tiers de cette armée, irrité parce qu'on n'avait pas adopté sa proposition. Lui et ses compagnons dirent :
Si nous savions combattre, nous vous aurions suivis, mais nous croyons que vous n'êtes pas en mesure de combattre.
Quant à l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — et les autres fidèles, ils poursuivirent leur marche jusqu'à ce qu'ils arrivèrent au versant de la vallée où ils campèrent, de sorte que le mont Ouhod les protège par derrière. Il dit aux fidèles :
Ne commencez pas le combat avant que je vous l'ordonne.
L'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — se prépara pour le combat, ordonna aux archers qui étaient au nombre de cinquante, sous le commandement de Abdullah Ben Joubaïr, le frère de Bani Amr Ben Awf, de garder le sommet du mont et leur dit :
Repoussez par vos flèches les cavaliers de l'ennemi, car nous n'allons pas être devant vous. Surtout, ne bougez pas, même si la victoire était la nôtre ou la leur. Ne quittez jamais vos places, même si nous subissions la défaite.
Il mit à la tête d'une partie de l'armée Mouss'ab Ben 'Oumayr en lui confiant l'étendard, et autorisa en ce jour-là les jeunes à prendre part au combat.
Dans le camp adverse, l'armée était composée de 3000 fantassins et de cent cavaliers dont la moitié se trouvait à droite sous le commandement de Khaled Ben Al-Walid, et l'autre à gauche, à la tête de laquelle se trouvait Ikrima Ben Abou Jahl. Ils confièrent le commandement et l'étendard à Bani Abd Eddar. Nous détaillerons plus loin le déroulement du combat (voir le verset n° 151).
Deux groupes de soldats étaient sur le point de faire défection
: il s'agit, selon les dires de Jaber Ben Abdullah, de deux tribus : Banou Haritha et Banou Salama.
Dieu ensuite rappelle aux fidèles la victoire qu'Il leur avait accordée à Badr :
Allah vous a accordé la victoire à Badr malgré votre infériorité.
Cette bataille eut lieu le vendredi au dix-septième jour du mois de Ramadan en l'an 2 de l'Hégire. Ce jour du discernement entre la Vérité et l'erreur, où Dieu a rendu sa religion puissante, dénigré le polythéisme et vaincu les impies, alors que les fidèles ne comptaient pas plus de 313 hommes, y compris deux cavaliers et un seul chameau, et les autres étaient mal équipés, avaient affronté une armée de 1000 guerriers bien équipés qui avaient à leur disposition un grand nombre de montures et de richesses. Et ceci afin que les croyants sachent que la victoire ne vient que de Dieu, en leur donnant un autre exemple et leur rappelant le jour de la bataille de Honein :
quand vous êtes fiers de votre grand nombre, celui-ci ne vous a servi à rien.
Dans son Mousnad, l'imam Ahmed a rapporté que Simak a entendu 'Iyad Al-Ach'ari raconter :
J'ai participé au combat d'Al-Yarmouk où il y avait à la tête de notre armée cinq commandants. Omar nous dit alors : "Si le combat est inévitable, prenez pour commandant Abou 'Oubayda." On lui envoya une lettre afin qu'il nous secoure par un renfort, vu que notre situation était très difficile. Il nous répondit : "J'ai reçu votre lettre et je viens par la présente vous désigner un chef qui est plus puissant et dont l'armée est la meilleure. Il est Dieu, à Lui la puissance et la gloire. Implorez Son secours, car Mouhammad — qu'Allah le bénisse et le salue — a été rendu victorieux le jour de Badr à la tête d'une armée qui était très inférieure à la vôtre. Lorsque vous recevrez ma lettre, combattez l'ennemi sans jamais me consulter."
En effet, nous avons battu l'ennemi, l'avons chassé à une distance de quatre parasanges et avons acquis un grand butin.
À savoir que Badr est un endroit situé entre La Mecque et Médine où il y a un puits qui a été creusé par Badr Ben An-Narayne.
'idh taqûlu li-l-mu'minîna 'alan yakfiyakum 'an yumiddakum rabbukum bitalâtati 'âlâfin mina-l-malâ'ikati munzalîn balâ 'in taṣbirû wa tattaqû wa ya'tikum min fawrihim hâdhâ yumididkum rabbukum bihamsati 'âlâfin mina-l-malâ'ikati musawwamîn wamâ ja'alahu-L-Lâhu 'illâ bushrâ lakum walitatma'inna qulûbukum bihî wamâ-n-nasru 'illâ min 'indi-L-Lâhi-l-'azîzi-l-ḥakîm liyaqta'a tarafan mina-l-ladh îna kafarû 'aw yakbitahum fayanqalibû khâ'ibîn laysa laka mina-l- 'amri shay'un 'aw yatûba 'alayhim 'aw yu'adhdhibahum fa'innahum zâlimûn wa li-L-Lâhi mâ fî-s-samâwâti wamâ fî-l-'ardi yaghfiru liman-yashâ'u wa yu'adhdhibu man-yashâ'u wa-L-Lâhu ghafûru-r-raḥîm
Tu disais aux fidèles pendant le combat: «N'est-ce pas assez que votre Seigneur relève vos courages par trois mille anges descendus du ciel?» Bien mieux. Si vous êtes fermes dans votre foi et si vous craignez Allah, vos ennemis peuvent fondre soudainement sur vous, Allah vous donnera le concours de cinq mille anges d'élite. Allah n'a agi ainsi que pour vous donner confiance et affermir vos cœurs. Il n'y a qu'Allah, tout-puissant et sage, qui puisse donner la victoire. Soit qu'il provoque une scission dans le camp des infidèles, soit qu'il les mette en déroute. Ceux-ci s'en retourneront, défaits. Cela ne te concerne pas. Bien que coupables, c'est à Allah seul qu'il appartient de leur pardonner ou de leur faire expier leurs fautes. Allah est le Maître des cieux et de la terre. Il absout qui Il veut et châtie qui Il veut. En vérité, Allah est miséricordieux et clément.
Cette promesse de Dieu, était-elle le jour de Badr ou celui de Ouhod? Deux opinions ont été données à ce sujet.
Ibn Jarir a dit que le verset : «Tu disais aux fidèles pendant le combat...» se rapporte à celui qui le précède : «Allah nous a accordé la victoire à Badr». Cette opinion a été soutenue par Al-Hassan et Al-Rabi' Ben Anas qui a ajouté :
Le jour de Badr, Dieu a aidé les croyants avec mille anges puis avec d'autres dont le nombre a atteint à la fin cinq mille
Si l'on objecte et dit quelle relation existe entre ce verset et un autre cité dans la sourate du butin où Dieu parle de la bataille de Badr et dit : «Votre Seigneur ne resta pas insensible à vos prières :
Je vous donne l'appui, dit-il, de mille anges en file ininterrompue... ) (8:9)
? La réponse est la suivante : Le nombre mille cité dans ce verset ne contredit pas le nombre trois mille cité dans le verset n° 124 cité dans cette sourate. Car il faut entendre par : mille en file ininterrompue, un mille à la suite d'un autre.
On peut en déduire que ce renfort de ces anges se rapporte à la bataille de Badr où ils ont combattu à côté des musulmans.
Quant à Moujahed, Ikrima et Ad-Dahak, ils ont jugé qu'il s'agit de la bataille de Ouhod lorsque Dieu rappelle à Son Prophète Son secours en lui disant :
Souviens-toi du matin où tu quittas les tiens pour ranger tes fidèles en ordre de bataille...
Ce renfort n'a pas été complété par les cinq mille anges car, dans ce combat, les musulmans avaient pris la fuite.
Bien que la première opinion s'avère plus correcte, Dieu est le plus savant.
Si vous êtes fermes dans votre foi et si vous craignez Allah...
qui signifie : Si vous êtes patients dans le combat des incrédules et vous craignez Dieu en obtempérant à Ses ordres, «Allah vous donnera le concours de cinq mille anges d'élite» ou suivant une autre interprétation : «cinq mille anges marqueurs» c'est-à-dire qui se donnent des marques distinctives au moyen de touffes de laine blanche sur leurs turbans et sur les toupets de leurs cheveux comme a précisé Ali Ben Abi Taleb.
En commentant cela, Ibn Abbas a dit :
Le jour de Badr, les anges portaient des turbans blancs en laissant la bande flotter sur leurs dos, et le jour de Honain, leurs turbans étaient rouges. Mais en fait, les anges n'ont pris part au combat et battu les impies qu'à Badr.
Dieu n'a agi ainsi que pour donner confiance et affermir vos cœurs
c'est-à-dire que Dieu n'a promis aux fidèles de leur envoyer des anges que pour leur annoncer une heureuse nouvelle et tranquilliser leurs cœurs par la victoire qu'Il allait leur accorder, et Lui seul en est capable. En d'autres termes, Il pourra seul triompher sur Ses ennemis sans le concours des fidèles, mais Il l'a fait pour les pousser à combattre dans Sa voie comme Il l'affirme dans un autre verset :
Il en est ainsi : si Dieu l'avait voulu, il se serait débarrassé d'eux, mais Il a voulu vous éprouver les uns par les autres ) (47:4)
Donc Dieu ordonne aux croyants de combattre, et par leur intermédiaire :
Soit qu'Il provoque une scission dans le camp des infidèles, soit qu'Il les mette en déroute
c'est-à-dire afin de tailler en pièces ou de culbuter une partie des incrédules et qu'ils repartent vaincus sans pouvoir réaliser leur projet.
Il fait connaître ensuite à Son Prophète que tout revient à Dieu qui est maître de Ses décisions. Il lui dit : «Cela ne te concerne pas» tout comme Il lui a dit dans d'autres versets pour affirmer cela :
Seule t'incombe la communication du message prophétique, le compte final nous appartient ) (13:40)
et :
Il ne t'incombe pas de diriger les incrédules. Dieu dirige qui Il veut ) (2:272)
et aussi :
Tu ne diriges pas celui que tu aimes, mais Dieu dirige qui Il veut ) (28)
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'avait pas le droit de juger les incrédules, car, comme le montre le verset, Dieu pourra : ou bien revenir vers eux en les dirigeant après leur égarement, ou bien les châtier dans les deux mondes parce qu'ils sont injustes.
Al-Boukhari a rapporté qu'Ibn Omar a dit : «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne cessait d'appeler la malédiction de Dieu sur les impies en citant leurs noms jusqu'à ce que ce verset fût révélé : «Cela ne te concerne pas». Il a rapporté aussi d'après Abou Houraira que lorsque l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- voulait invoquer Dieu en faveur de quelqu'un ou maudire quelqu'un, il le faisait dans son qounoute en se relevant de l'inclinaison, après avoir dit :
Dieu écoute ceux qui le louent, notre Seigneur à Toi la louange. Mon Dieu, sauve Al-Walid Ben Al-Walid, Salama Ben Hicham, 'Ayach Ben Abi Rabi'a et les faibles parmi les croyants. Mon Dieu, agis avec violence contre la tribu de Moudar et accable-la par la disette comme les années de Joseph
Il faisait cela à haute voix et disait parfois dans la prière de l'aube : «Mon Dieu, maudis un tel, et un tel», en les désignant par leurs noms ainsi que quelques tribus des arabes jusqu'à ce que Dieu lui révélât : «Cela ne te concerne pas».
L'imam Ahmed a rapporté d'après Anas que le jour de la bataille de Ouhod, une incisive du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut cassée et son sourcil blessé, et le sang coula sur son visage. Il dit :
Comment un peuple peut-il réussir en maltraitant son Prophète de la sorte alors qu'il l'appelle à Dieu ?
Dieu alors lui révéla : «Cela ne te concerne pas». Un hadith pareil a été rapporté par Qatada.
Dieu rappelle aux hommes «qu'Il est le Maître des cieux et de la terre» et ce qu'ils contiennent et leurs habitants ne sont que Ses esclaves. «Il absout qui Il veut et châtie qui Il veut». Car Il dispose de tout, personne ne s'oppose à Son jugement. Il interroge les hommes et Il n'est jamais interrogé.
yâ ’ayyuha-l-ladîna ’âmanû lâ ta’kulû-r-ribâ ’ad‘âfam m u ^ ‘afatan wa-ttaqû-L-Lâha la‘allakum tuflihûn w-attaqû-n-nâra-l-latî ’u‘iddat lilkâfîrîn wa ’atfû-L-Lâha wa-r-rasûla la‘allakum turMmûn wa sâri‘û ’ilâ magfiratim mir-rabbikum wa jannatin ‘ar^hâ-s-samâwâtu wal-’ardu ’u‘iddat li-l-muttaqîn ’al-ladîna yunfiqûna fî-s-sarrâ’i wa-d- ^rrâ’i wa-1-kazimîna-l-gayza wa-l-‘âfîna ‘ani-n-nâsi w-AL-Lâhu yuWbbu1-mulKinîn w-al-ladîna ’idâ fa‘alû fâWsatan ’aw zalamû ’anfusahum dakarû-L-Lâha fas-tagfarû lidunûbihim wa may-yagfiru-d-dunûba ’illâ-1Lâhu walam yusirrû ‘alâ mâ fa‘alû wahum ya‘lamûn ’ûlâ’ika jazâ’ûhum magfiratun mir-rabbihim wa jannâtun tajrî min tahtihâ-l-’anhâru hâlidîna fîhâ wa ni‘ma ’ajru-l-‘âmilîn
croyants, ne pratiquez pas l'usure en multipliant démesurément votre capital. Craignez Allah, si vous voulez vivre heureux. Redoutez le supplice du feu réservé aux insoumis. Soumettez-vous à Allah et au Prophète. Peut-être obtiendrez-vous la miséricorde d'Allah. Hâtez-vous de gagner l'indulgence de votre Seigneur et le paradis, aussi vaste que les cieux et la terre, qu'Allah réserve aux vertueux. Les vertueux qui distribuent leurs biens, qu'ils soient à l'aise ou dans la gêne, qui vainquent leur colère et qui pardonnent à autrui. Allah aime les cœurs généreux. Les vertueux qui, lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent à eux-mêmes, appellent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés. Car qui peut effacer les péchés des hommes si ce n'est Allah ? Les vertueux qui, de propos délibéré, ne persévèrent pas dans le mal. Ceux-là auront pour récompense le pardon d'Allah et pour séjour éternel des jardins arrosés d'eau vive. Quelle belle récompense pour les hommes de bien.
Dieu le Très haut interdit à Ses serviteurs croyants de pratiquer l'usure en produisant plusieurs fois leur capital. A l'ère préislamique -la Jahiliah- et à l'échéance des dettes, le créancier disait à son débiteur: ou tu payes ou tu augmentes le montant de la dette. Si le débiteur ne pouvait s'en acquitter, le créancier lui accordait un délai supplémentaire et ajoutait les intérêts. Ainsi au fil des jours, capital et intérêts pouvaient atteindre les multiples du montant de la dette. Dieu ordonne à Ses serviteurs de le craindre, peut-être seront-ils heureux dans la vie présente et dans l'au-delà.
Puis Il les menace du feu afin de l'éviter en leur disant : «Redoutez le supplice du feu réservé aux insoumis» en les exhortant à Lui obéir ainsi qu'à Son Prophète leur promettant sa miséricorde. Il les porte à s'empresser de faire toutes les œuvres pies et de se rapprocher de Lui pour obtenir comme récompense un paradis large comme les cieux et la terre préparé pour ceux qui le craignent.
On a dit que ce Paradis se trouve sous la voûte du Trône dont sa largeur est égale à sa longueur. Dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Lorsque vous implorez Dieu, demandez-Lui de vous accorder le Firdaws qui est la partie supérieure du Paradis dont son plafond est le Trône du Miséricordieux, et d'où prennent source les fleuves du Paradis
Dans son Mousnad, l'imam Ahmed rapporte que Héraclius avait demandé par écrit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- :
Tu m'appelles à un Paradis large comme les cieux et la terre, où se situe donc l'Enfer?
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répondit : «Gloire à Dieu! Lorsqu'il fait jour où va la nuit?».
Cette réponse comporte deux aspects :
- Le sens ne nous implique pas de renier l'existence de la nuit dans un certain endroit si on ne la voit pas quand il fait jour, même si on l'ignore. Ainsi l'Enfer est là où Dieu à Lui la puissance et la gloire veuille qu'il soit. Ce qui est très logique.
- Il se peut, dans un autre sens, que si le jour enveloppe une moitié du globe terrestre, la nuit se trouve dans l'autre moitié. Ainsi le Paradis pourra être au ciel le plus élevé sous le Trône et dont sa largeur, comme Dieu le décrit, comme les cieux et la terre, et l'Enfer se trouve dans l'abîme.
Il n'y a là aucune contradiction entre la largeur du Paradis et l'existence de l'Enfer. Et Dieu est le plus savant.
A qui ce Paradis est réservé :
- «Aux vertueux qui distribuent leurs biens, qu'ils soient à l'aise ou dans la gêne» C'est dire qui dépensent leurs richesses en aumône qu'ils soient aisés ou pauvres, à l'état de la maladie ou d'une bonne santé, dans l'activité et dans la paresse, bref en toute circonstance comme Dieu le montre dans ce verset : «Ceux qui dépensent leurs biens, la nuit et le jour, en secret et en public» (2:274) c'est à dire qu'aucune autre préoccupation ne les empêche d'obéir aux ordres de Dieu, de dépenser pour obtenir Sa satisfaction, de faire la charité aux autres, etc.
- «(A ceux) qui vainquent leur colère et qui pardonnent à autrui» c'est à dire au moment de leur colère, ils se comportent avec clémence sans répondre au mal par le mal, envers ceux qui leur nuisent. Il a été cité dans une Tradition que Dieu a dit : «O fils d'Adam! Souviens-toi de Moi quand tu t'irrites, Je me souviendrai de toi quand Je m'irrite contre toi et pour t'épargner ma vengeance».
Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos dont nous citons quelques-uns :
- Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «L'homme fort n'est pas celui qui bat les gens, mais il est celui qui se maîtrise quand il est en colère». (Ahmed)
- Abdullah a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Lequel d'entre vous préfère à ses propres biens les biens qu'il laissera à ses successeurs?» On lui répondit : «O Envoyé de Dieu! Il n'en est pas un parmi nous pour préférer à ses propres biens les biens qu'il laissera à ses successeurs». Il répliqua : «Sachez que les biens d'un homme sont ceux qu'il a dépensés en aumône, et les biens de ses successeurs sont ceux qu'il a conservés» (Ahmed)
- Anas a rapporté d'après son père que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Celui qui se maîtrise au moment où il peut agir, Dieu l'appellera devant tout le monde pour lui accorder la faveur de choisir la houri qu'il voudra» (Ahmed)
- En commentant ce verset «Qui vainquent leur colère» Abou Houraira a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Celui qui se maîtrise au moment où il peut se venger, Dieu remplit son cœur de foi et de sécurité».
- «(A ceux) qui pardonnent à autrui» c'est à dire ceux qui, ayant maîtrisé leur colère sans se venger, pardonnent à ceux qui leur causent un certain préjudice, sans garder aucune rancune contre eux, et tel est le sommet de la clémence. «Allah aime les cœurs généreux» et ceux qui font le bien.
Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Il y a trois choses, j'en jure par Dieu, qu'elles seront réalisées : Toute aumône ne saura diminuer les biens de l'homme, tout homme qui pardonne aux autres, Dieu le rendra plus puissant, et tout homme qui fait preuve de sa modestie, Dieu l'élèvera de degrés auprès de Lui
- Oubay Ben Ka'b rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Celui qui aime occuper la plus haute demeure (au jour de la résurrection) et les plus hauts degrés, qu'il pardonne à celui qui l'a opprimé, qu'il donne à celui qui l'a privé et qu'il maintienne le lien avec celui qui l'a rompu» (Al-Hakem)
«(A ceux qui) lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent à eux-mêmes, invoquent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés» c'est à dire une fois qu'ils commettent un péché, ils reviennent à Dieu repentants et implorent Son pardon.
A ce propos, Abou Houraira a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit, en attribuant ces paroles au Seigneur : «Un homme a commis un péché et a invoqué Dieu : «Grand Dieu! Pardonne-moi mon péché». Dieu le Béni et le Très Haut répond :
Mon serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout le péché ou châtie celui qui l'a commis
Puis le même homme a commis un autre péché et dit : «O Seigneur, pardonne mon péché». Dieu le Très Haut répond :
Mon serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout les péchés et châtie celui qui les commet
Puis pour la troisième fois, le même homme commet un péché et dit : «Seigneur, j'ai commis un péché, pardonne-moi». Dieu le Béni et le Très-Haut lui répond :
Mon Serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout les péchés et châtie qui les commet. J'ai pardonné à Mon serviteur, qu'il fasse ce qu'il veut (Ahmed)
Ali -que Dieu l'agrée- rapporte : «Chaque fois que j'entendais un hadith de la bouche de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, j'en tirais un bon parti. Si je l'entendais d'un autre que lui, j'adjurais son rapporteur de son authenticité afin que je l'admette. Une fois Abou Houraira m'a raconté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire :
Tout homme qui commet un péché puis fait ses ablutions, prie deux rak'ats et implore le pardon de Dieu, Dieu lui pardonne. (Ahmed, Ibn Hibban, les auteurs des Sunans)
Ce qui confirme ce hadith est un autre cité dans le Sahih de Muslim rapporté par le prince des croyants Omar Ben Al Khattab dans lequel il raconte qu'il a entendu le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dire : «Pas un fidèle ne fait des ablutions intègres puis dit :
J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, l'Unique, Il n'a pas d'associés, et j'atteste que Mouhammad est Son serviteur et Son Envoyé, sans que les portes du Paradis ne soient ouvertes devant lui pour y entrer par laquelle il voudra (Muslim)
Abou Bakr -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Ne cessez jamais de prononcer la profession de foi et d'implorer le pardon car Iblis a déclaré :
J'ai fait périr les gens en leur suggérant les péchés et ils m'ont fait périr par l'attestation qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et l'imploration du pardon. Lorsque je les ai vus agir ainsi, je les ai fait périr par leurs passions croyant qu'ils sont dans la voie droite (Abou You'la)
Abou Sa'id rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Iblis dit :
Seigneur, je jure par Ta puissance, je ne cesse de tenter les fils d'Adam tant qu'ils sont en vie
Le Seigneur lui répondit :
Je jure par Ma Majesté et Ma Puissance, je ne cesserai de leur pardonner tant qu'ils implorent Mon pardon
Certes Dieu est celui qui absout les péchés tant que les hommes ne persévèrent pas dans le mal en s'entêtant alors qu'ils savent. Ils doivent donc revenir à Dieu en se repentant afin qu'ils obtiennent l'absolution de leurs péchés comme Dieu l'affirme dans plusieurs versets, notamment ceux-là :
- «Ne savent-ils pas que Dieu accueille le repentir de Ses serviteurs» (9:104).
- «Quiconque fait le mal ou se fait tort à lui-même et demande ensuite pardon à Dieu, trouvera Dieu clément et Miséricordieux» (4:110).
Ceux-là obtiendront leur récompense : un pardon de leur Seigneur ; des jardins où coulent les ruisseaux où ils demeureront pour l'éternité. Telle est la belle récompense que Dieu a réservée à ceux qui font le bien.
qad ḫalat min qablikum sunanun fa-sīrū fī-l-'arḍi fa-nẓurū kayfa kāna 'āqibatu-l-mukaḏḏibīn hāḏā bayānun li-n-nāsi wa-hudan wa- maw'iẓatun li-l-muttaqīn wa-lā tahinū wa-lā taḥzanū wa-'antumu-l- 'a'lawna 'in kuntum mu'minīn 'in yamsaskum qarḥun fa-qad massa-l-qawma qarḥun mitluhū wa-tilka-l-'ayyāmu nudāwiluhā bayna-n-nāsi wa-liya'lama-L-Lāhu-l-laḏīna 'āmanū wa-yattaḫiḏa minkum šuhadā'a wa-L-Lāhu lā yuḥibbu-ẓ-ẓālimīn wa-liyumaḥḥiṣa-L-Lāhu-l-laḏīna 'āmanū wa-yamḥaqa-l-kāfirīn 'am ḥasibtum 'an tadḫulū-l-ǧannata wa-lammā ya'lami-L-Lāhu-l-laḏīna ǧāhadū minkum wa-ya'lama-ṣ-ṣābirīn wa-laqad kuntum tamannawna-l-mawta min qabli 'an talqawhu fa-qad ra'aytumuhu wa-'antum tanẓurūn
Que d'expériences humaines ont été réalisées avant vous. Courez le monde. Rendez-vous compte des châtiments qu'ont éprouvés les incrédules. C'est un avertissement pour les hommes. C'est un avis et une leçon pour ceux qui craignent. Ne vous laissez pas abattre, ne vous lamentez pas, et vous aurez le dessus si vous avez la foi. Si un revers vous atteint, dites-vous que d'autres en ont subi aussi. C'est la loi commune, fortune et infortune se succèdent parmi les hommes. C'est un moyen pour Allah de reconnaître les croyants et de faire sortir d'entre vous des témoins. Allah n'aime pas les injustes. C'est un moyen pour Allah de distinguer ceux qui ont la foi et d'anéantir les incrédules. Avez-vous caressé l'illusion d'entrer au Paradis sans qu'Allah distingue entre ceux qui Le servent et persistent dans Sa voie ? Vous souhaitiez la mort avant de la voir face à face. Maintenant vous l'avez vue. Vous l'avez bien vue.
Après les tristes événements qui eurent lieu à la bataille de Ouhod et le meurtre de soixante-dix musulmans, Dieu s'adresse aux fidèles que de telles épreuves avaient subis : des peuples avant vous qui, d'ailleurs, avaient suivi honnêtement leurs Prophètes, mais à la fin ils avaient emporté la victoire sur les incrédules qui traitaient les signes de Dieu de mensonge.
«C'est un avertissement pour les hommes» : il s'agit du Coran qui contient les enseignements clairs, la bonne Direction et des exhortations pour ceux qui ont la foi et appliquent la loi divine.
Puis, pour réconforter les fidèles après cette défaite, Dieu leur dit : «Ne vous laissez pas abattre» ne perdez pas courage «ne vous lamentez pas, et vous aurez le dessus si vous avez la foi» vous serez certes victorieux à la fin si vous êtes des croyants.
Si un revers vous atteint, dites-vous que d'autres en ont subi aussi
car des blessures et des meurtres avaient accablé vos ennemis non loin de vous dans d'autres combats :
C'est la loi commune, fortune et infortune se succèdent parmi les hommes
c'est-à-dire que la guerre a des alternatives et cela dépend toujours de la sagesse de Dieu afin qu'il reconnaisse ceux qui croient, qui sont constants, et qui se font martyrs dans Sa voie rien que pour obtenir Sa satisfaction, car Il n'aime pas les injustes.
«... et d'anéantir les incrédules» qui, une fois victorieux, ne tarderont pas à opprimer et semer la corruption ; un pareil agir ne provoquera que leur perte et leur anéantissement.
Puis Dieu fait connaître aux hommes par Sa sagesse qu'Il les mettra à l'épreuve pour distinguer ceux qui sont fidèles et constants :
Avez-vous caressé l'illusion d'entrer au Paradis sans qu'Allah distingue entre ceux qui Le servent et persistent dans Sa voie ?
Il affirme cela dans d'autres versets quand Il a dit :
Espérez-vous entrer au Paradis sans passer par les épreuves qu'ont subies vos prédécesseurs ? La privation et les maladies ne les épargnèrent pas. Et ils furent ébranlés... (2:214)
et :
Les hommes pensent-ils qu'on les laissera dire : "Nous croyons" sans les éprouver ? (29:2)
Il rappelle aux fidèles leurs souhaits :
Vous souhaitiez la mort avant de la voir face à face. Maintenant vous l'avez vue. Vous l'avez bien vue
c'est-à-dire qu'avant ce jour-là — le jour de Ouhod — vous souhaitiez rencontrer l'ennemi avec empressement, désirant l'affronter afin de manifester votre constance ; voilà maintenant ce que vous aviez tant souhaité, allez-y et combattez.
L'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit dans un hadith authentifié :
Ne souhaitez pas la rencontre de l'ennemi, plutôt demandez à Dieu de vous accorder le pardon et la bonne santé. Mais si vous le rencontrez, soyez constants et sachez que le Paradis est sous l'ombre des sabres (Boukhari, Mouslim)
«Maintenant vous l'avez vue» c'est-à-dire voilà la mort que vous souhaitiez, vous la voyez de vos propres yeux dans la mêlée et l'affrontement de l'ennemi. Car un guerrier attend la mort en combattant comme il souhaite sortir victorieux.
wamâ MuHammadun 'illâ rasûlun qad halat min qablihi-r-rusulu 'afa'in mâta 'aw qutila-n-qalabtum 'alâ 'a'qâbikum wamay-yanqalib 'alâ 'aqibayhi falay-yadurra-L-Lâha shay'an wa sayajzi-L-Lâhu-sh-shâkirîn wamâ kâna linafsin 'an tamûta 'illâ bi'idni-L-Lâhi kitâbam-mu'ajjalan wa may-yurid tawâba-d-dunyâ nu'tihî minhâ wa may-yurid tawâba-l-'âhirati nu'tihî minhâ wa sanajzî-sh-shâkirîn wa ka'ayyin-min nabiyyin qâtala ma'ahû ribbiyyûna katîrun famâ wahanû limâ 'asâbahum fî sabîli-L-Lâhi wamâ da'ufû wamâ-s-takânû wa-L-Lâhu yuHibbu-s-sâbirîn wamâ kâna qawlahum 'illâ 'an qâlû rabbanâ-gfir lanâ dunûbanâ wa 'isrâfanâ fî 'amrinâ wa tabbit 'aqdâmanâ wa-nsurnâ 'alâ-l-qawmi-l-kâfirîn fa'âtâhumu-L-Lâhu tawâba-d-dunyâ wa husna tawâbi-l-'âhirati wa-L-Lâhu yuHibbu-l-muHsinîn
Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres avant lui. S'il venait à mourir ou à être tué, est-ce que vous déserteriez? Ceux qui désertent ne causent aucun tort à Allah et Allah récompense les reconnaissants. Aucune âme ne quitte cette terre sans l'assentiment d'Allah et sans que sa fin ait été écrite et fixée. Celui qui recherche les profits de ce monde, Il le satisfera et Il satisfera aussi celui qui recherche les profits de l'autre monde. Il récompensera les reconnaissants. Combien de Prophètes ont été tués au milieu de leurs compagnons! Ceux-ci ne se sont pas laissés abattre par l'épreuve subie dans la voie d'Allah. Ils n'ont pas faibli et ils n'ont pas capitulé. Allah aime ceux qui sont endurants. Ils ne savaient que répéter: «Seigneur, pardonne-nous nos péchés et nos excès. Affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur les infidèles.» Allah leur accorda les biens de ce monde et la récompense suprême de l'autre monde. Allah aime ceux qui font le bien.
Lorsque les musulmans subirent la défaite à la bataille de Ouhod et que quelques-uns d'entre eux furent tués, le démon proclama: Mouhammad a été tué. Ibn Qami'a retourna au camp des polythéistes et leur dit: «Je viens de tuer Mouhammad». Or cet infidèle ne l'avait pas tué mais il l'avait frappé en lui causant une blessure à la tête. Cette rumeur circula parmi les fidèles qui crurent qu'il avait été tué, ce qui engendra une certaine faiblesse dans leurs cœurs et les découragea. Ce verset fut alors révélé:
Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres avant lui
c'est-à-dire que son sort ne fut pas étrange car bien d'autres Prophètes avant lui ont subi une fin pareille.
Abou Najih rapporte qu'un homme des Ansars passa par un autre qui gisait par terre dans son sang. Il lui demanda:
Ô untel, penses-tu que Mouhammad a été vraiment tué?
Cet Ansarien lui répondit:
S'il venait à être tué, il avait certes transmis le message. Défendez donc votre religion
Puis Dieu blâme ceux qui se sont affaiblis et sont devenus désespérés:
S'il venait à mourir ou à être tué, est-ce que vous déserteriez?
c'est-à-dire: retourneriez-vous sur vos pas en battant en retraite. «Ceux qui désertent ne causent aucun tort à Allah et Allah récompense les reconnaissants», les vaillants, ceux qui ont observé Ses enseignements, en obéissant à Ses ordres, luttant pour Sa cause et qui ont suivi le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mort et vivant. On rapporte qu'à la mort de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, Abou Bakr As-Siddiq sortit pour annoncer cela et récita ce verset.
Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que, lors de la mort du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, Abou Bakr -que Dieu l'agrée- arriva de sa demeure à Sanh monté sur un cheval. Il entra directement dans la mosquée sans parler à personne, puis se rendit chez elle voulant voir l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- couvert d'un vêtement. Il découvrit son visage, l'embrassa et commença à pleurer, puis il lui dit:
Que je me sacrifie pour toi père et mère! Par Dieu, Dieu ne te fait pas mourir deux fois. La mort qui t'a été inscrite, la voilà réalisée
Ibn Abbas ajouta: «Abou Bakr sortit de chez le Prophète et trouva Omar s'entretenir avec les hommes, il lui dit: «Assieds-toi, ô Omar». Puis s'adressant aux hommes, Abou Bakr dit: «Celui qui adorait Mouhammad, Mouhammad est mort. Celui qui adore Dieu qu'il sache que Dieu est Vivant et ne mourra jamais. Dieu le Très Haut a dit:
Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres avant lui...
jusqu'à la fin du verset. Par Dieu, poursuivit Ibn Abbas, c'est comme si les hommes ignoraient que Dieu avait révélé ce verset jusqu'à ce qu'Abou Bakr le récitât, et les hommes ne cessèrent de le réciter.
Ibn Abbas raconte qu'Ali disait, du vivant de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en récitant le verset:
Par Dieu, nous ne retournerons plus sur nos pas après avoir été dirigés par Dieu. Par Dieu, s'il mourait ou s'il était tué, je combattrais pour les mêmes principes qu'il prêchait jusqu'à ce que je meure à mon tour. Par Dieu, je suis son frère, son ami, son cousin paternel et son successeur. Qui donc a plus de droit que moi sur lui?
Ces dires de Dieu:
Aucune âme ne quitte cette terre sans l'assentiment d'Allah et sans que sa fin ait été écrite et fixée
signifient qu'aucune personne ne meurt avant que son terme ne survienne, lequel lui a été fixé dès sa naissance. Ils sont pareils à ce verset:
La vie d'aucun être n'est prolongée ni abrégée sans que son destin ne soit inscrit dans un Livre (35:11)
et à ce verset:
C'est Lui qui vous a créés d'argile, puis Il a décrété un terme pour chacun de vous, un terme fixé par Lui
[Coran].
Dans ce verset il y a une exhortation au combat sans être lâche ni hésiter à en prendre part, car combattre ou déserter ne changera pas le terme de la vie.
Quant aux biens de ce monde et à ceux de l'autre, Dieu les répartit à tous Ses serviteurs comme Il le précise dans le verset:
Celui qui recherche les profits de ce monde, Je le satisferai, et Je satisferai aussi celui qui recherche les profits de l'autre monde
En d'autres termes, celui qui œuvre pour acquérir les biens de ce monde en aura sa part et sera privé dans l'autre monde. Mais celui qui n'œuvre que pour l'au-delà, Dieu lui réservera la plus belle récompense dans l'autre monde et lui donnera également sa part des biens de la vie présente, comme Dieu le montre dans ce verset:
Nous croissons le champ de celui qui désire le champ de la vie future. Nous accordons quelques profits à celui qui désire le champ de la vie de ce monde, mais il n'aura aucune part dans la vie future (42:20)
et dans celui-ci:
À quiconque désire ce qui passe promptement, nous nous hâtons de donner ce que nous voulons, à qui nous voulons. Puis, nous le destinons à la Géhenne où il brûlera, méprisé et réprouvé. Les croyants qui désirent la vie future et qui font tous leurs efforts pour y tendre: voilà ceux dont le zèle sera reconnu (17:19)
Pour soulager et reconforter les croyants après leur défaite à Ouhod, Dieu leur montre le cas de leurs prédécesseurs en disant:
Que de Prophètes ont été tués au milieu de leurs compagnons
Ibn Jarir a commenté cela et dit qu'il s'agit bien de la bataille de Ouhod quand les musulmans subirent la défaite et abandonnèrent tout combat en entendant les rumeurs que Mouhammad venait d'être tué. Dieu les blâma à cause de leur comportement et leur dit:
S'il venait à mourir ou à être tué, est-ce que vous déserteriez?
Mais Ibn Ishaq, dans la Biographie du Prophète, a commenté ce verset d'une façon différente en disant:
Combien de Prophètes ont combattu et ont été tués. Les troupes qui se trouvaient avec eux ne se sont pas laissées abattre par ces épreuves, n'ont pas faibli devant leurs adversaires, et n'ont pas cédé en combattant dans la voie de Dieu, plutôt ils ont fait preuve d'endurance. Ils ont poursuivi le combat sans que la mort de leurs Prophètes ne les arrête. Leur seule parole était: «Notre Seigneur, pardonne-nous nos péchés et notre excès dans notre conduite, affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur le peuple incrédule». Ceux-là méritent sans doute la récompense dans la vie présente, qui est la victoire, ainsi que la meilleure récompense dans l'au-delà, c'est-à-dire en leur réunissant la belle rétribution dans les deux mondes, car Dieu aime les gens qui font le bien
yâ 'ayyuhâ-l-ladhîna 'âmanû 'in tutî'û-l-ladhîna kafarû yaruddûkum 'alâ 'a'qâbikum fatanqalibû khâsirîn bali-L-Lâhu mawlâkum wahuwa khayru-n-nâsirîn sanulqî fî qulûbi-l-ladhîna kafarû-r-ru'ba bimâ 'ashrakû bi-L-Lâhi mâ lam yunazzal bihî sultânan wa ma'wâhumu-n-nâru wa bi'sa mathwa-z-zâlimîn walaqad sadaqakumu-L-Lâhu wa'dahû 'idh tahussûnahum bi'idhnihî hattâ 'idhâ fashiltum wa tanâza'tum fî-l-'amri wa 'asaytum min ba'di mâ 'arâkum mâ tuhibbûna minkum man yurîdu-d-dunyâ wa minkum man yurîdu-l-'âkhirata thumma sarfakum 'anhum liyabtaliyakum walaqad 'afâ 'ankum wa-L-Lâhu dhû fadlin 'ala-l-mu'minîn 'idh tus'idûna walâ talwûna 'alâ 'ahadin wa-r-rasûlu yad'ûkum fî 'ukhrâkum fa'athâbakum ghammam bi-ghammin likaylâ tahzanû 'alâ mâ fâtakum walâ mâ 'asâbakum wa-L-Lâhu khabîrun bimâ ta'malûn
O croyants, n'écoutez pas les infidèles si vous ne voulez pas retomber dans vos erreurs. Vous seriez perdus alors. Allah, vous le savez, est votre Maître. C'est l'allié le plus sûr. Nous jetterons l'effroi dans le cœur des infidèles pour les punir d'associer à Allah des divinités que ne prouve aucune révélation. L'enfer sera leur séjour. Et quel triste séjour que celui des réprouvés Allah a tenu sa promesse en vous permettant d'anéantir vos ennemis jusqu'au moment où vous avez fléchi, où vous vous êtes contrecarrés dans la conduite de la bataille et où vous avez désobéi après qu'il vous eût fait entrevoir ce que vous désiriez. Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs. Puis Allah a brisé votre élan pour vous éprouver. Maintenant Allah vous a pardonnés, car il est plein de sollicitude pour les croyants. Vous fuyiez alors sans vous soucier les uns des autres, tandis que le Prophète, sur vos derrières, tentait de vous ramener au combat. Allah vous envoya déception sur déception pour vous empêcher de sentir à la fois ce que vous perdiez, et les coups que vous receviez. Car Allah sait tout ce que vous faites.
Dieu met en garde les croyants de prendre pour maîtres les incrédules et de leur obéir, car cette soumission n'engendre que la perte dans les deux mondes. Il leur ordonne de n'obéir et de ne se soumettre qu'à Lui, de demander Son secours et de mettre en Lui leur confiance, en leur disant: «Allah, vous le savez, est votre Maître. C'est
Puis pour les rassurer, Il leur annonce qu'il va jeter l'épouvante dans les cœurs des impies et les frapper d'humiliation pour prix de leur incrédulité et polythéisme. Et dans la vie future leur demeure sera la Géhenne, l'affreux séjour qui leur est réservé, et Il leur infligera un grand supplice.
Dans un hadith authentifié cité dans les deux Sahihs, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
On m'a accordé cinq faveurs qu'aucun autre Prophète n'avait reçues avant moi: La victoire (sur mon ennemi) à une distance d'un mois de marche (en lui inspirant) la terreur; toute la terre m'a été faite comme un lieu pour la prière et son sable un moyen de purification, quiconque de ma communauté peut prier là où il sera le moment de la prière. Les butins sont devenus comme des biens licites pour moi, alors qu'ils ne l'étaient pour aucun avant moi. On m'a accordé le droit d'intercession. Dieu envoyait chaque Prophète à son peuple, tandis que moi, j'ai été envoyé au monde entier (Boukhari)
Dans un autre hadith semblable, on trouve cet ajout:
J'ai épargné mon intercession à quiconque meurt sans rien associer à Dieu
En commentant cette partie du verset:
Nous jetterons l'effroi dans les cœurs des infidèles
Ibn Abbas raconte que Dieu jeta l'épouvante dans les cœurs d'Abou Soufian qui dut retourner à La Mecque. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors:
Abou Soufian a eu une idée de votre force et s'est retourné chez les siens le cœur plein
Allah a tenu Sa promesse en vous permettant d'anéantir vos ennemis
Cette promesse est la victoire d'après Ibn Abbas en accordant la supériorité et le dessus sur les polythéistes pour les anéantir. Mais ceci, malheureusement, ne dura pas longtemps car, lorsque les musulmans ont fléchi et ont soulevé des contestations au sujet de cette affaire «et où vous avez désobéi», il s'agit des archers qui ont enfreint les ordres du Prophète en laissant leur poste sur le sommet de la montagne.
Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs
car les fidèles, ayant vu les incrédules prendre la fuite au début du combat, une partie d'eux avait cessé de combattre et allait à la recherche du butin, et une autre était sur le qui-vive, celle qui désirait les biens de l'autre monde. Et malgré la mauvaise conduite de certains, Dieu leur a pardonné sans les anéantir, d'après l'interprétation.
Ibn Mass'oud raconte: «Le jour de Ouhod, les femmes étaient derrière les fidèles pour achever les blessés parmi les polythéistes. Je jure qu'aucun d'entre nous ne recherchait les biens de ce monde jusqu'à ce que Dieu eût révélé ce verset:
Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs
Après qu'une partie de nous ait désobéi au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il demeura acculé avec sept hommes des Ansars (Médinois), et deux Qoraïchites (Mecquois). Quand leur situation s'aggrava, il dit à ces hommes:
Puisse Dieu faire miséricorde à quiconque les repousse
Un homme des Ansars se leva, battit jusqu'à ce qu'il fut tué. Puis le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- réitéra sa demande qu'à la fin les sept Ansariens furent tués, il dit aux deux autres:
Nous n'avons pas agi équitablement envers nos compagnons
Abou Soufian arriva et leur dit: «Proclamez la grandeur de Houbal (une idole)». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à ses deux compagnons: «Répondez-lui: Dieu est plus Haut et plus Puissant». Ils s'exécutèrent. Abou Soufian reprit:
Nous avons (l'idole) Al-'Ouzza et vous n'avez pas une idole pareille
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à ses deux compagnons:
Répondez: Dieu est notre Maître, et les incrédules n'ont pas un protecteur
Abou Soufian rétorqua:
Ainsi est la guerre: une fois pour et une fois contre
(faisant allusion à la bataille de Badr). Mais l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- riposta:
Non, elle n'est plus ainsi: nos morts sont vivants, ils sont pourvus de biens auprès de leur Seigneur. Quant aux vôtres, ils subissent le supplice du Feu
Abou Soufian de poursuivre:
En ce jour-là, il y a eu des choses abominables: des défigurations, je ne les ai ni ordonnées ni interdites, je ne les ai pas aimées comme je ne les ai pas répugnées. C'est une conduite qui ne m'a ni réjoui ni peiné
À ces mots, les hommes regardèrent et trouvèrent Hamza le ventre creusé. Hind avait enlevé le foie pour le manger mais elle devait le rejeter. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de demander: «A-t-elle mangé quelque chose?» - Non, fut la réponse. Il reprit:
Dieu n'a pas permis qu'une partie de son corps soit dans le feu
(c'est-à-dire si Hind l'avait avalée).
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, plus tard, ordonna qu'on place le cadavre de Hamza devant lui ainsi que celui d'un Ansarien, fit la prière funéraire sur eux. On retira le cadavre de l'Ansarien et on apporta celui d'un autre, et ainsi de suite. Il fit en ce jour-là la prière funéraire soixante-dix fois, et toujours le cadavre de Hamza devant lui.
D'après Al-Boukhari, Al-Bara' a raconté:
Le jour de Ouhod, faisant face aux polythéistes, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna aux archers, à la tête desquels se trouvait Abdullah Ben Joubaïr, de prendre leur position sur le sommet de la montagne et leur dit: «Si vous nous voyez prendre le dessus, ou si les polythéistes l'auraient sur nous, ne quittez plus votre position pour nous secourir». Lorsque nous affrontâmes l'ennemi et les vainquîmes, ils prirent la fuite. Je vis même les femmes se réfugier auprès de la montagne courant et retroussant leurs vêtements de sorte que les bracelets qu'elles portaient aux chevilles apparurent. Les archers s'écrièrent: «Au butin! Au butin!» Abdullah Ben Joubaïr leur dit: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- m'a ordonné de ne plus quitter nos postes», mais ils lui désobéirent. Les polythéistes purent alors tuer soixante-dix fidèles. Abou Soufian arriva et s'adressa aux musulmans: «Mouhammad est-il parmi vous?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit signe aux fidèles de garder le silence. Abou Soufian réitéra la question pour savoir si Ibn Abi Qouhafa (Abou Bakr) ou Omar Ben Al-Khattab s'y trouvaient, mais il ne reçut aucune réponse. Il dit à la fin: «Si ces hommes-là étaient encore vivants, ils auraient répondu». Omar, ne pouvant se maîtriser, lui répondit: «Tu mens ô ennemi de Dieu. Dieu a laissé en vie ceux qui te causent de la peine». Abou Soufian répliqua: «Proclamez donc la grandeur de Houbal!» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles: «Répondez-lui» - Qu'est-ce que nous devons dire?, lui demandèrent-ils. - Dites, répliqua-t-il: «Dieu est plus haut et plus puissant». Abou Soufian de dire: «Nous avons Ouzza et vous n'avez rien (des idoles)». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit aux musulmans: «Répondez-lui» - Qu'est-ce que nous devons dire? - Dites: Dieu est notre Maître, mais vous autres, n'avez pas un protecteur
Abou Soufian de répliquer:
La guerre certes a ses alternatives; vous l'avez gagnée le jour de Badr, mais aujourd'hui nous avons le dessus. Vous allez trouver quelques uns de vos compagnons défigurés, une chose que je n'ai pas ordonnée, mais quand même elle ne m'a causé aucun chagrin
Al-Zoubayr Ben Al-'Awam raconte:
J'ai vu les domestiques de Hind et ses amies en fuite, retroussant les pans de leurs vêtements ne se souciant de rien. Les archers quittèrent leur poste sur la montagne nous laissant ainsi sans défense. À ce moment les cavaliers de l'ennemi nous attaquèrent par derrière, et un homme cria: «Mouhammad est mort». Nous battîmes en retraite et les polythéistes à notre poursuite, après avoir tué ceux qui portaient les étendards
Abdullah Ben Mass'oud, commentant cet événement, a dit: «Je ne pensais guère qu'un des compagnons du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- désirait les biens de ce monde jusqu'à ce que Dieu révélât:
Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde... jusqu'à la fin du verset
«Puis Allah a brisé votre élan pour vous éprouver». Ibn Ishaq raconte: «Anas Ben An-Nadar, l'oncle d'Anas Ben Malek, vint trouver Omar Ben Al-Khattab et Talha Ben Abdullah qui étaient avec une foule des Mouhajirins et des Ansars après avoir jeté les armes. Il leur dit: «Pourquoi avez-vous cessé de combattre?» On lui répondit:
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- est tué!
Il leur répliqua:
À quoi bon la vie après lui? Allez combattre et mourez comme il est mort en prêchant l'Islam
Puis il s'élança sur les polythéistes et combattit jusqu'à ce qu'il fut tué.
Anas Ben Malek raconte que son oncle Anas Ben An-Nadar a dit:
Je n'ai pas pris part à la bataille de Badr avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, mais si Dieu me permettra de battre à ses côtés, Il vous fera voir ce dont j'en suis capable.
Le jour de Ouhod, voyant les fidèles prendre la fuite, il s'écria:
Mon Dieu, je désavoue auprès de Toi ce que les polythéistes ont perpétré
Il s'avança le sabre à la main et rencontra Sa'd Ben Mou'adh et lui dit: «Ô Sa'd, je sens l'odeur du Paradis à Ouhod». Il poursuivit son chemin et combattit jusqu'à ce qu'il fut tué. Seule sa sœur put reconnaître son corps grâce à un grain de beauté ou une certaine marque sur le doigt. On compta sur son corps quatre-vingt et quelques coups de sabre et de flèches.
Vous fuiez alors sans vous soucier les uns des autres
En fuyant, les fidèles remontèrent sur la montagne sans retourner sur personne à cause de leur frayeur. À ce moment le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les appelait pour reprendre la bataille et résister devant l'ennemi. As-Souddy raconte: «Lorsque les polythéistes foncèrent sur les fidèles, ceux-ci prirent la fuite; certains parmi eux retournèrent à Médine et les autres remontèrent à la montagne et se tinrent sur un grand rocher. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les appela:
À moi ô serviteurs de Dieu! À moi ô serviteurs de Dieu!
C'est à quoi Dieu a fait allusion dans ce verset:
Vous fuiez alors sans vous soucier les uns des autres, tandis que le Prophète, sur vos derrières, tentait de vous ramener au combat
Plusieurs récits ont été racontés au sujet de la bataille de Ouhod qui donnent presque tous le même sens, cependant il y a dans quelques uns certains détails. À ce propos, Sa'd Ben Abi Waqas rapporte qu'il a vu le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- combattre et deux hommes vêtus en blanc étaient à sa droite et à sa gauche et dont personne ne les a vus ni avant cette bataille ni après elle. Il s'agit des deux anges Gabriel et Michel -que Dieu les salue-.
Quant à Omar Ben Al-Zoubayr, il a raconté: «Oubay Ben Khalaf, le frère de Bani Joumah, avait juré à La Mecque qu'il allait tuer l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ayant eu vent de ce serment, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria:
C'est moi qui le tuerai avec la permission de Dieu
Le jour de Ouhod, Oubay arriva au champ de bataille portant toute son armure en disant:
Puisse Dieu me faire périr si je laissais Mouhammad en vie
En s'approchant du Prophète voulant le tuer, Mouss'ab Ben 'Oumayr, le fils de Bani Abd Ed-Dar se plaça en face de lui protégeant ainsi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-; mais il fut tué. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- remarquant alors un espace découvert entre la clavicule d'Oubay et son heaume, lui y assigna un coup de lance. Oubay tomba de son cheval sans qu'une goutte de sang ne fût coulée. Les amis d'Oubay le transportèrent alors qu'il mugissait comme un taureau. Ils lui dirent: «Ne t'en fais pas, ce n'est qu'une égratignure». Il leur raconta alors les dires du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «C'est moi qui tuerai Oubay». Puis il dit:
Par celui qui tient mon âme dans Sa main, si les habitants de Dzil-Majaz avaient subi cette blessure, ils auraient tous trouvé la mort
Il mourut ainsi en incrédule dont le Feu est son sort. «Que les hôtes du Brasier soient donc exterminés!»
Il est cité dans les deux Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit:
Dieu se courrouce vivement contre des gens qui ont maltraité Son Prophète
Disant cela, il montra une canine qui a été cassée. «Dieu se courrouce vivement contre un homme que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a tué en combattant dans le chemin de Dieu».
Aïcha, la mère des croyants -que Dieu l'agrée- a dit: «Chaque fois qu'Abou Bakr évoquait le jour de Ouhod, il disait: «Ce jour-là était comme consacré à Talha». Puis il raconta: «J'étais le premier qui revenais à Ouhod et je vis un homme qui battait en défendant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Je dis: «Ce doit être Talha» car je n'avais pas assisté à sa bravoure auparavant. Puis je me dis:
S'il était un de mes concitoyens, il me serait préférable alors qu'un homme inconnu ne soit entre les polythéistes et moi et que je sois plus proche de lui que de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
Cet homme, qui dérobait ses pas, n'était qu'Abou Oubayda Ben Al-Jarrah.
J'arrivai chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et constatai qu'une de ses incisives fut cassée, une blessure au visage et deux anneaux de son heaume y sont enfoncés. Il nous dit: «Allez voir votre compagnon» sous-entendant Talha. Je ne prêtai pas attention à ses paroles et je m'approchai de lui pour lui enlever les deux anneaux quand Abou Oubayda s'écria: «Je t'adjure de me laisser faire». Comme il répugna de les enlever avec sa main pour ne pas lui faire du mal, il tint l'un des anneaux avec ses dents, et, en l'enlevant, causa la cassure de son incisive. Je le priai de me laisser enlever l'autre anneau, mais il refusa et fit comme la première fois et causa la cassure de l'autre incisive.
Après avoir soigné l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, nous nous dirigeâmes vers Talha et comptâmes sur son corps soixante-dix et quelques coups de sabre et de flèches. Un de ses doigts fut coupé.
Ibn Wahb raconte:
Le jour de Ouhod, quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut blessé, le père de Abou Sa'id Al-Khoudri suça la blessure afin de la nettoyer. On lui dit: «Rejette ce que tu viens de sucer». - Non, répondit-il, par Dieu je ne le rejetterai pas
Lorsque le père d'Abou Sa'id s'en alla, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à ses compagnons:
Celui d'entre vous qui aime voir un des bienheureux du Paradis, qu'il regarde cet homme qui tomba en martyr
On demanda à Sahl Ben Sa'd à propos de la blessure de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il répondit:
Son visage fut blessé, ses incisives cassées et son heaume brisé. Fatima lui lavait la blessure et 'Ali versait de l'eau contenue dans son bouclier. Lorsque Fatima constata que l'eau ne faisait que faire couler le sang davantage, elle prit un morceau de natte qu'elle brûla et appliqua la cendre sur la blessure, et ainsi le sang cessa
«Allah vous envoya déception sur déception» c'est-à-dire une tristesse sur une tristesse. Car la première, comme l'a expliquée Ibn Abbas, était quand la rumeur fut répandue que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a été tué, et la deuxième lorsque les cavaliers des polythéistes dominèrent les musulmans après que leurs archers aient quitté leur poste malgré les ordres du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-.
D'autres ont interprété cette partie de verset en disant que la première était la perte du butin et la deuxième la défaite; une explication qui fut confirmée par la suite du verset:
Pour vous empêcher de sentir à la fois ce que vous perdiez, et les coups que vous receviez
Dieu est bien informé de ce que les hommes font.
thumma 'anzala 'alaykum min ba'di-l-ghammi 'amanatan nu'āsan yaghshā ṭā'ifatan minkum wa ṭā'ifatun qad 'ahammat-hum 'anfusuhum yaẓunnūna bi-L-Lāhi ghayra-l-ḥaqqi ẓanna-l-jāhiliyyati yaqūlūna hal lanā mina-l-'amri min shay'in qul 'inna-l-'amra kullahū li-L-Lāhi yukhfūna fī 'anfusihim mā lā yubdūna laka yaqūlūna law kāna lanā mina-l-'amri shay'un mā qutilnā hāhunā qul law kuntum fī buyūtikum labaraza-l-ladhīna kutiba 'alayhimu-l-qatlu 'ilā maḍāji'ihim wa liyabtaliya-L-Lāhu mā fī ṣudūrikum wa liyumaḥḥiṣa mā fī qulūbikum wa-L-Lāhu 'alīmun bi-dhāti-ṣ-ṣudūr 'inna-l-ladhīna tawallaw minkum yawma-l-taqā-l-jam'āni 'innamā-s-tazallahumū-sh-shayṭānu bi-ba'ḍi mā kasabū wa laqad 'afā-L-Lāhu 'anhum 'inna-L-Lāha ghafūrun ḥalīm
Puis, après ces mécomptes, Allah plongea dans le sommeil une partie d'entre vous pour les reposer. Les autres, uniquement occupés d'eux-mêmes, imputaient à Allah toute autre chose que du bien, comme l'auraient fait des idolâtres et disaient: «Nous est-il interdit d'intervenir dans cette affaire?» Dis-leur: «Toute cette affaire est aux mains d'Allah». Ils cachaient au fond de leur cœur bien des choses qu'ils n'osaient te divulguer. Ils pensaient notamment: «Si on nous avait laissé exprimer notre avis dans cette affaire, nous ne serions pas venus nous faire massacrer ici». Dis-leur: «Même si vous étiez restés dans vos demeures, ceux d'entre vous dont la mort a été décrétée seraient sortis pour aller tomber là où la mort les attendait». Et tout ceci pour permettre à Allah de découvrir ce qu'enferment vos poitrines, de démêler ce que cachent vos cœurs. Allah pénètre le fond de vos pensées» Si certains d'entre vous ont trahi le jour de la rencontre des deux armées, c'est qu'ils ont été subornés par Satan, déjà prédisposés par leurs péchés. Néanmoins Allah leur a pardonné, car Il est plein de miséricorde et d'indulgence.
Dieu rappelle à Ses serviteurs croyants qu'après l'affliction, Il leur a accordé la sécurité en forme de sommeil alors qu'ils étaient armés et ceci pour les rassurer. A ce propos Ibn Abbas a dit:
Dans le combat, le sommeil provient de Dieu, mais dans la prière, il est suscité par le démon.
Abou Talha, d'après Al-Boukhari, raconte:
J'étais au nombre de ceux qui ont été enveloppés par le sommeil, mon sabre tombait de ma main et je le reprenais à maintes reprises
L'autre partie désignée dans le verset était les polythéistes et les hypocrites qui étaient inquiets et ne se souciaient que d'eux-mêmes; ils formaient de Dieu des opinions qui n'étaient pas conformes à la vérité, bien que leurs suppositions n'émanaient que de leur ignorance. Quant aux fidèles, ceux qui ont la foi et mettent leur confiance en Dieu, ils étaient sûrs, en fin de compte, que Dieu allait tenir Sa promesse et accorder la victoire à Son Prophète.
Donc, après cette victoire précaire, les polythéistes croyaient qu'ils avaient eu le dessus à jamais sur les fidèles et que, à partir de ce jour-là, l'Islam est vaincu ainsi que les musulmans comme Dieu le montre dans un autre verset:
Vous pensiez que jamais le Prophète et les croyants ne retourneraient parmi les leurs. Cette méprise s'est imposée à vos cœurs sous des apparences trompeuses (48:12)
Ce ne sont que des illusions et qui, d'ailleurs, ne se trouvent que chez les gens dominés par leur doute et leur suspicion une fois qu'une chose pareille leur arrive.
Les croyants, de leur part, disaient:
Y a-t-il quoi que ce soit qui nous concerne en cette affaire?
Ce qu'ils dissimulaient au fond de leur cœur, Dieu le révèle en s'adressant à Son Prophète: «Dis-leur que l'affaire appartient à Dieu». Al-Zoubaïr raconte à ce propos: «Lorsque nous fûmes pris d'effroi en nous trouvant dans cette situation difficile en compagnie de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, le sommeil nous gagna. Par Dieu, et comme je me trouvais dans un rêve, j'entendis Mout'ab Ben Qouchaïr dire comme il se blâmait:
Nous est-il interdit d'intervenir dans cette affaire?
des propos que je retins de lui. Dieu ne tarda pas à faire cette révélation et leur dit ensuite:
Même si vous étiez restés dans vos demeures, ceux d'entre vous dont la mort a été décrétée seraient sortis pour aller tomber là où la mort les attendait
Il leur fit savoir que nul ne pourra échapper à ce qu'il lui avait prédestiné.
Et tout ceci pour permettre à Allah de découvrir ce qu'enferment vos poitrines, de démêler ce que cachent vos cœurs
c'est-à-dire Dieu veut vous mettre à l'épreuve pour qu'Il sépare le mauvais du bon et distingue le croyant de l'incrédule en actes et paroles. Car Il connaît le contenu des cœurs. Il leur déclare ensuite que ceux qui se sont détournés lors de la mêlée, Satan les a fait trébucher à cause de ce qu'ils ont accompli. On a dit à ce propos:
La bonne action n'apporte qu'une bonne action et la mauvaise n'apporte qu'une mauvaise
Malgré leur agir, Dieu les a pardonnés car Il est plein de mansuétude et de
yâ 'ayyuha-l-ladîna 'âmanû lâ takûnû ka-l-ladîna kafarû waqâlû li 'ihwânihim 'idâ darabû fî-l-'ard 'aw kânû guzzan law kânû 'indanâ mâ mâtû wamâ qutilû liyaj'ala-L-Lâhu dâlika hasratan fî qulûbihim wa-L-Lâhu yuhyî wa yumîtu wa-L-Lâhu bimâ ta'malûna basîr wa la'in qutiltum fî sabîli-L-Lâhi 'aw muttum lamagfîratum-mina-L-Lâhi wa rahmatun hayrum mimma yajma'ûn wa la'in muttum 'aw qutiltum la'ila-L-Lâhi tuhšarûn
O croyants, n'imitez pas les infidèles qui pensent, lorsque leurs frères partent en voyage ou au combat: «S'ils étaient restés avec nous, ils ne seraient pas morts et n'auraient pas été tués». Cette pensée, Allah l'a déposée dans leurs cœurs comme un germe de chagrin. Allah ne donne-t-il pas la vie et la mort? Et ne voit-Il pas toutes vos actions? Au surplus, si vous êtes tués ou si vous mourez au service d'Allah, la rémission de vos péchés et la miséricorde d'Allah ne sont-elles pas des biens plus précieux que ceux que vous amassez? Que vous mouriez ou que vous soyez tués, ne devez-vous pas faire retour à Allah?
Dieu interdit aux fidèles d'être comme les incrédules dans leur comportement et d'avoir les mêmes pensées, qui disaient aux leurs qui parcouraient la terre pour un commerce ou un voyage d'agrément ou qui combattaient, ils n'auraient pas trouvé la mort s'ils étaient restés avec eux sans quitter le pays. Cette croyance, Dieu «l'a déposée dans leurs cœurs comme un germe de chagrin» afin d'augmenter leur angoisse sur leurs morts. Puis, pour répondre à leur croyance erronée, Il leur dit: «Allah ne donne-t-il pas la vie et la mort?» C'est Lui donc qui crée, fait vivre et ôte la vie, car nul ne vit ni meurt sans Sa volonté et Sa prédestination. Que la vie soit courte ou longue, nul ne saurait la rendre ainsi si ce n'est Dieu seul. Il leur rappelle toujours qu'Il connaît parfaitement ce qu'ils font pour leur rétribuer et rien de leurs actions ne Lui sera caché.
Il fait connaître aux hommes que s'ils meurent ou sont tués dans la voie de Dieu, leur mort est un moyen pour obtenir la miséricorde de Dieu et Sa satisfaction, et qui sera meilleure pour eux que de survivre dans ce monde et ses biens éphémères. Tous les hommes feront certainement retour à Dieu qui leur demandera compte de leurs actions.
fabimâ ra^matim mina-L-Lâhi linta lahum walaw kunta fazzan galîzza1-qalbi lanfaddû min Mwlika fa‘fu ‘anhum wastagfîr lahum wa sâwirhum fi-l-’amri fa’idâ ’azamta fatawakkal ‘ala-L-lâhi ’inna-L-Lâhâ yuWbbu-1mutawakkilîn ’in yansurukum-L-Lâhu falâ gâliba lakum wa’in yahd ulkum faman dâ-l-ladî yansurukum mim ba'dihî wa ‘ala-L-Lâhi falyatawakkali-l-mu’minûn wamâ kâna li nabiyyin ’an yagulla wa mayyaglul ya’ti bimâ galla yawma-l-qiyâmati tumma tuwaffâ kulla nafsim mâ kasabat wahum lâ yuzlamûn ’afamani-t-taba‘a ridwâna-L-Lâhi kamam bâ’a bi sahatin mina-L-Lâhi wa ma’wâhu jahannamu wa bi’sa-1m asîr(1 6 2 ) hum darajâtun ‘inda-Lâhi w -AL-lâhu basîrum bimâ ya‘malûn laqad manna-L-Lâhu ‘alâ -1-mu’minîna ’id ba‘ata fihim rasûlam min ’anfusihim yatlû ‘alayhim ’âyatihî wa yuzakkihim wa yu‘allimuhumu-l-kitâba wa-l-Wkmata wa’in kanû min qablu lafî ^lâlim mubîn
C'est par la grâce d'Allah que tu es si doux envers les hommes. Si tu avais été brutal, que tu n'aies montré qu'un cœur endurci, ils se seraient détachés de toi. Pardonne-leur, implore le pardon d'Allah pour eux et consulte-les dans les moments difficiles. Mais, une fois ta résolution prise, confie-toi à Allah, car Allah aime ceux qui se fient à Lui. Si Allah vous prête appui, personne ne pourra vous vaincre. Mais s'il vous abandonne, qui pourra vous rendre victorieux? C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance. C'est indécent qu'un Prophète fraude sur le butin. Celui qui l'aura fraudé, rapportera la part du butin qu'il aura dissimulée au jour du jugement dernier. Ce jour-là, toute âme sera rétribuée suivant ses œuvres. Il n'y aura pas d'injustice. Celui qui cherche la grâce d'Allah peut-il être comparé à celui qui a encouru la colère d'Allah et qui aura l'enfer pour séjour? Et quel affreux séjour. Allah les mettra à un rang très différent. Car Allah voit toutes les actions des hommes. Allah a marqué une bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Prophète pour leur divulguer ses enseignements, les rendre meilleurs et leur apprendre le Livre et la sagesse, eux qui étaient naguère dans un égarement complet.
Dieu rappelle à Son Messager ainsi qu'aux croyants d'avoir, par une miséricorde de Lui, rendu son cœur si doux à leur égard. Al-Hassan Al-Basri a dit à ce propos :
Tel fut le caractère de Mouhammad par lequel Dieu l'a envoyé.
Ce verset est semblable à un autre verset dans lequel Dieu a dit :
Un Prophète, pris parmi vous, est venu à vous. Le mal que vous faites lui pèse ; il est avide de votre bien. Il est bon et miséricordieux envers les croyants (9:128)
Puis Dieu lui dit :
Si tu étais brutal, que tu n'aies montré qu'un cœur endurci, ils se seraient détachés de toi
c'est-à-dire que si le Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — tenait des propos inconvenables et sévères, et si son cœur était dur envers les hommes, ils se seraient séparés de lui, mais Dieu, en lui accordant un doux caractère, les avait réunis autour de lui pour rallier leur cœur.
Abdullah Ben Amr a dit :
J'ai lu dans les Livres précédents les qualités du Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — : Il n'était pas grossier, n'avait pas un cœur dur, ne vociférait pas dans les marchés et ne répondait pas au mal par le mal, était indulgent et pardonnait aux autres.
C'est pourquoi Dieu lui dit :
Pardonne-leur, implore le pardon d'Allah pour eux et consulte-les dans les moments difficiles.
En obtempérant aux ordres divins, il ne manquait pas à demander leurs opinions pour calmer leurs esprits afin qu'ils aient plus de zèle et de sincérité dans tout ce qu'il leur importait, par exemple quand il demandait leur avis avant d'entamer l'expédition de Badr, et quand ils lui répondaient :
Si tu nous demandais de traverser la mer, nous l'aurions fait avec toi. Si tu nous amenais vers les "Bourak Al-Ghimad", nous t'aurions suivi. Nous ne te dirons plus comme le peuple de Moïse lui a dit : "Mets-toi en marche, toi et ton Seigneur ; combattez tous deux, quant à nous, nous restons ici." Mais plutôt nous te disons : "Mets-toi en marche, nous combattons avec toi, devant toi, à ta droite, à ta gauche."
À savoir aussi que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a consulté ses compagnons le jour de Ouhod s'il devait rester à Médine ou sortir pour affronter l'ennemi, et comme la plupart lui avait conseillé de sortir, il sortit avec eux. Ainsi le jour des coalisés (la bataille du fossé) quand il a conclu un pacte avec les coalisés suivant lequel il devait leur céder le tiers de la récolte des palmiers de Médine, mais comme Sa'd Ben Mouadh et Sa'd Ben 'Oubada le lui ont déconseillé, il a passé outre ce pacte. Enfin il les a consultés le jour de Houdaybya s'il devait attaquer les enfants et les femmes des polythéistes, mais Abou Bakr lui dit :
Nous ne sommes venus pour mener une guerre mais pour accomplir la visite pieuse
et il a respecté cette opinion.
Ibn Abbas a dit que cette partie du verset : « Consulte-les » a été révélée au sujet de Abou Bakr et de Omar qui étaient les deux apôtres de l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue —, ses deux ministres et les pères des musulmans. À ce propos Abdul Rahman Ben Ghanam a rapporté que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit à Abou Bakr et à Omar :
Si vous vous mettez d'accord sur une affaire je ne saurais vous contredire.
Ali Ben Abi Talib rapporte qu'on demanda à l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — au sujet de la résolution. Il répondit :
Elle consiste à demander l'opinion des hommes avisés puis suivre leur avis.
Mais, une fois ta résolution prise, confie-toi à Allah
c'est-à-dire qu'une fois tu les as consultés, et tu as pris une décision, place ta confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui se fient à Lui, Il secourt ses fidèles serviteurs et ne les abandonne pas, et nul ne pourrait secourir en dehors de Lui.
Il n'est pas décent qu'un Prophète fraude sur le butin.
En commentant ce verset, Ibn Abbas raconte qu'au jour de Badr une pièce de velours avait été dérobée. Certains dirent :
Peut-être l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — l'avait-il prise ?
et comme ils persistèrent dans leurs suppositions, Dieu fit descendre ce verset. Il ne convient pas à un Prophète, ni à un autre, de frauder sur le butin ni de s'emparer injustement d'un bien quelconque, car ce fraudeur viendra avec son péché le jour de la résurrection.
À ce propos, plusieurs hadiths ont été rapportés, et nous allons nous contenter de citer ces quelques-uns :
- Abou Malek Al-Achja'i a rapporté que le Prophète — qu'Allah le bénisse et le salue — a dit : « Le pire des fraudes aux regards de Dieu est une coudée d'un terrain prise injustement. Tu vois deux hommes voisins dont l'un d'eux s'empare injustement soit d'un morceau de terrain, soit d'une partie d'un parvis d'une habitation. Celui-là se verra entouré de sept terres au jour de la résurrection. » (Ahmed)
- L'imam Ahmed raconte que l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — employa un homme de la tribu Al-Azad appelé Ibn Al-Lotbya pour collecter les aumônes. Lorsqu'il revint, après avoir accompli sa mission, il dit : « Ceci me revient car je l'ai reçu comme cadeau, et cela est pour vous. » Alors l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — monta sur la chaire, loua Dieu, le glorifia et dit : « Je charge un homme d'entre vous pour accomplir une tâche que Dieu m'avait confiée. Lorsqu'il revient, il présume : "Voici ce qui vous revient et ceci m'appartient car je l'ai reçu comme cadeau." Pourquoi ne reste-t-il pas dans la maison paternelle pour qu'on lui remette ce cadeau s'il est vraiment sincère ? Par Dieu, qu'aucun parmi vous ne prenne une chose illicite sans qu'il ne rencontre Dieu, au jour de la résurrection, en la portant. Je ne reconnaîtrai aucun de vous, lorsqu'il rencontrera Dieu, s'il porte un chameau qui blatère, ou une vache qui beugle, ou un mouton qui bêle. » Puis il leva les bras, et l'on put voir le blanc de ses aisselles, et dit : « Grand Dieu ! Ai-je rempli ma mission ? » et il répéta cela par trois fois. Suivant une variante, on trouve cet ajout : « Cet homme-là m'appellera : "Ô Mouhammad ! Ô Mouhammad !" Je lui répondrai : "Je ne puis rien pour toi." » (Ahmed)
D'après Al-Tirmidhi, Mouadh Ben Jabal raconte :
Lorsque l'Envoyé de Dieu — qu'Allah le bénisse et le salue — me chargea d'aller au Yemen, et avant de partir il me manda et me dit : "Sais-tu pourquoi je t'ai convoqué ? Eh bien ne prends rien quoi que ce soit sans ma permission car ce serait une fraude et : 'Celui qui l'aura fraudé rapportera la part du butin qu'il aura dissimulée au jour du jugement dernier.' Retiens ceci et va accomplir ta mission."
Celui qui cherche la grâce d'Allah peut-il être comparé à celui qui a encouru la colère d'Allah et qui aura l'enfer pour séjour ? Et quel affreux séjour ?
c'est-à-dire ils ne sont pas pareils, celui qui suit les enseignements de Dieu pour obtenir Sa satisfaction et sa meilleure récompense, et celui qui a courroucé Dieu contre lui, qui ne mérite — par sa mauvaise conduite — que la colère de Dieu et qui aura au jour du compte final la Géhenne comme rétribution — quelle détestable fin. Ce verset a ses pareils dans le Coran, on cite à titre d'exemple celui-ci :
Celui qui sait que la révélation que ton Seigneur a fait descendre sur toi est la vérité, serait-il semblable à l'aveugle ? (13:19)
et celui-là :
Celui à qui nous avons fait une belle promesse dont il verra l'accomplissement serait-il comparable à celui à qui nous avons accordé les brèves jouissances de la vie de ce monde... (28:61)
« Allah les mettra à un rang très différent » qui signifie que tant aux gens de bien qu'aux gens du mal, ils constituent une hiérarchie auprès de Dieu, qu'ils soient au Paradis ou qu'ils soient à l'Enfer, chacun d'eux occupera la place qu'il méritera. C'est pourquoi Dieu a dit ensuite : « Car Allah voit toutes les actions des hommes » il accorde à chacun d'eux la récompense qu'il mérite sans le léser ni l'opprimer.
Allah a marqué une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Prophète
afin qu'ils puissent s'entretenir avec lui, lui poser des questions, lui tenir compagnie et tirer un bon parti de ses enseignements. Dieu a dit aussi dans un autre verset pour confirmer la nature des Prophètes :
Dis : "Je ne suis qu'un mortel semblable à vous. Il m'est révélé que votre Dieu est un Dieu unique" (18:110)
comme Il a dit également :
Nous n'avons envoyé avant toi que des Prophètes qui se nourrissaient de mets et qui circulaient dans les marchés (25:20)
et :
Nous n'avions envoyé avant toi que des hommes résidant dans les cités, et que nous inspirions (12:109)
et encore :
Ô assemblées des djinns et des hommes ! Des Prophètes choisis parmi vous ne sont-ils pas venus à vous ? (6:130)
Donc c'est une grâce infinie qu'un Prophète soit choisi parmi les hommes pour leur réciter les versets de Dieu, les purifier en leur enjoignant d'ordonner le bien et de déconseiller le répréhensible, et par ce faire leurs âmes seront purifiées et débarrassées de toutes les souillures et infamies qu'ils perpétraient au temps de leur polythéisme et de leur ignorance. Il leur enseigne également le Livre et la sagesse même s'ils avaient été auparavant dans une erreur manifeste.
wa lammâ 'asâbatkum musîbatun qad 'asabtum mithlayâ qultum 'annâ hâdhâ qul huwa min 'indi 'anfusikum 'inna-l-Lâha 'alâ kulli shay'in qadîr wamâ 'asâbakum yawma-l-taqâ-l-jam'âni fa bi'idhni-l-Lâhi wa liya'lama-l-mu'minîna wa liya'lama-l-ladhîna nâfaqû wa qîla lahum ta'âlaw qâtilû fî sabîli-l-Lâhi 'awi-dfa'û qâlû law na'lamu qitâlan la-ttaba'nâkum hum li-l-kufri yawma'idhin 'aqrabu minhum li-l-'îmâni yaqûlûna bi'afwâhihim mâ laysa fî qulûbihim wa-l-Lâhu 'a'lamu bimâ yaktumûn al-ladhîna qâlû li'ikhwânihim wa qa'adû law 'atâ'ûnâ mâ qutilû qul fadra'û 'an 'anfusikumu-l-mawta 'in kuntum sâdiqîn
Au moment de votre premier revers alors que vous aviez déjà infligé plusieurs défaites à vos ennemis, vous vous écriâtes: «D'où nous vient cette infortune?» Réponds-leur: «De vous-mêmes» Car Allah est tout-puissant. La défaite que vous avez essuyée le jour de la rencontre des deux armées a été voulue par Allah pour reconnaître les infidèles d'avec les hypocrites. A l'appel qui leur fut lancé de venir combattre au service d'Allah ou bien d'aider ses armées, ils répondirent: «Volontiers, si vous saviions combattre». Ces propos montraient qu'ils étaient plus près de l'infidélité que de la foi. Car leurs lèvres exprimaient des sentiments qui n'étaient pas dans leurs coeurs. Mais Allah savait mieux que personne ce qu'ils dissimulaient. Ceux qui étaient restés dans leurs foyers disaient à propos de leurs frères: «S'ils nous avaient écoutés, ils n'auraient pas été tués». Dis-leur: «Repoussez la mort quand elle se présentera à vous, si vous êtes véridiques»
Le jour de Ouhod les fidèles avaient perdu 70 hommes, par contre lors de la bataille de Badr, ils avaient tué 70 polythéistes et capturé 70 autres. Ils se demandèrent, après la bataille de Ouhod: « D'où nous vient cette infortune? » Dieu inspira alors à Son Prophète de leur répondre: « De vous-mêmes ».
A cet égard Omar Ben Al-Khattab a dit: « Les fidèles ont été punis lors de la bataille de Ouhod en perdant 70 hommes, et en fuyant le combat, laissant ainsi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dont une de ses incisives fut cassée, sous le heaume brisé sur sa tête en lui causant une blessure. Cette punition leur fut infligée car l'année d'avant, lors de la bataille de Badr, ils avaient accepté le rachat des captifs qu'ils tenaient. Dieu, le jour de Ouhod, leur rappelle cet événement en disant:
Au moment de votre premier revers alors que vous aviez déjà infligé plusieurs défaites à vos ennemis, vous vous écriâtes: « D'où nous vient cette infortune? » Répondez-leur: « De vous-mêmes ». Al-Hassan Al-Basri a dit: A cause de votre désobéissance à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- après qu'il a ordonné aux archers de garder leur poste à la montagne. Dieu est toute puissance, Il fait ce qu'il veut. Il est vrai que les musulmans ont essuyé une défaite le jour de Ouhod comme nous l'avons raconté, mais c'était une chose qui s'est produite avec la permission de Dieu et selon Sa décision et Sa prédestination pour reconnaître ceux qui ont fui mus par leur foi précaire et leur hypocrisie, et ceux qui ont la foi solide et ferme, qui ont résisté et tenu. Parmi le premier groupe - les hypocrites - figuraient Abdullah Ben Oubay Ibn Saloul et ses compagnons qui étaient revenus sur leurs pas laissant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles poursuivre leur marche. On leur a dit: « Avancez! Combattez dans la voie de Dieu. » Ils s'excusèrent en disant: « Volontiers, si nous savions combattre, nous vous suivrions certainement. » On a raconté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- quitta Médine à la tête d'une armée qui comptait mille hommes. Arrivés à « Al-Chawt », un endroit entre Ouhod et Médine, Abdullah Ben Oubay Ibn Saloul, en se détachant de l'armée, avec le tiers des hommes, dit: « Il a obéi aux autres et m'a désobéi, (c'est-à-dire l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-) en consultant ses compagnons, certains lui proposaient de sortir pour combattre, et d'autres lui suggéraient de rester à Médine. » Par Dieu, poursuivit Abdullah, pourquoi ô hommes risquerons-nous nos vies?
Il revint sur ses pas accompagné des hypocrites et de ceux dont la foi était à l'épreuve. Puis Abdullah Ben Amr Ben Haram, le frère de Bani Salam, les appela en leur disant:
Hommes! Je vous rappelle que vous vous êtes engagés vis-à-vis de Dieu de ne plus faire défaut à votre Prophète qui va au combat de votre ennemi!
Ils lui répondirent:
Si nous savions que vous allez vraiment combattre, nous ne vous aurions pas laissés seuls en face de l'ennemi, mais nous sommes sûrs qu'il n'y aurait pas de combat.
Lorsqu'ils persévérèrent dans leur obstination et leur refus, il répliqua:
Puisse Dieu vous éloigner de nous, ô ennemis de Dieu.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles continuèrent à marcher pour affronter les impies. Dieu alors dit à propos de ces hypocrites:
Ils étaient plus près de l'infidélité que de la foi.
Ces gens-là disent avec leurs bouches ce qui n'est pas dans leurs cœurs, par exemple quand ils ont répondu:
Si nous savions combattre, nous t'aurions suivi.
Ils ont dit cela en constatant, dans leur for intérieur, que des polythéistes étaient venus de pays lointains brûlés du désir de combattre les musulmans pour venger leurs morts qui ont été tués à Badr. Mais d'autre part, ils savaient qu'un tel combat aurait lieu certainement, et Dieu dévoile ce qu'ils dissimulèrent quand Il dit:
Mais Allah savait mieux que personne ce qu'ils dissimulaient.
Puis Dieu mentionne ceux qui, après la défaite des fidèles et la tuerie de quelques-uns, blâmaient ceux-là et les autres en disant:
S'ils nous avaient obéi, entendu notre opinion et étaient restés tranquilles dans leurs foyers, ils n'auraient pas été tués.
Dieu leur répond en défiant:
Repoussez la mort quand elle se présentera à vous, si vous êtes véridiques.
Ils croyaient que si on reste chez soi sans aller combattre, on aura la vie sauve, mais ils ignoraient que la mort, tôt ou tard et au moment fixé, les emporterait même s'ils se trouvaient dans des forteresses inexpugnables.
walâ taḥsabanna-l-laḏîna qutilû fî sabîli-L-Lâhi 'amwâtan bal 'aḥyâ'un 'inda rabbihim yurzaqûn fariḥîna bimâ 'âtâhumu-L-Lâhu min faḍlihî wa yastabširûna bi-l-laḏîna lam yalḥaqû bihim min ḫalfihim 'allâ ḫawfun 'alayhim walâ hum yaḥzanûn yastabširûna bini'matim-mina-L-Lâhi wa faḍlin wa 'anna-L-Lâha lâ yuḍî'u 'ajra-l-mu'minîn 'allaḏîna-s-tajâbû li-L-Lâhi wa-r-rasûli mim ba'di mâ 'aṣâbahumu-l-qarḥu li-l-laḏîna 'aḥsanû minhum wa-t-taqaw 'ajrun 'aẓîm 'al-laḏîna qâla la- humu-n-nâsu 'inna-n-nâsa qad jama'û lakum faḫšawhum fazâdahum 'îmânan wa qâlû ḥasbuna-L-Lâhu wa ni'ma-l-wakîl fan-qalabû bini'matim mina-L-Lâhi wa faḍlin lam yamsashum sû'un wa-t-taba'û riḍwâna-L-Lâhi wa-L-Lâhu ḏû faḍlin 'aẓîm 'innamâ ḏâlikumu-š-šayṭânu yuḫawwifu 'awliyâ'ahû falâ taḫâfûhum wa ḫâfûni 'in kuntum mu'minîn
Ne croyez pas que ceux qui ont été tués au service d'Allah soient morts. Non, ils sont vivants. Ils sont auprès d'Allah qui pourvoit à tous leurs besoins. Heureux des bienfaits qu'Allah leur a distribués, sachant déjà le sort enviable réservé aux combattants qui ne les ont pas encore rejoints, auxquels toute crainte et toute peine seront épargnées. Ils se réjouissent des bienfaits et de la grâce d'Allah et de ce qu'Allah ne laisse rien perdre aux fidèles de leurs récompenses. Les fidèles qui ont répondu à l'appel d'Allah et du Prophète, bien que l'adversité les ait frappés. À ceux d'entre eux dont la conduite et la foi auront été exemplaires, une récompense magnifique est réservée. Les fidèles qui, lorsqu'on est venu leur dire : «Vos adversaires s'arment contre vous, prenez garde», ont vu leur foi se décupler et ont dit : «Allah nous suffit, c'est le meilleur des protecteurs». Ceux-là sont rentrés dans leurs foyers, comblés des bienfaits et de la grâce d'Allah. Aucun mal ne les a atteints. Ils ont suivi les commandements d'Allah, Allah dont la grâce est infinie. Ces mauvaises nouvelles, c'est l'œuvre de Satan, qui toujours fait entrevoir des dangers à ses adeptes. Ne vous laissez pas ébranler. Craignez-moi si vous êtes croyants».
Dieu fait connaître aux hommes que les martyrs, s'ils ont été tués dans ce monde, leurs âmes sont vivantes dans la demeure de la stabilité.
Au sujet des hommes que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait envoyés aux habitants de «Bir-Ma'ouna» Anas Ben Malek raconte: «Je ne connais pas si leur nombre était quarante ou soixante-dix, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les a envoyés au «Bir-Maouna» (un certain puits) qui appartenait à Amer Ben Toufaïl Al-Ja'far. Ces gens-là, qui étaient des compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, campèrent dans une grotte qui surplombe le puits. Certains dirent aux autres:
Qui de vous est prêt pour communiquer le message du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- aux habitants de cet endroit?
Abou Milhan Al-Ansari se leva et dit:
Il sortit de la grotte et se dirigea vers les demeures et, arrivé tout près d'elles, il s'écria:
Ô habitants de Bir Maouna, je suis l'émissaire de l'Envoyé de Dieu, j'atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que Mouhammad est Son serviteur et Son Envoyé. Croyez en Dieu et en Son Prophète.
Un homme apparut du côté d'une maison et lui jeta une lance qui perça son flanc et sortit de l'autre côté. Abou Milhan dit alors: «J'ai réussi, je jure par le Seigneur de la Ka'ba.» Les habitants de ce lieu suivirent les traces d'Abou Milhan jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à la grotte et Amer Ben Al-Toufail tua les compagnons d'Abou Milhan.
Au sujet de ces fidèles qui ont été massacrés, Anas Ben Malek a dit que des versets du Coran furent révélés, dont le sens est le suivant:
Faites connaître à nos concitoyens que nous avons rencontré notre Seigneur, Il est satisfait de nous et nous sommes satisfaits de Lui.
Les fidèles avaient lu et récité longtemps ce verset, puis il fut abrogé et substitué par celui-ci:
Ne croyez pas que ceux qui ont été tués au service d'Allah soient morts. Non, ils sont vivants. Ils sont auprès d'Allah qui pourvoit à tous leurs besoins.
Mouslim a mentionné dans son Sahih que Masrouq demanda à Abdullah de lui interpréter ce verset:
Ne croyez pas que ceux qui ont été tués au service d'Allah...
il lui répondit: «Nous avons déjà posé la même question à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et il nous dit:
Leurs âmes sont dans les gésiers d'oiseaux verts qui ont des abris comme des lanternes suspendues au Trône. Ils parcourent le Paradis à leur gré puis reviennent le soir pour s'abriter dans ces lanternes. Dieu les observe et leur demande: «Désirez-vous quelque chose?» Ils lui répondent: «Ô Seigneur, quelle chose désirons-nous encore alors que nous parcourons dans tous les coins du Paradis?». Mais, voyant que Dieu ne les laisse pas sans Lui demander quelque chose, ils Lui disent: «Ô Seigneur, nous désirons être ramenés à la vie et retournés au bas monde afin d'être tués de nouveau dans Ta voie.» Lorsque Dieu constate qu'ils n'ont besoin de rien, Il les laisse tranquilles.
Jaber raconte: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me dit: «Sais-tu que Dieu a ramené ton père à la vie et lui dit: «Demande-moi ce que tu veux.» Il Lui répondit:
Rends-moi à la vie pour que je sois tué encore une fois dans Ton chemin.
Dieu lui répondit:
J'ai décrété que les martyrs ne reviendront plus au bas monde.
Jaber raconte aussi: «Lorsque mon père fut tué, je le pleurai en découvrant son visage. Les compagnons m'interdisaient mais le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne le faisait pas, il me dit:
Ne le pleure pas car les anges ne cessèrent de l'envelopper de leurs ailes jusqu'à ce que son âme fut élevée au ciel.
Les rapporteurs des hadiths ont relaté plusieurs versions concernant le père de Jaber et les autres martyrs et qui, d'ailleurs, ne diffèrent l'une de l'autre que dans les petits détails. Ce qu'il faut retenir consiste à savoir que Dieu honore le martyr et lui accorde un grand mérite. Son âme parcourt le Paradis, se délecte à cueillir de ses fruits, jouit de la plus haute considération divine et voit ce que Dieu a préparé aux croyants. Selon un hadith:
L'âme du croyant prendra la forme d'un oiseau au Paradis. Quant aux âmes des martyrs, elles sont dans des gésiers d'oiseaux verts, et la différence entre les deux est que ces dernières s'envolent et parcourent là où elles voudront.
Heureux des bienfaits qu'Allah leur a distribués...
jusqu'à la fin du verset: signifie que les martyrs qui sont tués en combattant dans le sentier de Dieu seront pourvus de toutes sortes de bienfaits et de la grâce magnifique du Seigneur, vivront dans un grand bonheur, se réjouiront parce qu'ils constatent que ceux qui viendront après eux n'éprouveront aucune crainte ni chagrin, et ils ne regretteront rien de ce qu'ils ont laissé dans le bas monde.
Les fidèles qui ont répondu à l'appel d'Allah et du Prophète, bien que l'adversité les ait frappés.
Ce verset fut révélé à la suite de la bataille de «Hamra Al-Assad», car en ce jour-là, après que les polythéistes eurent accablé les fidèles de quelques pertes, ils retournèrent vers leur pays mais, chemin faisant, ils regrettèrent de n'avoir pas conquis Médine pour mettre fin à la propagation de l'Islam. Ayant eu vent de cet événement, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda aux musulmans de s'élancer à leur poursuite pour les effrayer et leur montrer qu'ils sont encore très forts. Parmi les fidèles qui ont pris part à la bataille de Ouhod, seul Jaber Ben Abdullah était autorisé à être avec les hommes qui poursuivaient les polythéistes, comme nous allons te relater plus loin.
Ikrima, de sa part, raconte: «Après la bataille de Ouhod et le retour des polythéistes à leur pays, leurs concitoyens leur dirent:
Vous avez mal agi car vous n'avez pas tué Mouhammad ni avez fait des captives parmi les musulmanes. Retournez!
Ayant eu vent de ces propos, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- envoya les fidèles à la poursuite des polythéistes. Arrivés à Hamra Al-Assad, ils ne trouvèrent personne car les infidèles avaient dit:
Nous reviendrons l'année prochaine pour attaquer les musulmans.
À la suite de cet événement, qui a été compté en tant qu'expédition, Dieu révéla ce verset:
Les fidèles qui ont répondu à l'appel d'Allah et du Prophète...
Ibn Ishaq rapporte que Abou As-Saëb l'affranchi de 'Aicha Bent Othman a raconté: «Parmi ceux qui ont pris part à la bataille de Ouhod avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, un homme a dit:
Mon frère et moi prîmes part à la bataille de Ouhod et fûmes tous deux blessés. Entendant l'appel du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour aller à la poursuite des impies, je dis à mon frère: «Allons-nous rater une expédition que nous devions accomplir en compagnie de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, non par Dieu,» à savoir que nous n'avions aucune monture à chevaucher; et chacun de nous éprouvait la douleur de ses blessures. Comme les miennes étaient moins graves, je dus porter mon frère sur mon dos à chaque fois que je pouvais le faire jusqu'à notre arrivée à l'endroit désigné.
La bataille de Ouhod eut lieu au mois de Chawal. Les commerçants venaient à Médine au mois de Dzoul-Qo'da et avant leur arrivée, ils campaient auprès du petit puits de Badr (Badr Al-Soughra). En cette année ils y arrivèrent après la bataille de Ouhod alors que les fidèles avaient été atteints par cette infortune, et ils s'en étaient plaints auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui appela les fidèles à sortir avec lui à la poursuite des polythéistes. Arrivé à Hamra Al-Assad, il dit aux fidèles:
Ils lèvent le camp maintenant mais l'année prochaine, quand ils viendront pour faire le pèlerinage, ils seraient incapables de l'emporter.
Satan inspira alors à ses adeptes:
Vos adversaires s'arment contre vous, prenez garde.
Al-Hassan Al-Basri, en commentant ce verset:
Les fidèles qui ont répondu à l'appel d'Allah et de Son Prophète
a dit:
Après qu'Abou Soufian et ses compagnons eurent infligé aux musulmans de certaines pertes et retournèrent à leur pays, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles: «Abou Soufian s'est retourné et Dieu a jeté la frayeur dans son cœur. Qui se porte volontaire pour l'attaquer?» Lui, Abou Bakr, Omar, Othman, Ali et une foule des compagnons se mirent alors à la poursuite d'Abou Soufian. Étant informé de cette contre-attaque, Abou Soufian rencontra une caravane et dit aux commerçants: «Repoussez Mouhammad et vous recevrez telle et telle chose, dites-lui que j'ai préparé une grande armée et j'irai à leur rencontre.» Les commerçants transmirent le message à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui leur répondit: «Allah nous suffit, c'est le meilleur protecteur» et c'est à cette occasion que ce verset fut révélé. Ibn Abbas a dit que lorsqu'Abraham fut jeté au feu, il s'écria: «Allah nous suffit, c'est le meilleur protecteur», ainsi Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- l'a déclaré quand on lui dit que les gens ont sûrement réuni leurs forces contre vous, craignez-les.
Alors la foi des croyants augmentait et ils ne mettaient leur confiance qu'en Dieu.
Il a été rapporté dans un hadith: «Lorsque vous vous trouvez dans une situation difficile et dans la gêne, dites: «Allah nous suffit, c'est le meilleur protecteur.»
Ceux-là sont rentrés dans leurs foyers, comblés des bienfaits et de la grâce d'Allah. Aucun mal ne les a atteints.
Cela signifie que lorsque les fidèles se sont fiés à Dieu, Il combla leur besoin et les défendit contre le mal de leurs adversaires, ainsi ils purent retourner chez eux en tranquillité. Quant aux bienfaits cités dans le verset, Ibn Abbas raconte qu'une caravane de marchandises passa, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les acheta et en fit un grand bénéfice qu'il partagea entre ses compagnons.
Ces mauvaises nouvelles, c'est l'œuvre de Satan, qui toujours fait entrevoir ses dangers à ses adeptes.
C'est-à-dire que le démon effraye les gens par ses suppôts et qu'ils sont si puissants et peuvent leur nuire, mais Dieu dit aux croyants, en répondant aux agissements de Satan:
Ne vous laissez pas ébranler. Craignez-moi si vous êtes croyants.
Donc les fidèles ne doivent que se fier à Dieu et ne rechercher un refuge qu'auprès de Lui car c'est Lui qui leur suffit et leur accorde la victoire, comme Il le montre dans un autre verset:
Dieu ne suffit-Il pas à Son serviteur, alors que les gens te font peur? (39:36)
Dieu rassure Ses serviteurs croyants et les exhorte à ne prendre aucun protecteur en dehors de Lui; en mettant toute leur confiance en Lui, Il leur accordera la réussite et la victoire. Plusieurs versets affirment cela dont nous citons à titre d'exemples ces quelques-uns:
- «Combattez les partisans de Satan, la cause de Satan est fragile.» (4:76).
- «Tels sont les partisans du Démon. Les partisans du Démon ne sont-ils pas perdus?» (58:19).
- «Oui, Dieu sauvera ceux qui l'assistent. Dieu est, en vérité, fort et puissant.» (22:40).
- «Ô vous qui croyez, si vous aidez Dieu, Il vous secourra.» (47:7).
- «Nous secourrons nos Prophètes et ceux qui auront cru durant leur vie en ce monde, comme le jour où les témoins se dresseront.» (40:51).
- «Dieu a écrit: Moi et Mes Prophètes, nous vaincrons sûrement. Dieu est fort et puissant.» (58:21).
walâ yahzonka-l-la^na yusâri‘ûna fî-l-kufri ’innahum lay-yaAurû-L-Lâha say’an jurîdu-L-Lâhu ’alla yaj‘aia lahum h a ^ n fîl-’âhirati wa lahum ‘ad âbun ‘azîm ’inna-l-ladîna-starawu-l-kufra bil ’imâni lay-yadurru-LLâha say’an wa lahum ‘adâbum ’alîm walâ ya^banna-l-ladîna kafarû ’annamâ numlî lahum hayrul-li ’anfusihim ’innamâ numlî lahum liyazdâdû ’itman walahum ‘adâbum muhîn ma kâna-L-Lâhu liyad ara-l-mu’minîna ‘alâ mâ ’antum ‘alayhi ^ t t â yamîza-l-habîta mina-ttayyibi wamâ kâna-L-Lâhu liyutli‘akum ‘ala-l-gaybi wa lakinna-L-Lâha yajtabî mir-rusulihî may-yasâ’u fa ’âminû bi-L-Lâhi wa rusulihî wa ’in tu’minû wa tattaqû falakum ’ajnm ‘a:»m walâ yahsabanna-l-ladîna yabhalûna bimâ ’âtâhumu-L-Lâhu min fadlihî huwa hayrl-lahum bal huwa sarrul-lahum sayutawwaquna mâ baMû bihî yawma-l-qiyâmati wa liL-lâhi m irâtu-s-sam âw âti w a-l-’ardi w a-L-Lâhu bim â ta ‘m alûna habîr
Ne te laisse pas attrister par ceux qui se jettent dans l'impiété. Ils ne sauraient entamer la cause d'Allah. Allah les privera de toute part dans la vie future. Et ils encourront un châtiment terrible. Ceux qui perdent leur foi pour devenir infidèles ne font pas de tort à la cause d'Allah. Ils encourront un châtiment douloureux. Que les infidèles ne croient pas que si nous les comblons de biens, ce soit pour leur être agréable. Nous ne les comblons de biens que pour qu'ils fassent eux-mêmes plus de mal. Ils encourront un châtiment ignominieux. Allah ne saurait laisser les fidèles dans l'état où ils sont, sans distinguer entre les mauvais et les bons. Il ne saurait, non plus, vous divulguer ses secrets. En vérité, Il choisit ses Prophètes, comme Il veut. Croyez en Allah et en ses Prophètes. Si vous croyez et si vous craignez, Il vous donnera une récompense magnifique. Que ceux qui thésaurisent les biens qu'ils tiennent de la générosité d'Allah ne croient pas qu'ils fassent ainsi une action avantageuse. Loin de là, c'est un malheur pour eux. Au jour du jugement dernier, ils porteront, enroulés à leur cou, les biens qu'ils auront amassés. Allah est l'héritier des cieux et de la terre. Il est informé de toutes vos actions.
Comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- éprouvait un certain chagrin de voir les polythéistes se détourner de ses enseignements en les appelant à Dieu et de se montrer rebelles et obstinés, Dieu le rassure qu'ils ne lui nuisent en rien. Par sa sagesse, Il ne veut leur réserver aucune part dans l'autre monde, et en plus, ils subiront un châtiment douloureux. Car ils ont troqué la foi contre l'infidélité. Ces gens-là qui persistent dans leur incrédulité ne doivent pas penser que le délai que Dieu leur accorde soit un bien pour eux, au contraire, Il les laisse ainsi pour augmenter leurs péchés et ils ne subiront dans l'au-delà que le supplice le plus atroce. On trouve dans le Coran plusieurs versets qui confirment ce fait, lorsque Dieu dit par exemple :
Pensent-ils qu'en leur accordant des biens et des enfants, nous stimulons leur zèle pour le bien ? Au contraire, ils n'en ont pas conscience (23:55-56)
Et aussi ce verset :
Laisse-moi donc avec ceux qui traitent de mensonge ce discours ; nous allons les conduire par étapes par où ils ne savent pas. (68:44)
et cet autre :
Ne te laisse pas séduire par leurs richesses et par leurs enfants. Ces richesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir au cours de cette vie périssable. Finalement, ils rendent l'âme, alors qu'ils sont encore infidèles (9:55)
Pour discerner les mauvais hommes des bons, il n'y a autre moyen que de les éprouver par une certaine infortune où fidèles et infidèles seront dévoilés et connus : les croyants patients et les incrédules pervers. Il s'agit de la bataille de Ouhod qui était cette épreuve pour les uns et les autres et où les hypocrites furent démasqués en trahissant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et en refusant de reprendre le combat et la poursuite des polythéistes.
As-Souddy raconte à ce propos que certains dirent en ce jour-là :
Si Mouhammad est vraiment sincère et véridique, qu'il nous informe donc qui est le croyant et qui est l'infidèle parmi nous ?
Dieu alors fit descendre ce verset :
Allah ne saurait, non plus, vous divulguer ses secrets
C'est-à-dire que Dieu seul tient et connaît tout le mystère dont la discrimination entre fidèles et incrédules. Il choisit aussi qui Il veut parmi Ses Prophètes, tout comme Il dit dans un autre verset :
Il connaît parfaitement le mystère, mais Il ne montre à personne le secret de son mystère, sauf à celui qu'Il agrée comme Prophète (72:26-27)
Ensuite Il ordonne à Ses serviteurs de croire en Lui et en Ses Messagers en leur obéissant et suivant les lois qu'ils apportent, ce qui sera très bénéfique pour eux.
Puis Il critique les avares :
ceux qui thésaurisent les biens qu'ils tiennent de la générosité d'Allah
sans les dépenser dans Son chemin et à Son service, croyant que ce qu'ils amassent leur sera utile, bien au contraire, il sera un mal car, au jour du Jugement dernier, ils porteront autour du cou tous les biens qu'ils auront amassés.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard :
Celui à qui Dieu a accordé une richesse et n'a pas payé la zakat (l'aumône légale) à son sujet, cette richesse lui apparaîtra au jour de la résurrection sous la forme d'une couleuvre à la tête chauve munie de deux points (au-dessus de ses yeux) qui s'enroulera autour du cou de cet homme, le prendra dans ses mâchoires et elle lui dira : "Je suis ta richesse, je suis ton trésor"
Puis il récita :
Que ceux qui thésaurisent les biens.... jusqu'à la fin du verset (Ahmed, Tirmidzi, Nassaï, Ibn Maja)
Bien qu'Ibn Abbas ait dit que ce verset a été révélé au sujet des gens d'Écriture qui ne montraient pas clairement les Livres qu'ils tenaient de Dieu, la première interprétation s'avère plus correcte. Puis Dieu rappelle aux hommes que l'héritage des cieux et de la terre Lui appartient, qu'ils dépensent donc et donnent en aumône ce dont Il leur a fait les dispensateurs, car en fin de compte, tout reviendra à Dieu qui connaît parfaitement ce que les hommes font.
laqad sami'a-L-Lâhu qawla-l-ladhîna qâlû 'inna-L-Lâha faqîrun wa naḥnu 'aghniyâ'u sanaktubu mâ qâlû wa qatlahumu-l-'anbiyâ'a bighayri ḥaqqin wa naqûlu dhûqû 'adhâba-l-ḥarîq dhâlika bimâ qaddamat 'aydîkum wa 'anna-L-Lâha laysa biẓallâmin li-l-'abîd 'al-ladhîna qâlû 'inna-L-Lâha 'ahida 'ilaynâ 'allâ nu'mina li-rasûlin ḥattâ ya'tiyanâ bi-qurbânin ta'kuluhu-n-nâru qul qad jâ'akum rusulun min qablî bi-l-bayyinâti wa bi-l-ladhî qultum falima qataltumûhum 'in kuntum ṣâdiqîn fa'in kadh dhabûka faqad kudhdhibat rusulun min qablika jâ'û bi-l-bayyinâti wa-z-zuburi wa-l-kitâbi-l-munîr
Allah a entendu ceux qui disent: «Allah est pauvre et nous sommes riches». Il prend note de leurs déclarations et de la mort ignominieuse qu'ils ont infligée aux Prophètes et Il leur dira: «Eprouvez le supplice du feu» Et cela en châtiment de ce que vos mains ont perpétré. Allah ne punit jamais à tort les hommes. A ceux qui disent: «Allah nous a recommandé de n'accepter pour Prophète que celui qui viendrait avec une offrande que le feu du ciel consumerait aussitôt», réponds: «Bien des Prophètes m'ont précédé qui ont fait des miracles et même celui dont vous parlez». Pourquoi les avez-vous mis à mort si vous êtes de bonne foi?» S'ils te traitent de menteur, dis-toi que les Prophètes qui t'ont précédé ont subi le même sort, et pourtant ils ont opéré des miracles, apporté des Psaumes et des livres divins
Ibn Abbas raconte que lorsque ce verset :
Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Allah le lui rend au centuple (2:245)
fut révélé,
les juifs demandèrent :
Ô Mouhammad, ton Seigneur est-il devenu si pauvre qu'il demande aux hommes de lui prêter ?
Dieu alors leur répondit par cette révélation : «Allah a entendu ceux qui disent : «Allah est
Ibn Abbas raconte aussi : «Entrant dans la maison d'un enseignant, Abou Bakr As-Siddiq trouva une foule de juifs qui entouraient un homme des leurs appelé Finhas, un de leurs docteurs en compagnie d'un autre appelé Achia'. Abou Bakr dit à Finhas :
Malheur à toi ô Finhas, crains Dieu et convertis-toi. Par Dieu, tu sais bien que Mouhammad est un Prophète envoyé par Dieu et venu à vous apportant la vérité. Vous le trouvez cité chez vous dans la Torah et dans l'Évangile
Finhas répondit :
Par Dieu ô Abou Bakr, nous ne sommes pas des pauvres afin de recourir à Dieu, mais Lui a besoin de nous. Nous ne L'implorons pas comme Il nous implore, nous nous sommes suffis de Lui. Si vraiment Il était riche, Il ne nous aurait pas demandé de Lui prêter comme votre Prophète le prétend. Il nous interdit de pratiquer l'usure, mais par contre Il nous en accorde largement. S'il était riche, Il ne nous aurait pas autorisé l'usure
Abou Bakr, irrité, frappa violemment Finhas au visage et lui dit :
Par celui qui tient mon âme en Sa main, s'il n'y avait ce pacte entre nous, je t'aurais tranché la tête. Ô ennemi de Dieu, traitez-nous de menteurs si vous pouvez le faire et si vous êtes véridiques
Finhas alla trouver ensuite l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit :
Ô Mouhammad, regarde ce que ton compagnon m'a fait.
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda à Abou Bakr la cause de son agissement, il lui répondit :
Ô Envoyé de Dieu, cet ennemi de Dieu a proféré des paroles mensongères. Il prétend que Dieu est pauvre et qu'eux sont riches. Entendant cela, la colère s'empara de moi en vue de Dieu et je le frappai au visage
Mais Finhas renia avoir dit de telles choses. Dieu, à cette occasion, fit descendre ce verset : «Allah a entendu ceux qui disent : «Allah est pauvre et nous sommes riches».
Mais Dieu les menace et les avertit qu'Il va consigner ces propos par écrit et Il leur demandera compte parce qu'ils ont tué Ses Prophètes injustement, dans le but d'aggraver leurs péchés, qui seront rétribués par un feu ardent pour prix de leurs mauvaises actions et de ce que leurs mains ont perpétré. Dieu certes juge Ses serviteurs équitablement et ne lèse personne.
«Ceux qui disent :
Allah nous a recommandé de n'accepter pour Prophète que celui qui viendrait avec une offrande que le feu du ciel consumerait
Dieu, par ce verset, démentit les propos de ceux qui ont prétendu qu'Il a conclu avec eux une alliance suivant laquelle ils ne croient en aucun Prophète tant qu'il ne leur a pas apporté une offrande que le feu consume. En d'autres termes, qu'un des miracles de ce Prophète soit un feu qui descend du ciel et consume l'aumône faite par l'un des leurs. Mais Dieu charge Son Prophète de leur répondre :
Bien des Prophètes m'ont précédé qui ont fait des miracles
c'est-à-dire qu'ils leur ont présenté des signes et des arguments évidents, «et même celui dont vous parlez ? Pourquoi les avez-vous mis à mort» en les traitant de menteurs, en les contredisant et en vous montrant rebelles contre eux : «Si vous êtes de bonne foi ?» et vous présumez que vous suiviez les enseignements et la vérité qu'ils ont prêchés.
Puis Dieu a voulu réconforter Son Prophète et apaiser son cœur, Il lui dit :
S'ils te traitent de menteur, dis-toi que les Prophètes qui t'ont précédé ont subi le même sort, et pourtant ils ont opéré des miracles, apporté des Psaumes et des livres divins
c'est-à-dire les preuves évidentes, les feuillets et toutes les autres Écritures venant du ciel.
kullu nafsin ðâ'iqatu-l-mawti wa 'innamâ tuwaffawna 'ujûrakum yawma-l-qiyâmati faman zuhziha 'ani-n-nâri wa 'udḫila-l-jannata faqad fâza wamâ-l-hayâti-d-dunyâ 'illâ matâ'u-l-gurûr latublawunna fî 'amwâlikum wa 'anfusikum wa latasma'unna mina-l-laðîna 'ûtû-l-kitâba min qablikum wa mina-l-laðîna 'ašrakû 'aðan katîran wa 'in tasbirû wa tattaqû fa'inna ðâlika min 'azmi-l-'umûr
Chaque âme passera par les affres de la mort. Ce qui importe, c'est que vous receviez nos récompenses au jour de la résurrection. Celui qui échappera à l'enfer et entrera au paradis, sera le vrai vainqueur. La vie en ce bas monde n'est faite que de plaisirs éphémères. Vous serez éprouvés dans vos biens et dans vos personnes. Vous entendrez les gens d'Écriture et les idolâtres tenir bien des propos désagréables sur votre compte. Mais prenez patience et pliez-vous à Allah. C'est là, la seule attitude recommandable
Aucune créature ne restera certainement pas en vie car tout périra et:
La face de ton Seigneur subsiste, pleine de majesté et de munificence
Hommes, génies, anges et même les porteurs du Trône mourront. Dieu seul le Dominateur Suprême ne mourra pas. Comme rien n'existait avec Lui, ainsi rien ne subsistera à l'exception de Lui. Dans ce verset il y a une consolation pour les hommes qu'aucun d'eux ne sera éternel mais une fois son terme échu, il mourra comme toutes les autres créatures. Au jour de la résurrection, ils seront rassemblés, jugés et rétribués selon leurs œuvres, et Dieu ne lésera personne.
Ali Ben Abi Taleb raconte que quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mourut, un personnage arriva, on entendait sa voix sans le voir, et leur dit :
Que la paix soit sur vous ô habitants de cette demeure, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions
Il récita :
Tout homme goûtera la mort : vous recevrez sûrement votre rétribution le jour de la résurrection
Puis il dit :
En Dieu vous trouvez une consolation de toute chose perdue. Fiez-vous à Dieu et espérez Sa miséricorde. Car le vrai affligé est celui qui sera privé de la récompense. Que la paix de Dieu soit sur vous ainsi que sa miséricorde et Ses bénédictions
Jafar Ben Mouhammad a rapporté que son père lui a dit en commentant ce récit : «Ali Ben Abi Taleb demanda alors à ceux qui étaient avec lui :
Connaissez-vous ce personnage ? C'est Al-Khadir - que Dieu le salue-
Au jour du jugement dernier, quiconque sera préservé du feu et entré au Paradis, aura trouvé la plus belle récompense et le bonheur. A cet égard Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «La grandeur de la place qu'occupe un fouet au Paradis est meilleure que ce bas monde et ce qu'il contient. Récitez si vous voulez :
Celui qui échappera à l'enfer et entrera au Paradis sera le vrai vainqueur (Ibn Abi Hatem dont l'origine se trouve dans les
Pour minimiser l'importance de ce bas monde, montrer qu'il n'est qu'une jouissance éphémère, trompeuse, Dieu dit :
La vie en ce bas monde n'est faite que de plaisirs éphémères
comme Il le montre dans d'autres versets :
Tout ce qui vous a été donné n'est que jouissance éphémère de la vie de ce monde [(42:36)
](/quran/42#36)
et :
Vous préférez la vie de ce monde alors que la vie dernière est meilleure et qu'elle durera plus longtemps (87:16-17)
Dans un hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Par Dieu, ce bas monde par rapport à la vie future, est comparable à ce qu'un doigt puisse apporter lorsque l'un de vous le plonge dans la mer
Vous serez éprouvés dans vos biens et dans vos personnes
un verset qui est pareil à celui-ci :
Il n'est que trop vrai que nous vous exposerons de temps à autre à la peur et à la faim, que nous vous éprouverons dans vos biens... (2:155)
Cela signifie que tant que le croyant est en vie, il sera éprouvé par la perte d'une partie de ses biens, d'un de ses enfants ou de ses proches parents, et cela ne sera que pour apprécier la fermeté de sa foi et son endurance.
Dieu aussi dans le but de réconforter les fidèles qui ont émigré vers Médine en laissant biens et familles, et avant la bataille de Badr, leur dit :
Vous entendrez les gens d'Écriture et les idolâtres tenir bien des propos désagréables sur votre compte
Mais en même temps Il les exhorte à supporter leurs méfaits, être cléments et à pardonner jusqu'à ce qu'il leur accorde une issue car la patience et la crainte révérencielle de Dieu «Sont la seule attitude recommandable».
A cet égard, Oussama Ben Zaïd raconte le récit suivant : «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- monta sur un âne dont le bât était fait en velours fabriqué à Fadak, il prit en croupe Oussama Ben Zaïd (le rapporteur du hadith) pour aller visiter Sa'd Ben Oubada qui était malade et habitait chez Bani Al-Hareth Ibn Al-Khazraj, et ceci était avant la bataille de Badr.
Passant par une assemblée qui renfermait Abdullah Ben Oubay Ibn Saloul avant sa conversion à l'Islam, et d'autres hommes musulmans, des polythéistes adorateurs des idoles et des juifs. Il y avait également Abdullah Ben Rawaha. Quand la monture passa près de l'assemblée il y eut de la poussière, Abdullah Ben Oubay couvrit son nez par le pan de son vêtement et dit : «Ne nous couvrez pas de la poussière». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les salua, s'arrêta près d'eux, descendit de sa monture et les invita à croire en Dieu en leur récitant un peu du Coran.
Abdullah Ben Oubay Ben Saloul lui dit :
Homme ! Ce que tu viens de dire est merveilleux. Si c'est vrai, ne nous nuis pas dans nos assemblées et retourne chez toi. Celui qui ira te voir, raconte-lui cela
Mais Abdullah Ben Rawaha objecta et dit :
Si, ô Envoyé de Dieu, viens nous rejoindre dans nos réunions car nous aimons cela
Les musulmans, les idolâtres et les juifs se révoltèrent, s'injurièrent et furent sur le point d'en venir aux mains. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne cessa de les calmer jusqu'à ce qu'ils deviennent tranquilles. Puis il remonta sur son âne et continua son chemin jusqu'à ce qu'il arriva chez Sa'd Ben Oubada et il lui dit :
Ô Sa'd ! N'as-tu pas entendu ce qu'a dit Abou Houbab - il voulait dire Abdullah Ben Oubay ? Il a dit telle et telle chose.
Sa'd Ben Oubada répondit :
Ô Envoyé de Dieu ! Pardonne-lui et sois indulgent. Par celui qui t'a révélé le Livre, Dieu a apporté la vérité par cette révélation, car les habitants de cette petite ville (Médine) avaient décidé de le couronner et de le prendre comme chef. Mais Dieu leur ayant refusé cela à la suite de la vérité qu'il t'a révélée, il a manqué ce couronnement et il a agi comme tu l'as vu
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pardonna à Ibn Oubay car les musulmans et l'Envoyé de Dieu pardonnaient aux polythéistes et aux gens du Livre comme Dieu leur a ordonné, et ils se montraient patients en supportant ce qu'ils subissaient de leur part jusqu'à ce qu'ils reçurent l'ordre de Dieu pour les combattre.
Dieu exhorte les fidèles à être patients et pardonner à ceux qui leur nuisent, en montrant la raison quand Il dit :
Beaucoup de gens du Livre, mus par l'envie, souhaiteraient vous faire perdre la foi après que vous l'avez eue, après que la vérité s'est manifestée à eux-mêmes. Excusez-les et pardonnez-leur jusqu'à ce qu'Allah fasse connaître Sa volonté car Il est tout-Puissant (2:109)
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se demandait comment Il pardonnait aux gens en obtempérant aux ordres divins jusqu'à ce que Dieu le lui autorisât. Après l'expédition de Badr où les notables et vaillants parmi les Qoraïchites furent tués, Abdullah Ben Oubay Ben Saloul ainsi que des polythéistes et des idolâtres dirent (au sujet de ce pardon) :
C'est un ordre qui fut adressé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Prêtez-lui donc un serment d'allégeance sur l'Islam
Les hommes alors se convertirent et firent ce serment. Il était normal que quiconque agissait équitablement envers les autres, ordonnait de faire le bien et interdisait le répréhensible, fût assujetti à un mal ou à une nuisance, et qui devait par la suite patienter, endurer, demander l'aide de Dieu et revenir à Lui.
wa 'id 'ahada-L-Lâhu mîtâqa-l-ladîna 'ûtû-l-kitâba latubayyinunnahu lin-nâsi walâ taktumûnahû fanabadûhu warâ'a zuhûrihim wa-staraw bihî tamanan qalîlan fa-bi'sa mâ yastarûn lâ tahsabanna-l-ladîna yafrahûna bimâ 'ataw wa yuhibbûna 'ayyuhadû bimâ lam yafalû falâ tahsabannahum bimafâzatim mina-l-'adâbi wa lahum 'adâbun 'alîm wa li-L-Lâhi mulku-s-samâwâti wa-l-'ardi wa-L-Lâhu 'alâ kulli say'in qadîr
Allah a reçu des gens d'Écriture la promesse qu'ils divulgueraient leur Livre et ne le tiendraient pas caché. Ils l'ont jeté par-dessus leurs épaules et l'ont échangé contre n'importe quoi. Quel honteux marché! Que ceux qui s'extasient sur leurs actes et qui cherchent à être loués, même pour ce qu'ils n'ont pas fait, ne croient pas échapper au châtiment. Ils subiront un châtiment douloureux. Allah est Maître des cieux et de la terre, et Il est tout-Puissant.
Dans ces versets on trouve un blâme et une menace adressés aux gens du Livre desquels Dieu a pris un engagement, par la bouche des Prophètes, de croire en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et d'annoncer son avènement afin que les hommes soient prêts pour recevoir son message, et au moment de son apparition, ils le suivront. Mais au lieu de faire une chose pareille ils se sont contentés d'acquérir un bien insignifiant et vil en dissimulant cette vérité et jetant cet engagement par-dessus leurs épaules. Quel détestable troc qu'ils ont conclu et quelle mauvaise allégeance. C'est un avertissement adressé aux ulémas, théologiens et savants d'agir de la sorte. Ils doivent divulguer leur science sans en rien cacher et montrer le bon chemin aux gens afin qu'ils en profitent.
Dans un hadith authentifié le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Celui à qui on pose une question relative à une science et la dissimule, on mettra sur sa bouche une bride en feu au jour de la résurrection
Et dans un autre hadith rapporté par Boukhari et Mouslim, il a dit :
Celui qui se vante de posséder des choses qu'en réalité elles ne lui appartiennent pas, est comparable à celui qui porte de faux habits (Boukhari, Mouslim)
On a rapporté que Marwan a dit à son domestique : «Ô Rafe', va chez Ibn Abbas et dis-lui :
Si chacun de nous se réjouit de ce qu'il a fait et aime à être loué pour ce qu'il n'a pas fait, et sera châtié dans la vie future, alors nous subirons tous ce châtiment
(en faisant allusion au verset précité). Ibn Abbas répondit :
Ce verset ne vous concerne pas, car il a été révélé au sujet des gens du Livre.
Puis il récita : «Allah a reçu des gens la promesse... jusqu'à la fin du verset. Ibn Abbas ajouta :
Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé aux juifs une chose et ils la lui cachèrent en lui parlant d'autre chose. Ils croyaient qu'ils devaient être loués pour ce renseignement et ils furent réjouis de ce qu'ils avaient dissimulé en lui cachant la réponse
Mais d'après Abou Sa'id Al-Khoudri, l'interprétation de ce verset était la suivante :
Du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- il y avait des hypocrites qui, lorsqu'il partait pour faire une expédition, restaient chez eux sans y prendre part en se réjouissant. Après son retour, ils lui présentaient leurs excuses et aimaient à être loués pour ce qu'ils n'ont pas fait. Dieu à cette occasion fit cette révélation.
Mouhammad Ben Thabet Al-Ansari rapporte que son père demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- : «Ô Envoyé de Dieu, je crains d'être perdu.» - «Pourquoi ?» lui répondit-il. - «Dieu a interdit à l'homme, répliqua mon père, d'aimer à être loué pour ce qu'il n'a pas fait, quant à moi, j'aime à être loué. Il a interdit également la tartuferie, et j'aime la beauté. Il a interdit aussi d'élever nos voix au-dessus de la tienne, mais j'ai une voix forte.» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit alors :
Serais-tu content à être loué, tué en martyr et entrer au Paradis ?
- «Certes oui, ô Envoyé de Dieu.» Ainsi mon père vécut loué et fut tué en martyr le jour du meurtre de Moussailama l'imposteur.
Ces gens-là, concernés par les versets, ne croient pas qu'ils échapperont au supplice du feu, bien au contraire, un châtiment très douloureux les attendra.
Dieu enfin rappelle aux hommes qu'il est le Maître des cieux et de la terre, puissant sur toute chose, qu'ils Le craignent et Le redoutent.
'inna fî halqi-s-samâwâti wa-l-'ardi wa-htilâfi-l-layli wa-n-nahâri la'âyâtil li'ulî-l-'albâb 'al-ladîna yadkurûna-L-Lâha qiyâman wa qu'ûdan wa 'alâ junûbihim wa yatafakkarûna fî halqi-s-samâwâti wa-l-'ardi rabbanâ mâ halaqta hâdâ bâtilan subhânaka faqinâ 'adâba-n-nâr rabbanâ 'innaka man tudhili-n-nâra faqad 'ahzaytahû wamâ li-z-zâlimîna min 'ansâr rabbanâ 'innanâ sami'nâ munâdiyan yunâdî li-l-'îmâni 'an 'âminû bi-rabbikum fa'âmannâ rabbanâ fagfir lanâ dunûbanâ wa kaffir 'annâ sayyi'âtinâ wa tawaffanâ ma'a-l-'abrâr rabbanâ wa 'âtinâ mâ wa'attanâ 'alâ rusulika walâ tuhzinâ yawma-l-qiyâmati 'innaka lâ tuhliful-mî'âd
La création des cieux et de la terre, la succession des nuits et des jours sont des preuves pour les gens qui méditent. Les gens qui prient Allah, debout, assis ou couchés et pour qui la création des cieux et de la terre est un sujet de méditation, les gens qui disent : « O Seigneur, Tu n'as pas créé tout cela en vain. Gloire à Toi. Préserve-nous de l'enfer. » Seigneur, celui que Tu précipites à l'enfer tombe dans l'ignominie. Les pervers ne pourront compter sur aucun secours. Seigneur, nous avons entendu une voix qui nous conviait à croire en Toi. Nous avons cru. Pardonne-nous nos péchés, réponds pour nous des torts que nous avons causés aux autres et fais-nous mourir innocents. Seigneur, donne-nous ce que Tu nous as promis par l'entremise de Tes apôtres. Fais que nous ne soyons pas humiliés au jour de la résurrection. Toi qui ne manques jamais à Tes promesses.
La création des cieux et de la terre signifie l'immensité et la hauteur des premiers, le abaissement et l'épaisseur de l'autre. On y trouve des choses formidables; des planètes, des astres, des mers, des montagnes, des déserts, des arbres, des plantations diverses, des animaux, des minerais qui sont tous au service de l'homme.
«La succession des nuits et des jours» c'est à dire les uns se succèdent aux autres, ils s'allongent et s'écourtent suivant les saisons ou ils ont une durée égale, tel est le décret du Tout-Puissant, l'Omniscient.
Ce sont là des signes pour ceux qui sont doués d'intelligence, qui méditent, pensent et constatent la réalité des choses, non comme les sourds et les muets qui sont démunis de toute raison et dont Dieu les décrit dans ce verset:
Que de signes contiennent les cieux et la terre. Les hommes passent auprès d'eux et s'en détournent (12:105)
Puis Dieu décrit les gens qui méditent: «qui prient Allah, debout, assis ou couchés» c'est à dire en toute posture selon leur capacité physique. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à 'Imran ben Houssayn:
Prie debout, si tu ne peux pas, prie assis et si tu es aussi incapable de le faire, prie couché
Donc ces gens-là ne cessent d'exercer leurs pratiques religieuses, en toute circonstance, soit en public, soit en leur for intérieur. Ils méditent sur la création des cieux et de la terre en s'apercevant de la sagesse du créateur, Son pouvoir, Sa science et Sa miséricorde. Al-Darani a dit à cet égard:
Je ne quitte ma maison sans que ma vue ne tombe sur une chose dont j'en profite et j'en trouve une leçon
Quant à Al-Hassan Al-Basri, il a dit:
Une heure de méditation vaut mieux qu'une nuit à prier durant
Jésus -que Dieu le salue- a dit:
Le bonheur est accordé à celui dont ses paroles sont une mention de Dieu, son silence une réflexion et sa vue pour en tirer une leçon
Jésus -que Dieu le salue- a dit aussi:
Ô fils d'Adam, le faible, crains Dieu où que tu sois, sois faible en ce monde, fais que tes demeures soient les mosquées et les oratoires, entraîne tes yeux à pleurer, ton corps à endurer, ton cœur à réfléchir, et ne te préoccupe plus de ce que tu vas acquérir le lendemain
Le prince des croyants Omar Ben Abdul Aziz, se trouvant parmi ses compagnons, commença à pleurer. En lui demandant la cause, il répondit:
J'ai médité ce bas monde, ses délices et ses bonheurs et j'en ai tiré plusieurs leçons: A peine ses délices cessent, sa détresse commence. S'il n'y avait pas de morale pour ceux qui réfléchissent, il y aurait certainement des avertissements pour ceux qui s'en rappellent
A l'inverse de ceux qui ne prêtent pas attention aux signes qui se trouvent dans les cieux et sur la terre, ceux qui prient Dieu en Le mentionnant à tout moment, méditent sur la création des cieux et de la terre et déclarent: «Ô Seigneur, Tu n'as pas créé tout cela en vain» c'est à dire: Tu n'as pas créé toutes ces créatures sans un but, mais au contraire, pour une raison logique: pour rétribuer ceux qui font le bien d'après leurs actes, et pour rétribuer ceux qui font le mal. Puis ces croyants-là chantent Sa pureté et s'écrient: «Gloire à Toi - Préserve-nous de l'enfer» Lui, qui a créé tout par la vérité et avec équité, qui est loin de tout défaut et vice, qu'il nous préserve du châtiment du feu, qu'il nous dirige vers les bonnes actions qui mènent au Paradis et nous éloignent de l'Enfer car:
Seigneur, celui que Tu précipites à l'enfer tombe dans l'ignominie. Les pervers ne pourront compter sur aucun secours
Les fidèles disent aussi:
Seigneur, nous avons entendu un crieur qui nous appelle à la foi, qui n'est que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, nous avons cru en lui, en son message et nous l'avons suivi, Seigneur, pardonne-nous nos péchés, dissimule-les, efface nos fautes et mauvaises actions et rappelle-nous à Toi avec les bons et les justes. Seigneur, accorde-nous ce dont Tu nous as promis par l'intermédiaire de Tes Prophètes et ne nous humilie pas au jour de la résurrection devant tout le monde, car, en vérité, Tu ne manques jamais à Tes promesses
Il a été affirmé que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- récitait les dix derniers versets de la sourate «La famille d'Imran» quand il se levait la nuit pour faire la prière nocturne. Ibn Abbas raconte:
Je passai une nuit chez ma tante maternelle Maimouna. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- (son époux) s'entretint avec elle durant une heure puis se coucha. Au troisième tiers de la nuit, il se leva, regarda le ciel et récita: La création des cieux et de la terre... jusqu'à la fin du verset. Puis il fit ses ablutions, se cura les dents et pria onze rak'ats. Bilal appela à la prière de l'aurore, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit de chez lui à la mosquée pour faire la prière avec les fidèles
Dans un autre hadith rapporté par Ibn Abbas, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- quitta son appartement vers la fin de la nuit, regarda le ciel et récita: «La création des cieux et de la terre... jusqu'à la fin de la sourate, puis invoqua Dieu par ces mots:
Grand Dieu, mets de la lumière dans mon cœur, de la lumière dans ma vue, de la lumière dans mon ouïe, de la lumière à ma droite et à ma gauche, de la lumière devant moi et derrière moi, de la lumière au-dessus de moi et au-dessous de moi et assigne-moi de la lumière au jour de la résurrection (Ibn Mardaweih)
'Ata raconte: «Nous nous rendîmes chez Ibn Omar, Oubayd Ben Oumayr et moi chez Aicha -que Dieu l'agrée- et nous entrâmes chez elle alors qu'un voile nous séparait. Elle dit à Oubayd: «Ça fait longtemps qu'on ne t'a pas vu.» Il lui répondit:
C'est vrai. Plus que l'absence dure, l'envie de la rencontre sera plus intense
Ibn Omar dit alors:
Laissons cela. Raconte-nous ô Aicha la chose la plus étonnante que tu as vue de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-
Elle pleura et répondit: «Oh, toute sa vie était étonnante: Je me rappelle qu'une nuit -qui m'était consacrée- il entra chez moi et nous nous enlaçâmes puis il me dit: «Laisse-moi cette nuit adorer Dieu». Je lui répondis:
Par Dieu, j'aime être tout près de toi comme j'aime que tu adores ton Seigneur
Il se leva, prit un peu d'eau contenu dans une outre et fit ses ablutions, puis il pria et pleura si longtemps que ses larmes mouillèrent sa barbe. Il se prosterna ensuite en pleurant et ses larmes coulèrent sur le sol. Enfin, la prière terminée, il s'étendit sur son flanc et pleura jusqu'à ce que Bilal arriva pour l'avertir que c'est le moment de la prière de l'aurore. Bilal demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-:
Pourquoi pleures-tu alors que Dieu t'a pardonné tes fautes antérieures et futures?
Il lui répondit: «Malheur à toi ô Bilal: Pourquoi ne pleurerais-je pas alors que cette nuit j'ai reçu cette révélation:
La création des cieux et de la terre, la succession des nuits et des jours sont des preuves pour les gens qui méditent
Puis il dit:
Malheur à celui qui récite ce verset sans méditer sur sa profonde signification
fastajâba lahum rabbuhum 'annî lâ 'udî'u 'amala 'âmilim minkum min dh akarin 'aw 'unthâ ba'dukum mim-ba'din fa-l-ladîna hâjarû wa 'uhrijû min diyârihim wa 'ûdhû fî sabîlî wa qâtalû wa qutilû la'ukaffiranna 'anhum sayyi'âtihim wa la'udhkhilannahum jannâtin tajrî min taḥtihâ-l-'anhâru th awâban min 'indi-L-Lâhi wa-L-Lâhu 'indahû ḥusnu-th-thawâb
Allah a exaucé leurs prières et leur a dit : « Je ne ferai perdre à aucun d'entre vous, hommes ou femmes, le bénéfice de ses actions. Vous êtes issus les uns des autres. Ceux qui auront souffert pour ma cause, qui auront combattu ou auront été tués à Mon service, ceux-là, J'absoudrai toutes leurs fautes. Je les recevrai dans des jardins où courent des eaux vives, en marque de récompense de leur Seigneur. C'est Allah qui décerne les meilleures récompenses. »
Oum Salama rapporte: «Je demandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-:
Je ne trouve pas dans le Coran jusqu'à présent un verset qui fait allusion aux femmes qui ont fait l'hégire (l'émigration)?
Dieu alors fit descendre ce verset:
Je ne ferai perdre à aucun d'entre vous, hommes ou femmes, le bénéfice de ses actions
En effet Oum Salama, selon les dires des Médinois, était la première femme parmi les émigrés (Mouhagirins).
Le verset signifie qu'après la prière des fidèles et leurs invocations, Dieu leur informe qu'il les a exaucés car Il n'est pas loin d'eux comme le montre ce verset:
Si mes serviteurs te questionnent sur moi, dis-leur que je suis près d'eux (2:186)
Il ne laisse pas perdre l'action d'un homme ou d'une femme, mais Il rétribue à chacun la récompense qu'il mérite selon ses œuvres, ils sont tous égaux à Ses regards. Il a réservé le Paradis, la plus belle récompense à:
- «Ceux qui auront émigré» en laissant les demeures des polythéistes pour se diriger vers la demeure de la foi, et en délaissant familles, biens et proches...
- «qui auront souffert pour ma cause» c'est à dire leur seul péché était la foi en Dieu seul, une profession qui n'a pas plu aux impies dont leur comportement vis-à-vis d'eux était maléfique. Dieu a dit à ce propos: «Ils expulsent le Prophète et vous-mêmes, parce que vous croyez en Dieu, votre Seigneur» (60:1) et; «Ils ne leur reprochaient que d'avoir cru en Dieu le Tout-Puissant, celui qui est digne de louanges» (85:8).
«qui auront combattu ou auront été tués à mon service» c'est là le plus grand sacrifice qu'un fidèle puisse accomplir dans la voie de Dieu. Selon un hadith authentifié cité dans les deux Sahihs; «Un homme demanda; «O Envoyé de Dieu, si je mourais en combattant dans le chemin de Dieu, mes péchés me seront-ils pardonnés?» - Oui, lui répondit-il, si tu meurs dans le chemin de Dieu tout en étant constant et espérant avec foi la récompense, et en état d'attaque et non plus de fuite». Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'interrogea; «Répète la question?» L'homme lui répéta la question, et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- de lui dire:
Oui (toutes les fautes seront effacées) à l'exception de la dette, car c'est Gabriel qui vient de me le dire (Boukhari, Mouslim)
Dieu promet à ces gens-là de leur pardonner leurs péchés, de les faire entrer au Paradis où coulent des ruisseaux dont l'eau est incorruptible, des ruisseaux de lait au goût inaltérable, des ruisseaux de vin, délices pour ceux qui en boivent et des ruisseaux de miel purifié, ils y trouveront ce qu'œil n'a vu, oreille n'a entendu et esprit humain n'a imaginé. Telle est leur récompense de la part de Dieu qui a les plus belles récompenses pour Ses fidèles.
lâ yagurrannaka taqalluba-l-ladîna kafarû fî-l-bilâd matâ'un qalilun tumma ma’mawhum jahannama wa bi’sa-l-mihâd lâkini-l-lad îna-t-taqaw rabbahum lahum jannâtun tajrî min tahtiha -l-’anhâru halidîna fihâ nuzulam min ‘indi-L-Lâhi wamâ ‘inda-L-Lâhi hayru-1lil’abrar
Ne sois pas impressionné de voir les infidèles parcourir à leur aise dans le pays. Leur bien-être est éphémère. Ils sont voués à l'enfer. Et quel triste séjour. Par contre, ceux qui craignent leur Seigneur, auront pour séjour des jardins arrosés d'eau vive, séjour éternel et aménagé des mains mêmes d'Allah. Ce qui émane d'Allah est sans prix pour les justes.
Cela signifie : ne te trompe pas à ce que les Impies parcourent le pays à leur aise, délectent de ses fruits et vivent dans l'aisance et le bien-être. Toutes ces délices ne tarderaient pas à disparaître car elles ne constituent qu'une jouissance éphémère. Bientôt ils auront la Géhenne comme détestable demeure éternelle. Dieu a montré le cas des incrédules dans plusieurs versets du Coran dont on tire ces quelques-uns :
- «Seuls les Incrédules discutent les signes de Dieu. Que leur agitation dans ce pays ne te trouble pas» (40:4).
- «Éphémère sera leur réussite en ce monde. Finalement, ils nous feront retour. Puis nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour les punir de leur impiété» (10:70).
- «Nous les laisserons jouir peu de temps de la vie de ce monde, nous leur ferons endurer, ensuite, un terrible châtiment» (31:24).
- «Accorde donc un délai aux incrédules ; accorde-leur un court délai» (86:17).
Mais les croyants à qui Dieu a fait la belle promesse, verront l'accomplissement car ils trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur, un Paradis où coulent les ruisseaux, quelle magnifique demeure pour l'éternité à ceux qui sont pieux et bons.
Abou Ad-Darda' disait souvent : «La mort ne sera que du bien tant au croyant qu'à l'infidèle. Quiconque ne me croit pas, Dieu dit :
Ce qui émane d'Allah est sans prix pour les justes
comme Il dit aussi :
Que les infidèles ne croient pas que si nous les comblons de biens, ce soit pour leur être agréable. Nous ne les comblons de biens que pour qu'ils fassent eux-mêmes plus de mal. Ils encourront un châtiment ignominieux
[Coran III,
wa 'inna min 'ahli-l-kitâbi lamay-yu'minu bi-L-Lâhi wamâ 'unzila 'ilaykum wamâ 'unzila 'ilayhim hâši'îna li-L-Lâhi lâ yaštarûna bi 'âyâti-L-Lâhi tamanan qalîlan 'ulâ'ika lahum 'ajruhum 'inda rabbihim 'inna-L-Lâha sarî'u-l-ḥisâb yâ 'ayyuhâ-llaḏîna 'âmanû-sbirû wa sâbirû wa râbiṭû wattaqû-L-Lâha la'allakum tufliḥûn
Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce qu'il vous a révélé et ce qu'il leur a révélé. Entièrement soumis à Allah, ils ne trafiquent pas de ses enseignements pour un misérable profit. Ils trouveront leurs récompenses auprès de leur Seigneur qui règle rapidement ses comptes. Croyants, soyez patients ; rivalisez de patience, soyez sur le qui-vive et craignez Allah, si vous voulez être heureux.
Parmi les gens du Livre, il y a des hommes qui ont cru en Dieu, à ce qu'il a été révélé à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et à ce qu'il leur a été révélé dans leurs propres Livres, ils se sont soumis à Dieu, ont suivi Ses enseignements, obéi à Ses ordres, ne font pas un troc misérable en échangeant la foi contre un bien éphémère de ce monde, et surtout ils ne cachent pas ce qui a été mentionné dans leurs Livres quant à l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, ses qualités, sa description, son message et sa communauté. Ces gens-là sont l'élite qu'ils soient juifs ou chrétiens. À leur sujet le Seigneur a révélé plusieurs versets dont on cite à titre d'exemple ces quelques-uns :
- «Ceux auxquels nous avions donné le livre avant lui, croyaient en celui-ci» (28:52).
- «Ceux à qui nous avons donné le Livre et qui le récitent avec la foi qu'il convient, ce sont-là les vrais adeptes du Livre» (2:121).
- «Il existe, chez le peuple de Moïse, une communauté dont les membres se dirigent selon la vérité grâce à laquelle ils observent la justice» (7:159).
- «Les gens d'Écriture ne sont pas tous semblables. Il y en a parmi eux qui ont le cœur ferme, qui passent leurs nuits à lire les versets d'Allah et à se prosterner» (3:113).
- «Oui, ceux qui ont déjà reçu la science tombent prosternés sur leurs faces lorsqu'on leur lit le Coran. Ils disent: «Gloire à notre Seigneur! La promesse de notre Seigneur s'est accomplie» (17:107-108).
Tout cela s'applique à une minorité des juifs dont Abdullah Ben Salam et ses semblables parmi les docteurs mais, de toute façon, leur nombre n'a pas dépassé les dix.
Quant aux chrétiens, il en est plusieurs qui ont été bien dirigés vers la vérité comme Dieu le montre dans ce verset: «Tu constateras que les hommes les plus hostiles aux croyants sont les juifs et les polythéistes. Tu constateras que les hommes les plus proches des croyants par l'amitié sont ceux qui disent: «Oui, nous sommes Chrétiens» (5:82).
Ceux-là, Dieu leur accordera des jardins où coulent les ruisseaux où ils demeureront éternellement.
Dans un hadith authentifié, il a été rapporté que Ja'far Ben Abi Taleb, lors de son émigration en Abyssinie avec ses compagnons, récita la sourate de Marie devant Négus en présence de ses patriarches et moines, et ceux-ci commencèrent à pleurer en entendant la récitation. À savoir aussi que lorsque Négus mourut, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- annonça sa mort à ses compagnons et leur dit:
Un de vos compagnons en Abyssinie vient à mourir. Priez pour lui
Il sortit dans le désert, rangea les fidèles et firent ensemble la prière funéraire sur Négus.
Abbad Ben Mansour rapporte qu'il demanda à Al-Hassan Al-Basri de lui interpréter ce verset:
Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah etc...
il lui répondit: Ils sont les gens du Livre qui vivaient avant Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et pourtant, ils avaient cru en lui et connaissaient l'Islam. Dieu leur accorda une double récompense: pour leur foi et pour avoir suivi Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- avant son message.
Il est cité dans les deux sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit que trois hommes recevront une récompense double, parmi eux:
Un homme des gens du Livre qui a cru en son Prophète et en moi
Ils ne trafiquent pas de ses enseignements pour un misérable profit
il s'agit de quelques-uns, à l'inverse de l'autre majorité maudite, qui n'ont rien dissimulé de ce qu'il a été révélé dans leur Livre, mais ils l'ont promulgué et divulgué. Ceux-là trouveront leurs récompenses auprès de leur Seigneur, car Dieu est prompt dans ses comptes.
Croyants, soyez patients, rivalisez de patience, soyez sur le qui-vive
Al-Hassan Al-Basri a dit:
Dieu exhorte les fidèles à être patients en accomplissant leurs obligations religieuses dictées par l'Islam que Dieu a agréé comme étant leur religion. Ils ne doivent plus s'en détourner ni dans une gêne ni dans une aisance, ni lors d'une affliction ni d'un bonheur, ils ne meurent qu'en tant que musulmans soumis à Dieu. D'autre part, ils sont tenus de s'encourager mutuellement à la patience pour affronter leurs ennemis sans dissimuler leur foi. Quant au terme arabe qui dérive du mot ayant deux significations dont chacune fut adoptée par une partie des ulémas et soutenue par plusieurs hadiths. Nous allons ci-après parler de chacune d'elles : Première signification: c'est la persévérance dans les pratiques cultuelles et la fermeté de la foi. Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Vous dirai-je quelles sont les actions par lesquelles Dieu efface les péchés et élève de degrés! Elles sont: Les ablutions intègres malgré les circonstances difficiles, l'accomplissement des prières dans les mosquées et l'attente d'une prière suivante après l'acquittement de sa précédente. Voilà la fermeté (de la foi)», et il répéta cette dernière phrase trois fois (Muslim, Nassaï)
Abou Salama Ben Abdul Rahman raconte: «Un jour Abou Houraira vint me voir et me dit:
O fils de mon frère! Sais-tu la raison pour laquelle fut révélé ce verset: «Croyants, soyez patients, rivalisez de patience, soyez sur le qui-vive?» Répondant par la négative, il reprit: «Du temps du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les fidèles n'allaient pas à la conquête des pays étrangers. Il fut révélé au sujet des hommes qui fréquentent les mosquées, s'acquittent des prières à leurs moments déterminés et mentionnent et invoquent Dieu. «Soyez patients» en accomplissant les cinq prières, «rivalisez de patience» en domptant vos passions et instincts. «Soyez sur le qui-vive» en demeurant dans les mosquées, «et craignez Allah» en remplissant tous vos devoirs, si vous voulez être heureux». Un autre hadith a été rapporté par Jaber Ben Abdullah d'où on peut déduire qu'il s'agit des ablutions et des prières. Deuxième signification: il s'agit de la garde des postes et des lieux, et d'être en face de l'ennemi pour l'empêcher d'entrer aux pays musulmans. Salman rapporte qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «La garde d'un jour et d'une nuit (en combattant dans la voie de Dieu) vaut mieux que le jeûne d'un mois en y priant toutes ses nuits. Si celui qui la fait meurt, les bonnes œuvres qu'il avait coutume de faire seront cumulées, il recevra les bienfaits (dans le Paradis) et sera en sécurité dans sa tombe (lorsque les deux anges viendront lui poser les questions)». (Ahmed) Ouqba Ben Amer a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les œuvres de chaque mort seront scellées sauf celles de celui qui aura combattu dans la voie de Dieu, car ses œuvres seront accrues jusqu'au jour de la résurrection, et il sera préservé contre le tourment de la tombe». (Ahmed) Sahl Ben Al-Handhala raconte que le jour de la bataille de Hounaïn, les fidèles partirent en compagnie de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Le soir, voulant faire la prière, un cavalier arriva et lui dit: «O Envoyé de Dieu, je vous ai devancé et suis monté sur telle et telle montagne où j'ai vu toute la tribu de Hawazen avec leurs biens, leurs troupeaux et leurs familles». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sourit et répliqua: «Tel est le butin que les musulmans auront demain si Dieu le veut». Puis il dit: «Qui va nous garder cette nuit?» - Moi, Ô Envoyé de Dieu, s'écria Anas Ben Abi Mirthad. - Monte alors, lui dit-il, en lui désignant un cheval. Anas le monta et s'approcha du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui lui dit: «Sois en face de ce défilé de la montagne jusqu'à ce que tu les domines mais ne pense guère à aucune attaque». Le lendemain matin, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se dirigea vers son oratoire, pria deux rak'ats et dit aux hommes: «Votre cavalier est-il revenu?» - Non, fut la réponse. Il retourna à son oratoire pour faire d'autres prières surérogatoires tout en regardant vers le défilé. La prière terminée, il dit aux hommes: «Réjouissez-vous, votre cavalier est arrivé». Nous regardâmes à travers les arbres et vîmes en effet le cavalier qui fut de retour. Lorsqu'il fut devant le Prophète, il lui dit: «Je suis parti et monté sur la hauteur du défilé là où tu m'as ordonné de guetter l'ennemi. Mais le matin, je suis monté même sur le deuxième défilé de la montagne sans observer personne». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui demanda: «As-tu descendu la nuit?» - Non, répondit-il, sauf pour faire la prière ou satisfaire un besoin
Il lui dit:
Ça y est pour cette fois car tu as mal agi mais ne la recommence pas
Abou Raihana a rapporté: «Nous étions dans une expédition avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Passant la nuit sur une place élevée, nous fûmes atteints d'un vent glacial de sorte que certains creusèrent dans le sol pour s'abriter en se couvrant de leurs boucliers. Remarquant tout cela, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda:
Qui se porte volontaire pour nous garder cette nuit afin que je lui invoque Dieu et qu'il obtienne le mérite de mon invocation?
Un Ansarien (Médinois) répondit: «Moi, ô Envoyé de Dieu». - Approche-toi, lui ordonna-t-il. Lorsque l'homme fut tout près du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, celui-ci lui demanda: «Qui es-tu?» En lui donnant son nom, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit en sa faveur une longue et merveilleuse invocation.
Et Abou Raihana de poursuivre: «Entendant cette invocation, je lui dis:
Et moi aussi je me porte volontaire pour monter la garde
- Approche-toi, me dit-il. Je m'exécutai. - Qui es-tu? me demanda-t-il. Je m'appelle Abou Raihana, répondis-je. Il m'invoqua Dieu mais d'une façon moins importante que la première. Puis il dit:
Il est interdit au feu de toucher des yeux qui pleurent par crainte de Dieu et d'autres qui gardent pour la cause de Dieu (Ahmed, Nassaï)
Il est cité dans le Sahih de Boukhari que Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que le malheur tombe sur celui qui se fait le serviteur du dinar, du dirham et du vêtement. Quand on lui donne il est content et quand on lui refuse, il s'irrite et devient abattu. Si une épine transperce sa peau, il ne peut plus l'arracher.
Que le bonheur soit accordé à un serviteur qui tient son cheval par la bride (pour le combat) dans la voie de Dieu, ayant les cheveux hirsutes et les pieds couverts de poussière. S'il est en garde, il est aux avant-postes, et s'il est à l'arrière-garde, il est à l'arrière-garde. S'il demande on ne l'écoute pas, et s'il intercède, on n'accepte pas son intercession (Boukhari)
On termine enfin par montrer le mérite du combat dans la voie de Dieu, en citant ce hadith rapporté par Abou Houraira:
Un homme vint trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Montre-moi une œuvre (dont le mérite) équivaut au combat dans la voie de Dieu». Il lui répondit: «Je ne trouve aucune», puis il lui ajouta: «Serais-tu capable quand le guerrier est parti pour combattre d'entrer à la mosquée pour y prier sans te lasser, et jeûner sans rompre le jeûne?» Ô Envoyé de Dieu, répliqua l'homme, qui le pourrait?
Et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre:
Par celui qui tient mon âme en sa main, même si tu en étais capable, tu ne saurais atteindre le degré réservé aux combattants pour la cause de Dieu (Boukhari)