107 - L'Ustensile
107 - SOURATE DU SECOURS
7 versets
Les trois premiers versets révélés à Médine et les quatre derniers à La Mecque
Révélée après la sourate de la Passion des Richesses
'ara'ayta l-ladhī yukadhdhibu bi-d-dīni fa-dhālika l-ladhī yadu'u l-yatīma wa-lā yaḥuḍḍu 'alā ṭa'āmi l-miskīni fa-waylun li-l-muṣallīna al-ladhīna hum 'an ṣalātihim sāhūna al-ladhīna hum yurā'ūna wa-yamna'ūna l-mā'ūna
Veux-tu connaître celui qui traite nos signes de mensonge ? C'est lui qui repousse l'orphelin, qui n'encourage pas à faire l'aumône. Malheur aux croyants, qui négligent de faire la prière, qui cherchent à paraître, et ne servent pas leur prochain
Ô Mouhammed, lui dit Dieu, que penses-tu de celui qui traite de mensonge le Jugement où chacun sera rétribué selon ses œuvres. C'est lui qui repousse l'orphelin, l'opprime sans le nourrir et sans être bienveillant à son égard, qui n'encourage personne à nourrir le pauvre.
Malheur aux croyants qui négligent de faire la prière
Ibn Abbas l'a commenté et dit :
Il s'agit des hypocrites qui font la prière pour être vus des hommes mais ne la font pas dans leur solitude
Cela signifie aussi les gens qui doivent s'acquitter de la prière mais la négligent volontairement, soit sans la faire, soit ils la font en dehors de son temps déterminé. Quant à 'Ata Ben Dinar, il a ajouté : et ceux qui ne la font pas comme il se doit en se recueillant, en méditant et en appréciant ses mérites.
Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
Telle est la prière de l'hypocrite (3 fois). Il s'assied pour regarder le soleil, et lorsque celui-ci sera entre les deux cornes du démon (c'est-à-dire prêt à se coucher), il se lève et fait quatre rak'ats à la hâte sans y mentionner Dieu comme il se doit (Boukhari, Muslim)
Il retarde la prière de l'asr -qui est la prière intermédiaire- jusqu'au dernier moment permis, qui est un temps répugné, il la fait à la hâte sans se recueillir dans ses inclinaisons et prosternations. Peut-être, ce qui le porte à le faire en ce moment-là est son désir de paraître devant les autres sans qu'il ait le but d'obtenir la satisfaction de Dieu, c'est comme s'il n'avait pas prié du tout. Dieu a dit à son propos :
Les hypocrites cherchent à tromper Allah ; c'est Lui qui les trompera. Quand ils se lèvent pour prier, ils se meuvent paresseusement, cherchent à ce qu'on les remarque. Mais ils ne prient Allah que du bout des lèvres (4:142)
Ces gens-là sont remplis d'ostentation. À ce propos, Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit :
À l'Enfer, il y a une vallée dont l'Enfer lui-même demande refuge auprès de Dieu contre elle quatre cents fois par jour. Cette vallée est réservée à ceux de la communauté de Mouhammed qui retiennent par cœur le Livre de Dieu, qui font l'aumône en vue d'autre chose que Dieu, qui font le pèlerinage et qui combattent en agissant par ostentation (Tabarani)
Pour expliciter ce verset et montrer son but exact, les ulémas ont avancé : quiconque fait une œuvre que les hommes savent, ce qui lui procure une certaine plaisance, cela n'est plus de l'ostentation. Ils ont cité à l'appui ce hadith qu'a rapporté Abou Houraira. Il a dit : «Je priais quand un homme entra chez moi. Ceci me plut. En faisant part au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il me répondit :
Deux récompenses te sont imparties : la première pour avoir fait la prière étant seul, et la deuxième quand on t'a vu prier (Hafedh Al-Mousli)
«Et ne servent pas leur prochain». D'abord Dieu en parle d'eux en disant qu'ils ne L'adorent pas comme il se doit, puis ne rendent pas service à autrui, par exemple en prêtant un ustensile à un voisin qui est tenu de le rendre aussitôt après usage. Ceux-ci refusent à plus forte raison de verser la zakat sur leurs biens et de faire l'aumône. Al-Hassan Al-Basri a décrit cet homme et dit :
Quand il prie, il le fait pour être vu des autres ; s'il manque de s'en acquitter, il n'éprouve ni regret ni remords, et il refuse de verser la zakat sur ses biens
On demanda à Ibn Abbas d'interpréter le mot : «secours», il répondit : Il s'agit de prêter un ustensile tel que la hache, la marmite, le seau et d'autres objets qui leur sont pareils.
Ikrima, quant à lui, a avancé : Le plus grand secours est la zakat sur ses biens, et le moins considéré est le fait de prêter le tamis, le seau, l'aiguille, etc. Enfin il est dit dans un hadith : «Tout acte de bien est considéré comme aumône».